LES CAMPS PARACHUTISTES

Sergent Bernard NESSUS

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25102012

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Sergent Bernard NESSUS




Sergent Bernard NESSUS
Bernard Nessus est né le 4 juillet 1944 à Foug en Lorraine en territoire occupé. Les Alliés ont commencé à reprendre l’ascendant sur l’ennemi nazi après avoir débarqué sur les plages de Normandie un mois auparavant. Élevé dans un milieu modeste et patriotique, c’est un jeune homme dynamique, rustique et sportif.

Ayant pour exemple ses deux frères aînés engagés dans les conflits d’Indochine ou d’Algérie,
il se porte volontaire pour servir en unité parachutiste pour son service militaire et rejoint le 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine en octobre 1963 à Castres. Il a alors un peu plus de 19 ans lorsqu’il commence sa formation exigeante de parachutiste. Il termine sa conscription le 1er mars 1965 et prend le temps de la réflexion avant de se décider à s’engager quelques mois plus tard.

Le 10 janvier 1966, il signe un premier contrat de quatre ans pour servir cette fois comme engagé au
titre du 8e RPIMa. Il est promu caporal l’année suivante après s’être fait remarqué pour ses qualités de soldat.
Il marquera ses camarades et ses chefs durant plus de trois ans et demi, avant d’être affecté au 3e RPIMa de Carcassonne le 24 juillet 1969.

C’est lors de cette affectation qu’il se porte volontaire pour rejoindre la 6e compagnie de parachutistes
d’infanterie de marine qui opère en Afrique depuis 1948. En effet, en août 1969, cette compagnie fait appel à des volontaires engagés pour remplacer ses appelés. Le caporal-chef Nessus, nouvellement promu au 1er novembre, arrive ainsi à Fort-Lamy au Tchad le 17 novembre 1969 pour servir au titre du 6e régiment interarmes d’outre-mer.

Affecté au 1er commando en qualité de chef de groupe, il montre immédiatement ses qualités de combattant et de meneur d’hommes durant ses premières opérations.

Ayant signé un nouveau contrat de trois ans le 1er janvier 1970, il accède au corps des sous-officiers
le 1er avril, après avoir fait preuve de bravoure lors de l’opération « Éphémère » dans la province du Borkou Ennedi-Tibesti (BET) le 27 mars.
Il sera cité à l’ordre de la brigade pour son action audacieuse, ayant permis la mise hors de combat de plusieurs rebelles et la récupération de leur armement, et se verra par ailleurs attribuer la croix de la valeur militaire avec étoile de bronze.

La situation se dégrade en ce début d’automne 1970 dans la région au Nord de Faya-Largeau, la
capitale du BET.
Les rebelles Toubous, parfaitement adaptés au terrain, descendent des contreforts du Tibesti
pour investir les palmeraies et lancer des actions de harcèlement sur les postes de l’armée tchadienne.
C’est dans ce cadre que les « éléphants noirs » de la 6e CPIMa se regroupent à Faya-Largeau début octobre afin de mener une reconnaissance dans le Borkou. Cette opération s’effectuera entre les palmeraies de Kirdimi et Bedo, où pourraient se trouver des éléments rebelles. Après un unique contact la première nuit, l’ordre est donné ce 11 octobre de rejoindre Faya-Largeau depuis la palmeraie de Bedo, reconnue la veille, où est regroupée la compagnie.

La colonne d’une quinzaine de dodges démarre vers 14 heures en direction de Kirdimi. En tête de
convoi se trouvent les camions et les paras du 1er commando. Le véhicule de tête est celui du groupe du sergent Bernard Nessus, à bord duquel a pris place son nouveau chef de commando, le lieutenant Neau.
Mais vers 16 h 30, alors que la compagnie a parcouru environ 25 kilomètres entre des monticules de cailloux et des dunes de sable, elle se trouve prise dans une violente embuscade à très courte portée. Les camions sont immédiatement immobilisés et les paras en « giclent » aussitôt pour riposter.

Le feu est extrêmement nourri, touchant de nombreux soldats et neutralisant en moins d’une minute une dizaine d’armes par impact direct de balles. Le sergent Nessus réussit à hurler des ordres à ses hommes avant d’être mortellement touché par deux balles en plein visage.

Les 2e et 4e commandos de la compagnie réussissent, après un intense combat, à s’emparer des
positions rebelles. Cette embuscade aura coûté la vie à douze « éléphants noirs », faisant de cette journée la plus meurtrière pour la CPIMa pendant sa campagne du Tchad.

Seuls le chef de commando et deux parachutistes du premier véhicule auront la vie sauve.

En s’engageant dans les troupes de marine, le sergent Bernard Nessus avait choisi de servir sa
patrie.
Sa soif d’action et son envie d’en « découdre » l’ont poussé à se porter volontaire pour rejoindre la
6e CPIMa fin 1969. Chef de groupe rigoureux, discipliné et exigeant, il est mort pour la France à l’âge de 26 ans, après une courte mais riche carrière. La médaille militaire, la croix de la valeur militaire avec citation à l’ordre de l’armée et la croix du mérite militaire tchadien sont venues rendre un dernier hommage à ce sous-officier exemplaire et déterminé.


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