LES CAMPS PARACHUTISTES

l'ordre et la morale ....................

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Message  guépard le Mer 16 Nov 2011 - 9:20

Le film l’ordre et la morale dérange
Le film de Mathieu Kassovitz, "L'Ordre et la Morale", qui relate les événements d'Ouvéa en 1988 en Nouvelle-Calédonie, a déjà suscité de nombreuses polémiques et arrive mercredi dans les salles nimbé de soufre.

Le réalisateur, qui joue aussi le rôle de l'ex-capitaine du GIGN Philippe Legorjus, sur le récit duquel il s'est appuyé, se défend d'avoir cherché la controverse. "On a vraiment étayé (le film) de toutes les informations possibles pour être sûrs de ne pas raconter de bêtises", a-t-il affirmé à l'AFP au Festival de Sarlat, où "L'Ordre et la Morale" a reçu trois prix.
"Cela permettra d'avoir une base de départ pour discuter", a estimé Mathieu Kassovitz, qui dit avoir mis dix ans à faire son film.
Si Michel Rocard, nommé Premier ministre quelques jours après Ouvéa et négociateur des Accords de Matignon avec les Kanaks, l'a "trouvé beau, noble et effrayant", ses détracteurs dénoncent une oeuvre à charge, dans les pas de Legorjus.
"La faute a été de mettre l'armée là", a estimé M. Rocard.
Bernard Pons, ministre des Dom-Tom d'alors, a en revanche exprimé "indignation, tristesse et étonnement", sans même avoir vu le film, affirme le réalisateur. Le distributeur pressenti pour Nouméa a renoncé en faisant état de "pressions politiques" et disant craindre des troubles à l'ordre public.
Avril 1988, juste avant le premier tour de l'élection présidentielle, 27 gendarmes sont pris en otages par des indépendantistes kanaks : le capitaine des gendarmes d'élite est envoyé pour tenter une médiation, mais le 5 mai, à la veille de l'élection présidentielle (sur fond de cohabitation), l'assaut militaire est ordonné. Les otages sont libérés, sains et sauf, mais deux militaires sont tués et 19 Kanaks.
"Legorjus affabule"
Philippe Legorjus, qui en a convaincu Kassovitz, estime aujourd'hui encore que "les négociations étaient plus que possibles avant l'assaut".
Mais, poursuit l'ancien gendarme, "à partir du moment où les politiques avaient fait le choix d'un assaut (...) j'ai choisi, sur le moment, contre ma morale personnelle et l'analyse que je faisais d'une autre solution possible, d'accompagner l'assaut".
Le général Jacques Vidal, ancien commandant des forces armées en Nouvelle-Calédonie en 1988, l'accuse en retour d'avoir "réécrit l'histoire à sa gloire": "Legorjus affabule avec un aplomb incroyable", disait-il samedi dernier dans le Figaro Magazine.
"Si François Mitterrand, président de la République et chef des armées, a ordonné l'assaut c'est qu'il avait la conviction que toutes les négociations avaient échoué et que la survie des otages était en jeu", affirme le général aujourd'hui retiré.
Michel Lefèvre, un ancien membre du GIGN ayant commandé une partie de l'assaut, et dont le témoignage est mis en ligne sur le site www.gign.org, reproche également à Philippe Legorjus "en se mettant en vedette" de vouloir "rattraper une mauvaise image" qu'il a pu laisser lors de la prise d'otages.
Ce témoin, que Kassovitz a souhaité rencontrer, se dit "surpris par toutes ses connaissances de l'affaire": "Dans un premier temps je n'étais pas favorable à cette rencontre que je ne regrette pas maintenant", dit-il.
"Donc j'attends de voir son film tout en étant très sceptique", ajoute-t-il.
Sur place, le film n'a été projeté qu'une fois, à Ouvéa, mais trois copies sont prêtes à tourner sur le Territoire à partir de décembre, notamment en cinéma itinérant. Une avant-première, à Paris la semaine dernière, a donné lieu à une "coutume" de réconciliation entre Kanaks et gendarmes dans le bureau de producteur.
"source orange.fr"



guépard

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Message  Lothy le Mer 16 Nov 2011 - 9:55

Ce genre de film n'évitera jamais la controverse !...

Un reportage lui a été consacré lors du 20h de TF1 hier soir. Attendons de voir quel accueil donnera le public, ici et en Nle Calédonie.

En tout cas, il fallait "Oser", Mathieu Kassovitz l'a fait, sans hargne ni esprit de provocation d'après le discours exprimé hier soir.....

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Message  gervez alexis le Mer 16 Nov 2011 - 18:13

27 gendarmes pris en otage lors de la prise d'assaut par les kanacs,plus les armes et les munitions de la gendarmerie . Et qui nous parlera des gendarmes tués et découpés à la machette par les kanacs lors de cet assaut ? Encore des morts pour la France qu'il faut oublier et dont il ne faut pas parler . On nous parle de l'assaut de la grotte mais on oublie celui de la gendarmerie ? Curieux non ? Il ne faut surtout pas dire que se sont les kanacs qui ont ouvert les hostilités,cela ferait désordre ,et là curieusement il n'y a pas de polémique !!!de plus en plus curieux .
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Re: l'ordre et la morale ....................

Message  Mac Breheny le Mer 16 Nov 2011 - 19:45

Hello everybody,

Presque 25 ans après les faits, la polémique fait rage autour des événements de la grotte d'Ouvéa.
Il faut dire que les politique ont voulu "marquer le coup" pour venger le massacre des gendarmes exécutés à la machette. A l'époque, je me souviens avoir approuvé l'intervention militaire.
Kassovitz a eu la sagesse de faire un fim sans parti pris : voyons l'acceuil que lui réservera le public.
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l'ordre et la morale

Message  gervez alexis le Jeu 17 Nov 2011 - 17:19

Sans parti pris !!!! cela reste à voir car d'aprés ce que j'ai entendu le film ne montre pas l'assaut de la gendarmerie par les kanacs et le massacre à la machette des gendarmes et si cela est vrai il y aurait donc bel et bien parti pris . Attendons donc la sortie du film pour pouvoir en parler sans risque de dire des anneries,car un film objectif devrait nous montrer les deux assauts .Je signale pour mémoire que l'assaut en question a été mené par plusieurs unités dont une que j'ai fréquenté proffessionnelement et j'ai hate de voir le film pour voir si il en est question,unité qui a été en première ligne lors de cet assaut .Donc , dans le doute,le mieux est d'attendre la sortie du fim pour pouvoir nous faire une opinion .
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pas tellement l'ordre, encore moins la morale

Message  Michel le Sam 19 Nov 2011 - 8:08

L'Ordre et la Morale, le film de Mathieu Kassovitz sur la prise d'otages d'Ouvéa, en avril-mai 1988, sort mercredi sur les écrans. En choisissant jusqu'à l'exaltation le point de vue unique de Philippe Legorjus, ex-patron du GIGN, il tourne résolument le dos à la réalité historique. La preuve en six contre-vérités criantes.

«Si la vérité blesse, alors le mensonge tue.» Telle est la chute de L'Ordre et la Morale, signé Mathieu Kassovitz, l'homme qui filme gourdin à l'épaule (La Haine, Gothika, Babylon AD...) pour asséner sa vision du monde. A cette aune, c'est peu dire que son dernier opus «tue»: non que ce film manichéen ne puisse se regarder avec plaisir, mais parce qu'il prend délibérément le parti d'assassiner la vérité des faits qu'il prétend restituer.
· Certes, du côté du chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, on préfère pour l'instant observer un prudent silence radio. Mais les principaux protagonistes, de l'affaire, eux, ne s'y sont pas trompés: dès le 3 novembre, Bernard Pons, ministre des Dom-Tom au moment des faits, le général Jacques Vidal, qui commandait l'opération «Victor» , le colonel de gendarmerie Alain Benson, chargé des opérations de police judiciaire après l'assaut, et le magistrat otage Jean Bianconi ont publié un communiqué commun. Ils y affirment qu'«ils n'ont eu ni les comportements, ni tenu les propos qui leur sont respectivement prêtés, lesquels relèvent d'une déformation de la réalité, voire de la pure désinformation». Bref, l'honnêteté intellectuelle et l'objectivité factuelle ne semblent guère compatibles avec la conception de la «morale» affichée par Mathieu Kassovitz et Philippe Legorjus. Revue de paquetage.
1 - La démocratie bafouée
Premier rappel historique : pour s'afficher (très) à gauche, Kassovitz et Legorjus ont visiblement un problème avec le suffrage universel et la démocratie. On ne comprend rien, en effet, au drame d'Ouvéa, du 22 avril au 5 mai 1988, entre les deux tours de l'élection présidentielle, si on ne le resitue pas dans son contexte politique local de l'époque, que le film se garde bien d'évoquer: sept mois plus tôt, le 13 septembre 1987, a eu lieu en Nouvelle-Calédonie le «référendum Pons» d'autodétermination, Jacques Chirac étant Premier ministre de la première cohabitation mitterrandienne. La question posée aux 150.000 habitants de la Grande Terre et des Iles Loyauté (Lifou, Maré et Ouvéa) est limpide comme les eaux du lagon: «Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à l'indépendance ou demeure au sein de la République française?» En dépit de l'appel au boycott du scrutin par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), la réponse des urnes est dure comme un coco-fesse: 59 % de participation et 98,3 % en faveur de la France. Une large majorité absolue (58 % des inscrits !) s'est prononcée contre l'indépendance, faisant au passage voler en éclats le mythe d'une communauté mélanésienne entièrement acquise à la cause de « Kanaky ».
C'est à partir de cette formidable claque électorale que les «comités de lutte» - l'aile militaire du FLNKS - vont basculer dans les actions terroristes du type Ouvéa, ayant compris que leur succès ne sortirait jamais des urnes - ces urnes que fracassait à coups de tamioc, fin 1984, leur héros et martyr Eloi Machoro, avant d'être abattu à La Foa par un tir de précision au FR F1 du capitaine Jean-Pierre Picon (GIGN). De quoi relativiser, pour le moins, l'image idyllique des gentils Kanaks un peu paumés, à la culture coutumière pleine de courtoisie et cherchant à se libérer de «l'aliénation coloniale», telle qu'elle est présentée jusqu'au ridicule par Kassovitz et Legorjus.
2 - Gentils gendarmes contre militaires sadiques
Dans le film, dès l'arrivée du GIGN à Ouvéa, la cause est entendue : le fait que Philippe Legorjus soit placé sous l'autorité du général Jacques Vidal, commandant sur place le Régiment d'Infanterie de Marine du Pacifique (RIMaP), aboutit inéluctablement à une «algérisation» de la situation, avec tous les dérapages inhérents en termes de respect des droits de l'homme, dans une île coupée du monde et interdite à la presse. C'est ce que montrent à l'envi les scènes d'interrogatoires hypermusclées avec matraques électriques, assimilables à des scènes de torture, des populations locales pressées de dire où se sont réfugiés les preneurs d'otages. Là encore, le mensonge est patent: dans la réalité, seul le GIGN avait en dotation de telles matraques électriques, contrairement à l'armée de terre. La preuve: dans la grotte, quelques jours plus tard, deux vieux coutumiers accompagnant les « porteurs de thé » reconnurent deux otages fraîchement attrapés qui avaient utilisé ces instruments contre leurs familles. Il s'agissait de deux GIGN accompagnant Legorjus.
3 La schizophrénie de Legorjus
Comme il le revendique dans son dernier livre, Legorjus éprouve dans sa jeunesse «une fascination pour la révolution de 1968 et pour la "théologie de la libération"», cette dérive marxisante de l'Eglise catholique venue d'Amérique latine, qui a fait tant de mal à la foi chrétienne. Il est donc une proie facile pour ce que l'on nomme, sur le « Caillou », le «bouton canaque»: une séduction pour la culture mélanésienne qui s'empare souvent des petits Français de métropole fraîchement débarqués (les «zoreilles», dont Kassovitz est l'exemple parfait), impressionnés par ces langues où le verbe avoir n'existe pas, ces tribus où l'on est possédé collectivement par la terre nourricière, où le respect des anciens est sacré et dicte une vie collective qui fleure bon le communisme originel. «La place centrale de la nature, le rapport au temps, la structure sociale m'ont séduit, écrit Legorjus (...) C'est un monde de consensus qui garantit, à chacun, la sécurité économique et morale. Ni misère ni exclusion (...) C'est une société sans classe». Avec ce degré de sympathie objective pour les preneurs d'otages emmenés par Alphonse Dianou, on mesure le dilemme qu'a vécu l'ex-patron du GIGN, soixante-huitard dans l'âme. Mais alors, pourquoi ne s'est-il pas lui-même démis de son commandement ?
4 - Incapable de diriger l'assaut
Dans un entretien réalisé fin mai dernier avec le «Chef» Michel Lefèvre, ancien sous- officier au GIGN de 1981 à 1993, qui commandait l'assaut sur l'entrée de la grotte d'Ouvéa, celui-ci déclare à propos de son patron de l'époque: «Je suis curieux de voir ce film, car je pense que le capitaine Legorjus n'a pas assumé son rôle sur le terrain d'être à la tête de ses hommes. Il aurait dû obéir au général Vidal qui était son patron. Il n'a pas voulu en assumer les risques et les responsabilités. Les officiers du 11e Choc et du commando Hubert étaient bien là, eux, et je les en remercie encore. Suite à cette affaire, Legorjus a d'ailleurs perdu sa crédibilité au GIGN, qu'il a quitté peu après. Dans ce film, je pense qu'en se mettant en vedette, il cherchera à rattraper la mauvaise image qu'il a pu laisser lors de cette prise d'otages. La politique, j'en étais bien loin. Moi je voyais surtout mes camarades souffrir et comme l'assaut était décidé, il fallait y aller. La négociation ne nous a amenés qu'à avoir des otages en plus...» Le même Michel Lefèvre raconte en privé que dans l'avion du retour qui ramenait le GIGN a Paris, après le dénouement, tous les hommes «faisaient la gueule à Legorjus», isolé dans un coin de l'appareil. Etant le plus ancien du groupe, il est allé le voir et s'est entendu dire par l'intéressé : «Ne t'en fais pas, vous serez tous récompensés par des médailles!» Est-il besoin d'en rajouter?
5 - La multiplication des «corvées de bois»
À voir le film qui sort mercredi, l'armée s'est déshonorée : sur les dix-neuf preneurs d'otages indépendantistes tués à Ouvéa, cinq auraient été froidement exécutés à l'issue des combats, au mépris de toute éthique militaire. Si ces «corvées de bois» étaient avérées, elles seraient d'autant plus choquantes qu'elles émaneraient d'unités d'élite de l'armé française (11e Choc de la DGSE, commando Hubert de la marine, GIGN...). Or tous les participants de l'opération «Victor» que nous avons pu rencontrer et interviewer depuis, quelle que soit leur arme d'appartenance, sont formels sur un point : aucun coup de feu n'a été entendu sur zone après la fin de l'assaut et la libération des derniers otages. Il est en revanche établi que le décès d'Alphonse Dianou, blessé au genou puis victime de sévices, ainsi qu'un autre cas suspect ont été dénoncés par l'enquête de commandement qui a suivi. Et que l'officier de gendarmerie responsable a été durement sanctionné.
6 - Le baiser de Judas
Au générique du film, au chapitre des remerciements, on appréciera le soutien apporté - même symbolique financièrement - par la Province Nord et la Province des Iles, à majorité pro-indépendantiste. On ne peut s'empêcher de rappeler que début avril 1988, deux semaines avant l'attaque de la gendarmerie de Fayaoué, où quatre gendarmes sont froidement assassinés et un cinquième grièvement blessé par le commando, le numéro 2 du FLNKS Yeiwéné Yeiwéné, bras droit de Jean-Marie Tjibaou chargé d'animer les « comités de lutte », accompagné de Franck Wahuzue et d'Alphonse Dianou, le chef des preneurs d'otages, étaient venus à Ouvéa, depuis Nouméa, effectuer une reconnaissance de cette action coup de poing. Ils avaient voyagé sur un vol de la compagnie domestique Air Calédonie avec des billets d'avion aimablement réglés par la même Province Nord. Une vraie garantie d'objectivité et... d'indépendance.
* Rédacteur en chef des Nouvelles Calédoniennes Hebdo à Nouméa, au moment des faits, l'auteur de ces lignes était présent dans la grotte d'Ouvéa au lendemain de l'assaut, après avoir «dîné» la veille au soir côte à côte avec les capitaines Legorjus et Picon.
"source le Figaro"

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Message  Mac Breheny le Dim 20 Nov 2011 - 10:54

Hello everybody,

Merci pour toutes ces précisions. Des amis qui ont habité en Nouvelle Calédonie à l'époque et qui sont allés voir le film m'ont fait les mêmes reflexions hier.
Il faut en effet replacer le film dans son contexte historique ce qu'a fait Kassovitz de manière très incomplète.
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