LES CAMPS PARACHUTISTES

Nos alliés sont bluffés !

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05022013

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Nos alliés sont bluffés !




UN BON POINT QUAND MEME !

Aérocombat : "Nos alliés sont bluffés !"
Un entretien avec le général Gourlez de La Motte, commandant de l'Aviation légère de l'armée de terre.

Le général Olivier Gourlez de La Motte, 54 ans, commande l’Aviation légère de l’armée de terre (Alat). Pilote de Gazelle et Puma, il a été le patron de l’école de l’Alat (Luc et Dax). Alors que les hélicoptères sont une nouvelle fois engagés au Mali, après la Cote d’Ivoire, l’Afghanistan et la Libye, nous faisons le point avec lui sur le « fait aéromobile ».
Mon général, dans les récents conflits, on a l’impression que ce sont les hélicoptères qui font la différence. Qu’en pensez-vous ?
Ce que nous avons vu en Libye, comme en Cote d’Ivoire ou en Afghanistan, et aujourd’hui au Mali, est le résultat d’une longue maturation de l’ALAT. Selon notre doctrine d’emploi, l’hélicoptère démultiplie l’action terrestre. Pendant des années, nous nous sommes entrainés à intervenir dans des régions hostiles. Ce qui nous permet d’agir en montagne (Afghanistan), au dessus et à partir de la mer (Libye), en milieu désertique (Mali) et en zone urbaine (Cote d’Ivoire). Dans les années 90, nous déplacions de nuit et de plus en plus bas, mais désormais nous combattons de nuit. En Libye comme en Cote d’Ivoire, la totalité de nos actions ont été nocturnes, en Afghanistan de l’ordre de 40%. Et au Mali, on est dans les 50%. Nous utilisons des jumelles de vision nocturne (JVN), mais de plus en plus nous utiliserons des systèmes infrarouges, par exemple pour le pilotage du Caïman (NH-90). Une grande partie de nos appareils est d’ancienne génération, comme les Gazelle et les Puma, mais nous avons réussi à les faire évoluer techniquement.

La mort du lieutenant Boiteux, le premier jour de l’opération Serval, a suscité des questions sur le blindage des hélicoptères. Qu’en est-il ?
Cet officier a reçu une balle dans la cuisse qui a touché l’artère fémorale. A deux centimètres près, il aurait été simplement blessé par la balle de petit calibre qui a traversé la porte de l’appareil. Il faut comprendre que, pour des raisons de poids, les hélicoptères ne sont pas blindés : une Gazelle pèse deux tonnes, un Tigre six tonnes alors qu’un Apache américain est de la classe des onze tonnes. Or, le prix d’un hélicoptère est fonction de son poids. Plus c’est lourd, plus c’est cher ! Néanmoins le Tigre est mieux protégé que la Gazelle : l’équipage est assis dans un baquet blindé et une plaque de blindage sépare les deux moteurs pour éviter qu’un tir ne les touche en même temps. Les Apache plus lourds sont évidemment mieux blindés – comme les Mi-24 russes. Mais ce sont des engins différents – plutôt des plates-formes d’artillerie volante, très stables avec un gros radar, comme le Longbow américain, qui tirent en altitude. Nous, nous pratiquons le vol tactique, au ras du sol pour s’infiltrer.

Quel est votre parc d’hélicoptères de combat ?
Nous avons 147 Gazelle, dont certaines resteront en service jusqu’en 2030. Et 39 Tigre - nous en avons perdu un en Afghanistan, tous de la version HAP (appui protection), qui ne peut pas tirer de missile. Le premier HAD (Appui destruction), doit arriver cette année. A terme, notre flotte se composera de 80 Tigre (en deux versions) et de 90 Gazelle, qui seront remplacées dans le futur par 80 HIL – hélicoptère interarmées léger. Je voudrais insister sur le fait que tous nos hélicoptères sont des engins d’aérocombat, y compris les Puma, Cougar, Caracal et Caïman. D’ailleurs, nous les avons rebaptisés HMA, hélicoptères de manœuvre et d’assaut. Ils peuvent déposer des hommes sur le champ de bataille et même les appuyer avec des armes de sabord. Notre flotte de HMA se compose de 90 Puma, 26 Cougar, 8 des 21 Caracal des trois armées – pour les forces spéciales – et 5 Caïman. Au total, l’Alat aligne donc 330 hélicoptères. A titre de comparaison, c’est le nombre d’appareils que les Américains avaient déployés pour le seul Afghanistan !

Le déploiement actuel au Mali est l’un des plus importants depuis longtemps. Est-ce exact ?
Oui, nous sommes à plus de vingt appareils – toutes forces confondues. Il y a également deux Puma de l’armée de l’air pour les évacuations sanitaires, qui seront renforcés pour cette mission par des appareils belges. Au total, on devrait monter à plus de vingt-cinq. En Libye, il y avait une vingtaine d’appareils et douze en Afghanistan. C’est donc une opération importante en terme aéromobile.

Qui semble impressionner nos alliés…
Honnêtement, ils sont bluffés. Je vous le dis sans hésiter ! Les étrangers, notamment Britanniques et Américains, viennent nous voir pour comprendre comment nous avons fait la Libye, à partir de la mer. Tous nos hélicoptères sont navalisés ! Et maintenant, le Mali. L’US Army vient de demander que nous détachions un officier de liaison à leur école de l’Alat de Fort Rucker. C’est un signe qui ne trompe pas.

En termes d’effectifs, que représente l’Alat ?
Nous sommes 5400, y compris les civils. Il y a 1200 personnels navigants, mais le gros de nos effectifs, ce sont les mécaniciens. 2600 hommes et femmes, essentiellement des sous-officiers. Des techniciens pointus, mais qui doivent être aussi des combattants et vivre, sur le terrain, dans des conditions rustiques.

Au Mali, la Blitzkrieg de l'armée française
Raids dans la profondeur, frappes de précision et opération aéroportée, la reconquête de la boucle du Mali témoigne d'un impressionnant savoir-faire.
Ce qui s'est passé ce weekend au Mali restera dans les annales militaires. En deux jours, la boucle du Niger a été reprise au terme d'une impressionnante manoeuvre dont peu d'armées au monde sont aujourd'hui capables. D'abord parce que nous sommes au coeur de l'Afrique, où il a été possible de déployer plus de 3000 hommes et leurs armements en deux semaines. Ensuite, parce que sur le terrain, les "élongations" - c'est-à-dire les distances - sont considérables. Tombouctou est à 700 km de Bamako - la distance entre Paris et Toulon...

L'affaire s'est joué en deux temps : à Gao, dans la nuit de vendredi à samedi, puis à Tombouctou, dans la nuit de dimanche à lundi. Désormais, tous les points de passage du fleuve Niger - ponts ou bacs - sont sous contrôle des armées françaises et maliennes. Après le coup d'arrêt donné à l'offensive des colonnes djihadistes (1ere phase), la deuxième phase - qui était planifiée dès le déclenchement de l'opération - s'est déroulée sans anicroche. Il faut dire que l'ennemi se replie, sans véritablement livrer combat.

La ville de Gao a été reprise d'abord par les hommes du Commandement des opérations spéciales, en particulier le pont et l'aéroport. Un poser d'assaut a permis d'acheminier ensuite des renforts. Le secteur est désormais sous le contrôle d'élements essentiellement fournis par les paras du 1er RCP. Quelques combats ont eu lieu, ne faisant aucune victime côté français. Les forces spéciales ont tués une quinzaine de djihadistes dans des 4X4 puis un hélicoptère Tigre a détruit un autre 4x4, tuant une dizaine d'hommes.

La ville de Tombouctou a été le théâtre d'une opération aéroportée dans la nuit de dimanche à lundi. C'est le plus important largage de parachutiste depuis Kolwezi en 1978. 250 légionnaires du 2ème REP ont sauté à quatre kilomètres au nord de la ville, sous le regard d'un drone Harfang. Cinq avions ont largué les paras : trois Transall C-160 et deux Hercules C-130. Un GTIA blindé (21ème RIMa) et des hélicoptères du Groupement aéromobile ont également été engagés.

L'aviation - qui bénéficie désormais des ravitailleurs de l'US Air Force - a appuyé ses opérations avec les quatorze avions de combat désormais présents (6 Rafale, 6 Mirage 2000D et 2 Mirage F1 CR). Depuis le début de l'opération Serval, 145 frappes aériennes ont eu lieu.
Contrairement à ce qu'on a pu lire ici ou là, l'aviation n'a pas été engagé dans le nord du payx, où se refugient les djhadistes. Aucune frappe n'a eu lieu à plus de 120 km au nord de Gao - alors que Kidal, la "capitale" du nord se situe deux fois plus loin. La prochaine étape ?


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Message le Mar 5 Fév 2013 - 19:40 par Invité

Hello everybody,

Merci pour toutes ces infos.
Nos troupes font de l'excellent travail et d'après ce que je lis dans ton message, nous réussissons à bluffer nos alliés au point qu'ils demandent un officier de liaison à Fort Rucker.
Super tout ça !
Cdlt

Mac

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