La France réduirait les effectifs de son contingent au Liban

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12022012

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La France réduirait les effectifs de son contingent au Liban




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12 février 2012 – 10:42

Actuellement, 1.200 militaires français sont engagés au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont 850 sont affectés à la Force Commander Reserve (FCR), les 350 autres servant dans les états-majors à Naqoura
Cependant, une réduction des effectifs français sur ce théâtre d’opérations, où la FINUL, selon le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Guillaud, est « arrivée au bout de ce qu’elle pouvait faire militairement », serait envisagée par Paris.

Par ailleurs, la France ne souhaite pas s’exposer plus qu’elle ne l’est actuellement au Liban. Pour mémoire, plusieurs soldats français ont été blessés, en 2011, dans deux attentats commis avec des engins explosifs improvisés.

Cette question de la présence militaire française au pays du Cèdre et, plus largement, celle des modalités d’action de la FINUL devaient être abordée au cours de la visite à Paris de Nagib Mikati, le Premier ministre libanais.

Selon le quotidien L’Orient-Le Jour, la France envisagerait de réduire de 1.200 à 900 hommes sa participation à la forces des Nations unies. Et cette option a été confirmée par le chef du gouvernement libanais, à l’issue d’une rencontre, le 10 février, avec François Fillon, le Premier ministre français.

Ainsi, Nagib Mikati a expliqué que la décision française n’est pas motivée par des considérations politiques – le président Sarkozy avait menacé son homologue libanais de retirer les forces françaises après le premier attentat contre elles – mais qu’elle entre « dans le cadre d’une réduction des dépenses ».


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Message le Lun 13 Fév 2012 - 0:17 par Lothy

900 victimes potentielles, ce sera toujours bien assez !.... Pas certain, en effet, que nous puissions encore faire quelque chose pour le Liban....

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 9:54 par bergham

l'avenir du Liban s'éclaircira le jour ou la Syrie changera de dirigeants et surtout de politique .
Rien ne se fait au Liban sans l'aval de la Syrie responsable de l'attentat de l'immeuble DRAKKAR au Liban en 1983 ou MITTERRAND n'a jamais osé lancer de représailles, donc complice.
Depuis cette date rien n'a changé, SARKOZY fut lui même complice en invitant le dictateur syrien le 14 juillet 2008 .

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 10:02 par la Géline


cèdre du LIBAN

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 10:11 par guépard



et avant 1983 il y avait eu 1982 ...........

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 10:47 par LOUSTIC

A l’invitation du Premier ministre M. François Fillon, le président du Conseil des ministres du Liban, M. Najib Mikati, effectuera une visite officielle en France du 9 au 11 février 2012.

M. Najib Mikati sera reçu en audience par le Président de la République le 10 février. Il s’entretiendra ensuite avec le Premier ministre. Il aura auparavant été reçu par M. Jean-Pierre Bel, président du Sénat. M. Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, offrira un dîner en l’honneur de M. Mikati et de sa délégation le 10 février.

Cette visite bilatérale, la première de M. Mikati en France depuis son accession à la présidence du Conseil des ministres du Liban, sera l’occasion d’évoquer la relation franco-libanaise et les questions régionales d’intérêt commun. Dans sa lettre d’invitation du 2 décembre 2011, M. Fillon avait évoqué les relations d’amitié profonde qui unissent nos deux pays et nos deux peuples et rappelé l’importance que la France accorde à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban. Au cours de ces entretiens, les questions de la FINUL et de la sécurité de notre contingent seront abordées. Les autorités françaises rappelleront leur attachement à la poursuite du travail du TSL et l’importance de la coopération entre le Liban et le Tribunal, afin qu’il soit mis fin à l’impunité. Le dossier syrien sera également évoqué. Nous rappellerons aussi au Président du conseil libanais notre attachement à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité du Liban et notre condamnation ferme des incursions de l’armée syrienne sur le territoire libanais. Enfin les autorités françaises rappelleront l’importance qu’elles attachent à la protection des réfugiés syriens au Liban.

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 10:53 par rangers

L'HISTOIRE INSTITUTIONNELLE ET POLITIQUE DU LIBAN :

QUELQUES REPÈRES CHRONOLOGIQUES

25 avril 1920 : La conférence de San Remo place le Liban et la Syrie sous le mandat de la France.

1er septembre 1920 : Le Général Gouraud proclame la constitution du Grand-Liban, séparé de la Syrie.

24 juillet 1922 : La SDN confirme le mandat français sur le Liban et la Syrie.

23 mai 1926 : A la suite d'une révolte fomentée par les Druzes, la France proclame la République libanaise sur le modèle de la IIIème République.

1927 : Suppression du Sénat.

8 juin 1941 : Au nom du Général de Gaulle, le Général Catroux proclame l'indépendance du Liban et de la Syrie.

1943 : Le Parlement libanais met un terme aux prérogatives mandataires de la France. Le Haut commissaire français fait arrêter les autorités libanaises et les principaux chefs nationalistes, libérés sur ordre du général de Gaulle le 22 novembre qui devient la date de la fête nationale. Un accord non écrit, conclu entre les communautés chrétienne et musulmane, le "Pacte national libanais " fonde un confessionnalisme politique " provisoire ".

1948 : Guerre israélo-arabe.

23 mars 1949 : Le Liban et Israël signent une convention d'armistice. Afflux massif de réfugiés palestiniens.

1951 : Le Président du Conseil, Riad el Solh, est assassiné. Camille Chamoun, considéré comme pro-occidental, devient Président de la République.

1958 : Tensions intercommunautaires : la sixième flotte américaine débarque en juillet.

Le Général Fouad Chéhab est élu Président de la République. Le chéhabisme se traduit par un accroissement du rôle des musulmans.

3 novembre 1969 : L'accord libano-palestinien du Caire consacre le droit à la résistance palestinienne d'exister au Liban.

2 mai 1973 : Début des affrontements entre l'armée libanaise et les forces palestiniennes.

13 avril 1975 : Début de la " guerre de deux ans " opposant les milices chrétiennes à des " islamo-progressistes " et aux Palestiniens.

8 mai 1976 : 6 000 soldats syriens entrent au Liban.

14 mars/23 juin 1978 : Israël envahit le Sud-Liban.

19 mars 1978 : La Résolution 425 du conseil de sécurité demande à Israël de retirer " sans délai ses forces du territoire libanais ". La Force Intérimaire des Nations Unies pour le Sud-Liban (FINUL) est créée.

21 août/

3 septembre 1982 : Evacuation des Palestiniens de Beyrouth avec l'aide de la France.

6 juin 1982 : Israël envahit le Liban.

10 juin 1985 : L'armée israélienne se retire du Liban à l'exception de la partie Sud " la zone de sécurité ".

22 octobre 1989 : Les 62 députés libanais acceptent à Taëf (Arabie Saoudite) le document " d'entente nationale " proposé par le comité tripartite (Algérie, Arabie Saoudite, Maroc).

22 novembre 1989 : Le Président de la République René Moawad, Maronite, élu le 5 novembre est assassiné.

24 novembre 1989 : Le Parlement élit à la présidence M. Elias Hraoui. Le Général Michel Aoun rejette les nouvelles autorités : il est démis par le Premier ministre, M. Selim Hoss.

31 janvier 1990 : De violents combats opposent l'armée du Général Aoun et la milice des Forces libanaises de M. Samir Geagea.

2 mars 1990 : Les combats inter-chrétiens s'arrêtent sous la pression de Monseigneur Nasrallah Sfeir, Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, de la France et du Vatican.

21 septembre 1990 : Le Président Hraoui signe les amendements constitutionnels adoptés le 21 août par le Parlement, qui fondent la " Deuxième République Libanaise " (un président de la République maronite, un premier ministre, musulman sunnite et un président de l'Assemblée nationale, musulman chiite).

13 octobre 1990 : Les armées libanaise et syrienne déclenchent une offensive contre le réduit chrétien de Beyrouth. Le Général Aoun se réfugie à l'Ambassade de France. La France lui accorde l'asile politique.

21 octobre 1990 : Assassinat à Beyrouth de Dany Chamoun, fils de l'ancien Président Camille Chamoun et responsable du mouvement politique de soutien au Général Aoun, de sa femme et de ses deux enfants.

30 avril 1991 : Les milices restituent une partie de leurs armes.

26 août 1991 : Le Parlement adopte une amnistie générale pour les faits commis depuis 1975.

30 août 1991 : Le général Aoun se rend en France pour un exil de 5 ans.

6 mai 1992 : Des manifestations violentes contre la cherté de la vie à Beyrouth provoquent la démission du Premier ministre Oskar Karamé.

23, 30 août

et 3 septembre 1992 : Elections législatives.

16 octobre 1992 : M. Nabib Berry, chef de la milice chiite Amal est élu Président de l'Assemblée nationale.

22 octobre 1992 : Le Président Elias Hraoui nomme comme Premier Ministre M. Rafic Hariri.

20 décembre 1993 Attentat à la voiture piégée contre le siège du Parti Kataëb (catholique) à Beyrouth.

27 février 1994 Attentat à la bombe dans une église de Zouk Mikaël dans le Kesrouan.

23 mars 1994 Dissolution du parti politique des Forces libanaises.

Avril 1996 Opération israélienne " Raisins de la colère ".

Août- .

septembre 1996 : Elections législatives
I. LE LIBAN : UNE MOSAÏQUE DE DIX-SEPT COMMUNAUTÉS

A la différence des pays européens, qui ont évolué vers une plus grande laïcité de l'Etat et de la société civile, le Liban demeure marqué par la question spirituelle qui domine l'ensemble des rapports sociaux, y compris les comportements politiques.

Avant même son appartenance à l'entité libanaise, le Libanais de définit ou se détermine par référence à sa confession.

De même, s'il souhaite se marier au Liban, le Libanais doit se rattacher à un rite, car le droit libanais ignore le mariage civil ; autrement dit, tout Libanais est tenu d'adhérer à une communauté, qu'elle soit ou non celle de sa naissance.

Le Libanais est à la fois citoyen libanais et membre d'une communauté confessionnelle.
A. LES COMMUNAUTÉS LÉGALEMENT RECONNUES

Les communautés légalement reconnues et organisées par les lois et décrets sont au nombre de quinze7(*):

Les communautés chrétiennes

Les communautés reconnaissant l'autorité de Rome (6) :

- la communauté maronite (qui tire son nom d'un anachorète du IXè siècle, Maron, vivant dans le Nord de la Syrie)

- la communauté grecque catholique

- la communauté arménienne catholique

- la communauté syrienne catholique

- la communauté chaldéenne

- la communauté latine.

Les communautés non rattachées à Rome (5) :

- la communauté grecque orthodoxe

- la communauté syrienne orthodoxe (jacobite)

- la communauté arménienne géorgienne

- la communauté nestorienne

- la communauté évangélique.

Les communautés musulmanes (3) :

- la communauté sunnite

- la communauté chiite

- la communauté druze.

La communauté israélite.

* *

*

A côté de ces communautés organisées par des lois et décrets, il existe deux autres communautés officiellement reconnues mais non organisées en raison de leur faible importance numérique; :

- les Ismaéliens

- les Alaouites.
B. LA NOTION DE COMMUNAUTÉ

Le texte de référence pour la reconnaissance officielle des communautés est un arrêté du 13 mars 1936 du Haut-Commissaire de la République Française pour la Syrie et le Liban.

L'article 2 de cet arrêté dispose clairement que " la reconnaissance légale d'une communauté à statut personnel a pour effet de donner au texte définissant son statut force de loi et de placer ce statut et son application sous la protection de la loi et le contrôle de l'autorité publique ".

Les communautés confessionnelles ont été consacrées par la Constitution dont l'article 9 garantit aux populations, à quelque rite qu'elles appartiennent, le respect de leur statut personnel et de leurs intérêts religieux. De même l'article 10 prohibe toute atteinte " au droit des communautés d'avoir leurs écoles, sous réserve des prescriptions générales sur l'instruction publique édictées par l'Etat. Enfin, les chefs des communautés confessionnelles peuvent saisir directement le Conseil constitutionnel sur toute question concernant le statut personnel, la liberté de croyance, la liberté de culte et la liberté de l'enseignement religieux. ".

Chaque communauté a son propre statut personnel qui relève des tribunaux confessionnels. Ainsi, le système judiciaire des maronites comprend, sans préjudice des compétences propres du Patriarche, le tribunal diocésain, le tribunal d'appel traditionnel et le synode permanent.

La cour permanente de justice internationale de La Haye a tenté, dans un avis en date du 31 juillet 1930, une définition plus générale de la notion de communauté8(*).

" D'après la tradition qui a une force si particulière dans les pays d'Orient, la " communauté " apparaît comme une collectivité de personnes vivant dans un pays ou une localité donnée, ayant une race, une religion, une langue et des traditions qui leur sont propres, et unies par l'identité de cette race, de cette religion, de cette langue et de ces traditions, dans un sentiment de solidarité, à l'effet de conserver leurs traditions, de maintenir leur culte, d'assurer l'instruction et l'éducation de leurs enfants, conformément au génie de leur race et de s'assister mutuellement ".

Selon Mme Élisabeth Picard9(*) " Une communauté ... est plus qu'une adhésion à une foi, c'est un cadre social, politique, voire économique ".

Sur le plan politique, la structure communautaire apparaît comme la garantie d'une représentation équitable des minorités confessionnelles, notamment des minorités chrétiennes qui évoluent dans un environnement islamisé, avec le risque que l'expression communautaire puisse entrer en concurrence avec le sentiment national.

Les rapports sociaux sont en quelque sorte " médiatisés " par les communautés qui sont autant d'écrans entre l'Etat et les citoyens.
C. LA RÉPARTITION COMMUNAUTAIRE DE LA POPULATION

Pour apprécier le poids démographique de chaque communauté, l'outil statistique fait défaut.

Le dernier recensement date de 1932 et donnait une majorité importante aux chrétiens (+ de 56 %).

En 1986, le Centre Catholique d'Information a publié de nouvelles statistiques démographiques selon lesquelles le nombre des chrétiens serait toujours légèrement supérieur à celui de leurs compatriotes musulmans.

Selon des données plus récentes, les musulmans seraient devenus nettement majoritaires (63,5 %, dont 29 % de chiites, contre 36,5 % pour l'ensemble des chrétiens).

Sans doute le refus d'organiser un nouveau recensement de l'ensemble de la population correspond-il à la volonté de ne pas toucher à l'équilibre institutionnel entre les chrétiens et les musulmans ?

Quoi qu'il en soit, l'accord de Taëf a pris en compte la baisse sensible de la part relative des chrétiens dans la population libanaise en instituant la parité entre chrétiens et musulmans pour la répartition des 108 sièges de la Chambre des Députés qui comprenait auparavant 66 chrétiens et 33 musulmans.
II. LE PACTE NATIONAL DE 1943 : UN ACCORD NON ÉCRIT ENTRE MARONITES ET SUNNITES

Cet accord non rendu public, qui est décrit traditionnellement comme la charte constitutive du Liban, a été signé entre Bechara-el-Khouri, maronite, chef du Destour qui devient Président de la République et Riad-el-Solh, sunnite, qui devient Premier ministre.
A. LA NATION LIBANAISE COMME RÉSULTANTE D'UN COMPROMIS COMMUNAUTAIRE

Cet accord reconnaissait tout d'abord l'indépendance de la Nation libanaise à l'égard de tous les Etats d'Occident ... et d'Orient. Il consacrait ensuite l'appartenance au monde arabe du Liban qui devait coopérer avec les Etats arabes frères " jusqu'aux plus extrêmes limites ". Ainsi, le Liban adhère le 7 avril 1945 à la Ligue arabe et s'oppose avec l'ensemble des pays de la région à la naissance d'Israël en 1948. Cet accord repose sur un échange en bonne et due forme : les Sunnites concèdent l'indépendance du Liban en contrepartie de la reconnaissance par les maronites de l'arabité du Pays du Cèdre.

La Nation repose ainsi sur un " foedus ", un " pacte ", comme si elle se limitait à l'expression d'un compromis communautaire, d'un modus vivendi, d'un " mode de vie collective " 10(*).

Comme le souligne le Père Basile Basile11(*), " la particularité fondamentale du Liban qui est la raison d'être de la Nation libanaise est la " convivialité " concordante entre ses quinze communautés appartenant aux trois grandes religions monothéistes de l'humanité : le Christianisme, l'Islam et le Judaïsme ".
B. LA RÉPARTITION CONFESSIONNELLE DES FONCTIONS PUBLIQUES DANS LA PREMIÈRE RÉPUBLIQUE

Pour formaliser l'équilibre confessionnel de l'entité libanaise, le Pacte a débouché sur une répartition des plus hautes fonctions de l'Etat :

- aux maronites, la Présidence de la République, clef de voûte de la Constitution promulguée en 1926, et le commandement de l'Armée ;

- aux sunnites, la Présidence du Conseil des Ministres ;

- aux chiites, la Présidence du Parlement ;

- aux grecs orthodoxes, la vice-présidence du Parlement.

L'attribution de la Présidence de la République aux chrétiens marquait l'hégémonie des maronites. La prépondérance des chrétiens s'exprimait de même au sein de la Chambre des Députés : 66 députés sont chrétiens contre 33 musulmans.

La répartition des fonctions au sein du Gouvernement et de l'administration s'est faite selon le principe de la parité et sur la base de l'article 95 de la Constitution, abrogé par les accords de Taëf.

" A titre transitoire et conformément aux dispositions de l'article premier de la Charte du Mandat, et dans une intention de justice et de concorde, les communautés seront équitablement représentées dans les emplois publics, et dans la composition du ministère sans que cela puisse cependant nuire au bien de l'Etat ".

Ainsi, le confessionnalisme a pénétré tous les rouages de l'Etat, mais aussi l'appareil judiciaire, les collectivités locales, le secteur bancaire ... C'est l'ensemble de la société libanaise qui se plie à la logique du partage confessionnel des postes et des mérites.

Dès les premiers jours de son indépendance, le Liban se présente comme une " fédération " de communautés confessionnelles.

Certes, au regard des critères du droit constitutionnel classique, le Liban est un Etat unitaire.

En raison de la reconnaissance de jure des communautés confessionnelles, le Liban est en fait un Etat composé, bigarré, qui ne devait pas tarder à montrer ses faiblesses face aux répercussions du conflit israélo-arabe.
III. LA GUERRE CIVILE (ET INTERNATIONALE) DE QUINZE ANS : LA MISE ENTRE PARENTHÈSES DE L'ETAT

Pour reprendre les propos de M. Bahige Tabarrah, Ministre de la Justice, la guerre qui a débuté en 1975 a été " longue, coûteuse et plus grave proportionnellement que la Seconde Guerre Mondiale pour la France ".

Cette guerre civile a également présenté un caractère national car le Liban a connu successivement l'arrivée de l'Armée syrienne sous les couleurs de la Force Arabe de Dissuasion et l'invasion de l'armée israélienne qui, dans le cadre de l'opération " Paix pour la Galilée ", a occupé une partie du Liban de 1982 à 1985.

Aujourd'hui encore, de nombreux Libanais considèrent que ce conflit n'a pas été vraiment le leur, comme s'il s'agissait d'un complot ourdi par des puissances étrangères.
A. LA CAUSE PRINCIPALE DU CONFLIT LIBANAIS : LA PRÉSENCE DE QUELQUE 400 000 PALESTINIENS (100 000 EN 1948)

Sans entrer dans le débat nécessairement complexe sur les multiples causes du conflit libanais, il faut rappeler que les premiers affrontements trouvent leur origine dans la présence de Palestiniens.

L'Accord du Caire, signé le 3 novembre 1969 dans des conditions aujourd'hui encore obscures12(*), confirme la liberté de déplacement des " fedayin " en armes vers les zones de combat du Sud, sous la réserve, sans doute formelle, que " les autorités libanaises continuent à exercer leurs complètes attributions et responsabilités dans toutes les régions libanaises en toutes circonstances ".

Ainsi, après les massacres de septembre 1970 en Jordanie, le Liban devient le premier centre de la résistance palestinienne, si bien qu'Israël regarde le Liban comme le danger principal.

Peu à peu, les Palestiniens acquièrent un rôle politique et militaire de première importance. Ils représentent en effet plus de 15 % de la population et comptent plusieurs dizaines de milliers de combattants, soit plus que l'armée libanaise composée seulement de 15 000 hommes.

Comme l'a rappelé l'un de nos interlocuteurs, les Palestiniens " tiennent " le Liban au début des années 1970. Ils mettent le pays en coupe réglée, multiplient les contrôles et se substituent de plus en plus aux autorités libanaises.Les camps palestiniens finissent par constituer un Etat dans l'Etat.

Kamal Joumblatt l'avait souligné dans un entretien au Nouvel Observateur :

" Nous avons été gênés par la tutelle permanente qu'ils exerçaient sur nous. Ils ont toujours pratiqué une sorte de mandat. Ils contrôlaient les circuits de ravitaillement. Nous devions passer par eux pour obtenir des armes. "

De fait, les Palestiniens ont vu dans le Liban le maillon le plus faible de la chaîne des Etats qui entourent Israël.

Le ressentiment accumulé contre les Palestiniens explique les premiers affrontements en 1975 entre les milices chrétiennes et les Palestiniens assistés par des " forces islamo-progressistes ". Un an après, les Syriens interviennent pour séparer les combattants, sans doute aussi pour éviter une victoire décisive des Palestiniens.

Au lendemain de la guerre, les Palestiniens, même s'ils ont été cantonnés dans des camps disséminés à travers le pays, continuent à représenter une bombe à retardement, un véritable brûlot pour le Liban, en même temps qu'un problème de nature humanitaire géré par l'ONU.

L'incertitude demeure sur leur importance numérique qui, selon certaines estimations, varie entre 300 000 et 400 000 personnes, car de nombreux Palestiniens seraient partis à l'étranger.

Quoi qu'il en soit, les Palestiniens suscitent une réaction de rejet. Les Libanais semblent en particulier hostiles à toute mesure qui pérenniserait leur situation soit comme citoyens, soit comme résidents permanents. La naturalisation de 400 000 Palestiniens poserait en outre le problème de l'équilibre entre les chrétiens et les musulmans et se heurterait en tout état de cause à l'hostilité des Chiites, dans la mesure où les Palestiniens sont en très grande majorité de confession sunnite.

Certes, les mariages mixtes peuvent favoriser l'intégration de quelques Palestiniens car, si le mari est de nationalité libanaise, les enfants d'une Palestinienne acquerront cette nationalité.

Mais par principe, comme l'a marqué l'un de nos interlocuteurs, les Palestiniens doivent rester " un problème temporaire " qui doit trouver sa solution dans le règlement du conflit israélo-arabe.

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 10:58 par bergham



en étudiant bien cette carte on comprend mieux les enjeux et convoitises qui se jouent au Liban, encerclé par Israël et la Syrie !

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 11:05 par LOUSTIC

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Message le Lun 13 Fév 2012 - 11:28 par Lothy

Sans prétention aucune quant à ma capacité de jugement en la matière, il y a longtemps que j'ai compris que le Liban était le terrain de jeux privilégié des pays qui l'entourent...

Si la Syrie change de gouvernement pour devenir un énième état islamiste, je ne pense pas que cela arrangera les choses....

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