LES CAMPS PARACHUTISTES

Le commandant Hélie de St Marc nous a quittés

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26082013

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Le commandant Hélie de St Marc nous a quittés




Hello everybody,

La nouvelle vient de tomber.
Le résistant, survivant de la déportation et auteur de nombreux livres Hélie de Saint Marc est mort ce matin à 8h30 à La Garde-Adhémar dans la Drôme, selon nos informations.
Plus d'infos dans la journée.
Qu'il repose en paix.
Cdlt

Mac
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Le commandant Hélie de St Marc nous a quittés :: Commentaires

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 11:17 par Invité

Hello everybody,

Article du Figaro sur la décès d'Hélie de Saint Marc.
A lire ici : http://www.lefigaro.fr/culture/2013/08/26/03004-20130826ARTFIG00259-mort-d-helie-de-saint-marc-homme-de-refuset-de-reconciliation.php
Cdlt

Mac

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 11:56 par nam'so

une très très grande tristesse .
Même si on pouvait s'y attendre, cette disparition va toucher énormément notre communauté !

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 12:01 par Lothy

Triste nouvelle en effet !  
Dans quelques heures nous rendrons un dernier hommage au général Le Boudec nous ne pourrons qu'y associer la mémoire du Commandant !

L'ancien officier s'est éteint ce matin à l'âge de 91 ans à La Garde-Adhémar, dans la Drôme. Il était devenu plus qu'un écrivain à succès, une référence morale et historique.
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Hélie de Saint Marc, qui vient de mourir, connut un destin exceptionnel. Ne serait-ce que parce qu'au cours de sa longue vie il fut successivement l'homme de l'humiliation, de l'engagement, de la proscription avant d'être finalement réhabilité.
Lire la suite ICI

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 12:31 par Geresp

Bonjour,

Après les événements d'Algérie 21 / 26 Avril 1961.

Paroles du Commandant Hélie de Saint-Marc :

Avant de nous juger, j'aimerais que les jeunes générations sachent par quelles angoisses nous sommes passés lorsque nous avons compris que, dans le conflit algérien, le général De Gaulle utilisait comme des armes courantes le mensonge, la duplicité et le cynisme. Quelque chose de vital et de définitif s'est cassé en nous qui ne vivra plus jamais.

Cordialement. Geresp.

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 13:12 par vieux treillis

@Geresp a écrit:Bonjour,

Après les événements d'Algérie 21 / 26 Avril 1961.

Paroles du Commandant Hélie de Saint-Marc :

Avant de nous juger, j'aimerais que les jeunes générations sachent par quelles angoisses nous sommes passés lorsque nous avons compris que, dans le conflit algérien, le général De Gaulle utilisait comme des armes courantes le mensonge, la duplicité et le cynisme. Quelque chose de vital et de définitif s'est cassé en nous qui ne vivra plus jamais.

Cordialement. Geresp.  

merci Geresp de nous rappeler cela .

Saint Michel à beaucoup de travail en ce moment, la haut près de lui, à ses cotés, la plus belle "division parachutiste" veille sur nous, ne la décevons pas.

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 13:27 par bergham

cliquez sur commandant de Saint Marc pour voir un sujet du forum sur cet Homme hors du commun

commandant  Hélie Denoix de Saint Marc

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 22:13 par Lothy

En dehors de l'histoire hors normes du Commandant de Saint-Marc, ce que je retiens c'est ce texte......

« QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »

Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,
on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu’à chaque génération suffit sa peine,
sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité
et vouloir l’asséner comme une certitude,
mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu’on appelait la Morale
et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie,
de la manipulation de la vie,
de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une période difficile
où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix,
le matérialisme,
l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l’once de tout destin,
tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu’au dernier jour,
jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher.
La vie est un combat
le métier d’homme est un rude métier.
Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir
que rien n’est sûr,
que rien n’est facile,
que rien n’est donné,
que rien n’est gratuit.

Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît
comme l’absurdité du monde,
une signification à notre existence.

Je lui dirai
qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
qu’il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés
au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai
que tout homme est une exception,
qu’il a sa propre dignité
et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai
qu’envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres
et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas
et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage, ces courages,
c’est peut-être cela «L’Honneur de Vivre»

Hélie de Saint Marc

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Message le Lun 26 Aoû 2013 - 22:55 par Lothy

Communiqué de l'AALP (Amicale des Anciens Légionnaires Parachutistes) ...

Chers camarades,

Vous avez tous été prévenus de la disparition, ce matin de notre compagnon d'armes, le Commandant Helie de Saint-Marc.

Celui qui aura vécu toutes les tragédies du 20° siècle, est décédé paisiblement chez lui, aux Borias, entouré des siens.

Avec son départ, c'est incontestablement l'une des plus grandes figures des parachutistes de la Légion qui vient de nous quitter.

Il est donc important, voire essentiel, que les compagnons d'armes que nous sommes, soient fidèlement, respectueusement et massivement présents pour ses obsèques ; la Messe et les honneurs militaires devraient avoir lieu le vendredi 30 août après-midi ou le samedi 31 matin à la cathédrale Saint-Jean de Lyon.

En dépit de la période assez chargée, des fins de vacances, je compte sur chacun d'entre vous pour faire son maximum afin d'être présent dans les rangs de l'amicale. Ce sera sans doute le plus bel hommage que nous lui rendrons et le plus beau témoignage que nous lui porterons.

Fidèlement.

GA (2S) Bruno DARY

Président de l'AALP

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Message le Mar 27 Aoû 2013 - 18:17 par Duché



Si je rencontrais, demain, au coin d’une rue, l’adolescent que j’ai été, je voudrais qu’il n’aie pas à rougir de ce que je suis devenu. Je portais en moi une fièvre d’absolu. Avec impatience, je rêvais d’un grand départ vers un avenir lointain.


"Extrait de Toute une vie"

mes respects mon commandant, pour votre parcours et pour l'homme que vous avez été !

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Message le Mar 27 Aoû 2013 - 21:37 par major64

"Les vieux soldats ne meurent pas, ils s'effacent..."
(Général MacArthur)



"Les témoins sont le sel d'un pays." C'est ce qu'écrivait Hélie Denoix de Saint Marc dans "Les sentinelles du soir". C'est encore un grand témoin, figure de l'histoire des parachutistes qui nous a quittés à l'âge de 91 ans, quelques jours à peine après le général Lucien Le Boudec. Triste fin d'été pour les parachutistes.

Au nom de l'Entraide parachutiste, je présente à sa famille, à ses proches nos condoléances sincères et attristées. Nous nous associons à la peine de nos camarades légionnaires parachutistes dont il était une des figures de proue.
Comme pour tous ces grands soldats, dire leur exceptionnelle vie en quelques mots est une gageure. Pourtant, nous le leur devons. Né en 1922, Hélie Denoix de Saint Marc connait le feu du combat dans la résistance. Arrêté par la gestapo, il est déporté à Buchenwald puis à Langestein et sera un des rares survivants des camps de l'horreur et de la barbarie nazie.
A la libération, il entre à Saint-Cyr et à sa sortie, il choisit la Légion Étrangère. C'est immédiatement l'Indochine où il va effectuer trois séjours, être de tous les combats et se révéler un officier d'une trempe exceptionnelle : affectation sur la RC 4, "la route du sang" ; commandement de partisans Tho dont l'abandon par la France lui laissera un sentiment de honte ; commandement d'une compagnie de légionnaires vietnamiens au 2ème bataillon étranger parachutiste, intégration au 11ème choc régiment des services secrets et pour finir témoin de l'exode des Vietnamiens qui passent du Nord au sud pour fuir les exactions du régime communiste.
Dès 1954, c'est la guerre d'Algérie qui l'attend, encore une fois avec les légionnaires parachutistes, au 1er régiment étranger de parachutistes puis à l'état-major de Massu. Il participe à l'amère campagne de Suez, éclatante victoire militaire et honteuse défaite politique.
Le 21 avril 1961, alors qu'il commande par intérim le 1er REP, il accepte de se joindre avec tout le régiment au putsch du général Challe dans l'espoir "d'une solution qui protègerait les Pieds noirs et les musulmans favorables à la France". Après l'échec du putsch, Hélie Denoix de Saint Marc est condamné à dix ans de réclusion.

Gracié en 1966, réhabilité en 1978, Hélie Denoix de Saint Marc a alors choisi "de mettre la plume dans la plaie". Acceptant de se confier, l'ancien acteur des "guerres orphelines" en devient un témoin au travers d'une dizaine d'ouvrages, "pour approcher cette part d'inachevé que chacun porte en soi".

Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc était titulaire de treize citations dont sept attribuées en Indochine. Chevalier de la Légion d'Honneur à trente ans, radié de l'ordre, réhabilité, il avait élevé à la dignité de Grand' Croix de la Légion d'Honneur en novembre 2011.


Général (2S) Pierre ZAMMIT

Président de fédération nationale d'Entraide parachutiste

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Message le Mar 27 Aoû 2013 - 22:32 par Charbonnier



       
                                                                        déclaration du Commandant de Saint Marc

                                                                              devant le Haut tribunal militaire,

                                                                                        le 5 juin 1961
     

Ce que j ’ai à dire sera simple et sera court.

Depuis mon âge d’ homme, Monsieur le président, j’ ai vécu pas mal d’ épreuves : la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez, et puis encore la guerre d’Algérie…

En Algérie, après bien des équivoques, après bien des tâtonnements, nous avions reçu une mission claire : vaincre l’ adversaire, maintenir l’ intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale, l’ égalité politique.

On nous a fait faire tous les métiers, oui, tous les métiers, parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous avons mis dans l’ accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes. Nous y avons gagné l’ indifférence, l’ incompréhension de beaucoup, les injures de certains. Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission. Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sont ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours.

Et puis un jour, on nous a expliqué que cette mission était changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connaît. Et un soir, pas tellement lointain, on nous a dit qu ’il fallait apprendre à envisager l’ abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’ un coeur léger. Alors nous avons pleuré. L’ angoisse a fait place en nos coeurs au désespoir.

Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’ abus de confiance et de reniement. Nous nous souvenions de l’ évacuation de la Haute-Région, des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route.

Nous nous souvenions de Diên Biên Phû, de l’ entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français.

Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie :

«L’Armée nous protégera, l’ armée restera ». Nous pensions à notre honneur perdu.

Alors le général Challe est arrivé, ce grand chef que nous aimions et que nous admirions et qui, comme le maréchal de Lattre en Indochine, avait su nous donner l’ espoir et la victoire.

Le général Challe m’ a vu. Il m’ a rappelé la situation militaire. Il m’ a dit qu’ il fallait terminer une victoire presque entièrement acquise et qu’ il était venu pour cela. Il m ’a dit que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’ étaient engagées à nos côtés.

Que nous devions sauver notre honneur.

Alors j’ ai suivi le général Challe. Et aujourd  ’hui, je suis devant vous pour répondre de mes actes et de ceux des officiers du 1er REP, car ils ont agi sur mes ordres.

Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’ est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer. Oh ! je sais, Monsieur le président, il y a l ’obéissance, il y a la discipline. Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vécu par la génération d ’officiers qui nous a précédés, par nos aînés.

Nous-mêmes l’ avons connu, à notre petit échelon, jadis, comme élèves officiers ou comme jeunes garçons préparant Saint-Cyr. Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules, devant le destin de l’Algérie, terre ardente et courageuse, à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément que nos provinces natales.

Monsieur le président, j’ ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je suis officier de Légion. Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans j ’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé.

C ’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes légionnaires tombés au champ d ’honneur, que le 21 avril, à treize heure trente, devant le général Challe, j’ ai fait mon libre choix.

Terminé, Monsieur le président.


             



      Au Revoir Mon Commandant !!        

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Message le Mer 28 Aoû 2013 - 16:37 par Lothy

Les obsèques du Commandant se dérouleront bien, comme indiqué par le général DARY, en la cathédrale St-Jean à Lyon le 31 aout à 15 h....

Contrairement à ce qui avait été indiqué dans un premier temps, le général Ract Madoux, chef d'état-major de l'armée de terre, sera présent aux obsèques d'Hélie de Saint-Marc il y «représentera la Défense»... Seront présents le général Martial de Braquilanges, en tant que gouverneur militaire de Lyon et le général Christophe de Saint-Chamas, commandant de la Légion étrangère.

Source - Secret Défense J.D.Merchet

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Message le Mer 28 Aoû 2013 - 16:45 par Lothy

Le commentaire du "Vieux Soldat"....

Très franchement, s'il s'avère que peu d'autorités soient présentes lors de la cérémonie d'Adieu, où est le problème ?
Leur mascarade (terme choisi pour son contenu sémantique) ferait pitié.
Ils feraient tache !
Tous ceux qui ont aimé ou qui ont eu le privilège de servir sous les ordres du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, lui rendront l'Hommage qu'il mérite et entoureront ceux qui sont dans la douleur.
Ceux qui, pour diverses raisons, ne pourront être là, il n'est pas facile de parcourir des milliers de km, s'associeront par la pensée, où qu'ils soient sur la planète !

Le Chef qu'il était a permis à beaucoup de comprendre ce que signifiait "HONNEUR et FIDÉLITÉ".

Merci mon Ancien !

Que Saint-Michel, notre Saint patron, l'accueille.
Voilà un avis que je partage sans la moindre restriction.

Les obsèques du général Le Boudec se sont déroulées sans ministre, ou haute autorité, mais avec "ceux d'Indochine" et "d'Algérie"...
Pas de calcul, de déploiement de faste inutile, mais de la ferveur, de la sincérité, de l'amitié et du respect...

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Message le Mer 28 Aoû 2013 - 19:33 par Invité

Hello everybody,

Entièrement d'accord avec toi Lothy.
Ceux qui l'ont connu et/ou admiré, où qu'ils soient, sauront lui rendre hommage.
Cdlt

Mac

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Message le Jeu 29 Aoû 2013 - 20:59 par Lothy

IN MEMORIAM

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Message le Jeu 29 Aoû 2013 - 21:23 par Geresp

Reposer en paix Mon Commandant,
Vous allez rejoindre le Commandant Georges ROBIN du GCP/RG " Commandant Rebelle" "De l'obéissance à la révolte".
Mes Respects.

G.E "Geresp".

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Message le Ven 30 Aoû 2013 - 18:47 par Lothy

Un très bel hommage que me fait parvenir un "Vieux Soldat..."

Les braises ne s'éteindront pas.

Hélie Denoix de Saint Marc nous a quittés .


Cétait un soldat , de ceux qui vont jusqu'au bout de leur parole et de leur serment . Déporté quatre ans , il a connu ensuite le supplice de l'Indochine , la tragédie de l'Algérie , les trahisons des politiques .

Il savait notre langue : de ces évènements sont nés des livres émouvants , d'une sagesse et d'une élévation de pensée rares en nos tristes temps ,
dont voici quelques lignes :


"Un homme doit toujours garder en lui la capacité de résister et de s'opposer " ...."La responsabilité est l'once de tout destin "....."Ceux qui vivent sont ceux qui se battent ...."

"Je ne connais pas de vérité tranquille ...."Il faut savoir offrir sa vérité en tremblant , comme un mystère .....

"Il faut savoir découvrir ces étoiles qui nous guident au plus profond de la nuit......et le tremblement sacré des choses invisibles...."

Mais ce sont tous ses livres qu'il faut ouvrir : Les Champs de braise . Les Sentinelles du soir . l'Aventure et l'espérance "

Je reverrai toujours ce regard de bleu de ciel , qu'il portait avec bienveillance sur son interlocuteur , mais bien au delà de la simple courtoisie : il rayonnait de la sérénité née des épreuves identifiées , traversées , surmontées , et d'une vie accomplie sans jamais trahir sa foi et sa promesse .

A Dieu , commandant de Saint Marc !

   
Source : ICI

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Message le Sam 31 Aoû 2013 - 0:31 par Lothy

Les obsèques de Hélie Denoîx de Saint Marc,  ont été célébrées vendredi en la cathédrale Saint-Jean de Lyon, avant que lui soient rendus les honneurs militaires.


Plus de 1 000 personnes auprès de la famille d’Hélie Denoix de Saint-Marc ce vendredi après-midi aux obsèques du commandant à la primatiale Saint-Jean parmi lesquelles de nombreux militaires, en uniforme ou en civil, notamment des légionnaires reconnaissables à leur béret vert et arborant leurs médailles, mais aussi nombres d'Anciens et porte-drapeaux avaient pris place dans la primatiale, à peine assez grande pour accueillir la foule qui s’y pressait.


Au premier rang, à côté de la famille, se trouvaient le général Bertrand Ract-Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre, représentant le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian ; le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, et le maire de Lyon, Gérard Collomb.De nombreux parlementaires de droite étaient également présents, ainsi que l’ancien ministre de la Défense Charles Millon, l’ancien maire de Lyon Michel Noir.
Christophe Boudot, secrétaire départemental du FN du Rhône, représentait Jean-Marie Le Pen, ancien du 1er REP.

Sur le cercueil, recouvert du drapeau tricolore et entouré par une haie de porte-drapeaux, avaient été placés trois coussins avec le béret vert, ses décorations, dont la médaille de la Résistance, et la grand-croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction de la République, remise en 2011 par Nicolas Sarkozy.

Après une des filles du disparu soulignant que son père avait «préféré l’honneur aux honneurs», c’est le cardinal Philippe Barbarin qui, a évoqué, sobrement, la vie et la personnalité complexe de l’ancien résistant, déporté à Buchenwald, avant de devenir ce «soldat perdu» condamné à 10 ans de réclusion pour sa participation au putsch d’Alger à la tête du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), puis d’être réhabilité.

Parlant lui aussi «d’honneur», mais aussi «de fidélité, d’engagement et de courage», l’archevêque de Lyon a affirmé que Hélie Denoix de Saint Marc «a toujours agi comme il croyait devoir le faire, en jugeant avec sa conscience», même, a-t-il ajouté citant le défunt, quand il fallait «choisir entre le crime de l’illégalité et le crime de l’inhumanité».

A l’issue de l’office, les honneurs militaires lui ont été rendus sur le parvis de la cathédrale par un détachement du 1er régiment étranger d’Aubagne, en présence notamment du général Martial de Braquilanges, gouverneur militaire de Lyon, du commandant de la Légion Christophe de Saint-Chamas et du colonel Benoît Desmeules, chef de corps du 2e REP.

Après l’hommage lu par le général Bruno Dary, président de l’Association des anciens légionnaires parachutistes et ancien gouverneur de Paris, la cérémonie s’est conclue par un chant « Contre les Viets ».. entonné par d’anciens légionnaires et repris par une partie de l’assistance.

Le commandant sera inhumé demain samedi à La Garde-Adhémar dans la Drôme.

Source : AFP & Le Progrès

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Message le Lun 2 Sep 2013 - 18:11 par Lothy

Il m'arrive des photos de toutes parts, d'où la taille différente des clichés... Je vous en poste quelques unes....




















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Message le Lun 2 Sep 2013 - 19:14 par Invité

Hello everybody,

Un grand merci pour ces photos !
Le Commandant a eu l'hommage qu'il méritait.
Qu'il repose en paix.
Cdlt

Mac

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Message le Lun 2 Sep 2013 - 19:24 par Invité

C'est un Grand Hommage que vous avez rendu au Commandant H De St Marc ; je me joins à la famille et aux anciens de ses valeureux guerriers de son régiment le 1er REP. Paix l'âme de ce grand personnage qui a traversé tous les conflits dans la douleur et dans le doute.

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Message le Lun 2 Sep 2013 - 20:53 par Charbonnier

Eloge funèbre du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc,
prononcé par le général d’'armée (2S) Bruno DARY,
Président de l’'Association des anciens légionnaires parachutistes (AALP)
le vendredi 30 août 2013 à Lyon.

Mon commandant,
mon ancien,

Ils sont là, ils sont tous présents, qu’ils soient vivants ou disparus, oubliés de l’histoire ou célèbres, croyants, agnostiques ou
incroyants, souffrant ou en pleine santé, jeunes soldats ou anciens combattants, civils ou militaires, ils sont tous présents, si ce n’est pas avec leur corps, c’est par leur cœur ou par leur âme ! Tous ceux qui, un jour, ont croisé votre chemin, ou ont fait avec vous une partie de votre route ou plutôt de votre incroyable destinée, sont regroupés autour de vous : les lycéens de Bordeaux, les résistants du réseau Jade-Amicol, les déportés du camp de Langenstein, vos frères d’armes, vos légionnaires que vous avez menés au combat, ceux qui sont morts dans l’anonymat de la jungle ou l’indifférence du pays, les enfants de Talung que vous avez dû laisser derrière vous, les harkis abandonnés puis livrés aux mains du FLN !

Je n’oublie pas vos parents et votre famille, qui ont partagé vos joies et vos épreuves ; il faut ajouter à cette longue liste, les jeunes générations, qui n’ont connu, ni la Guerre de 40, ni l’Indochine, pas plus que l’Algérie, mais qui ont dévoré vos livres, qui vous ont écouté et que vous avez marqués profondément !
Cette liste ne serait pas complète, si n’était pas évoquée la longue cohorte des prisonniers, des déchus, des petits et des sans-grades, les inconnus de l’histoire et des médias, ceux que vous avez croisés, écoutés, respectés, défendus, compris et aimés et dont vous avez été l’avocat.
Eux tous s’adressent à vous aujourd’hui, à travers ces quelques mots et, comme nous en étions convenus la dernière fois que nous nous sommes vus et embrassés chez vous, je ne servirai que d’interprète, à la fois fidèle, concis et surtout sobre.

Aujourd’hui, Hélie, notre compagnon fidèle, c’est vous qui nous quittez, emportant avec vous vos souvenirs et surtout vos interrogations et vos mystères ; vous laissez chacun de nous, à la fois heureux et fier de vous avoir rencontré, mais triste et orphelin de devoir vous quitter.
Vous laissez surtout chacun de nous, seul face à sa conscience et face aux interrogations lancinantes et fondamentales qui ont hanté votre vie, comme elles hantent la vie de tout honnête homme, qui se veut à la fois homme d’action et de réflexion, et qui cherche inlassablement à donner un sens à son geste !

Parmi tous ces mystères, l’un d’eux ne vous a jamais quitté. Il a même scandé votre vie ! C’est celui de la vie et de la mort.

Car qui d’autres mieux que vous, aurait pu dire, écrire, prédire ou reprendre à son compte ce poème d’Alan Seeger, cet Américain, à la fois légionnaire et poète, disparu à 20 ans dans la tourmente de 1916 : « j’ai rendez-vous avec la mort » ?
C’est à 10 ans que vous avez votre premier rendez-vous avec la mort, quand gravement malade, votre maman veille sur vous, nuit et jour ; de cette épreuve, vous vous souviendrez d’elle, tricotant au pied de votre lit et vous disant : « Tu vois Hélie, la vie est ainsi faite comme un tricot : il faut toujours avoir le courage de mettre un pied devant l’autre, de toujours recommencer, de ne jamais s’arrêter, de ne jamais rien lâcher ! »
Cette leçon d’humanité vous servira et vous sauvera quelques années plus tard en camp de concentration. Votre père, cet homme juste, droit et indépendant, qui mettait un point d’honneur durant la guerre, à saluer poliment les passants, marqués de l’étoile jaune, participera aussi à votre éducation ; il vous dira notamment de ne jamais accrocher votre idéal, votre ‘‘étoile personnelle’’ à un homme, aussi grand fût-il !
De l’époque de votre jeunesse, vous garderez des principes stricts et respectables, que les aléas de la vie ne vont pourtant pas ménager ; c’est bien là votre premier mystère d’une éducation rigoureuse, fondée sur des règles claires, simples et intangibles, que la vie va vous apprendre à relativiser, dès lors qu’elles sont confrontées à la réalité !

Puis, à 20 ans, vous aurez votre deuxième rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, vêtu d’un méchant pyjama rayé, dans le camp de Langenstein. Deux ans de déportation mineront votre santé et votre survie se jouera à quelques jours près, grâce à la libération du camp par les Américains. Mais votre survie se jouera aussi par l’aide fraternelle d’un infirmier français qui volait des médicaments pour vous sauver d’une pneumonie, puis celle d’un mineur letton, qui vous avait pris en affection et qui chapardait de la nourriture pour survivre et vous aider à supporter des conditions de vie et de travail inhumaines.
En revanche, vous refuserez toujours de participer à toute forme d’emploi administratif dans la vie ou l’encadrement du camp d’internement, ce qui vous aurait mis à l’abri du dénuement dans lequel vous avez vécu.
Vous y connaitrez aussi la fraternité avec ses différentes facettes : d’un côté, celle du compagnon qui partage un quignon de pain en dépit de l’extrême pénurie, du camarade qui se charge d’une partie de votre travail malgré la fatigue, mais de l’autre, les rivalités entre les petites fraternités qui se créaient, les cercles, les réseaux d’influence, les mouvements politiques ou les nationalités….
Mystère, ou plutôt misère, de l’homme confronté à un palier de souffrances tel qu’il ne s’appartient plus ou qu’il perd ses références intellectuelles, humaines et morales !

Vous avez encore eu rendez-vous avec la mort à 30 ans, cette fois, à l’autre bout du monde, en Indochine. Vous étiez de ces lieutenants et de ces capitaines, pour lesquels de Lattre s’était engagé jusqu’à l’extrême limite de ses forces, comme sentinelles avancées du monde libre face à l’avancée de la menace communiste. D’abord à Talung, petit village à la frontière de Chine, dont vous avez gardé pieusement une photo aérienne dans votre bureau de Lyon.
Si les combats que vous y avez mené n’eurent pas de dimension stratégique, ils vous marquèrent profondément et définitivement par leur fin tragique : contraint d’abandonner la Haute région, vous avez dû le faire à Talung, sans préavis, ni ménagement ; ainsi, vous et vos légionnaires, quittèrent les villageois, en fermant les yeux de douleur et de honte !
Cette interrogation, de l’ordre que l’on exécute en désaccord avec sa conscience, vous hantera longtemps, pour ne pas dire toujours !
Plus tard, à la tête de votre Compagnie du 2° Bataillon étranger de parachutistes, vous avez conduit de durs et longs combats sous les ordres d’un chef d’exception, le chef d’escadron RAFFALLI : Nhia Lo, la Rivière Noire, Hoa Binh, Nassan, la Plaine des Jarres.
Au cours de ces combats, à l’instar de vos compagnons d’armes ou de vos aînés, vous vous sentiez invulnérables ; peut-être même, vous sentiez-vous tout permis, parce que la mort était votre plus proche compagne : une balle qui vous effleure à quelques centimètres du cœur, votre chef qui refuse de se baisser devant l’ennemi et qui finit pas être mortellement touché ; Amilakvari et Brunet de Sairigné vous avaient montré le chemin, Segrétain, Hamacek, Raffalli et plus tard Jean pierre, Violès, Bourgin, autant de camarades qui vous ont quitté en chemin.
Parmi cette litanie, on ne peut oublier, votre fidèle adjudant d’unité, l’adjudant Bonnin, qui vous a marqué à tel point, que, plus tard, vous veillerez à évoquer sa personnalité et sa mémoire durant toutes vos conférences ! Et avec lui, se joignent tous vos légionnaires, qui ont servi honnêtes et fidèles, qui sont morts, dans l’anonymat mais face à l’ennemi, et pour lesquels vous n’avez eu le temps de dire qu’une humble prière.
Tel est le mystère de la mort au combat, qui au même moment frappe un compagnon à vos côtés et vous épargne, pour quelques centimètres ou une fraction de seconde !

Dix ans plus tard, vous aurez encore rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, ce ne sera pas d’une balle perdue sur un champ de bataille, mais de 12 balles dans la peau, dans un mauvais fossé du Fort d’Ivry.
En effet, vous veniez d’accomplir un acte grave, en vous rebellant contre l’ordre établi et en y entraînant derrière vous une unité d’élite de légionnaires, ces hommes venus servir la France avec honneur et fidélité.
Or retourner son arme contre les autorités de son propre pays reste un acte très grave pour un soldat ; en revanche, le jugement qui sera rendu - 10 ans de réclusion pour vous et le sursis pour vos capitaines - montre qu’en dépit de toutes les pressions politiques de l’époque, en dépit des tribunaux d’exception et en dépit de la rapidité du jugement, les circonstances atténuantes vous ont été reconnues.

Elles vous seront aussi été reconnues 5 ans après, quand vous serez libéré de prison, comme elles vous seront encore reconnues quelques années plus tard quand vous serez réhabilité dans vos droits ; elles vous seront surtout reconnues par la nation et par les médias à travers le succès éblouissant de vos livres, celui de vos nombreuses conférences et par votre témoignage d’homme d’honneur.

Ces circonstances atténuantes se transformeront finalement en circonstances exceptionnelles, lorsque, 50 ans plus tard, en novembre 2011, le Président de la République en personne vous élèvera à la plus haute distinction de l’Ordre de la Légion d’Honneur ; au cours de cette cérémonie émouvante, qui eut lieu dans le Panthéon des soldats, nul ne saura si l’accolade du chef des armées représentait le pardon du pays à l’un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la République pour avoir tant exigé de ses soldats à l’époque de l’Algérie. Le pardon, par sa puissance, par son exemple et surtout par son mystère, fera le reste de la cérémonie !….

Aujourd’hui, vous nous laissez l’exemple d’un soldat qui eut le courage, à la fois fou et réfléchi, de tout sacrifier dans un acte de désespoir pour sauver son honneur !
Mais vous nous quittez en sachant que beaucoup d’officiers ont aussi préservé leur honneur en faisant le choix de la discipline.
Le mot de la fin, si une fin il y a, car la tragédie algérienne a fait couler autant d’encre que de sang, revient à l’un de vos contemporains, le général de Pouilly, qui, au cours de l’un des nombreux procès qui suivirent, déclara, de façon magistrale et courageuse, devant le tribunal : « Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon… Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nôtre » !

Et puis, quelque 20 ans plus tard, alors que, depuis votre sortie de prison, vous aviez choisi de garder le silence, comme seul linceul qui convienne après tant de drames vécus, alors que vous aviez reconstruit votre vie, ici même à Lyon, vous êtes agressé un soir dans la rue par deux individus masqués, dont l’un vous crie, une fois que vous êtes à terre : « Tais-toi ! On ne veut plus que tu parles ! »
Cette agression survenait après l’une de vos rares interventions de l’époque ; elle agira comme un électrochoc et vous décidera alors à témoigner de ce que vous avez vu et vécu à la pointe de tous les drames qui ont agité la France au cours du XXème siècle.

Ainsi, au moment où vous comptiez prendre votre retraite, vous allez alors commencer, une 3° carrière d’écrivain et de conférencier.
Alors que le silence que vous aviez choisi de respecter, vous laissait en fait pour mort dans la société française, ce nouvel engagement va vous redonner une raison de vivre et de combattre !
Toujours ce mystère de la vie et de la mort !
Au-delà des faits et des drames que vous évoquerez avec autant d’humilité que de pudeur, vous expliquerez les grandeurs et les servitudes du métier des armes et plus largement de celles de tout homme. A l’égard de ceux qui ont vécu les mêmes guerres, vous apporterez un témoignage simple, vrai, poignant et dépassionné pour expliquer les drames vécus par les soldats, qui, dans leur prérogative exorbitante de gardien des armes de la cité et de la force du pays, sont en permanence confrontés aux impératifs des ordres reçus, aux contraintes de la réalité des conflits et aux exigences de leur propre conscience, notamment quand les circonstances deviennent exceptionnellement dramatiques.

A l’égard des jeunes générations, qui n’ont pas connu ces guerres, ni vécu de telles circonstances, mais qui vous ont écouté avec ferveur, vous avez toujours évité de donner des leçons de morale, ayant vous-même trop souffert quand vous étiez jeune, des tribuns qui s’indignaient sans agir, de ceux qui envoyaient les jeunes gens au front en restant confortablement assis ou de notables dont la prudence excessive servait d’alibi à l’absence d’engagement.

Vous êtes ainsi devenu une référence morale pour de nombreux jeunes, qu’ils fussent officiers ou sous-officiers ou plus simplement cadres ou homme de réflexion.
Puis dans les dernières années de votre vie, vous avez aussi eu plusieurs rendez-vous avec la mort, car votre « carcasse » comme vous nous le disiez souvent, finissait pas vous jouer des tours et le corps médical, avec toute sa compétence, sa patience et son écoute, ne pouvait plus lutter contre les ravages physiques des années de déportation, les maladies contractées dans la jungle indochinoise et les djebels algériens, les conséquences des années de campagnes, d’humiliation ou de stress.

Pourtant, vous avez déjoué les pronostics et vous avez tenu bon, alors que vous accompagniez régulièrement bon nombre de vos frères d’armes à leur dernière demeure ! Là encore, le mystère de la vie et de la mort vous collait à la peau.

Et puis, aujourd’hui, Hélie, notre ami, vous êtes là au milieu de nous ; vous, l’homme de tous les conflits du XXème siècle, vous vous êtes endormi dans la paix du Seigneur en ce début du XXIème siècle, dans votre maison des Borias que vous aimiez tant, auprès de Manette et de celles et ceux qui ont partagé l’intimité de votre vie.

Mais, Hélie, êtes-vous réellement mort ? Bien sûr, nous savons que nous ne croiserons plus vos yeux d’un bleu indéfinissable ! Nous savons que nous n’écouterons plus votre voix calme, posée et déterminée !
Nous savons aussi que, lors de nos prochaines étapes à Lyon, seule Manette nous ouvrira la porte et nous accueillera !
Nous savons aussi que vos écrits sont désormais achevés !
Mais, Hélie, à l’instar de tous ceux qui sont ici présents, nous avons envie nous écrier, comme cet écrivain français : « Mort, où est ta victoire ? »
Mort, où est ta victoire, quand on a eu une vie aussi pleine et aussi intense, sans jamais baisser les bras et sans jamais renoncer ?
Mort, où est ta victoire, quand on n’a cessé de frôler la mort, sans jamais chercher à se protéger ?
Mort, où est ta victoire, quand on a toujours été aux avant-gardes de l’histoire, sans jamais manquer à son devoir ?
Mort, où est ta victoire, quand on a su magnifier les valeurs militaires jusqu’à l’extrême limite de leur cohérence, sans jamais défaillir à son honneur ?
Mort, où est ta victoire, quand on s’est toujours battu pour son pays, que celui-ci vous a rejeté et que l’on est toujours resté fidèle à soi- même ?
Mort, où est ta victoire, quand après avoir vécu de telles épreuves, on sait rester humble, mesuré et discret ?
Mort, où est ta victoire, quand son expérience personnelle, militaire et humaine s’affranchit des époques, des circonstances et des passions et sert de guide à ceux qui reprendront le flambeau ?
Mort, où est ta victoire, quand après avoir si souvent évoqué l’absurde et le mystère devant la réalité de la mort, on fait résolument le choix de l’Espérance ?

Hélie, notre frère, toi qui as tant prôné l’Espérance, il me revient maintenant ce vieux chant scout que tu as dû chanter dans ta jeunesse et sans doute plus tard, et que tous ceux qui sont présents pourraient entonner : « Ce n’est qu’un au revoir, mon frère ! Ce n’est qu’un au revoir ! Oui, nous nous reverrons Hélie ! Oui, nous nous reverrons » !
Oui, Hélie, oui, nous nous reverrons à l’ombre de Saint Michel et de Saint Antoine, avec tous tes compagnons d’armes, en commençant par les plus humbles, dans un monde sans injure, ni parjure, dans un monde sans trahison, ni abandon, dans un monde sans tromperie, ni mesquinerie, dans un monde de pardon, d’amour et de vérité !

Adieu, Hélie…. Adieu, Hélie et surtout merci !

Merci d'’avoir su nous guider au milieu des « champs de braise ! ».

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Message le Mar 1 Oct 2013 - 18:47 par Lothy

Des messes en mémoire du commandant Hélie de Saint Marc à Paris et Lyon



La famille du commandant Hélie Denoix de Saint Marc (décédé le 26 août), en union avec l'Amicale des Légionnaires Parachutistes, organise une messe qui sera célébrée par Mgr Ravel, évêque aux armées, en la cathédrale Saint Louis des Invalides (Paris 7e), le mercredi 9 octobre 2013 à 19 h 30.

Elle sera précédée du rallumage de la Flamme à l'Arc de Triomphe, à 18 h 30.

Par ailleurs, le 14 octobre, à 12h, une messe sera organisée par l'association Vietnam Espérance et célébrée en l'église de la Rédemption, à Lyon 6e.

Le commandant de Saint-Marc était le fondateur et l'inspirateur jusqu’à sa mort de cette association qui œuvre beaucoup pour l’Eglise au Vietnam.

Source : Ouest-France : Lignes de défense

Dernière édition par Lothy le Sam 29 Mar 2014 - 2:24, édité 1 fois

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Message le Ven 4 Oct 2013 - 0:56 par Lothy

Alors que la famille du Commandant nous convie à des messes ou à nous unir d'intentions avec elle, je vous transmets ce texte....

Texte de Blandine de Bellecombe, fille ainée du Chef de bataillon Hélie de Saint-Marc.

Cathédrale St Jean, Lyon le 30 août 2013


Mon cher petit papa,

Pour tous ceux qui sont ici tu es indéniablement un grand homme. Pour  nous, tes quatre filles, tu es et tu resteras notre cher petit Papa.
Je vois ton sourire taquin et ton oeil s'allumer, mais nous tes filles  ne sommes pas là pour glorifier tes faits d'armes. Tes compagnons  d'arme sont bien plus habilités à le faire. Et nous remercions tous  ceux, certains au prix d'une organisation chaotique, qui sont venus aujourd'hui te rendre un dernier hommage. Tous ces frères d'armes,  vivants ou ombres disparues, ont bercé notre enfance puis notre vie  entière. Nous en croisions les sourires, les chagrins, les drames ou  les espoirs, au détour des couloirs de la prison de Tulle, de Lyon, puis des Borias.


Les Borias, tu as tant aimé cette bâtisse de pierres dorées accrochées à la garrigue, ton djebel provençal battu par le mistral, ton monastère invisible où tu as passé de si longues heures à saluer le lever de lune, à contempler la tour de Clansayes du haut de laquelle  la Vierge Marie, sentinelle éternelle, veille sur le Tricastin. Les  Borias, dernier repaire d'anciens légionnaires, qui débarquaient sans  crier gare, pour saluer leur commandant.
Ils ont dressé pour nous  cette stature d'officiers que nous avons peu à peu apprivoisée, puis  admirée et comprise. Mais bien sûr, dans notre coeur, tu es avant tout ce papa plein de tendresse et d'attention qui nous a toujours accompagnées sans faillir. Même aux jours les plus noirs de la prison, tu étais présent, attentif, ému. Cette prison où tu as connu la  solitude et l'opprobre, mais qui t'a rendu libre.
Puis ce furent les années lyonnaises où quelques familles, qui se reconnaîtront aisément,  nous accueillirent avec le coeur, faisant fi des vents mauvais. Merci à  tous nos amis qui sont ici présents, fidèles au rendez-vous.

A Lyon, nous avons découvert les joies de la vie ensemble, en famille, où nous avons essayé avec maman de chasser les ombres qui te  hantaient, car elles devenaient aussi les nôtres. Fantômes de  Buchenwald et de Languenstein, de Talung, de la RC4, de Dien Bien Phu, des djebels algériens !. Qu'ils étaient nombreux !!
Nous n'y sommes  jamais parvenues, mais peut-être les avons-nous tenus un peu à  distance en t'entraînant dans le tourbillon d'une fratrie de quatre filles au sein de laquelle les cris, les rires, la joie et les larmes n'ont jamais manqué. Ta manière de nous guider dans la vie, toujours respectueuse, structurée, nous induisant à toujours donner le meilleur  de nous-mêmes (viser au plus haut, s'estimer au plus juste...) s'est ancrée en nous.
Ton exemple d'humanité, d'écoute, cette attention  permanente à chacun, cette absence de jugement, cette fidélité totale  à tous tes engagements, et ce jusqu'à ta mort, et surtout ta capacité à pardonner, cette faculté inestimable de résilience, nous ont marquées à jamais. Tu nous as appris, je te cite, "que rien n'est  acquis, que tout se construit, que la vie est un combat, et que si  rien n'est sacrifié, rien n'est obtenu". Tout un programme !! Exigent, avec beaucoup d'embuscades !!

Avec maman nous avons tenté de te suivre. Mission difficile, mon  Commandant !
A travers nos amis, tu as noué ce lien particulier avec  la jeunesse, cette force vive, afin de leur transmettre ta part de  vérité et ce pour quoi tu t'es battu. Cette passion ne t'a plus quittée, c'est devenu ta raison d'être. Notre fratrie s'est ainsi  élargie, combien de fils de coeur as-tu drainés comme un fleuve  puissant et tranquille.
Patriarche d'une belle et nombreuse  descendance, tes vingt petits-enfants et trois arrières petits-enfants, sont là aujourd'hui pour reprendre le flambeau. Le couple que vous formiez avec maman, solide dans la tempête, est un ancrage inestimable pour eux. Maman qui, avec son sourire, sa joie de vivre,  sa beauté, a réjoui ton coeur, a été un des piliers qui t'ont permis de
survivre et de te reconstruire.

Tu as préféré la vérité aux honneurs, sacrifié ta carrière, ta réputation, voire tes amitiés. La miséricorde divine et ta volonté  t'ont permis de mourir debout, comme tu as toujours vécu, comme tu l'as toujours souhaité : partir de tes chers Borias, au milieu de tes enfants et petits-enfants, la tête reposant contre un vieil olivier,  apaisé. Tu as été exaucé.
Ce petit mot retrouvé dans tes papiers : A  cette heure de départ, souhaitez-moi bonne chance mes amis. Le ciel  est rougissant d'or, le sentier s'ouvre, merveilleux. Ne me demandez  pas ce que j'emporte. Je pars en voyage les mains vides et le coeur plein d'attentes.

Laisse-nous maintenant te dire avec Goethe : " Meurs et deviens ".

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Message le Ven 4 Oct 2013 - 11:04 par Glavany

très très émouvante cette lettre d'une fille à un père.
j'en suis très ému et heureux à la fois que cette lettre fut écrite

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Message le Ven 28 Mar 2014 - 23:24 par Béghin Bernard

Je suis allé voir la tombe du commandant De St Marc à La Garde Adhémar, où il a fini sa vie, une vie bien remplie dans tous les domaines : d'homme, de soldat, de famille et d'honneur, et pourtant son parcours n'a pas été très médiatisé, sauf peut être en 61 ? Mais en serait il content autrement ?. Je me suis douté que non, car en voyant sa sépulture, j'en étais convaincu et renseignement pris auprès de Lothy, j'en ai eu confirmation.

   Je me propose de vous montrer les photos du village, magnifique lieu médiéval perché sur une colline dans la vallée du Rhône, au nord de Bollêne et une église portant le nom de .......St Michel.







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Message le Ven 28 Mar 2014 - 23:38 par Béghin Bernard

Donc je vous parlais de la tombe. Lorsque je suis arrivé à la trouver dans ce cimetière divisé en 4 parties et que j'ai vu sa dernière demeure, j'ai été un peu choqué devant la simplicité. Mais j'ai vite compris qu'il devait l'avoir souhaité ainsi et je me suis recueilli, rassuré.

 Voyez par vous même :






 La simple croix de bois fait penser aux croix de bois dont on marquait les sépulture des soldats tombés en 14 18.
 C'est la pointe qui me porte à penser cela.
 J'ai souhaité me rendre à cet endroit car c'est une manière de lui rendre hommage, lui que j'ai connu un peu tard.
 C'est tout.
 Mes Respects mon commandant, que St Michel continue à vous protéger.

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Message le Sam 29 Mar 2014 - 0:03 par Geresp

Bonsoir,

Bernard, Noble façon de rendre hommage au Commandant Hélie de Saint Marc.

PS : Vous devriez ôter le doublon.

Amicalement. Geresp.

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Message le Sam 29 Mar 2014 - 0:18 par Lothy

Geresp... Il n'y a plus de doublon...

Je crois que Bernard était très ému en postant son message, par ailleurs, nos forums ne fonctionnent pas très rapidement, si j'en juge par moi-même.

Bernard... Merci !

N'oublie pas le parcours du Commandant ! Il a laissé tant de compagnons sur les Pistes en Indochine pour lesquels il n'y eut pas de sépulture, la jungle ensevelissant tout, si bien que pour lui elle n'avait guère d'importance...
Sachant par où il est passé par la suite... le dénuement, il a très bien connu.
Lis ses ouvrages, tu comprendras encore mieux !...

Néanmoins c'est bouleversant ! Mais quelle grandeur !...

Reposez en Paix Commandant....

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Message le Sam 29 Mar 2014 - 10:03 par Geresp

Bonjour,

@Lothy a écrit:Geresp... Il n'y a plus de doublon...
Merci qui ?, Merci Lothy !
@Lothy a écrit:Je crois que Bernard était très ému en postant son message....
En effet une grande émotion semble le bouleverser, signe d'une action sincère.

@Béghin Bernard a écrit:....et que j'ai vu sa dernière demeure, j'ai été un peu choqué devant la simplicité.
Mais j'ai vite compris qu'il devait l'avoir souhaité ainsi et je me suis recueilli, rassuré.
Comme vous le soulignez, certainement l'application d'une de ces dernière volontés.
Seul petit bémol, afin d'éviter les effets néfaste de la corrosion, manque le choix de l'inox pour les fixations.
(l'inox matériau qui possède une qualité déterminante "la résistance", à l'image du Commandant).

@Béghin Bernard a écrit:Mes Respects mon commandant, que St Michel continue à vous protéger.
@Lothy a écrit:Reposez en Paix Commandant....
Amicalement. Geresp.

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Message le Sam 29 Mar 2014 - 17:20 par Arcimboldo_56

Bernard,

c'est une excellente initiative que d'avoir pris des photos au village et au cimetière où repose le Commandant Hélie Denoix de Saint Marc et de les avoir postées afin de raviver la mémoire de ce parachutiste que vous portez tous dans votre cœur.

A reproduire pour les autres Grands anciens qui reposent dans la paix de cimetière de nos villages.

A vous et à Lothy, bon samedi.

Arcimboldo

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