LES CAMPS PARACHUTISTES

24/05/2010 Quand l'armée de l'air inventait les paras... grâce aux Soviétiques

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

24/05/2010 Quand l'armée de l'air inventait les paras... grâce aux Soviétiques

Message  Invité le Jeu 3 Nov 2011 - 9:27

24/05/2010
Quand l'armée de l'air inventait les paras... grâce aux Soviétiques
Un post récent sur les commandos de l'air suscite un vif débat sur ce blog. C'est l'occasion pour moi de vous raconter l'origine du parachutisme militaire français dans les années 30. Il s'agit d'un court extrait de mon dernier livre: "Une histoire des forces spéciales" (éditions Jacob-Duvernet)

Avant guerre, la seule véritable tentative pour créer des troupes spéciales eut lieu au sein de la toute jeune Armée de l'air. Elle prit la forme de deux groupes d'infanterie de l'air, les 601ème et 602ème GIA. Mais, avant de retracer leur courte histoire, il convient de faire un détour par l'Union soviétique. C'est en effet en URSS que naquit le parachutisme militaire français. En 1935, le gouvernement Laval et celui de l'Union soviétique signe un traité d'assistance mutuelle. Une coopération militaire est engagée. Elle restera modeste, sauf dans un domaine que l'état-major français juge alors de peu d'importance : le saut en vol. C'est en effet des moniteurs soviétiques qui formeront les tout premiers paras français. Le stage eu lieu à Touchino, dans la banlieue de Moscou, du 16 mai au 16 juin 1935. Cinq officiers y furent envoyés: les capitaines Frederic Geille, André Durieux, Mongin, les commandants Lefort et Péchaud Chalret du Rieu. Tous sont pilotes dans l'armée de l'air, sauf le dernier, officier du Génie.

Le 23 mai, c'est le grand saut. André Durieux raconte : « Je suis en poste pour le saut n°1 à ouverture automatique. L’avion est un Y-2, un petit avion léger. A 800 m, on sort de la carlingue, on monte sur le plan ; sur le bord de fuite il y a deux marchepieds de bois sur la toile, de quelques centimètres carrés de surface; on accroche le câble d’ouverture automatique à un hauban et on tient la carlingue à la hauteur du visage du pilote. Je me cramponne. En main droite, j’ai la poignée d’ouverture du dorsal. À 600 m le pilote prononce : « Rastwapachol » et on saute. À l’ouverture gros choc et malgré le slip la compression à l’entrejambe est très forte et désagréable ; une fois en l’air assis sur les suspentes, c’est merveilleux ….. plus de bruit, on embrasse le spectacle de la piste avec les avions qui décollent et atterrissent, les autres parachutes qui descendent et les personnages au sol qui lèvent la tête … Par contre à l’atterrissage, le choc est très dur; l’ait étant chaud, lourd, le parachute est descendu vite ; ma position a été mauvaise et le bas du dos me fait mal. Les autres ont sauté sauf un, Chalret du Rieu, et on nous remet l’insigne cérémonieusement ».

Ensuite les sauts, entrecoupés de visites touristiques, s'enchaînent. Un après-midi, emporté par le vent, Durieux se pose dans un camp de prisonniers politiques, semant une belle panique... Le 15 mai 1935, les autorités militaires soviétiques remettent officiellement les insignes de moniteur parachutiste à Geille et Durieux, au terme de leur dix sauts, dont certains en ouverture retardée. Ils sont les deux premiers paras français, purs produits de l'aviation et de l'amitié franco-soviétique !



En septembre 1935, une délégation militaire française se rend en Ukraine où elle assiste à des grandes manoeuvres sur l'aérodrome de Brovary. Lisons le compte-rendu du Lieutenant-colonel Simon du 2ème Bureau: « Le commandant (soviétique) décide d’exécuter une opération de "descente" sur les arrières ennemis pour y produire une diversion destinée à faciliter l’attaque du gros. Dans ce but, un détachement transporté par avions occupera le terrain de Brovary. L’opération de descente a duré 2 h. 4 minutes. Elle a comporté un encagement du terrain par bombardement d’avions, la descente en parachutes de 2 détachements (un millier d’hommes) et de petits matériels d’armement, le débarquement proprement dit de divers matériels (tankette –AMC, canons de 37 et 76, voitures de liaison) et d’unités (1500 hommes environ). »

Dans son rapport le colonel Loizeau précise avoir vu « 700 parachutistes descendre en bloc en 4 minutes et prêts à combattre quelques minutes après. Un bataillon débarquer en 6 minutes, prêt à combattre, avec armes portatives, transmissions et vivres. Trois bataillons débarquer de 10 minutes en 10 minutes avec une régularité mathématique des véhicules divers d’environ 2 tonnes débarqués, certains prêts à rouler un quart d’heure après ».

Pour la première fois, des officiers français assistent, quelque peu ébahis, à une vaste opération aéroportée, de « descente » disait-on alors. 2500 hommes, avec des véhicules, des blindés légers et des canons, sont mis à terre en deux heures. Sous l'influence du maréchal Mikhaïl Toukhachevsky, qui sera fusillé deux ans plus tard sur les ordres de Staline, l'armée soviétique est en train d'inventer un nouveau type de guerre : l'action dans la profondeur (Gloubokoï Operatsi). Cet officier, qui a cotoyé Charles de Gaulle alors qu'ils étaient tout deux prisonniers de guerre au fort d'Ingolstadt durant la première guerre mondiale, est l'un des plus brillants théoriciens militaires de son temps. Non seulement, il a compris l'importance des blindés dans la guerre moderne, mais il prévoit de jeter des milliers d'hommes sur les arrières de l'ennemi. Pour cela, l'avion est le moyen idéal.

Les soviétiques créent alors les premières unités parachutistes, baptisées « Bataillon d'aviation de destination spéciale ». En 1935,ils ont déjà formé 4000 paras, un chiffre qui augmente de 1500 chaque année. Ils sont alors les leaders mondiaux. Ne nous y trompons pas : l'ambition soviétique va bien au delà de la création de forces spéciales. Leurs théoriciens militaires inventent alors l'art opératif (entre la tactique et la stratégie) qui sera repris par les Occidentaux dans les années 80. En considérant l'ennemi dans sa globalité, sous la forme d'un système, il s'agit de le battre en intervenant dans la profondeur de ses forces. Les forces spéciales peuvent avoir leur rôle dans cette action opérative, mais elles ne sont qu'un élément.

Côté français, l'ambition est beaucoup plus modeste. Lors d'une réunion en janvier 1935, à l'état-major, on évoque l'idée de « transporter par avion chez l’ennemi un petit détachement de destruction : un noyau de sapeurs avec 150 kg d’explosif et un élément d’infanterie de protection aussi réduit que possible ». Durant l'été, une école de parachutiste est créé sur la base aérienne d'Avignon-Pujaud. Un conseiller soviétique, Constantin Kaitonov, 234 sauts à son actif, vient passer un mois pour aider les Français à la mise en place de cette formation.

Le 1er avril 1937, l'armée de l'air crée donc son « Infanterie de l'air ». Le 601ème GIA s'installe à Reims et le 602 à Baraki, en Algérie. Chaque GIA possède ses propres avions (Potez 650, Farman 224, LeO 213) pour transporter sa compagnie d'infanterie aéroportée. On le voit, nous sommes bien dans un cadre « Air ». Qui dit aéroporté, dit d'abord avions, sans lesquels le parachutiste n'est qu'un fantassin... Théoriquement, chaque compagnie comprend 207 hommes et dispose d'un canon de 37 mm et de mitrailleuses Hotchkiss, largués en caissons séparés. Les parachutes sont des Irvin américains ou des copies russes, puis des modèles français Aviorex.

En 1937, la France aligne donc environ 400 paras. Mais personne ne sait qu'en faire. Certes, on les fait défiler sur les Champs-Elysées à l'occasion du 14 juillet 1938. Huit par camion, parachute au dos, fusil à la main, casque de saut, ils ont fière allure. Les GIA, explique-t-on, ont pour mission de « transporter par avion et de débarquer par parachutes des détachements d'infanterie en territoire ennemi ». Des forces spéciales, donc, que les généraux considèrent avec le même intérêt qu'une poule observant un couteau. Ils montrent pourtant ce qu'ils savent faire: aux cours de manoeuvres, en septembre 1937, un détachement du 60le saute en commandé à 1.000 mètres, sous une pluie battante, et s'empare par surprise du PC d'une Division. Rien n'y fait...

Lorsque la guerre éclate, en septembre 1939, les deux GIA sont mis en alerte à Calais avec leurs avions. On envisage de les faire sauter sur Walcheren, là où le commando Kieffer s'illustrera cinq ans plus tard, mais l'opération est annulée. Sous les ordres du lieutenant, puis capitaine Henri Glaizot, ils forment quatre Corps francs mis à disposition de la 28ème division d'infanterie alpine, sur le front d'Alsace. Ils restent quelques semaines, en février et mars 1940, dans le secteur de Niederbronn, où ils effectuent 28 patrouilles derrière les lignes allemandes, ayant deux morts et trois disparus. Quoique parachutistes, ils opèrent comme tous les Corps francs de l'infanterie. En mai, ils sont placés en réserve et une partie d'entre eux assure la protection du QG du chef d'état-major de l'armée de l'air. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces troupes spéciales ne participent pas aux combats de mai-juin 40 ! Transférés en Algérie le 23 juin, après l'armistice, les deux GIA sont dissous le 27 juillet 1940. Mais on n'a pourtant pas fini d'entendre parler d'eux.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Premier parachutiste militaire français. Histoire du parachute.

Message  Invité le Jeu 3 Nov 2011 - 9:29


Premier parachutiste militaire français. Histoire du parachute.
Citation:
Mercredi, 24 Novembre 2010 16:15

Le 17 novembre 1917. A Courtellemont, dans le parc de Chalais-Meudon, le fusiller marin Constant Duclos réalise une expérience conçue par le Lieutenant Jachmes.

Il embarque dans un ballon captif, identique à ceux utilisés au même moment sur le front pour observer les ligne sennemiess, qui deviennent la cible privilégiée des tous nouveaux chasseurs.

A 300 mètres d'altitude Duclos enjambe la necelle et se pose debout sur la pelouse quelques dizaines de secondes plus tard.

Par la suite Duclos deviendra pilote d'hydravion et sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et titulaire de la médaille militaire.

Mais avant lui...

Au début de la Première Guerre mondiale, l'aérostation française est très limitée : ballon sphérique peu performant, treuil à vapeur lent et poussif, aucune doctrine d'emploi.

En quelques mois le retard est rattrapé au cours de l'année 1915. De nouveaux matériels sont mis au point et une réflexion est amorcée autour de cette nouvelle arme.

A partir d'octobre 1915, le parachute est intégré à la panoplie de l'aérostier. Cette protection personnelle est utilisée dès la bataille de Verdun, en mars 1916, et permet de limiter les pertes dans les rangs de jeunes corpslors de l'offensive d'automne en Champagne de Joffre, l'aérostation perd son premier ballon.

Le 1er octobre 1915, le ballon du maréchal des logis Schmidt est abattu par une fusée incendiaire dans la région de Somme-Suippes. Le 14 octobre, vint le tour du maréchal des logis Roze dans la région de Jonchery. Le commandement demande alors au Centre de Chalais-Meudon de trouver une parade. On pense tout de suite à équiper la nacelle d'une mitrailleuse légère ou d'un fusil mitrailleur, comme cela se fait chez les Allemands, mais deux officiers du centre d'essai de l'Aérostation, le lieutenant Jumesch, et le capitaine Letourneur, proposent une meilleure idée :le parachute.

Jumesch, ancien pilote de dirigeable qui a travaillé pour la société Lebaudy, a vu fonctionner le parachute et a eu connaissance du saut réalisé par l'aviateur Pégoud en 1913. Il confectionne rapidement un parachute qu'il teste à l'aide de charges de 80 kg.
Le prototype est testé par Constant Duclos, un fusilier marin affecté à Chalais-Meudon après la dissolution de la Brigade de l'Amiral. Il effectue, le 17 novembre 1915, le premier saut en parachute de l'histoire militaire française.

Fin novembre, il exécute plusieurs descentes en parachute pour préparer le saut qui doit avoir lieu devant la commission d'homologation en décembre.

Pour mieux impressionner la commission, le jour venu, il saute avec un gros cigare entre les dents et se pose, non loin de ces messieurs, avec son havane à la bouche.

Le parachute est homologué, la construction en série est entamée.
Duclos est ensuite envoyé en zone armée afin de convaincre les aérostiers d'utiliser ce nouvel outil.

Il effectuera 23 descentes en parachute, record de sauts de la Première Guerre mondiale.

Les premiers parachutes équipent les compagnies d'aérostiers au début de la bataille de Verdun, fin février 1916.

Le 16 mars, le lieutenant Levasseur d'Hierville, observateur à la 68e compagnie, ascensionne à hauteur du fort des Sartelles face à la Côte du Talou. Son ballon se trouve à 1 100 m, lorsqu'un avion français, volant à basse altitude, heurte le câble qui se rompt.

Levasseur décide de sauter, récupérant le matériel confidentiel, carte, croquis, consignes.

Sa descente dure 15 minutes.

Le poser se fait près du passage à niveau de Charny à 400 m des lignes allemandes.

Levasseur se réfugie dans la maison du garde barrière pour échapper au tir d'un minenwerfer de 210 mm.

Il devient ainsi le premier parachutiste français à avoir effectué un saut devant l'ennemi.

Au cours des batailles de Verdun et de la Somme, un certain nombre d'équipages ont utilisé le parachute afin de ravitailler les poilus au sol en vivres légers, tabac et journaux. Les premières opérations de ravitaillement sont décidées en 1918. Après le 21 mars, les troupes allemandes, après avoir isolé certaines unités alliées par des tirs d'artillerie, les encerclent. Le 17 et le 18 juillet 1918 à Vandières dans la Marne, un bataillon encerclé est ravitaillé par 8 appareils Bréguet qui larguent 600 biscuits, 150 boules de pain, 250 boites de conserve et des munitions de petit calibre, permettant aux assiégés de briser l'encerclement. D'autres opérations de largage de vivres et de munitions avec parachutes sont mentionnés dans les comptes rendus des opérations de Flandre en septembre et octobre 1918.

Le parachute permet aussi aux services de renseignement d'introduire des agents dans les lignes ennemies, évitant aux pilotes de périlleux atterrissages nocturnes.

L'intérêt de cette nouvelle arme incitera même le général américain Mitchell à vouloir faire sauter une division pour prendre Metz et obliger les Allemands à capituler.

Les premiers agents largués en parachute sont italiens. Le commandement italien, préparant son offensive de l'automne 1918 en Vénétie, a besoin de renseignements sur les troupes autrichiennes.

Le commandant Dupont, chef des services spéciaux de l'armée italienne, décide donc de parachuter ses agents. Il recrute et entraîne trois officiers originaires de Vénétie : le lieutenant Tandura saute dans la nuit du 9 au 10 août 1918 avec une cage contenant les pigeons voyageurs qui lui permettront de transmettre ses renseignements ; le lieutenant Nicoloso saute au mois de septembre ; le lieutenant Barnaba peu après. Ces trois officiers "parachutistes" ont contribué à la victoire de Vittorio Veneto d'octobre 1918 et recevront la Médaille d'Or de la Valeur Militaire.

On dénombre ainsi 157 descentes en parachute effectuées par des aérostiers français, entre mars 1916 et novembre 1918.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum