LES CAMPS PARACHUTISTES

la tuerie de Montauban

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la tuerie de Montauban

Message  HAUTRIVE Alain le Jeu 12 Avr 2012 - 17:51



Extrait du magazine LA VIE:


Christian Venard, aumônier militaire
Les étapes de sa vie
1966 Naissance dans la région parisienne.
1987 Appel à la vie sacerdotale.
1988 Obtient deux DEA (Histoire et droit).
1989 Crée une entreprise.
1992 Entrée au séminaire français de Rome.
1997 Ordination sacerdotale.
1998 Devient aumônier parachutiste.
2012 Assassinés par Mohamed Merah, deux parachutistes du 17ème RGP de Montauban meurent dans ses bras.

LES MILITAIRES ASSASSINÉS PAR MOHAMED MERAH SONT MORTS
DANS SES BRAS. L’AUMÔNIER CATHOLIQUE DU 17~ RGP DE
MONTAUBAN RACONTE COMMENT ILAVÉCU CE DRAME ET PARLE
DU SOUTIEN SPIRITUEL QU’IL APPORTE AUX TROUPES ENDEUILLÉES.

J’étais en train de prendre le café avec deux veuves de militaires tués l’été dernier en Afghanistan, quand des tirs ont retenti près de la caserne. Je me suis précipité sur les lieux. Abel Chennouf venait d’expirer. Je lui ai serré la main encore chaude de vie. Les secours s’affairaient auprès de Mohamed Legouad et de Loïc Liber. Autour de moi, les sirènes hurlaient, tout était cri, vacarme, saccage, désolation.
Quand je repense à ces instants, c’est pourtant le calme qui me vient à l’esprit. Au milieu de l’agitation, un silence profond s’est fait en moi. Agenouillé auprès de mes trois camarades, je me suis mis à prier. Une prière si profonde que rien ne pouvait la dissiper. Dans un régiment, l’aumônier catholique s’appelle padre. J’ai donc dit à mes «gars » ce qu’un papa peut dire à ses petits: «Tiens le coup, je suis là, je prie la sainte Vierge, notre maman du Ciel, et saint Michel, le patron des paras, de t’accueillir; si telle est la volonté du Seigneur»

A Abel et Mohamed, j’ai murmuré les paroles que la liturgie met sur nos lèvres in articulo mortis. Et dans ce silence intérieur, j’ai rencontré Jésus et Marie. Ils étaient là, Mère et Fils, au milieu de la souffrance humaine, de la passion des innocents. Silencieux. N’apportant à mes questions, à mon incompréhension, aucune réponse, si ce n’est leur présence consolatrice. C’était le 15 mars. Mohamed Merah venait d’ouvrir le feu sur trois militaires du 17ème régiment de génie parachutiste (RGP) de Montauban, dont je suis l’aumônier catholique.

Aîné d’une tribu de sept enfants, J’ai grandi dans une famille qui a donné à l’Église beaucoup de prêtres et de religieux. Du fait du métier de mon père, officier dans l’armée, nous déménagions souvent, mais c’est à Rennes que j’ai passé le plus clair de mon enfance. Quand j’avais 12 ans, mes parents furent victimes d’un grave accident de voiture. Maman, qui était alors une jeune femme, en sortit défigurée. Cet épisode marqua profondément leur vie spirituelle. Jusqu’alors, ils étaient catholiques par tradition familiale ; leur relation au Christ devint plus intense. Cela rejaillit sur toute la famille. Nos parents nous firent vivre ainsi une enfance imprégnée par le catholicisme. La ferveur faisait partie de la trame ordinaire des jours.

Mon bac en poche, j’allai à Paris faire des études d’Histoire et de droit. En 1989, je fondai également une société spécialisée dans le recrutement d’assistants dentaires. Le succès fut très rapidement au rendez-vous. Pourtant, malgré cette
réussite, je n’étais pas heureux. Je ressentais une insatisfaction, le sentiment profond de n’être pas là où j’aurais voulu être.

Au fond de moi, je savais la raison de ce mal-être : l’appel de Dieu, entendu à8 ans, lors d’un camp louveteaux. Un prêtre m’avait demandé: «As-tu jamais songé à devenir prêtre ?» Aussitôt, dans une sorte de fulgurance, j ‘avais su que le Christ m’appelait. Cette vocation, que je gardais dans le secret de mon cœur, je me suis longtemps senti incapable de la déployer. Marqué par le fond janséniste de mon éducation, je croyais que le Seigneur n’appelait à lui que des saints. Une confession, lors du carême 1987, joua le rôle d’un déclencheur Je m’agenouillai devant le prêtre, et tout s’éclaira. «Tu n’as rien compris, me dis-je, si tu veux devenir saint, suis cet appel, ne le rejette pas au motif que tu es pécheur » Mais rien n’était joué. Je ne voulais pas devenir prêtre car je savais que c’était une vie crucifiée, que le cœur d’un prêtre était un cœur saignant, blessé dès le départ par le célibat. Cette souffrance me faisait peur.

Comme Jacob, je luttai donc pied à pied. Happé par le succès de ma société, la vie sociale qui en découlait, j’essayai d’étouffer cette vocation. C’est alors que Dieu, par l’entremise des personnes qu’il plaça sur mon chemin, me bombarda de signes tangibles qu’il était là et qu’il me voulait. Un jour de 1992, je m’avouai vaincu... Au séminaire français de Rome où l’on m’envoya me former, je découvris ce qu’était une vocation diocésaine.
Je réalisai aussi que je n’avais pas d’attachement à un diocèse, ayant été pendant toute mon enfance balloté d’une vifie à l’autre au gré des affectations de mon père. En revanche, le seul endroit dont je me sentais proche, ma seule terre, mon seul terreau, c’était l’armée. Je fus donc ordonné prêtre en 1997 avec la mission de devenir aumônier pour le diocèse aux armées.

Au-delà de la partie cultuelle, la mission d’un aumônier militaire consiste à accompagner humainement les troupes. Nous vivons immergés dans l’armée, nous portons la tenue des soldats, nous partageons leurs repas, leurs soucis. L’essentiel de ma pastorale consiste à faire le tour des régiments, à serrer des mains, à regarder chaque militaire que je croise avec le regard du Christ, indépendamment de son grade, à être, pour lui, une figure paternelle auprès de laquelle il se sente vivant.
L’homme de Dieu est aussi l’interlocuteur privilégié quand le régiment rencontre la mort. C’est alors que tout le vécu partagé avec les troupes, la légitimité humaine acquise auprès d’eux, trouve son sens. Dans ces moments de deuil, comme ceux que nous vivons en ce moment, les « gars » n’ont pas une demande spirituelle spécifique. Mais ils attendent, pudiquement, que je sois, tel un père, unpadre, présent auprès d’eux. Voilà d’ailleurs l’essentiel de ma mission : être la présence réconfortante du Christ au milieu de mes frères militaires.

«Être la présence réconfortante
du Christ au milieu de mes
frères militaires, voilà l’essentiel de ma mission»

INTERVIEW CHARLES WRIGHT


Les confessions d’un aumônier parachutiste
En tant qu’aumônier, il a accompagné, les troupes françaises dans une dizaine d’opérations extérieures, couvrant la Côte d’ivoire, le Kosovo, l’Afghanistan... Il collabore également à diverses revues. Malgré toutes ces activités, le père Christian Venard a trouvé le temps d’écrire un livre. Un ouvrage drôle et percutant, destiné à redonner le goût du sacrement de la réconciliation. « Celui qui écrit ce livre ne se sent pas supérieur à vous, écrit-il. Comme vous, il est pécheur, il porte chaque jour le poids de ses propres culpabilités, de ses négligences. Et si, par tel ou tel passage, II vous touche, c’est que lui-même vit de cette expérience unique : se reconnaître faible et pécheur et trouver, auprès de Jésus seul, Celui qui apporte le pardon des péchés et la réconciliation. »
LA CONFESSION, MODE D’EMPLOI, ARTÈGE, 2,95 L.


MES CONSEILS POUR traverser la souffrance

1. Confrontez-vous à vos propres souffrances
Pour affronter la souffrance des autres, il faut avoir le courage de regarder ses propres blessures en face. Nous sommes tous des êtres blessés par les hasards de nos existences. Notre personnalité s’est construite, en grande partie, en réaction à des agressions. Il est important d’opérer un travail sur soi pour discerner ses failles. Les connaître, c’est aussi mieux comprendre celles des autres.

2. Faites preuve d’humilité
Ne cherchez pas à consoler la douleur d’un père ou d’une mère qui a perdu son enfant, car c’est inconsolable. Ayez l’humilité d’être simplement là, à l’écoute. Quand j’ai retrouvé Caroline, la femme d’Abel Chennouf, je me suis contenté de ces quelques mots : «J’étais près de lui, je lui ai tenu la main, l’important c’est votre bébé, vous pouvez compter sur nous. » En revanche, je lui ai serré la main, et j’ai prié avec elle. Face à la souffrance, il faut se rappeler que les silences, souvent, valent mieux que les mots. Nous, les prêtres, nous pouvons nous reposer sur les paroles que la liturgie place sur nos lèvres, par exemple pour la mise en bière, et croire en leur efficacité : à travers nous, c’est le Christ qui agit.

3. Confiez la souffrance au Seigneur
Pendant son enterrement, j’ai rappelé à Abel que son sacrifice était enveloppé dans celui du Christ. Je lui ai rappelé qu’en voyant couler de ses blessures ce sang si rouge et si pur, je confiais au Seigneur de la Vie, cette vie qui s’écoulait de lui. Et si aucune larme ne sortait de mes yeux, c’est mon cœur qui pleurait sur toute violence faite aux innocents sur cette pauvre terre. Et c’est à l’Innocent qui a versé son sang pour nous réconcilier avec son Père, qui a versé son propre sang en rançon pour toutes les violences, que j’ai confié sa belle âme.

4. Apprenez à pardonner
La phase ultime pour traverser la souffrance est d’arriver au pardon, qui est une grâce de Dieu. Demandez au Seigneur la force de dépasser le stade de la haine, de la vengeance, de la colère pour parvenir à vous réconcilier avec vous-même, avec les autres et avec Dieu.

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Re: la tuerie de Montauban

Message  opex le Jeu 12 Avr 2012 - 23:23

merci Alain de nous faire partager cet article .

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Message  HAUTRIVE Alain le Ven 13 Avr 2012 - 7:55



L'article que j'ai publié ci-dessus provenait de l'hebdomadaire LA VIE. C'est un document Word dans lequel j'avais inclus des photos du magazine, mais celles-ci n'apparaissent pas. Si quelqu'un sait comment faire, soit me le dire, soit je lui envoie les photos (format jpeg) par message personnel email. Merci
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Re: la tuerie de Montauban

Message  Invité le Ven 13 Avr 2012 - 8:54

envoie moi cela Alain sur MP que je regardes ce que je peux faire .MB
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Message  HAUTRIVE Alain le Ven 13 Avr 2012 - 11:08



Bonjour Michel,

J'ai bien reçu ton mail, merci. Je t'ai envoyé les 3 photos jpeg par email.
Les as-tu bien reçues ?
Merci pour ton aide.

Alain



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