LES CAMPS PARACHUTISTES

INDOCHINE le jour ou j'ai découvert que nos armes étaient sabotées

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06042012

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INDOCHINE le jour ou j'ai découvert que nos armes étaient sabotées




A mon arrivée en Indochine, en février 1953, mes camarades me mettent tout de suite au courant : il faut vérifier tout le matériel venant de France: des ouvriers politisés de nos usines d'armement ont pris l'habitude de saboter les armes et des munitions destinées aux combats contre des communistes, nos adversaires en Extrême-Orient.

Ici on se le tient pour dit et l'on fait vérifier chaque arrivage, scrupuleusement, par nos experts armuriers. Pour les grenades, l'effet retard a été souvent supprimé. Pour vérifier une caisse, nos armuriers doivent les ficeler, avant de les dégoupiller, afin qu'elles n'explosent pas dans leurs mains.

Nous recevons des pistolets mitrailleurs, dont les canons ont été volontairement gonflés avec une balle restée dans le canon : effet qui peut être meurtrier. Avec ces munitions, qui en particulier ont été volontairement souschargées (elles restent dans le canon, d'où gonflage), soit surchargées (risque d'éclatement du canon).

Les légionnaires, autant que leurs officiers, enragent de savoir que ces sabotages sont exécutés par des ouvriers politisés qui mettent en danger, sciemment, nos soldats. C'est-à-dire : qu'ils trahissent leurs soldats, aux ordres de l'ennemi Vietminh.

Nous sommes d'autant plus furieux que le matériel américain nous parvient dans un parfait état. Il nous arrivait même souvent de découvrir dans une culasse de canon de char, une cartouche de cigarettes Chesterfield, placée là, à notre intention par les ouvriers des usines de Milwaukee.

En métropole, il ne me semble pas que les journaux aient beaucoup parlé du sabotage. Je ne manque pas d'en informer ma famille dans mes lettres. J'enverrai même une pièce mécanique sabotée à mon père, ingénieur, afin qu'il en vérifie la malfaçon. Mais en tous cas, à notre connaissance, aucun travailleur des usines d'armement n'a jamais été arrêté, condamné et fusillé pour sabotage, pour trahison et pour intelligence avec l'ennemi !

Nous avions pour consigne de ne pas trop parler de ces sabotages aux Français d'Indochine. Il ne fallait pas les inquiéter. Dans les grandes villes, ils étaient d'ailleurs peu inquiets profitant d'une vie agréable, dans un pays merveilleux, où il faisait bon vivre... assez loin de la guerre.

Ma lettre du 17 mars 1953, adressée à ma famille est révélatrice à ce sujet :

(extraite de mon livre « Crabes et alligators dans les rizières » Editions Lavauzelle :

« Ce que tu nous a dit au sujet du deuil de Staline nous a bien fait rire en popote. Rassure toi, les couleurs nationales au 1 erREC n'ont jamais été mises en berne et je sais que nulle part en Indochine un chef de corps n'aurait exécuté un tel ordre, quand bien même eut-il été donné ! Nos ennemis ne sont pas ici des nationalistes mais des communistes.

En France aussi, par syndicat interposé, nos chers cocos sabotent les armes, les munitions et les matériels qui nous sont destinés. Nous recevons parfois ici des moteurs rénovés, avec des coups de limes sur les joints de culasse et de la limaille dans les carter d'huile : c'est leur participation à l'effort de guerre...Viet-minh ! Alors porter le deuil du camarade Joseph : Niet ! »

« Malgré les contrôles, des armes et des munitions parviennent ici avec de sérieuses anomalies. Autrement dit tous les matériels réparés ou usinés en métropole doivent faire l'objet d'une minutieuse vérification avant de pouvoir être considérés comme fiables et opérationnels. Ce n'est pas très réconfortant mais on s'y fait. Chère et douce patrie, sais tu encore que tes soldats sont en Indochine par ta volonté, celle de ton gouvernement légal ? »

 

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Ce récit est de Jacques Jauffret qui était sous-lieutenant de réserve de l'ABC lorsqu'il se porte volontaire en 1952 pour servir en situation d'activité en Indochine. Du 6 février 1953 au 13 février 1955, il est affecté au 1er régiment étranger de cavalerie, le groupement amphibie du Tonkin (2ème GA du lieutenant colonel Jean-Louis Legendre) avec le grade de sous-lieutenant ORSA. Il est volontaire non désigné pour sauter à Dien Bien Phu.

De Juin 1955 à août 1957, il est affecté au groupement saharien du sud tunisien à Rémada avec le grade de sous-lieutenant d'active (Lieutenant à T.T.) puis de lieutenant d'active en janvier 1957.

D'août 1957 à février 1963, il est affecté en Algérie au 1er Régiment Etranger (RE) puis au deuxième REC. Il effectue un stage de saut en parachute en août 1961 à Blida (BAP/AFN), est affecté au 1er REC en septembre 1961 et promu au rang de capitaine en janvier 1962.

Jacques Jauffret fut blessé à quatre reprises au combat: deux fois en Indochine et deux fois en Algérie, dont une en service aérien commandé. Il obtint huit citations, quatre à l'ordre de la division, une au corps d'armée et trois à l'ordre de l'armée.

Après avoir obtenu son Brevet de l'Enseignement Militaire Supérieur (81ème Promotion de l'Ecole Supérieure de Guerre 1967-1969), il est promu au grade de Général de brigade de l'arméee de terre (Arme blindée, cavalerie) en 2ème section des officiers généraux le 17 janvier 1985. Il est élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d'honneur en 2001.


Seul des anciens ayant connu cette guerre et ces faits pourront témoigner de ces recits ont vous attend les anciens !!!! MB
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INDOCHINE le jour ou j'ai découvert que nos armes étaient sabotées :: Commentaires

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Message le Lun 31 Mar 2014 - 2:26 par Béghin Bernard

Que dire quand on lit des horreurs pareilles ! Crying or Very sad  un communiste restera toujours un communiste .

n'y a t'il pas eu des similitudes pendant la WW2 lors du pacte germano soviétique avant la trahison d'Hitler envers Staline ? Quand je pense qu'il y en a encore en France . L'homme est quand même un drôle d'animal pig et le plus grand prédateur . Evil or Very Mad

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