LES CAMPS PARACHUTISTES

Lettre du Général ROUDEILLAC : Vous aviez dit "Hommage" ?

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28112012

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Lettre du Général ROUDEILLAC : Vous aviez dit "Hommage" ?




Ancien du 8e RPIMa et ancien Chef de corps du 3e RPIMa.


Je rentre de Fréjus. Voici ce que m'a inspiré ce à quoi j'ai assisté
Amitiés
Roudeillac

Vous aviez dit hommage ?

Les cendres de Bigeard ont donc été déposées dans le jardin du souvenir de la nécropole des combattants d’Indochine à Fréjus. Deux hautes autorités politiques, le Ministre de la défense et un ancien Président de la République sont venus rendre un dernier « hommage » à celui qui fut l’emblématique officier parachutiste de plusieurs générations. Les cérémonies militaires furent sobres et dignes. L’Union Nationale des Parachutistes a fourni les gros de la Troupe des Anciens.

Pourtant ceux qui ont eu l’honneur de pouvoir assister à cet « hommage » de la République, au-delà de celui rendu aux Invalides par le précédent pouvoir, sont rentrés chez eux avec le sentiment d’avoir été bernés une fois de plus.

Passe encore que les cendres de Bigeard ne puissent pas avoir été déposées aux Invalides, pour des raisons « politico-techniques », en dépit des projets du ministre Longuet. Reconnaissons aussi que Fréjus fut un choix admis par les Anciens. Mais disons leur dépit à l’écoute des discours de ceux qui se voulaient être la voix de la France.

Ces derniers, en effet, ont enfermé Bigeard dans la guerre d’Indochine. Certes «Bruno » en fut-il un soldat exemplaire et porteur des valeurs qui ont fait la noblesse du « Corps expéditionnaire », mais « Bruno » fut aussi le chef militaire admiré par ses hommes, le tacticien hors pair de la guerre d’Algérie, qui aura obéi aux ordres du Politique pour ramener la Paix dans la ville d’Alger, ville alors confrontée au terrorisme aveugle. Bigeard ce fut aussi celui qui aura su marquer de son empreinte la pensée militaire d’une génération lancée dans une guerre de contre-insurrection, cruelle de part et d’autre, mais dont le Régiment qu’il commandait alors, n’a pas eu à rougir.

Alors pourquoi a-t-il fallu, ne pas même faire mention de la guerre d’Algérie, ne pas même prononcer le nom de cette terre, que la France a portée plus d’un siècle durant et sur laquelle sont morts tant de vaillants soldats ?

Les propos élogieux des deux intervenants, toutes tendances confondues, n’auront donc satisfait que ceux pour qui la France doit unilatéralement répondre aux exigences d’un interlocuteur non exempt de massacres de ses concitoyens. Le silence est souvent prémices à des coups bas. Sans faire parler les morts, celui qui se prépare, eut incité Bigeard à faire entendre sa voix !

Roudeillac
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