LES CAMPS PARACHUTISTES

capitaine ASSEMAT

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03032012

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capitaine ASSEMAT




Jacques ( Jean ) ASSEMAT Décédé le 25 février 2003

Alias Jacques BAUER alias ULM

Né le 25 avril 1919 à TOULOUSE (Haute Garonne)

Son épitaphe pourrait être : "il a servi"

Homme de caractère et de conviction, sportif de haut niveau, soldat émérite Jean ASSEMAT, alias Jacques BAUER, alias ULM, s'est investi totalement chaque fois qu'il s'est agit de l'honneur de la France.

Ses camarades d'avant guerre le prénommait Jean, ceux d'après guerre Jacques.

Comme sportif, pratiquant la natation, l'escrime et l'équitation, il a été, avant la deuxième guerre mondiale, de l'équipe championne de France du relais 4x100m nage libre et, après la deuxième guerre mondiale, présélectionné de l'équipe de pentathlon militaire des jeux Olympiques.

Il a également servi au prestigieux Cadre Noir de Saumur.

Sa carrière militaire débute à 18 ans en 1937 au 2ème Régiment de Hussards (2ème R.H.) à TARBES où il fait ses classes à cheval (sabre, lance….)

Lors de la deuxième guerre mondiale il fait partie des Corps Francs puis combat au sein d'une Division Marocaine qui se distingue par un assaut meurtrier à la baïonnette contre les chars allemands dans les plaines Belges : 90% de perte! Avec les 10% de survivants il poursuit le combat dans la poche de DUNKERQUE, arrive en ANGLETERRE où son unité est rééquipée, expédiée de nouveau au combat via le port de BREST et c'est le combat dans et pour l'honneur auprès des cadets de SAUMUR.

Il est blessé par éclat de grenade à la nuque.

Plus tard, au 1er régiment de Spahis à RABAT il renonce à l'école d'officier de CHERCHELL pour rejoindre, à LONDRES la France combattante.

Il est breveté parachutiste (brevet 488) à RINGWAY le 1er février 1944, il y a 59 ans ! Il est alors affecté au Special Air Service puis au Bureau Central de renseignement et d'Action (B.C.R.A.), détaché comme lieutenant à l'Office of Strategic Services (O.S.S./O.S.S. 1354 – Jacques BAUER). Il effectue deux missions en France occupée. Il appartient au réseau PROUST dont il effectue la dissolution après la guerre.

Dès lors, il ne quittera plus les troupes aéroportées.

Après la deuxième guerre mondiale, il rejoint la Direction Générale des Etudes et Recherches (D.G.E.R.) puis le 1er Régiment de Hussards qui devient le 1er Régiment de Hussards Parachutistes. Il est alors le premier officier parachutiste de l'Arme Blindé et Cavalerie et obtient fin 1946 le brevet de moniteur parachutiste (homologué en 1998-1999) comme "précurseurs" par l'Ecole des Troupes Aéroportées. Il commandera le 2ème escadron du 1er R.H.P.

La guerre d'ALGÉRIE débute ; le Capitaine ASSEMAT sert aux Affaires Algériennes quand la 10ème Division Parachutiste est créée par le Général MASSU. Chacun des régiments de la Division comprend une unité de reconnaissance, le général MASSU, compagnon de la Libération, lui fera prendre le commandement de l'Escadron de Reconnaissance du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes sous les ordres du Colonel MEYER. Il est de toutes les opérations, l'Escadron de Reconnaissance étant alors constitué en commando héliporté, son unité se distingue notamment le 15 mars 1956 dans les TAGLAÏTS où ses pelotons mettent hors de combat 38 des 101 rebelles tués par le régiment.

Il avait toujours sur lui la photographie de son radio, le chasseur parachutiste FRAPPIER, décédé lors d'une de ces opérations.

En 1957, après l'expédition de SUEZ à laquelle il participe, il est officier de renseignements du 1er R.C.P. pendant la bataille d'ALGER.

Il continue de servir en ALGERIE, notamment dans la région de DUPLEIX où il commande un bataillon, composé entre autres de rappelés, à l'instar de son ami POUGET et de SETIF où il fait venir une centaine du 11ème Choc du Capitaine AUDON SOUFFLET et il échappe à un attentat, puis est adjoint au commandant de groupement du commando de chasse de l'AKFADOU au P.C. Artois où le chef de bataillon KHOLER commandant le groupement l'incitera à préparer.... la nuit l'école de guerre entre deux opérations....!

Dans le cadre de ses fonctions au centre de coordination interarmées, il réussit à manipuler la WILLAYA III de MORAND OU EL HADJ et "gère " la fin de l'affaire SI SALAH, l'homme de la " paix des braves", ancien chef de la WILLAYA IV ainsi que sa mort.

Aimant la population, les harkis sont des "frères d'armes" et il estime que les pieds noirs doivent pouvoir vivre en toute quiétude en ALGERIE.

Il s'implique totalement dans la contre guerre révolutionnaire.

Déjà très proche du colonel Yves GODARD dont il rapatriera le cercueil pour le faire reposer à THONES au pied du plateau des GILIERES, il se liera alors définitivement à lui....

Il servit, également un temps au 5ème bureau du colonel Jean GARDES.

Le 13ème Régiment de Dragons Parachutistes sous les ordres du colonel Bernard du SERECH d'AURIMONT de SAINT AVIT, devient de nouveau "réserve opérationnel". Il le rejoint alors fin 1960 comme officier opérations.

Il vit durement et totalement les évènements d'avril 1961: de 1962 à 1964 il est privé de liberté partageant un univers restreint et clos, entre autres avec le lieutenant de vaisseau Pierre GUILLAUME "le crabe tambour" décédé il y a peu.

Dans son combat, il a toujours été soutenu par son épouse, Paule, admirable de courage et de dévouement qui recommence à travailler, pour élever ses deux enfants : Hugues et Christophe, alors âgés de 15 et 10 ans. Elle est aidée par des amis et par son S.A.I. la princesse Napoléon, marraine du 13ème R.D.P., dont la fidélité n'a jamais failli.

Retrouvant la liberté, il décide de ne pas partir avec certains de ses camarades au YEMEN alors en crise…. Il préfère aider ceux encore privé de liberté, il participe alors à la création de l'Association des Anciens Détenus Politiques (A.D.I.M.A.D). Il s'occupe également des disparus en ALGERIE et retrouve ainsi un de ses harkis du G.C.C.A Il est un des pionniers de l'UNION NATIONALE DES PARACHUTISTES auprès du Général GRACIEUX ancien commandant de la 10ème D.P. Il devient l'un des vice-présidents de l'U.N.P. et membre du conseil d'administration; il y crée le Para-Club.

Parallèlement, il entreprend une carrière civile, notamment avec Andernos MOSCONI, ancien camarade du 1er R.C.P.

Il écrivit des articles dans "Debout les Paras" "Historia Guerre d'Algérie" et "Soldats du Djebel" "Histoire de la guerre d'Algérie" et publia un roman "le commando noir"

Il écrivit également peu avant sa mort "En quittant le métier des armes, j'ai tout perdu"

A la fin de sa vie, il était en étroite relation téléphonique avec Hubert GOUTTENOIRE, l'ami des bons et mauvais moments, mais également le confident.

Ils se connaissaient depuis le 1er R.H.P., et le premier R.C.P. Hubert GOUTTENOIRE lui ouvrit de nouveau les portes des armées en 1977 lors de la St Michel du 1er R.H.P. qu'il commandait alors, je sais qu'il lui en était infiniment gré…. Hubert tentait de le rasséréner à la fin de sa vie.

Il put ainsi participer à l'inauguration le 20 novembre 1992 du quartier Adjudant Chef Georges DARTENCET (camp de GER) du 1er R.H.P. et à ses 50 ans "parachutiste" le 13 octobre 1996 en inaugurant ses journées ouvertes.

Du fait des évènements d'Algérie, il ne passa jamais chef d'escadron et attendit 36 ans pour passer du grade de chevalier à celui d'officier de la Légion d'Honneur (avec traitement) il totalisait alors 8 citations…. Il reçut au quartier LARREY, cette décoration des mains du général (2S) André MENGELLE le 30 septembre 1997 lors de la Saint Michel du 1er R.H.P. alors commandé par le colonel Thierry MAES.

Le Capitaine ASSEMAT est Officier de la Légion d'Honneur, titulaire de la Médaille de la résistance et de la Silver Star (U.S.A.) ; de 8 citations, 3 sur la croix de guerre 1939-1945 dont une à l'ordre de l'Armée et 5 sur la Croix de la Valeur Militaire.

Retiré à GAILLAC-TOULZA (Haute Garonne), il vit douloureusement et difficilement les derniers jours de son épouse atteinte de la maladie d'Alzheimer puis son décès le 19 juin 2002

A sa famille, ses deux fils et ses cinq petits enfants (dont quatre ont sauté en parachute) je leur exprime la tristesse de la grande famille des Parachutistes qui perd l'un de ses valeureux anciens et personnellement mon émotion: le Capitaine ASSEMAT à été le premier commandant de l'Escadron de Reconnaissance du 1er R.C.P. à sa création en novembre 1955, j'ai été le dernier Commandant de cette unité à sa dissolution en juillet 1963.
Officier issu de la troupe, du terrain et des guerres, exigeant avec lui-même, le Capitaine ASSEMAT, pouvait l'être avec les autres.
Il a maintes fois demandé et obtenu : l'insécurité et l'inquiétude, la tourmente et la bagarre.

Il a à présent : La tranquillité, celle de l'âme et du corps.

Profondément croyant, il a rejoint auprès de Dieu son épouse Paule ASSEMAT, née MAZEAU.

(2003) Général (2 s) M.PARTY
Président de l'amicale des Anciens
Du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes.


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capitaine ASSEMAT :: Commentaires

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Message le Sam 3 Mar 2012 - 18:33 par Lothy



Dernière édition par Lothy le Dim 4 Mar 2012 - 1:12, édité 1 fois

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Message le Sam 3 Mar 2012 - 20:39 par rangers

bel hommage du général PARTY à un extraordinaire soldat .

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