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Il y a 30 ans, le SDECE s’effaçait au profit de la DGSE

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02042012

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Il y a 30 ans, le SDECE s’effaçait au profit de la DGSE




2 avril 2012 – 9:33
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Le 2 avril 1982, le décret n°82-306 créait la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) afin de remplacer le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), lequel avait vu le jour en décembre 1945, suite à la fusion, quelques mois plus tôt, du BCRA et des services spéciaux du général Giraud, qui donna la DGSS (Dictection générale des services spéciaux) puis la DGER (Direction générale des études et recherches).

Pour ce 30ème anniversaire, une cérémonie sera organisée ce 2 avril « dans l’intimité », au boulevard Mortier, le siège historique de ce service de reseignement.

Selon l’article 2 du décret n°82-306 , les missions de la DGSE sont « de rechercher et d’exploiter au profit du gouvernement les renseignements intéressant la sécurité de la France ainsi que de détecter et d’enrayer, hors du territoire national, les activités d’espionnage dirigées contre les intérêts français afin d’en prévenir les conséquences ».

La création de la DGSE répondait à la volonté de rompre symboliquement avec le passé du SDECE, dont le nom fut associé à l’affaire Ben Barka, dans laquelle fut impliqué Maurice Leroy, dit Finville, le patron de son « service 7″.

Et elle fut aussi le résultat du travail de Pierre Marion, qui, bien que n’étant pas un militant du Parti socialiste – au pouvoir à l’époque – avait été nommé directeur du SDECE en juin 1981 afin de remplacer Alexandre de Marenches, qui occupait ce poste depuis 1970.

Pour Pierre Marion, il s’agissait alors pour l’agence qu’il dirigeait de prendre modèle sur la CIA américaine ou le BND allemand en faisant en sorte que les militaires n’y soit plus prédominants, même si ce service dépendait du ministère de la Défense. Pour cela, il fallait faire appel à des civils ayant des compétences utiles pour le renseignement, comme par exemple des linguistes, des historiens ou encore des ingénieurs.

Ainsi, en août 1981, Pierre Marion mit en place la Division Plan Prospective Evaluation, chargée de faire des analyses à partir de renseignements bruts et une impulsion fut donnée à ce que l’on appelle actuellement l’intelligence économique.

Cela étant, la DGSE n’avait pas pour autant la confiance du pouvoir en place. C’est ainsi qu’en 1983, le service fut tenu à l’écart de l’affaire Farewell, au cours de laquelle le colonel du KGB Vladimir Vetrov avait transmis à la DST (Direction de la surveillance tu territoire, aujourd’hui DCRI) des milliers de documents sur les réseaux d’espionnage soviétiques à l’Ouest.

Mais l’épisode qui fera couler le plus d’encre reste et qui aura été « traumatisante » pour la DGSE reste l’affaire du Raimbow Warrior, dans laquelle deux de ses agents furent pris la main dans le sac, en 1985, en Nouvelle Zélande après avoir coulé le navire du même nom de l’organisation écologiste Greenpeace, qui protestait alors contre les essais nucléaires français dans le Pacifique.

Le ministre de la Défense, Charles Hernu, fut alors contraint de démissionner pour couvrir le président Mitterrand et l’amiral Lacoste, qui était à la tête de la DGSE, fut remplacé par le général René Imbot. Cela étant, en 30 ans d’existence, l’affaire du Raimbow Warrior est le seul raté connu de ce service…

Suite à la publication du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN) en juin 2008, le renseignement – ou fonction « connaissance et anticipation » – a été jugé prioritaire « afin de permettre aux plus hautes autorités de l’Etat d’anticiper et de disposer d’une autonomie d’appréciation, de décision et d’action ».

Aussi, au cours de ces dernières années, les crédits affectés à la DGSE sont en hausse continue. Pour l’année 2012, et en ces temps de vaches maigres, il a en effet prévu d’augmenter une nouvelle fois ses autorisations d’engagement de 9,11% pour les porter à 592,8 millions d’euros.

En 5 ans, la « Piscine », comme on l’appelle familièrement, a recruté 690 spécialistes de haut niveau pour des emplois techniques (télécoms, informatique, mathématiciens, chimistes) ou de linguiste (dari, urdu, etc…). Mais la DGSE ne s’intéresse pas seulement aux experts : elle emploie aussi des serruriers, des couturières et autres techniciens.

Actuellement, près de 5.000 personnes travaillent au sein de la DGSE, dont 70% de civils, ce qui en fait le service le plus important de la communauté française du renseignement.

Dirigée depuis octobre 2008 par le préfet Erard Corbin de Mangoux, la DGSE concentre ses efforts sur deux axes majeurs : la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la prolifération. Elle suit par ailleurs les troubles concernant les pays appartenant à l’arc de crise qui va du golfe de Guinée jusqu’à la Corée du Nord et elle est amené à intervenir dans les cas de prises d’otages de ressortissants français. D’ailleurs, et il ne faut pas l’oublier, l’un de ses officiers, Denis Allex, est retenu prisonnier par les milices Shebabs somaliennes depuis juillet 2009.

Par ailleurs, et comme il y a eu une polémique ces derniers jours entre le gouvernement et la majorité de gauche au Sénat concernant le refus opposé par les ministres de l’Intérieur de la Défense d’autoriser les responsables du renseignement français d’être entendus par la commission pour le contrôle de l’application des lois dans le cadre de l’affaire Merah, la DGSE est contrôlée, en vertu de la loi n°2007-1443 d’octobre 2007, par la délégation parlementaire au renseignement, composée par 4 députés et 4 sénateurs et dont les travaux sont couverts par le secret défense.

Les activités de la DGSE sont également contrôlées par la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et la Commission de vérification des fonds spéciaux (CVFS), dans lesquelles siègent des parlementaires.


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