LES CAMPS PARACHUTISTES

Le Père KALKA , Aumonier du 8ème RPIMa en Afghanistan

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Le Père KALKA , Aumonier du 8ème RPIMa en Afghanistan





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Le Père KALKA , Aumonier du 8ème RPIMa en Afghanistan :: Commentaires

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Message le Lun 30 Jan 2012 - 10:15 par Charbonnier


Publié le 25/01/2012 Le père Richard Kalka est l’aumônier militaire du 8e RPIMa. Il a séjourné durant plus de 6 mois en Afghanistan. Il évoque ce séjour. Le militaire restant très discret et l'homme de foi très pudique, livre quelques-uns de ses sentiments. Le père Richard Kalka porte la soutane… mais plus souvent l'uniforme de l'armée française, flanqué d'un écusson orné d'une ancre de marine, celui du « 8 ». L'aumônier du régiment castrais a passé plus de six mois en Afghanistan. Rencontre et récit. Où étiez-vous exactement ? Warehouse, commandement organique de forces françaises en Afghanistan à Kaboul, était ma « résidence principale », le point de départ de ma « paroisse » opérationnelle. Comment se déroule une semaine type ? Une présence permanente auprès de la troupe. Un samedi sur deux, je suis au HQ ISAF, le haut commandement de la Coalition en Afghanistan. L'autre samedi, je me rends au Camp Phoenix, une emprise américaine, où se trouve le détachement français « Epidote ». Sa mission consiste à former des sections et des compagnies de la future armée afghane. Tous les vendredis, je sévis au « Rôle 3 » à KAIA, un véritable hôpital militaire armé par le service de santé français, avec unecollaboration belge et tchèque. Le reste du temps, je circule entre Nijrab, qui abrite l'état-major de la Task Force Lafayette, la base aérienne de Kandahar où est stationné le détachement de la chasse française, Mazâr-é Sharîf et Wardak, les deux grandes écoles de police du pays, commandées par les gendarmes français. Dès que les moyens de transport le permettent, je vais dans les FOB, bases opérationnelles avancées, et es COP, postes de combat avancés. La Providence divine m'a laissé pratiquement un mois, pour faire un tour quasi complet de ma paroisse… avant de vivre le premier drame du mandat, le 24 avril
Que reste-t-il en vous aujourd'hui de ce séjour ? Une fatigue physique, morale, psychique… 20 morts et une centaine de blessés durant mon mandat. Chaque mort, c'était un coup de massue, moralement et physiquement. Depuis la mort jusqu'à l'avion, j'ai accompagné tous les cercueils. J'ai même pu être présent à la morgue de l'hôpital militaire français de Kaboul lors de la toilette mortuaire de Guillaume Nunez en juin. Je découvrais, avec le personnel médical concerné et les deux prévôts, la dépouille de Guillaume. Les prévôts prenaient des photos. Ils faisaient leur travail habituel et rituel d'enquêteurs. Pendant ce temps, les infirmiers enlevaient péniblement le treillis souillé… Je priais. Mais, je suis finalement ravi d'avoir effectué cette mission difficile. Que vous inspirait là-bas ce conflit et que vous inspire t-il ici ? Je suis en admiration devant tous les soldats français présents en Afghanistan. Ils font tous un travail grandiose. Quelles que soient les considérations politiques qui, forcément, les dépassent, quelle que soit la stratégie qui n'est pas toujours celle que la France aurait souhaité, quel que soit le contexte qui revêt parfois des couleurs de guêpier, ces hommes vivent une mission noble et exaltante. Tout d'abord, parce qu'ils sont des soldats, des vrais. Ensuite, parce que tous, comme un seul homme, déploient toute l'étendue de leurs compétences et ne font pas la moindre économie de leurs efforts. Pourtant la situation reste inextricable ? Face à toutes les menaces, l'armée française présente deux points faibles, à la fois traumatisants et anesthésiants : le problème des règles d'engagement et celui de l'adaptabilité au terrain. Le premier concerne toute armée au monde issue de culture judéo-chrétienne face à un terrorisme ou une insurrection se parant de boucliers humains (femmes et enfants). Dans le second cas, il s'agit de l'équipement de combat, extraordinaire par ailleurs), du soldat français ; son poids, dans la plupart des cas, dépasse celui du combattant !
Enfin, je pense qu'aucun pays au monde ne peut supporter une présence militaire étrangère qui se prolonge. L'Afghanistan, le « royaume de l'insolence », comme le qualifie Michaël Barry, n'a jamais admis sur son sol une présence étrangère d'occupation, même à court terme, tout en étant toujours aussi avide par ailleurs de subsides venant de l’extérieur. 4 ans au "8", et 40 de prêtrise, Richard Kalka est né voilà 60 ans en Pologne. Il exercera son sacerdoce de parachutiste-prêtre durant encore une année. Mais il devrait rester auprès du « 8 » encore un peu. Il est aumônier militaire depuis 26 ans, 6e RPIMa, 1er RCP, 3e RPIMa, et le 8e RPIMa et état -major de la brigade depuis quatre ans. Il est entré en prêtrise voilà 40 ans, après le séminaire suivi d'un doctorat de philosophie. « J'ai été coopté par des amis aumôniers militaires, explique-t-il. L'armée n'était pas un choix au départ; j'y suis entré par le hasard. Dans un premier temps, j'ai dit OK. Pour voir… Je suis passionné par ce qui est effort, dépassement de soi. » Le chiffre : 20 morts français. Durant le mandat du père Kalka, entre fin mars et octobre, la France a eu à déplorer la perte de 20 militaires. La première est intervenue le 24 avril : Alexandre Rivière du 2e RIMa. Le second, le 1er juin, Guillaume Nunez, du 17e RGP… Une éventuelle prise d'otage pourrait également être considérée comme une menace et un mode de fonctionnement… mais, ça reste peu vraisemblable. » Père Richard Kalka
Il avait pressenti le drame du 20 janvier .Au lendemain d'un nouveau drame humain en Afghanistan (les décès de 4 militaires français abattus par un taliban infiltré dans l'armé afghane), le témoignage du « Padre » du 8e RPIMa prend un relief tout particulier. Voici en effet, comme un pressentiment, ce qu'écrivait en septembre le père Richard Kalka sur son carnet de route : «Une forme de menace, nouvelle et pernicieuse, a vu le jour ces derniers temps : l'infiltration. Des traducteurs-interprètes, pour la plupart d'entre eux, retournés par les talibans, qui distillaient de fausses informations dont les conséquences s'avéraient parfois tragiques pour les opérations en cours. Certaines autorités locales (chefs de village, chefs religieux) qui nous avaient toujours été favorables, décidaient soudain, sous la menace sans doute, de changer de camp et de jouer un double jeu. Nous avons constaté aussi un nombre important d'infiltrations au sein de l'armée et de la police afghanes. Cette forme de menace est à prendre aujourd'hui très au sérieux, puisque nous avons commencé la phase d'« afghanisation » de notre présence sur le terrain, qui consiste à mettre en avant l'armée afghane.
Et le père de préciser : « Deux exemples apporteraient la preuve, si besoin en était, de ce genre d'infiltrations : un attentat suicide le 13 juillet et l'encerclement d'une base le 7 septembre. Dans le premier cas, la compagnie afghane s'est retirée du terrain, de façon inattendue, inhabituelle et inexpliquée, 10 minutes avant l'explosion. Le 7 septembre, les insurgés talibans connaissaient parfaitement les positions de tous les éléments français. Ceux-ci n'ont été pris à partie, puis encerclés dans une base qu'après que la compagnie afghane ait quitté sa position.
La volonté des insurgés d'épargner les forces afghanes ce jour-là était incontestable. »

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