A la mémoire de notre Camarade le Chef de de Bataillon Patrice Rebout

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07022013

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A la mémoire de notre Camarade le Chef de de Bataillon Patrice Rebout




Eloge funèbre du Chef de Bataillon Patrice Rebout
          Mort pour la France
        Chevalier de la Légion d’Honneur
         
         par Le Général (c.r.) François Cann
            à Perpignan le 24 janvier 2013




«  Pourquoi, mon Dieu, faut-il que l’herbe pousse et que les enfants meurent ? »

Ce fut le cri de douleur de Victor Hugo apprenant la mort de sa fille chérie,  Léopoldine, âgée de 19 ans seulement.

Pourquoi, mon Dieu faut-il que Patrice, jeune officier dans la force de l’âge soit brutalement arraché à l’affection des siens ?  

- Enlevé à votre affection, Danièle, sa mère.  Il n’y a  pas pire douleur que celle d’une mère perdant son enfant soustrait à sa tendresse,

- Enlevé à votre affection, Alain, son père, vous si fier, à juste titre, de votre fils, jeune officier,

- à votre affection, Charlotte,  vous sa compagne et à l’affection future de votre fils.

- à votre affection, Myriam, sa sœur qui avez partagé avec lui vos années d’enfance et d’adolescence,

- et aussi à notre affection à nous tous, ses frères d’armes, anciens et plus jeunes, venus de partout et notamment de Castres et de son régiment le 8ième R.P.I.Ma, son corps d’origine.

Chers amis éplorés, nous avons tenu, à nous associer par notre présence ici à votre immense peine, celle de perdre un enfant, un compagnon, un frère.

Mais une peine ne se partage pas.  Elle est personnelle, entière, insécable.

C’est une douleur absolue même si elle se trouve atténuée par la fierté de voir Patrice partir en héros … et quel héros ….. un authentique héros !.

Patrice est mort sous le drapeau d’une unité d’élite mais il était avant tout un enfant du 8ième R.P.I.Ma fortement représenté en cette église.

Patrice, arrivé à Castres à l’âge de 6 ans y avait grandi en partie.  Après son baccalauréat obtenu au lycée de la Borde Basse, il s’était engagé au 8ième R.P.I.Ma  en 1996  Un de ses camarades de chambrée vient de nous écrire. Je le cite :

« Patrice je t’ai connu en 1996,  nous étions arrivés ensemble devant le portail du « 8 ». Entre nous s’était instaurée d’emblée une bonne complicité et déjà tu avais l’étoffe d’un chef ; tu m’as donné beaucoup de conseils pour notre première journée dans la garnison.  Je me rappelle cette première marche que nous avons faite, nos premières ampoules au pied, nos premières nuits blanches, nos première galères avec notre section mais aussi tous ces moments partagés avec toi ; cette joie que tu donnais à tous ceux qui ont eu le bonheur de te connaître.  J’aimais  ta franchise, ta droiture.

Je me souviens d’une phrase que tu m’avais dite à la fin de nos classes : « on ne naît pas toujours chef, on apprend à devenir un vrai leader » .  Cette phrase a dicté ma vie et le restera.

Patrice, aujourd’hui tu nous as quittés. Je ressens une profonde tristesse mais aussi une grande fierté de t’avoir connu.

Cher frère, que saint Michel te garde sous ses ailes. Repose en paix. (Fin de citation)

Bachelier et excellent caporal, Patrice est admis à l’Ecole Nationale des Sous-officiers de Saint Maixent et puis il retrouve le 8ième R.P.I.Ma comme sergent.

Un  des ses caporaux-chefs de l’époque, plus ancien que lui, nous a écrit.  Je le cite :   De suite j’ai vu en lui un chef comme on pouvait en voir quand je suis rentré au « 8 ».  Toujours devant, à montrer l’exemple ; même une fois il a fait la remarque à un autre sergent que, s’il faisait faire des pompes à ses gars, il devait être le premier à terre.  Très bon sportif.  Toujours le sourire, la bonne humeur, la joie de vivre.  Il écoutait toujours quand les caporaux-chefs donnaient leur avis sur une situation ou une façon de faire les choses ; il était humble ». (Fin de citation).

A la 1ère compagnie où il aura servi cinq ans, il va, comme disent les jeunes, « s’éclater » à l’occasion de deux missions dans les Balkans et de trois au Gabon.

Voici ce que rapporte un de ses chefs d’équipe :
« Au Gabon j’ai vu un chef de groupe sûr de lui ; faisant toujours attention à ses hommes, très bon meneur au stage commando.  Je n’ai que de bons souvenirs de lui. »  (Fin de citation).

L’évidence de ses qualités le désigne comme un candidat sérieux au concours de l’EMIA de Coëtquidan qu’il intègre en 2003 avec la future promotion Général de Lanley dont je salue les représentants ici présents, très nombreux, plus de soixante.

Cette promotion est chère à mon cœur car le 2 avril 2005 j’ai participé à son baptême.  Il existe une tradition à Coëtquidan où 25 ans après votre passage vous baptisez les « filleuls » et  50 ans après, les petits-filleuls.

Nous avons donc, 50 ans après,  baptisé les petits filleuls des promotions de Saint-Cyr et de l’EMIA, celle de Patrice, la promotion « Général de Lanley ». Ma promotion « Union Française 52–54 m’avait fait l’honneur de me désigner pour prononcer le mot du Grand Ancien devant nos petits filleuls.

J’avais opté, bien évidemment,  pour le thème récurent de l’incertitude du Destin qui préoccupe toujours les élèves-officiers. Je m’étais hasardé à quelques anticipations qui, huit ans plus tard, se sont révélées pertinentes et appropriées à la carrière de Patrice : sa promotion a été largement engagée dans les Balkans, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et ailleurs encore, au nom de cette vertu cardinale de notre condition militaire qui s’appelle la Disponibilité.

Et puis je quittai le champ hasardeux de l’anticipation pour celui des certitudes et leur dire que, dans quelques mois, après leur Application, arriverait le moment tant attendu, le plus exaltant de leur jeune carrière d’officier : celui où leur nouveau chef de corps, tellement heureux lui-même de les  accueillir, leur confierait la charge extraordinaire de commander une trentaine de jeunes compatriotes de leur âge.

Ces certitudes, Patrice les a pratiquées à la lettre.  Il a remarquablement réussi à l’Ecole d’Application, ce qui lui a permis de retrouver son cher 8ième R.P.I.Ma où son chef de corps lui confia la SER (Section d’Eclairage Régimentaire).  Il fut un chef de section d’exception adoré de ses hommes comme ceux-ci en témoignent.

Et en 2008, toujours à la recherche de l’excellence, il décide de rejoindre le Service Action de nos Services Spéciaux dont la mission générale est de défendre les intérêts de la France et de ses ressortissants, partout dans le monde et à chaque instant, en opérant dans une discrétion astreignante.

Dans un journal Tarnais, le rédacteur-en chef Pierre Archet écrit, je le cite : Patrice avait délibérément renoncé à sa « parcelle de gloire » pour servir son pays.  Espérons juste qu’en apprenant son sacrifice, ceux qui le connaissaient et tous ses concitoyens réfléchiront au sens profond de son engagement. (Fin de citation).

Ainsi Patrice aura-t-il laissé, dans le sillage de sa jeune et belle carrière, une cohorte déjà longue d’amis fidèles et d’admirateurs qui le pleurent aujourd’hui à la mesure de l’immense estime dans laquelle ils le tenaient.

Pourquoi, mon Dieu,  faut-il que l’herbe pousse et que les enfants meurent ?

Double question éternelle, lancinante sur les raisons de la vie, sur les raisons de la mort et, surtout aujourd’hui, celles de Patrice qui a rejoint Saint Michel et le paradis des héros.

En son honneur, nous chanterons la Prière du Para, à la fin de l’office.


Source : Amicale Anciens du 8e RPIMa


Dernière édition par Cerbère le Ven 8 Fév 2013 - 11:58, édité 1 fois
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CERBERE
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Message le Jeu 7 Fév 2013 - 20:08 par la Géline

merci CERBERE de nous faire partager cet hommage .





S elon nos confrères de l'Indépendant, un des trois membres du commando de la DGSE qui a été tué au cours de l'opération visant à libérer l'otage des somaliens samedi dernier, était basé à Perpignan. Patrick Rebout travaillait au sein du CIPS (ancien 11e Choc).

Affecté depuis 2008 au Service Action de la DGSE au sein du CIPS (ancien 11e Choc) basé à Perpignan, Patrice Rebout faisait partie des trois membres du commando de la DGSE "à donner l'assaut final ce week-end vers le local où était détenu son frère d'armes, otage des Somaliens depuis depuis plus de trois ans" a annoncé, peiné, le général François Cann, président de l'Amicale des Anciens du 8e RPIMa de Castres.Agé de 37 ans, Patrice Rebout a été tué lors de l'opération militaire."Patrice était un authentique enfant du «8»" rappelle le soldat vétéran, pour ensuite devenir un "vrai Perpignanais" avec femme et enfant.

L'école militaire
Mais au fil de sa carrière, Patrice Rebout a en effet longtemps vécu à Castres avant de choisir l'armée comme son père, le capitaine Alain Rebout, officier parachutiste au 8e RPIMa avant lui. Castres qu'il quitte ainsi le temps de réussir le concours de l'École militaire interarmes (EMIA), une des écoles de l'armée de terre française chargée de former des officiers issus du recrutement interne. Il intègre Sain-Cyr Coëtquidan avec la promotion «Général de Lanley» entre 2003 et 2005.

Les services spéciaux
Puis, en 2006, il sort toujours aussi brillamment de l'Ecole d'Application d'Infanterie de Montpellier et choisit le 8e RPIMa où il est affecté à la compagnie d'appui. Sa mission ? Commander la section d'éclairage routier (SER), qui réunit des soldats partant en éclaireurs en quête de renseignements avant les assauts.En 2008, après la mort de sa jeune épouse malade, Patrice Rebout s'oriente vers les Services Spéciaux. La DGSE. Le 11e Choc de Perpignan où il rencontre sa compagne qui met leur premier bébé au monde fin 2012. Un petit garçon de 6 mois aujourd'hui qui ne verra plus jamais son papa.

"Tombé au champ d'honneur"
Selon une information de la Dépêche, Patrice Rebout devrait être inhumé jeudi prochain 24 janvier à 10 heures à Perpignan, après ses obsèques célébrés en l'église Saint-Paul du Moulin-à-Vent. Sa fiancée, son enfant et son père résident en effet à Perpignan.Le 8e RPIMa de Castres a prévu de se déplacer en force pour rendre un dernier hommage au capitaine Patrice Rebout, "tombé au champ d'honneur" selon la formule consacrée, et ancien "fils" aimé et apprécié de ce régiment.

Rappelons enfin qu'un second soldat français a également trouvé la mort lors de ce raid et il très probable qu'il appartiennent à la même unité perpignanaise.

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Message le Lun 2 Avr 2018 - 10:19 par LACITA

Les années ont passées bien sûr, mais il n'est inutile de rappeler certains faits et ainsi entretenir la mémoire.

En mémoire de notre jeune Camarade le Chef de Bataillon Patrice REBOUT tombé en Somalie
Voici un message reçu de Jacques Hogard, approuvé par le général Thomann.



En mémoire de notre jeune Camarade le Chef de Bataillon Patrice REBOUT tombé en Somalie
Pour toutes celles et tous ceux résidant plus particulièrement dans le secteur d'AIX en PROVENCE


" Peux tu retransmettre ce mail à ceux de nos membres qui habitent entre Aix et Marseille et seraient éventuellement heureux de se joindre à cette manifestation en mémoire du Cne Patrice Rebout du 11ème Choc (ancien du 8ème RPIMa, tué à la tête de son commando en Somalie il y a moins d'un an en tentant de libérer Denis Allex otage de la DGSE détenu par les shebabs depuis 2009)".

Réponse positive et chaleureuse du GCA H. Giaume, président de l'Epaulette, pour mobiliser afin qu'une suite favorable soit donnée à la demande formulée par M. Brèthes, du Lycée Militaire d'Aix- en- Provence, en substance:

En mémoire du CBA Patrice Rebout, le dimanche 12 janvier 2014 à Aix-en-Provence, pour le premier anniversaire de sa mort.

En présence des parents de Patrice, le capitaine Alain Rebout et son épouse Dany :
9 h00 messe dans la chapelle du Lycée célébrée par l’aumônier, le " Padre " Bertin.

10h000 dépôts de gerbe au Monument aux Morts du LMA en mémoire de Patrice, de ses trois camarades morts le 12 janvier 2013, des autres soldats Morts pour la France en 2013 en Afghanistan et au Mali, des anciens élèves du LMA Morts pour La France.

10h 15 inauguration au RDC du bâtiment Bir Hakeim (internat des classes préparatoires de 1ere année) d’une salle de cours " CBA Patrice Rebout ".

11h00 dépôt de gerbe au rond-point " CBA Patrice Rebout " avenue de Brédasque, dans la ZUP d’Aix-en-Provence (stationnement très facile sur le parking du Géant Casino à 30 mètres du lieu).

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