LES CAMPS PARACHUTISTES

Aumônier des paras du 8e RPIMa, basé à Castres, le père Richard Kalka a passé plus de six mois en Afghanistan.

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27012012

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Aumônier des paras du 8e RPIMa, basé à Castres, le père Richard Kalka a passé plus de six mois en Afghanistan.




Aumônier des paras du 8e RPIMa, basé à Castres, le père Richard Kalka a passé plus de six mois en Afghanistan.

Après la mort des quatre parachutistes français, tués par un militaire afghan peut-être influencé par les Talibans, son témoignage prend un relief particulier.
En septembre dernier, sur son carnet de route, il écrivait ces phrases : « Une forme de menace a vu le jour ces derniers temps : l'infiltration par les Talibans, notamment au sein de l'armée et de la police afghanes. Cette forme de menace est à prendre aujourd'hui très au sérieux, puisque nous avons commencé la phase d'« afghanisation » de notre présence sur le terrain, qui consiste à mettre en avant l'armée afghane.
Des exemples ? Lors d'un attentat suicide le 13 juillet 2011, la compagnie afghane s'était retirée du terrain, de façon inhabituelle, 10 minutes avant l'explosion. Le 7 septembre, les insurgés talibans connaissaient parfaitement les positions de tous les éléments français. Ceux-ci n'ont été pris à partie, puis encerclés dans une base qu'après le départ des militaires afghans. La volonté des insurgés d'épargner les forces afghanes ce jour-là était incontestable. »

Où étiez-vous exactement ?

Ma paroisse était à Kaboul.

Quelles étaient vos activités ?

Je me rendais régulièrement dans les différents camps pour être auprès des troupes. Dès que les moyens de transport le permettaient, j'allais dans les bases opérationnelles avancées et les postes de combat.

Que vous reste-t-il aujourd'hui de ce séjour ?

Une fatigue physique, morale, psychique… 20 morts et une centaine de blessés durant mon mandat. Chaque mort, c'était un coup de massue, moralement et physiquement. Depuis la mort jusqu'à l'avion, j'ai accompagné tous les cercueils. J'ai même pu être présent à la morgue de l'hôpital militaire français de Kaboul lors de la toilette mortuaire de Guillaume Nunez
[Tué le 1er juin, il faisait partie du 17e RGP de Montauban, NDLR] .. Je découvrais, avec le personnel médical, l'envers du décor. Le travail habituel et les rituels des enquêteurs. Je priais. En même temps, je ne regrette pas cette mission difficile. Que vous inspirait là-bas ce conflit et que vous inspire-t-il ici ? Je suis en admiration devant tous les soldats français présents en Afghanistan. Ils font tous un travail grandiose. Quelles que soient les considérations politiques qui, forcément, les dépassent, quelle que soit la stratégie qui n'est pas toujours celle que la France aurait souhaitée, quel que soit le contexte qui revêt parfois des couleurs de guêpier, ces hommes vivent une mission noble et exaltante. Avec le recul, comment analysez-vous la situation ? Je pense qu'aucun pays au monde ne peut supporter une présence militaire étrangère qui se prolonge. L'Afghanistan, le « royaume de l'insolence », comme le qualifie Michaël Barry (1), n'a jamais admis sur son sol une présence étrangère d'occupation, même à court terme, tout en étant toujours aussi avide par ailleurs de subsides venant de l'extérieur.

(1) Écrivain américain, spécialiste de l'Afghanistan

"source la dépêche"
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la Géline

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