LES CAMPS PARACHUTISTES

général MONCLAR

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général MONCLAR

Message  suspente le Mar 7 Fév 2012 - 16:37

Raoul-Charles MAGRIN-VERNEREY, plus connu sous le pseudonyme de MONCLAR, était Vraiment une extraordinaire figure de guerrier, le type même de l'officier de Légion tel que le montrent la légende et la littérature populaire. Né le 7 février 1892 à BUDAPEST, il fit ses études au Lycée Victor-Hugo à BESANCON et au petit séminaire d'ORNANS. A 15 ans et demi, il s'enfuit de la maison familiale et s'engage à la Légion Etrangère.
Premier contact qui sera de courte durée du fait de son trop jeune âge.



Entré à SAINT-CYR en 1912, il en sort en 1914 avec la Promotion "Montmirail", est promu sous-lieutenant le 5 août de cette même année, rejoint le 60° RI et termine la guerre avec le grade de capitaine. Il est alors Chevalier de la Légion d'honneur, titulaire de 11 citations, dont 7 à l'ordre de l'Armée, 7 fois blessé et réformé à 90%.

Affecté au Levant, il assure le commandement de divers postes ou formations syriennes.
Deux nouvelles citations récompensent cet officier pittoresque d'une extrême bravoure.

Le 1er mars 1924, il obtient enfin de rejoindre cette Légion dont il rêvait depuis sa jeunesse. Après un bref séjour au 1° REI, il est affecté au 3° REI et prend part à la campagne du MAROC jusqu'en 1927. Il rejoint alors le Proche-Orient et est promu chef de bataillon en 1928.

Il est une nouvelle fois affecté à la Légion en 1931 et ne quittera cette arme chère à son coeur qu'en octobre 1941. Affecté au 2° REI, il séjourne au MAROC puis rejoint le 5° REI au TONKIN.
Rentrant d'Extrême-Orient, il prend en janvier 1938 le commandement du bataillon d'instruction de SAÏDA, est nommé lieutenant-colonel le 25 juin de la même année, avant de repartir au MAROC avec le 4° REI. Jusqu'au 23 février 1940, date à laquelle il est désigné pour prendre le commandement des "deux bataillons de Légion à destination non fixée", qui viennent d'être mis sur pied. Ce sera le début de l'épopée de la 13° DBLE.

Le 13 mai, à BJERVIK, la 13° Demi-brigade livre son premier combat, conquiert sans désemparer quatre objectifs, force l'ennemi à fuir en abandonnant de nombreux prisonniers,des armes automatiques, des équipements impossibles à dénombrer et jusqu'à dix avions bi-moteurs.

Du 28 mai au 2 juin, le lieutenant-colonel MAGRIN-VERNEREY et ses légionnaires gagnent, à NARVIK, ce que l'on a appelé "la seule victoire française de 39-40". Victoire qui leur vaut d'être cités à l'ordre des Forces françaises libres, avec attribution de la Croix de guerre avec palme de vermeil, pour avoir libéré 60 prisonniers alliés, fait 400 Allemands prisonniers, capturé 10 canons et un très important matériel.

A peine revenu en FRANCE, le lieutenant-colonel MAGRIN-VERNEREY, avec 500 de ses hommes, rejoint les Forces françaises libres en ANGLETERRE le 21 juin 1940.

Promu colonel, il adopte alors le nom de MONCLAR (du nom du village de MONCLAR-DE-QUERCY, dans le TARN-ET-GARONNE).

Participant en Afrique aux opérations menées contre les forces de l'Axe, c'est lui qui, à la
tête de la Brigade française d'Orient en ERYTHREE, "... prend MASSOUAH, fait prisonniers 9 officiers généraux, 440 officiers, 14 000 Italiens".

Promu général, il exerce divers commandements au Levant, participe à la pacification de la SYRIE du nord et termine son séjour comme commandant supérieur des troupes du Levant.

Devenu adjoint au commandant supérieur des troupes d'ALGERIE à partir de 1946, il est, en 1948, "chargé de mission permanente d'inspection des unités de Légion".

Pendant près de 2 ans, il effectue d'incessants voyages partout où stationnent et combattent des unités de Légion en ALGERIE, au MAROC, à MADAGASCAR, en INDOCHINE.

En 1950, général de corps d'armée, à la veille de sa retraite, il échange ses étoiles contre les galons panachés de lieutenant-colonel, afin de pouvoir encore combattre volontairement à la tête du bataillon français mis à la disposition de l'ONU en COREE.

Atteint par la limite d'âge, il rentre en FRANCE en 1951 et, en 1962, succédant au général KIENTZ, devient Gouverneur des Invalides.

Monclar décède le 03 juin 1964, aux Invalides. Il a été inhumé dans le caveau des Gouverneurs, dans l'église St Louis.

Médaillé militaire, Grand-croix de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, le général MONCLAR était également titulaire des Croix de guerre 1914-1918, 1939-1945 et des TOE, de la Legion of Merit avec rang d'officier, de la Silver Star, de la Military Cross, et de nombreuses autres décorations étrangères. 7 fois blessé, il était titulaire de 22 citations.

"source promotion général MONCLAR"

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Re: général MONCLAR

Message  Lothy le Mar 7 Fév 2012 - 17:58

La promotion de Saint-Cyr 1984-1987 porte son nom.


A noter : A partir de 1983, la durée de scolarité à l'ESM passe de deux ans, sauf cas de force majeure, à trois ans.

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Re: général MONCLAR

Message  opex le Mar 7 Fév 2012 - 18:10

" A
vingt ans, la Légion d'honneur nous paraissait un mirage,
quelque chose d'inaccessible. En commençant la guerre de 14,
je pensais: tu n'auras pas la Légion d'honneur,
peut-être une blessure, tout au plus une citation. J'avoue que
j'ai tout fait ". Ainsi parlait celui que ses camarades de promotion
de la Montmirail, ceux qui partirent en casoar et en gants blancs,
appelaient ''le recordman des citations et des blessures'', le
général Magrin-Vernerey dit Monclar, grand-croix de la
Légion d'honneur, Médaillé militaire.

Pourtant si on l'écoute, la recette était simple : "
Il faut avant de partir avoir sacrifié sa vie, tout en
étant décidé à la vendre le plus cher
possible. Alors tout devient possible "


Sans doute l'enfant de 8 ans qui s'enfuit de chez lui pour aller
se battre contre les Anglais avec les Boers, en 1900, ne pensait-il
pas à la Légion d'honneur mais l'adolescent de 15 ans
qui tenta de s'engager à la Légion
étrangère rêvait de tout conquérir
à la pointe de son sabre. A chaque fois, il dut rentrer au
foyer escorté de deux gendarmes, mais à la
deuxième il obtint de ses parents la promesse de pouvoir
préparer Saint-Cyr.


A sa sortie de Saint-Cyr, il est affecté le 4 août
1914, par décret de mobilisation à la 14e
Division, la Division des As, 60ème Régiment
d'Infanterie, l'As de Cœur. Dès les premiers assauts, le 6
août à Altkirch, en Alsace, ses capitaine et lieutenant
tués, il prend le commandement de la compagnie. Il est
maintenu capitaine à titre temporaire et le 13 août,
alors que son bataillon bat en retraite à Louvres près
de Paris, il met son casoar et donne l'ordre de ré-attaquer.
Il y reçoit sa première blessure et refuse de se
laisser évacuer. En 1915, il est fait chevalier de la
Légion d'honneur; il a vingt trois ans. En juin 1916, il est
nommé capitaine mais ne commandera plus que des bataillons
à partir de novembre 1916. Seule, la Division des As avait
réalisé la percée au nord-est de Reims et le
généralissime avait décidé qu'un tableau
représentant un officier, un sous-officier et deux hommes de
troupe figurerait au musée de la Légion d'honneur.
Parmi les officiers, l'on choisit celui que tout le monde appelait
l'As des As, le capitaine Magrin-Vernerey qui avait été
cité trois fois pour la seule année 1917. En 1918, avec
son bataillon, il prend la fameuse butte de Tahure, avec trois heures
d'avance sur les prévisions de l'Etat-major. Il termine la
Grande Guerre avec sept blessures, dont deux trépanations et
est titulaire de onze citations. Puis il rejoint, en 1919, les Poilus
d'Orient, à l'état-major du maréchal Franchet
d'Esperey, en Russie méridionale.


En 1920, il entame la pacification du levant avec le
général Clément-Grancourt, ''l'Empereur
Clément'', et le colonel Nieger. Il est fait officier de la
Légion d'honneur par le général Gouraud, pour la
défense héroïque, avec cinquante tirailleurs et 50
miliciens levés sur place, de son poste assiégé
par un millier de rebelles.


En 1924, il réalise son rêve et entre à la
Légion étrangère qu'il ne quittera pratiquement
plus. Sous les ordres du colonel Rollet et de ses ''trois
mousquetaires'', il participe à la campagne du Rif, puis
repart au Levant à la reconquête du Djebel Druze qui
s'était révolté. Il est nommé chef de
bataillon en 1928 mais commande à la fois deux bataillons.
Après un séjour au ''paradis terrestre des
Français'', en Indochine, où il est proposé
plusieurs fois pour la cravate de commandeur malgré la cabale
qui se porte contre un des plus jeunes lieutenants-colonels de
l'Armée française. La seconde Guerre Mondiale le trouve
se rongeant d'être au Maroc, mais il obtient le commandement de
la 13e Demi-Brigade de Légion
étrangère destinée à délivrer la
Finlande et finalement dirigée sur la Norvège pour
couper la route du fer. Il entame l'épopée de cette
demi-brigade avec la prise de Narvik, la seule victoire de 1940.


Le 19 juin 1940, il est le premier à se rallier au
général De Gaulle avec un régiment
d'élite, tous les autres ralliements ayant été
individuels. En fait, c'est avec la moitié de son
régiment qu'il se rallie, l'autre moitié ayant choisi
de rentrer en France. Chacun respectant la décision de
l'autre, leur chef de corps, lors des adieux, n'a qu'un espoir : les
réunir ensemble contre l'ennemi. Tous les officiers refusent
l'avancement proposé et sont mis, chef de corps compris, sous
les ordres du capitaine Leclerc. Ayant pris, pour éviter les
représailles, le nom de Monclar du nom d'un village du Tarn et
Garonne, proche de Magrin, le berceau familial, il prend alors le
commandement de la 1ère Brigade des Forces
Françaises Libres, dénommée Brigade
Française d'Orient, et réalise la première
victoire de la DFL, en Erythrée, à Massaouah, faisant
lui-même prisonnier l'amiral et le général
italiens.


A Dakar, puis lors de la campagne de Syrie, il refuse avec le
capitaine de La Maze et le colonel Loriot de se battre contre des
Français. Son commandement lui est enlevé et
donné à son chef d'état-major, Koenig. Il devra
garder durant toute la guerre le Levant, non contre les Allemands
mais contre les manœuvres de nos alliés, les Anglais qui
voulaient prendre notre place. En 1941, il est le premier sur la
liste des condamnés à mort par le tribunal de Vichy,
mais son refus de se battre en Syrie lui vaudra toutes les rancunes.
En 1945, il est général de brigade.


Pour réparer cette injustice, en 1948, le
général Leclerc fait recréer pour lui, le poste
d'Inspecteur de la Légion étrangère qui n'avait
pas été occupé depuis le général
Rollet. Il réorganise cette arme d'élite, crée
un Bataillon Etranger de Parachutistes, veille avant tout au
bien-être du Légionnaire, visite tous les postes de la
Légion en Indochine. Il est général de corps
d'armée lorsque, le 25 juin 1950, les blindés
nord-coréens franchissent le 38ème
parallèle. Dans la 1ère Armée des
Nations Unies décidée à intervenir pour
défendre la Corée du Sud sans chars ni aviation, la
France n'envoie qu'un bataillon. Peu importe, Monclar échange
ses étoiles contre les galons de lieutenant-colonel. Le petit
bataillon français qui n'était qu'un symbole va faire
parler de lui et étonnera les Américains.


En 1952, il reçoit la Médaille militaire. Il
n'était pas maréchal de France mais le peuple de France
avait parlé par la voix des Anciens Combattants, Poilus,
Tirailleurs, Légionnaires : tous l'appelaient " notre
héros national ".


Il meurt en 1964, des suites de ses blessures de guerre,
gouverneur des Invalides, soldat le plus décoré de
France.

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Re: général MONCLAR

Message  Lothy le Mar 18 Oct 2016 - 10:00

Chant de la promotion Général Montclar


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Re: général MONCLAR

Message  Roncevaux le Mer 19 Oct 2016 - 14:06

Voilà un sacré personnage. Quel parcours! On a quand même des fameux soldats dans ce pays.

Et on se laisse marcher sur le pied malgré tout.
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