LES CAMPS PARACHUTISTES

Au début de la Première Guerre mondiale, l'aérostation française est très limitée

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31052012

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Au début de la Première Guerre mondiale, l'aérostation française est très limitée




Au début de la Première Guerre mondiale, l'aérostation française est très limitée : ballon sphérique peu performant, treuil à vapeur lent et poussif, aucune doctrine d'emploi. En quelques mois le retard est rattrapé au cours de l'année 1915. De nouveaux matériels sont mis au point et une réflexion est amorcée autour de cette nouvelle arme. A partir d'octobre 1915, le parachute est intégré à la panoplie de l'aérostier. Cette protection personnelle est utilisée dès la bataille de Verdun, en mars 1916, et permet de limiter les pertes dans les rangs de jeunes corps.

Lors de l'offensive d'automne en Champagne de Joffre, l'aérostation perd son premier ballon. Le 1er octobre 1915, le ballon du maréchal des logis Schmidt est abattu par une fusée incendiaire dans la région de Somme-Suippes. Le 14 octobre, vint le tour du maréchal des logis Roze dans la région de Jonchery. Le commandement demande alors au Centre de Chalais-Meudon de trouver une parade. On pense tout de suite à équiper la nacelle d'une mitrailleuse légère ou d'un fusil mitrailleur, comme cela se fait chez les Allemands, mais deux officiers du centre d'essai de l'Aérostation, le lieutenant Jumesch, et le capitaine Letourneur, proposent une meilleure idée : le parachute.

Jumesch, ancien pilote de dirigeable qui a travaillé pour la société Lebaudy, a vu fonctionner le parachute et a eu connaissance du saut réalisé par l'aviateur Pégoud en 1913. Il confectionne rapidement un parachute qu'il teste à l'aide de charges de 80 kg.
Le prototype est testé par Constant Duclos, un fusilier marin affecté à Chalais-Meudon après la dissolution de la Brigade de l'Amiral. Il effectue, le 17 novembre 1915, le premier saut en parachute de l'histoire militaire française. Fin novembre, il exécute plusieurs descentes en parachute pour préparer le saut qui doit avoir lieu devant la commission d'homologation en décembre. Pour mieux impressionner la commission, le jour venu, il saute avec un gros cigare entre les dents et se pose, non loin de ces messieurs, avec son havane à la bouche. Le parachute est homologué, la construction en série est entamée.
Duclos est ensuite envoyé en zone armée afin de convaincre les aérostiers d'utiliser ce nouvel outil. Il effectuera 23 descentes en parachute, record de sauts de la Première Guerre mondiale.

Les premiers parachutes équipent les compagnies d'aérostiers au début de la bataille de Verdun, fin février 1916. Le 16 mars, le lieutenant Levasseur d'Hierville, observateur à la 68e compagnie, ascensionne à hauteur du fort des Sartelles face à la Côte du Talou. Son ballon se trouve à 1 100 m, lorsqu'un avion français, volant à basse altitude, heurte le câble qui se rompt.

Schéma de parachute modèle 1915. Source : SGA/DMPA


Levasseur décide de sauter, récupérant le matériel confidentiel, carte, croquis, consignes. Sa descente dure 15 minutes. Le poser se fait près du passage à niveau de Charny à 400 m des lignes allemandes. Levasseur se réfugie dans la maison du garde barrière pour échapper au tir d'un minenwerfer de 210 mm. Il devient ainsi le premier parachutiste français à avoir effectué un saut devant l'ennemi.

Au cours des batailles de Verdun et de la Somme, un certain nombre d'équipages ont utilisé le parachute afin de ravitailler les poilus au sol en vivres légers, tabac et journaux. Les premières opérations de ravitaillement sont décidées en 1918. Après le 21 mars, les troupes allemandes, après avoir isolé certaines unités alliées par des tirs d'artillerie, les encerclent. Le 17 et le 18 juillet 1918 à Vandières dans la Marne, un bataillon encerclé est ravitaillé par 8 appareils Bréguet qui larguent 600 biscuits, 150 boules de pain, 250 boites de conserve et des munitions de petit calibre, permettant aux assiégés de briser l'encerclement. D'autres opérations de largage de vivres et de munitions avec parachutes sont mentionnés dans les comptes rendus des opérations de Flandre en septembre et octobre 1918.

Le parachute permet aussi aux services de renseignement d'introduire des agents dans les lignes ennemies, évitant aux pilotes de périlleux atterrissages nocturnes. L'intérêt de cette nouvelle arme incitera même le général américain Mitchell à vouloir faire sauter une division pour prendre Metz et obliger les Allemands à capituler. Les premiers agents largués en parachute sont italiens. Le commandement italien, préparant son offensive de l'automne 1918 en Vénétie, a besoin de renseignements sur les troupes autrichiennes. Le commandant Dupont, chef des services spéciaux de l'armée italienne, décide donc de parachuter ses agents. Il recrute et entraîne trois officiers originaires de Vénétie : le lieutenant Tandura saute dans la nuit du 9 au 10 août 1918 avec une cage contenant les pigeons voyageurs qui lui permettront de transmettre ses renseignements ; le lieutenant Nicoloso saute au mois de septembre ; le lieutenant Barnaba peu après. Ces trois officiers "parachutistes" ont contribué à la victoire de Vittorio Veneto d'octobre 1918 et recevront la Médaille d'Or de la Valeur Militaire.

On dénombre ainsi 157 descentes en parachute effectuées par des aérostiers français, entre mars 1916 et novembre 1918.

Sources : Histoire mondiale des parachutistes, Editions S.P.L, 1974. J. Mortane, Les ailes de la mort, Éditions du Siècle.

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Message le Dim 10 Juin 2012 - 9:31 par Invité

Hello everybody,

Merci bcq pour cette page d'histoire aussi détaillée qu'intéressante.
J'ignorais que les premiers parachutes dataient de la Première Guerre Mondiale. Mais c'est somme toute logique avec les débuts de l'aviation.
Cdlt

Mac

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Message le Dim 10 Juin 2012 - 10:12 par Invité

Sauter à cette époque !! c'était "Salut à l'aventure "!!!!!!

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Message le Ven 28 Juin 2013 - 13:43 par SACCO83

....."Levasseur se réfugie dans la maison du garde barrière pour échapper au tir d'un minenwerfer de 210 mm. Il devient ainsi le premier parachutiste français à avoir effectué un saut devant l'ennemi"...;;

Note d'un spécialiste : un obus de minenwerfer de 210 mm faisait un cratère de 20 mètres de diamètre et de 6 mètres de profondeur en moyenne. Il aurait été un peu plus à l'abri en rase campagne non ?

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