le KATANGA DES ANNEES 60

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le KATANGA DES ANNEES 60





LEOPOLDVILLE




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le KATANGA DES ANNEES 60 :: Commentaires

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Message le Mar 10 Jan 2012 - 1:27 par Pascal H

La situation financière catastrophique engendrée par le retrait des capitaux étrangers peu après l'Indépendance du Congo
(30 juin 1960) conduit le gouvernement de Léopoldville à puiser dans les réserves de devises générées par le Katanga, son coffre-fort. L'hémorragie atteint une importance telle que la majorité des nombreuses sociétés implantées au Katanga (minières, entre autres) ne tolèrent plus. Elles réagissent rapidement. Il faut, coûte que coûte, empêcher le pouvoir central de rendre le Katanga exsangue.
Le 15 juin 1960, le Katanga décide de modifier la Loi Fondamentale (*) afin de pouvoir procéder à la sécession du Katanga.
* Loi Fondamentale
Elle est mise en oeuvre le 19 mai 1960. Le Parlement central de Léopoldville comprend 2 Chambres dont une Chambre des Représentants élue au suffrage universel (137 membres) et un Sénat de 87 membres désigné par les Assemblées provinciales (à l'instar des Institutions belges). Les 259 articles d’importance inégale comportent un certain nombre de mesures transitoires pour amener à l'Indépendance du 30 juin 1960.
Si les schémas organisationnels apparaissent satisfaisants, l’ensemble du pays suit avec un certain retard. La situation ne cesse de se détériorer : l’autorité belge (très bridée) ne s‘exerce plus, les impôts ne rentrent plus. Faute de ressources financières, de nombreux employés sont licenciés et renforcent la cohorte des mécontents. Les militaires ne vont pas tarder à être "lâchés" également.
Il y a distorsion totale entre les administrations belge et congolaise qui, le 30 juin, "bombarde" des adjoints fantoches aux tâches qu’ils doivent assumer. D'importantes difficultés surgissent pour former le gouvernement congolais. Les élections de mai 1960 voient la victoire relative du MNC Lumumba.
Ministre des Affaires Coloniales, M. Ganshof Van der Meersch hésite entre Lumumba et Kasavubu. Après de longues et difficiles tractations, on aboutit à un gouvernement bicéphale : Kasavubu est élu chef de l’ État par 159 voix contre 43 alors que Lumumba est élu chef de gouvernement deux jours auparavant, par 74 voix pour, 1 contre, 5 abstentions et 57 absences de la Chambre, 60 voix pour, 12 contre et 8 abstentions au Sénat. Les ancestrales palabres ressurgissent.
C’est dans cette atmosphère de bousculade politique que l’ Indépendance est proclamée. Jusqu’alors, les luttes tribales sont contenues par la Force Publique dont le général Janssens garantit le loyalisme (à la Belgique). La sédition de la Force Publique aux mains des Congolais ne permet plus de contenir les forces explosives. C'est le chaos. Ce sont les émeutes et les massacres de juillet 1960.
La Sécession du Katanga est déclarée le 11 juillet 1960. Politiquement non viable, la Belgique la soutient cependant dans l'ombre. Le Katanga garde les noyaux techniques et les conseillers belges. Ils se mettent en bloc au service de "leur" pays d'adoption. Les jeunes qui sont nés au Congo, et plus particulièrement les jeunes katangais, s'engagent avec ferveur et conviction dans la Gendarmerie Katangaise ou la soutiennent. De partout, des hommes s'engageront sous les croisettes de la bannière katangaise contre les forces de l'ONU dépêchées sur place par le gouvernement central de Léopoldville. Mais, n'anticipons pas !
Le 11 juillet 1960 également, Moïse Tshombe s'autoproclame président du Katanga au micro du studio de Radio-Collège, (une station créée en 1946 par un professeur de sciences du collège Saint François de Sales, le père Dethier, radioamateur passionné).
Il est élu président de État Indépendant du Katanga, avec l'assentiment tacite (*) de la plupart des gouvernements étrangers.
(*) La non reconnaissance de l’ONU empêchera la Belgique de l’appuyer autant que l’auraient voulu les groupes financiers. Il faut savoir que le Katanga produisait de la pechblende dont on tire l’uranium et le radium. Les Américains, gros consommateurs et principaux acheteurs ne voulaient pas de l’ Indépendance du Katanga sous l’égide de la Belgique. D’autre part la France lorgnait vers ce pays qui, 26 fois plus grand qu’elle, regorge de richesses minières incalculables. L’ONU refusa donc de reconnaître le Katanga et envoya même des troupes pour rétablir le régime de Léopoldville. En 1963, Moïse Tshombe devra reconnaître la fin du nouvel état.
La mise au pas du Katanga
Le 28 janvier 1961, par une lettre adressée à Dag Hammarskjöld, le président Kasavubu et le nouveau chef du gouvernement, le président du « Collège des Commissaires généraux », Bomboko, réclament, pour la seconde fois, l’assistance militaire de l’ONU pour réduire les « gouvernements de fait » provinciaux. Mais l’orientation politique du pouvoir central s’est modifiée après l’élimination de Lumumba : les gouvernants de Léopoldville n’entendent plus agir contre le Katanga, dont ils tiennent désormais le gouvernement pour « légal », mais contre les Exécutifs de la Province orientale et du Kivu, qui sont d’obédience « lumumbiste ». Le président Kasavubu demande que « les forces des Nations unies interviennent, au besoin par la force, pour rétablir les autorités légales dans leurs attributions ». La résolution du 21 février 1961 du Conseil de sécurité semble répondre exactement aux vœux de Léopoldville : les forces de l’ONU « pourront avoir recours à la force, si besoin est ». Mais la force, loin d’être utilisée contre le « gouvernement de fait » d’Antoine Gizenga, à Stanleyville (Province orientale), le sera, à partir des derniers jours d’août 1961, contre le « gouvernement légal » katangais de Moïse Tshombe.

L’adoption de la résolution du 21 février 1961 ouvre, en réalité, une seconde phase dans l’action des Nations unies. L’aggravation des risques de conflit interne à la suite de l’assassinat de Lumumba conduit le Conseil de sécurité à enjoindre aux « autorités responsables des Nations unies » de prendre immédiatement « toutes mesures appropriées pour empêcher le déclenchement d’une guerre civile au Congo ». Le 15 avril 1961, l’Assemblée générale, « gravement préoccupée par le danger de guerre civile », confirme la politique de l’Organisation. Le 25 août, Sture Linner, l’un des hauts fonctionnaires chargés de l’opération des Nations unies au Congo, déclare publiquement que « l’ONU soutiendra toute politique qui tend à faire rentrer le Katanga au sein du Congo ». De fait, une action coercitive est bientôt mise en oeuvre par la Force des Nations unies, le plan « Rumpunch » qui permet d’expulser, par surprise et sans effusion de sang, les mercenaires étrangers. À partir du 13 septembre 1961, les unités de l’ONU passent à l’offensive afin, selon le représentant de l’ONU au Katanga O’Brien, de réduire manu militari la sécession katangaise.

L’opération aurait dû aboutir à l’arrestation des membres du gouvernement du Katanga ; elle connaît un échec sanglant. La résolution du Conseil de sécurité du 24 novembre 1961 lève alors les ultimes équivoques : elle prévoit expressément l’usage de la force « contre les mercenaires » et permet d’entreprendre une action de grande envergure contre le Katanga. Celle-ci, qui se déroule du 5 au 18 décembre 1961, est cette fois un succès complet. L’ultime épreuve de force se jouera du 28 décembre 1962 au 21 janvier 1963 : les Nations unies, prenant pour prétexte des incidents suscités par la gendarmerie katangaise, parviendront à évincer Tshombe et à mettre fin à la sécession du Katanga.

L’intervention coercitive de l’ONU dans l’affaire du Congo revêt un caractère exceptionnel dans le monde divisé de la guerre froide. Elle résulte d’une conjoncture elle- même exceptionnelle : une fois passée la phase des anathèmes et des gesticulations sur la scène de la diplomatie publique, les deux « Supergrands » ont conclu une trêve sur le dossier du Congo, dont les « sécessionnistes » d’Élisabethville font les frais. Un très éphémère consensus soviéto-américain a permis, pour un temps, de tenir hors de la guerre froide ce Congo devenu un enjeu international.

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Message le Mar 10 Jan 2012 - 7:31 par Invité

Aventure exceptionnelle de ces mercenaires qui ont pour la plupart mal finit,

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Message le Ven 2 Mar 2012 - 22:41 par la Géline

c'est vrai JUNKER , mais c'était aussi de leur part un choix !
c'étaient des militaires qui ne trouvaient plus dans l'Armée ce qu'ils étaient venus y chercher .

et puis il y avait aussi les mercenaires " officiels " payés et armés par le gouvernement pour des tâches obscures où l’intérêt de la nation primait !

certains d'entre eux furent ni plus ni moins abandonné quand cela tournait mal .

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Message le Dim 25 Aoû 2013 - 22:15 par Geresp

opex a écrit:c'est vrai JUNKER , mais c'était aussi de leur part un choix !
c'étaient des militaires qui ne trouvaient plus dans l'Armée ce qu'ils étaient venus y chercher .
Bonsoir à tous,

Début de l'année 1961, le Colonel Roger TRINQUIER entreprit des contacts auprés de differentes unités d'élites (en Algérie) pour selectionner des "volontaires" (les affreux, en mal d'aventure), pour une mission concernant "l'indépendance" du Katanga.

L'aventure coupa court avec la disparition de Patrice LUMUMBA.

Avril de la même année, un événement important en Algérie allait diviser Les Français et son Armée.

Cordialement "Geresp".

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 9:15 par Invité

Le colonel Trinquier fut mon chef de avril 1958 au 1er août 1958 où ma fin de contrat en AFN se termina

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