LES CAMPS PARACHUTISTES

Lieutenant de FROMONT autre Héros du "6" à Dien Bien Phu

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

06042012

Message 

Lieutenant de FROMONT autre Héros du "6" à Dien Bien Phu




Lieutenant Gilles de FROMONT , lui aussi chef de section au ‘’6’’ de BIGEARD à Dien Bien Phu, lui aussi tombé à la tête de sa section dans les mêmes circonstances et ce, à deux semaines d’intervalle, frappé d’une balle en plein front alors qu’il était en communication radio avec ‘’Bruno’’ pour lui rendre compte de son sucés sur ‘’Eliane1’’, BIGEARD en parle toujours avec émotion en juin 1992 :
-Gilles de FROMONT, confiant dans sa baraka après de durs et incessants combats …..à qui l’on peut confier toutes missions et qui s’en sort toujours jusqu’à Dien Bien Phu. J’aurai entendu ses derniers mots. Comme LE VIGOUROUX, lui non plus n’a pas vieilli; sa silhouette est toujours auprès de moi après 38 années



Lieutenant Gilles de FROMONT
Sa vie :
Né le 14/03/1929 à Fillé dans la Sarthe.
Entre à St Cyr en octobre 1948 et après un stage en corps de troupe au 27è BCA à Annecy, il est affecté en 2ème Année à la 4ème Cie, 2ème Son.
A sa sortie de St Cyr, il choisit l’Infanterie Métro. Sa première affectation d’officier : le 14ème RIPC (Régiment d’infanterie parachutiste de Choc.
Il part ensuite pour l’Indochine le 16/11/1952 où il est affecté au 2è Bon Thaï. Il est muté le 16/11/1953 au 6ème BPC de BIGEARD.
Il est tué le 11 avril 1954 lors des combats sur ‘’Eliane 1’’, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur, titulaire de la Croix de Guerre des TOE avec quatre citations : une à l’ordre de l’Armée (pour son sacrifice sur ‘’Eliane 1’’), une à l’ordre du Corps d’Armée (Opération ‘’Castor’’ avec le ‘’6’’) et deux à l’ordre de la Division ( une au titre du 2ème Bon Thaï, l’autre à SENO au Laos avec le ‘’6’’), il est également Chevalier de Mérite Thaï.

Les circonstances de son dernier combat, extraits condensés du livre d’Erwan BERGOT ‘’ Bataillon BIGEARD’’et de BIGEARD ‘’Pour une parcelle de Gloire’’ :
Dien Bien Phu, le 10/11 avril 1954. Mort du lieutenant Gilles de FROMONT-Nous allons reprendre Eliane 1. J’en ai assez de recevoir des obus sur la tête…Plus tard, on dira : ‘’Nous avons envoyé deux compagnies reprendre Eliane 1’’ et ça suffira aux stratèges et aux historiens. Je sais, moi ce que représente cette mission…..et les ‘’compagnies ‘’ en questions : quatre vingt et quatre vingt cinq hommes sur les rangs chacune parmi lesquels nombre de bléssés légers.
….BIGEARD pense à ce bataillon dont il était si fier et qui est réduit aujourd’hui au quart de lui-même.
-La préparation d’artillerie débutera à 6h00 ; vous grimperez jusqu’à la limite de sécurité….
-Négatif, intervient l’un des deux commandants d’unité ; le 28 mars, les viets ont eu le temps de relever la tête avant que nous ayons pu coiffer leurs tranchées. Il faut faire comme ils le font en serrant au plus près nos tirs de préparation…..Les limites de sécurité, c’est bon pour les manœuvres ; il faut ignorer le Règlement.
-OK. Vous progresserez sous le feu jusqu’aux premières lignes. Ce que font les viets, nous pouvons le faire. ………………………………………………………………..
Il et 6h00. Un roulement démarre, s’amplifie et se précise. Les 105 passent en hurlant au-dessus des compagnies prêtes à bondir depuis la tranchée d’assaut. Ils explosent sur les pentes, sur la crête. Sur la face ouest d’Eliane 4, le lieutenant ALLAIRE a rassemblé les 20 pièces de 81 : tous les mortiers des bataillons paras. Il expédie des fumigènes pour masquer les créneaux des bases de feu ennemies, sur le ‘’Mont chauve’’ et le ‘’Mont fictif’’.
….Ils escaladent la dernière pente en courant ; dans les deux minutes, ils devront être sur les boyaux ennemis quand l’artillerie se taira, elle qui couvre de gravats dont ils n’ont cure. 6h15 : Les Français ont envoyé 1800 coups sur Eliane 1. Ils stoppent le tir.
En hurlant, les seize vietnamiens du 3ème Commando ont bondi sur les viets, encore assommés par les obus. Le nettoyage des boyaux commence. Ils sont seize en première vague !Seize contre deux compagnies. Et pourtant ils progressent. Les deux autres commandos suivent au plus près…..
La bataille se poursuit au corps à corps….Les paras s’accrochent, grignotent l’ennemi, le neutralisent, l’anéantissent. Quand ils arrivent enfin au bord des tranchèes qui découvrent la plaine rouge à l’Est, il est midi ! Il faut, sous le feu ennemi qui ne faiblit pas mais qui sent la rage impuissante et l’improvisation, organiser la position, creuser des emplacements défendables au milieu des blockhaus démolis, des entonnoirs à demi comblés.
-Vite, vite !
Les viets contre-attaquent aussitôt, mais les paras sont prêts. Derrière eux le bataillon BRECHIGNAC (II/1er RCP) grimpe au galop pour épauler les camarades…..
-Tenez bon !...
C’est maintenant que les pertes sont les plus élevées ; à la 1ère Cie, tous les chefs de section sont tués ou blessés. Chez PERRET, à la 3, la liste des blessés s’allonge. Gilles de FROMONT, son adjoint, a été projeté à terre par une grenade ; couvert de sang, il refuse de se faire évacuer…
La position est écornée…..A la 2ème Cie également, presque tout l’encadrement est tué ou blessé…Mais en final, à la nuit tombante, la position est conquise, les défenses assurées. Les rescapés de l’attaque peuvent s’en aller, relevé par deux compagnies du II/1er RCP. A la 2ème Cie, par exemple, on compte 15 tués et 22 blessés sur 80 hommesengagés au départ.
……Le lendemain 11 avril, les bo doïs du viet-minh remontent à l’assaut. GIAP ne peut se permettre d’abandonner aux Français cette colline qui lui, à déjà coûté tant de sang, qui bloque son offensive de l’Est. Il n’a pas économisé les moyens ; 2 régiments, la moitié de la 316, se jettent à l’attaque. LANGLAIS alerte BIGEARD :
-J’envoie des renforts. Ils seront là dans une heure. Que pouvez vous faire ?
-Il me reste la 3ème compagnie au pied d’Eliane. Je l’expédie en avant.
Derrière elle les légionnaires du BEP remontent à l’attaque. Ils grimpent, indifférents à la mitraille, emmenés par des capitaines solides et durs, MARTIN et LUCIANI, ceux de la fameuse nuit d’Eliane 2. Et soudain, à mi-pente, un chant s’élève. Les bérets verts entonnent à pleine voix les fières paroles lancées comme un défi :
Contre les viets, contre l’ennemi,
Partout où le combat fait signe,
Soldats de France, soldats du Pays,
Nous remonterons vers les lignes…
Etonnés, surpris, les petits bo doïs en vert qui croyaient la victoire proche refluent et se débandent. Une vingtaine se rendent sans combattre. Pour la première fois à Dien Bien Phu, les Français ont semé le doute dans l’esprit des fanatiques de GIAP.
Derrière la Légion, BOTELLA entraîne ses vietnamiens du 5è BPVN. A leur tour, ils escaladent la colline. Mais il leur manque une chanson et celles qu’ils connaissent ne parle que d’Amour, de fleurs et de dragons. Alors, spontanément, les ‘’Bawouans’’ qui se battent sous leur drapeau national, jaune barré de trois bandes rouges, s’élancent à l’assaut en chantant la ‘’Marseillaise’’.
Sur Eliane 1, paras du RCP et de BIGEARD mêlés tiennent le choc, rendant coup pour coup sans se soucier des pertes énormes qui creusent des vides sanglants dans leurs rangs.
Le lieutenant de FROMONT ne faiblit pas. Par radio, il alerte BIGEARD :-Bruno ? Tout va bien ; les viets décrochent ; la Légion arrive.
-Bravo mais ne vous entassez pas sur le piton…Rentrez immédiatement sur Eliane 4.
C’est la hantise de BIGEARD, la concentration sur un espace réduit, cible magnifique pour les obus ennemis.
-FROMONT à Bruno : bien pris note, Bruno. Mais je reste un moment avec le capitaine Loulou MARTIN de la Légion pour faire le point. Il y a encore quelques salopards à régler….(Bruit sours dans la radio…)
BIGEARD répète sa communication, s’inquiète, rappelle.
-Ici Loulou MARTIN, du BEP, répond alors le capitaine de Légion : FROMONT vient d’être tué d’une balle en plein front.
BIGEARD repose le combiné d’un geste las. FROMONT était le dernier arrivé au Bataillon ; jeune, plein d’enthousiasme, il rêvait de combats, de Gloire, de Victoire. Il est mort au soleil couchant, debout. Comme LE VIGOUROUX, comme tant d’autres, fauchés en pleine jeunesse. FROMONT, un lieutenant merveilleux, au regard si bleu, au sourire limpide…laissé à jamais sur ce piton maudit !



avatar
Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Partager cet article sur : diggdeliciousredditstumbleuponslashdotyahoogooglelive

 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum