LES CAMPS PARACHUTISTES

Médecin Général Inspecteur du Service de Santé des Armées Valérie André

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19102012

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Médecin Général Inspecteur du Service de Santé des Armées Valérie André




Valérie André est une femme de vocation. Très jeune déjà, elle veut devenir médecin et piloter des avions. Ces deux passions guideront toute son existence.

Adolescente, alors qu'elle réside à Strasbourg, elle profite de l'essor de "l'aviation populaire" pour suivre des cours de pilotage. Avec l'invasion allemande de 1940, elle fuit l'Alsace pour rejoindre Clermont-Ferrand, où s'est repliée la faculté de Médecine de Strasbourg. L'invasion du sud de la France en novembre 1942 la contraint à un nouveau départ. Pour échapper aux autorités allemandes qui recherchent les étudiants d'origine alsacienne dans l'ancienne zone libre, elle part pour Paris.

Elle y poursuit ses études et obtient son diplôme de docteur en médecine peu après la guerre. A la même époque, elle assure l'encadrement médical d'une préparation militaire parachutiste. C'est à cette occasion qu'elle effectue ses premiers sauts. C'est également à cette époque que son intérêt pour l'armée se fait plus vif. Désireuse de devenir pilote militaire, elle se heurte à l'interdiction faite aux femmes d'exercer cette fonction. La guerre d'Indochine lui permettra de contourner l'obstacle et de parvenir à ses fins.

En 1948, à la suite d'une pénurie en médecins militaires, le doyen de la faculté de Médecine de Paris lance un appel en faveur de l'engagement volontaire d'étudiants pour servir en Extrême Orient. Valérie André saisit cette opportunité. Elle s'engage dans l'armée et rejoint l'Indochine comme médecin-capitaine le 9 janvier 1949.

Elle y est tout d'abord affectée à l'hôpital de My Tho, puis elle rejoint l'hôpital Costes de Saigon, où elle est assistante en neurochirurgie.

Lorsque ses supérieurs apprennent qu'elle est également parachutiste, ils lui proposent de suivre une formation complémentaire en chirurgie de guerre, à la suite de laquelle elle doit être employée au soutien sanitaire des petits postes isolés, qui ne peuvent être joints que par des personnels parachutés. Elle effectue sa première mission sur le HAUT-LAOS.

Quelques temps plus tard, alors qu'elle assiste à une démonstration d'hélicoptères, elle prend conscience de l'intérêt que présentent ces engins pour l'assistance médicale des troupes combattantes. Leur mobilité extrême et leur capacité d'atterrissage sur des terrains exigus permettent en effet de remplacer avantageusement les opérations parachutées. En outre, et en dépit de la sous-motorisation des engins disponibles à cette époque, l'installation de deux "paniers" de part et d'autre de l'habitacle permet d'évacuer deux blessés à chaque rotation, chose impossible avec les interventions parachutées.



De retour en France, Valérie André rejoint donc un cours de formation au pilotage d'hélicoptères en juin 1950. Elle repart pour l'Indochine en octobre suivant.

Elle exerce désormais les fonctions de pilote d'hélicoptère (un Hiller 360), spécialisée dans les évacuations sanitaires. C'est à cette époque qu'elle collabore avec le capitaine Alexis Santini, qu'elle épousera quelque temps plus tard. Entre sa première mission, le 16 mars 1952, et son départ d'Indochine en 1953, elle aura exécuté 129 vols opérationnels et assuré l'évacuation de 165 blessés vers les postes médicaux ou les hôpitaux les plus proches. Bien entendu, la plupart de ces missions sont faites sous le feu ennemi et dans des conditions particulièrement périlleuses... Pour les plus dangereuses, elle bénéficie tout de même d'une couverture aérienne par des avions de chasse, mais le danger reste quotidien.

De retour en France en avril 1953, le capitaine André est affectée au Centre d'Essais en Vol de Brétigny, où elle assure un suivi médical des personnels navigants, tout en participant à plusieurs vols expérimentaux. C'est également pendant cette période qu'elle participe à la création du Laboratoire de Médecine Aérospatiale.

De 1959 à 1962, elle sert en Algérie, comme médecin adjoint de la base de Boufarik, puis comme médecin-chef de l'Escadre d'Hélicoptères n°3, stationnée à la Réghaïa. Désormais, c'est à bord d'une Alouette 2 et d'un Sikorsky H-34 qu'elle poursuit ses évacuations héliportées (plus de 350).

En 1961, elle est nommée médecin-chef de l'ensemble de la base de la Réghaïa.

La fin de la guerre d'Algérie la ramène en France, où elle poursuit une brillante carrière d'officier du Service de Santé. D'abord médecin-chef de la base aérienne de Villacoublay, elle est nommée conseillère du Commandement du Transport Aérien Militaire.

En avril 1976, elle est la première femme à atteindre le grade de général (Médecin-Général en fait). En 1981, elle est promue Médecin-Général Inspecteur avec le rang de général de division et termine sa carrière comme directeur du service de santé de la 2e Région Aérienne.

Sa carrière confère à Valérie André une place particulière dans le monde des femmes militaires. Voilà pourquoi, une fois rendue à la vie civile, elle prend la tête de la Commission d'Étude Prospective de la Femme Militaire, avec laquelle elle travaille à promouvoir l'emploi des femmes dans l'armée.
Le retour à la vie civile s'accompagne également de la reconnaissance de la Nation pour la pionnière qu'elle a toujours été. En 1987, elle est la première femme décorée du grade de Grand-croix de l'Ordre National du Mérite. En 1999, le président Chirac l'élève à la dignité de Grand-croix dans l'ordre de la Légion d'Honneur. Une fois encore, elle est la première femme à obtenir cette distinction.


source Air Asso

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Médecin Général Inspecteur du Service de Santé des Armées Valérie André :: Commentaires

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Message le Ven 19 Oct 2012 - 16:24 par vieux treillis



Il est des femmes qui ont la modestie aussi grande que le courage. Valérie André n’est guère connue et pourtant de nombreuses femmes miltaires lui doivent aujourd’hui de pouvoir piloter ou naviguer.

Il n’y a qu’à lire “Madame La Général”, récit autobiographique, pour se dire qu’un jour, peut-être, l’histoire de cette pilote hors-pair sera portée sur grand écran. “Me croira-t-on si j’évoque à nouveau, au milieu de cette tuerie journalière, quelques moments privilégiés de contentement? La mission terminée, le bonheur d’un retour à vide où voler est une détente, une liberté retrouvée, une évasion. Comme de renouer soudain avec un rêve d’enfance. Tout à coup, ce jour-là, un claquement sec interrompt cette délicieuse sensation d’oubli de tout ce qui n’est pas le vol lui-même.” Réalisant seule ses missions de sauvetage médical à bord d’un hélicoptère, elle décrit ensuite son crash et sa peur d’être capturée par l’ennemi Viet-Minh.

3 200 heures de vol, sept citations à la croix de guerre

Symbole de l’armée française avec ses 3 200 heures de vol, ses missions en Indochine et en Algérie et ses sept citations à sa croix de guerre, Valérie André a œuvré pour que les femmes aient accès aux mêmes formations et aux mêmes grades que les hommes. Alors que les anciens parachutistes de Haute-Savoie lui rendaient hommage, nous en avons profité pour l’interroger sur ses motivations. Elle venait de signer un mot de soutien à une jeune fille souhaitant faire une école d’officier. Valérie André qui fit ses classes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale reste un modèle.

À 90 ans, vous semblez en pleine forme, quel est donc votre secret ?

Je n’ai pas de secret. J’ai juste une antériorité. Je suis souvent la doyenne des assemblées. Le temps apporte de l’expérience. Je garde contact avec les plus anciens avec qui je partage valeurs et idéaux, mais aussi avec les plus jeunes pour les aider dans leurs choix.

Médecin, officier, votre parcours a de suite été peu commun…

Petite fille, je voulais être aviatrice et médecin. Mes parents disaient que cela allait me passer. Je n’ai pas changé. Puis le parachutisme est venu. J’ai été en charge de la surveillance médicale pendant les formations. Quand j’ai eu mon diplôme de médecin, le doyen de la faculté de médecine de Paris a indiqué qu’il manquait de médecin militaire en Indochine.

C’était en 1948 et il y avait peu de femmes dans l’armée. Pourquoi avoir servi en tant que médecin capitaine en Indochine ?

J’ai été séduite par ce milieu. Ces garçons nous avaient libérés. Il y avait un esprit solidaire, courageux, désintéressé. C’est pour cela que j’ai ensuite renouvelé mon contrat et que je me suis spécialisée en chirurgie de guerre. Je voulais pouvoir être parachutée en cas de besoin.

Puis l’hélicoptère est apparu dans les équipements…

En Indochine, les déplacements se faisaient en ambulance, à cheval, en bateau sur le fleuve ou en avion. Mais il fallait une piste de 400 mètres. Quand j’ai vu arriver les deux premiers hélicoptères achetés par le général Robert sur ses propres crédits, je me suis dit que c’est ça qu’il me fallait. J’ai réussi à convaincre le général que je pouvais les piloter pour évacuer seule les blessés. Après un cours de pilotage en France, j’étais opérationnelle.

Comment les hommes vous regardaient-ils ?

Au début ils étaient étonnés de me voir. Ils ne s’y attendaient pas. En Indochine, j’ai eu à commander une section hélicoptère. En Algérie, je suis passée de capitaine à commandant. Mais quand on fait le boulot, quand on montre l’exemple, il n’y a pas de problème avec l’autorité. On m’appelait “mon capitaine”, “mon commandant” puis “mon général”, je n’étais pas habituée à entendre “madame”.

Vous avez effectué des centaines de missions de sauvetage périlleuses. Quelle est votre définition du courage ?

Le courage est la plus belle qualité au monde surtout pour une cause de dévouement. Je n’ai jamais refusé une mission même s’il n’était pas agréable de se voir tirer dessus.

par Cedran DE SAINTE LORETTE le 05/02/2012

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Message le Ven 19 Oct 2012 - 18:01 par Arcimboldo_56

Vous pouvez également aller sur le site de l'AHA (association hélicoptères air)

[url=http://www.aha-helico-air.asso.fr/]

Sur la gauche vous cliquez sur Mémoire puis Portraits et enfin sur la photo de Madame le Médecin-général.

Bonne lecture

Arcimboldo, membre de l'AHA

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Message le Ven 19 Oct 2012 - 18:05 par Arcimboldo_56

le lien valide ci-dessous :

http://www.aha-helico-air.asso.fr/

Et là, ça fonctionne ?

Very Happy Very Happy Very Happy

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Message le Sam 15 Mar 2014 - 14:51 par Béghin Bernard

Et bien voilà cher arcimbaldo 56, maintenant j'en sais un peu plus sur cette Dame de l'Air, au service des autres tout en assouvissant sa passion de voler "au plus près des oiseaux " quoique, en Indo ou en Algèrie, cela devait être au plus près des "pélots".

Croyez bien que je regrette de ne pas avoir su son histoire bien plus tôt mais vaut mieux tard que jamais.

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Message le Sam 15 Mar 2014 - 15:23 par Lothy

Quelques photos de cette Grande Dame




Avec le "général" de Lattre de Tassigny, en Indochine


Au moment de sa promotion - elle avait 54 ans, c'était le 21 avril 1976.

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Message le Sam 15 Mar 2014 - 15:34 par Béghin Bernard

Super Donc c'est bien la Dame vue à Fréjus lors du dépôt des Cendres du général Bigeard .

Pour un p'tit bout d'femme , franchement , c'est GÉANT ce qu'elle a fait . Je Respecte et j'Admire. queen 

Merci Lothy pour les photos .

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Message le Sam 15 Mar 2014 - 19:16 par Invité

Elle nous en met plein les yeux et le cœur ! mes respect Mon Général !!

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Message le Ven 24 Avr 2015 - 22:04 par Arcimboldo_56

Bonsoir à vous tous,

je viens de connaitre cette information que je vous communique volontiers :

(ne pas tenir compte de "a écrit")

"Avenue Beau de Rochas : avenue assez longue ; passer sous le pont de la RD 19 pour arriver sur le rond-point"

La présence de bérets rouges sera surement très appréciée de Madame le Médecin-Général.

Bien cordialement

Arcimboldo

Lire ICI

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Message le Lun 18 Mai 2015 - 17:14 par Arcimboldo_56

L'inauguration du rond-point en l'honneur du Médecin-Général Valérie André :

http://www.aha-helico-air.asso.fr/

Sur la liste à gauche, cliquer sur actualités puis sur 2000 ... 2015

sur année 2015 et 16 mai 2015 Brétigny sur Orge.

Bonne visite du site.

Arcimboldo


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Message le Mer 20 Mai 2015 - 9:21 par charly71

Quel parcourt !

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Message le Jeu 21 Mai 2015 - 10:12 par Arcimboldo_56

Bonjour à vous tous,

un complément d'image a été rajouté sur le site de l'AHA.

Merci au photographe.

Arcim

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Message le Jeu 21 Mai 2015 - 10:22 par Lothy

Merci cher Arcim....

Nous sommes toujours gourmands de photos, celles-ci sont très réussies.. Tout comme le site en général...

Sauf erreur de ma part, la météo sans être exceptionnelle, car un peu fraîche, a été acceptable...

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