LES CAMPS PARACHUTISTES

A mon Grand Ancien, Albéric de MAISTRE

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A mon Grand Ancien, Albéric de MAISTRE

Message par Cerbère le Mer 27 Mar 2013 - 17:39

« Fors l'Honneur, nul souci »

Albéric de MAISTRE a été de ceux qui, sur la terre africaine, ont reforgé l'épée et ont permis la reconquête

Albéric de MAISTRE est né en novembre 1908 à AUXONNE, à la charnière de la Bourgogne et de la Franche-Conté, dans une famille originaire de la SAVOIE.
Il passe un baccalauréat mathématiques élémentaires, prépare Saint-Cyr ... Mais

Une fièvre de cheval lors de l'épreuve de natation le fait échouer au concours (il est le tout premier de la liste des non-admis).

Il s'engage au 6ième Bataillon de Chasseurs Alpins (bataillon qui s'illustrera dans les combats du VERCORS), en garnison à Chalon, pour une durée de 18 mois. Là il fait le peloton de Sous-Officiers et en octobre 1931 il est admis à Saint-Maixent, comme E.O.R.
Il en sort avec le grade de Sous-Lieutenant de Réserve en mars 1931.

Il est affecté au 4ième R.I. puis au 4ième Zouaves, en TUNISIE dans lequel il sert jusqu'à la fin de son contrat, en juillet 1938.
C'est probablement durant cette période qu'il entre en contact avec le monde du renseignement et qu'il y effectue son premier travail d'Honorable Correspondant.

Entre juillet 1938 et octobre 1940, dans le sud tunisien, à GABES, il est en charge du ravitaillement de l'Armée, comme collaborateur de la Standard des Pétroles.

C'est aussi dans ce cadre qu'il rencontrera mon Père, et ce n'est qu'à la mort de ce dernier, en Autriche, en 1945, qu'une amitié particulièrement solide verra son terme.

En septembre 1939, à la mobilisation, il est affecté au 20ième Régiment de Tirailleurs Tunisiens, au front Sud Tunisien, jusqu'en mars 1940.

De mars à août 1940, après un court séjour au VALDAHON et un engagement sur la SOMME où il montre un courage exemplaire, la Croix de Guerre lui est attribuée : avec son camarade MASSEIS, malgré le renoncement et la fuite de ses chefs, il va récupérer des blessés, alors que c'est le sauve-qui-peut général.

Après l'enfoncement de la 7ième Armée Française et la débâcle qui s'en suit, il est mis en route sur MARSEILLE où, une nouvelle fois, il embarque pour TUNIS. L'armistice ayant été signée, il se retire dans ses foyers en TUNISIE.

Au début de 1941, alors qu'il n'a aucune « existence » officielle, il rejoint le « Service Spécial en ALGÉRIE » Service des Contrôles Techniques.


Albéric de MAISTRE - Alger

Il réalise très vite les possibilités fantastiques de « l'outil » et en avril 1941 il est remarqué par l'État-Major du Général Weygand.
Ainsi commence sa deuxième période dans le monde du renseignement.

Au mois d'août 1941 il prend la direction effective du Service des Contrôles Techniques en Afrique du Nord. Il s'emploie à nettoyer la structure du Service en Tunisie, dirige, délègue et obtient de très bons résultats.

Tout en maintenant les liens avec le Gouvernement Officiel, il n'envoie à Vichy que des renseignements édulcorés et fait passer aux Consuls Américains les informations réellement utiles.

En juin 1942, sur ordre, il se rend à Vichy, ce qui lui permet d'apprécier à leur « juste valeur » ceux qui ont pour mission de conduire le Pays.

Les informations dont il dispose lui permettent de comprendre qu'un débarquement va avoir lieu en Afrique du Nord.

Fin Octobre 1942 il se rend de nouveau à Vichy et parvient à retourner en ALGÉRIE le 7 Novembre, échappant ainsi de justesse au piège qui se referme sur la France entière.
Le parachutage des troupes Allemandes sur TUNIS, constitue l'événement qui va lui permettre de travailler de façon plus efficace.

En décembre 1942, il est chargé d'assurer la sécurité des communications du Général d'ASTIER de la VIGERIE entre ALGER et LONDRES.

Au tout début de juin 1943, un décret secret rattache le Service des Contrôles Techniques à Jacques SOUSTELLE dont il fait alors la connaissance.

Après trois années à oeuvrer dans l'ombre, sans appartenir officiellement au Service, il récupère un statut officiel. Il est mis à la disposition de la DGER en octobre 1943, alors que le Service des Contrôles Techniques dépend officiellement de la Présidence du Conseil ...

C'est dans ce contexte qu'il contribue au démantèlement du réseau dont les membres appartenant au « Coastal Command » renseignent les Allemands sur les mouvements des bateaux des flottes alliées.

C'est à ALGER qu'il élabore le plan à long terme, la sélection de personnel sûr et la politique de censure dans son ensemble.
Il en assume l'entière responsabilité.

Fin août 1944, sur ordre de Jacques SOUSTELLE, il embarque sur le Croiseur léger La Jeanne d'Arc et se retrouve au milieu des soixante-quinze membres du Gouvernement Provisoire, en compagnie de son cousin germain François de MENTHON, futur procureur français au procès de NUREMBERG.

Il débarque à CHERBOURG, et la plus grande partie du Service ayant fait mouvement sur LONDRES, il cherche et trouve des locaux et recrute de nouveaux collaborateurs.

Après son arrivée à PARIS, le 1er septembre 1944, son ardeur, ses efforts lui permettent de mettre sur pied, en un minimum de temps, une organisation adaptée à la censure dans toute la France.
C'est ainsi que la sécurité des informations vitales pour le succès des opérations militaires et le recueil du renseignement est assurée, à la plus grande satisfaction du Commandement Suprême des forces alliées et en totale conformité avec ses exigences.

En janvier 1945, sur proposition de Jacques SOUSTELLE, le Général DE GAULLE le nomme Inspecteur général, Chef de Service à la DGER.


Par ailleurs, il mène à bonne fin diverses opérations, dont la mission de couverture du Professeur JOLIOT-CURIE, en ALLEMAGNE, relative aux travaux sur l'énergie atomique.

Ce sont aussi ses Services qui récupèrent à BERCHTESGADEN plusieurs oeuvres d'art pillées par les Nazis, dont le fameux plat de Bernard PALISSY, ainsi que le coffre en argent massif incrusté de pierres précieuses offert par HIMLER à HITLER pour ses cinquante ans.
Tous ces trésors seront remis au Ministère des Affaires Étrangères.

Les alliés reconnaissant les éminents services rendus dans la protection des informations, le distinguent.

Le 1er novembre 1945, le Président des États-Unis, Harry TRUMAN le fait « Officier de la Légion du Mérite ».


Le 17 mai 1946, le Roi GEORGES VI le fait « Officier de l'Ordre de l'Empire Britanique ». Il accompagne cette distinction d'une citation qui résume lapidairement la contribution d'Albéric de MAISTRE aux combats pour la Liberté et la libération de la France :

« Sans lui, rien ou presque n'aurait pu être fait ».



À ce Capitaine à T.T. (titre temporaire) de l'Armée Française, les deux chefs d'État « attribuent » le grade de Colonel !


Il est démobilisé le 29 septembre 1945, son grade de Capitaine à T.T. est transformé en promotion à T.D. (titre définitif).

Titulaire de la Croix de Guerre 1939 – 1940 avec trois citations et de deux décorations étrangères prestigieuses, la République Française lui suggère de faire un dossier pour demander la Légion d'Honneur ...

Quels insignes honneurs pour services rendus à son Pays !

En avril 1946, la « période héroïque » des Services Techniques s'achève, tout devient plus administratif et contraignant. La guerre est finie, les Américains ne sont plus aussi actifs et demandeurs, leurs moyens gigantesques leur permettent l'obtention de résultats rapides. L'occupation a commencé dans l'Allemagne vaincue et une certaine routine s'établit.

Albéric de MAISTRE dissout son propre Service du moins pour toute la partie civile qu'il contrôle.

Il est rayé des cadres et admis à l'honorariat en décembre 1967.


J'ai eu l'honneur d'être porté sur les Fonts Baptismaux par Albéric de MAISTRE, il était mon Parrain, c'était en l'église Saint-Michel Archange de TLEMCEN le 7 juillet 1941.

Personne à ce moment là n'imaginait combien cet événement, ses protagonistes et le lieu allaient imprégner ma vie d'homme.

Pour des raisons que je ne comprendrai - hélas - jamais, les vicissitudes de la vie ont séparé nos routes, et ce que je sais de lui c'est à ses enfants et à des recherches personnelles que je le dois ...

Ce n'est qu'après avoir définitivement posé mon sac à terre que j'ai su qu'Albéric de MAISTRE était mon Grand Ancien, mais il m'avait balisé le chemin de l'Honneur et de la Fidélité.

A son décès, en 1994, il n'était pas détenteur de la « Croix des Braves » et n'avait pas été fait Compagnon de la Libération !


C'est pour toutes ces raisons que j'ai entrepris ce devoir de mémoire.

« ... Le devoir de mémoire incombe à chacun, lui seul permet de rendre inoubliable.
Ceux qui sont morts pour que nous vivions ont des droits inaliénables.
Laisser la mémoire se transformer en histoire n'est pas suffisant, n'est pas acceptable.
Le devoir de mémoire permet de devenir un témoin, c'est son but
... »
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Re: A mon Grand Ancien, Albéric de MAISTRE

Message par MF46 le Mer 27 Mar 2013 - 23:44

Merci de nous faire partager la vie de cet homme à la destinée hors du commun, qui vous fut proche....

Ce récit est riche d'enseignements historiques à l'égard de celui dont il relate le parcours, mais également par les documents qui y sont inclus.... Les signatures d'un roi d'Angleterre, d'un président des USA... ce n'est pas monnaie courante..

A noter que cet biographie est déjà référencée en première page de Google !.....

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Re: A mon Grand Ancien, Albéric de MAISTRE

Message par Cerbère le Jeu 28 Mar 2013 - 9:13

Le nom de l'auteur de "l'essai de généalogie" m'est inconnu.
Les informations qui figurent sont disponibles un peu partout, et je ne vois là rien qui apporte quelque chose sur la vie de Soldat de l'ombre que fut mon Parrain, et sur ce qu'il a apporté à la victoire contre les nazis.
Ce qui n'a pas empêché le "principal bénéficiaire" de l'ignorer totalement. Il est vrai qu'avoir été un Officier du général GIRAUD, en Algérie, était sans doute une tare ... Tout le monde n'ayant pas fait la guerre derrière un micro !

Par ailleurs, en matière de généalogie, d'Histoire de la famille MAISTRE, je ne connais qu'une seule personne qui soit habilitée et compétente pour aborder les sujet : son gendre et principal confident, auquel il s'est confié.

Il existe un site web, complété de mois en mois, abordant l'Histoire de la famille, mais il est "privé".
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Re: A mon Grand Ancien, Albéric de MAISTRE

Message par Lothy le Jeu 28 Mar 2013 - 9:27

je ne vois là rien qui apporte quelque chose sur la vie de Soldat de l'ombre que fut mon Parrain, et sur ce qu'il a apporté à la victoire contre les nazis.

Evidemment ! La vie de ces Soldats de l'ombre, est par nature discrète... Ce récit, sans dévoiler la "vie" tant professionnelle que privée, démontre qu'il a existé (et existe probablement encore) des personnes qui donnent énormément pour le Pays, en restant dans un quasi anonymat... Alors que nous leur devons beaucoup.

Concernant la vieille rivalité entre les généraux Giraud et de Gaulle, elle est déplorable !


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