LES CAMPS PARACHUTISTES

13 mai 1958

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19112011

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13 mai 1958





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Le 13 mai 1958 est le jour de l'investiture de Pierre Pflimlin. À Alger a lieu une manifestation d'anciens combattants à la mémoire de trois militaires du contingent faits prisonniers par les fellaghas et fusillés en Tunisie. Profitant de la manifestation, les partisans de l'Algérie française donnent l'assaut au bâtiment du gouvernement général sous la conduite de Pierre Lagaillarde, un leader étudiant. Après la mise à sac du gouvernement général, les émeutiers nomment un Comité de salut public.

Le général Jacques Massu en prend la présidence. Il envoie à Paris un télégramme : «... exigeons création à Paris d'un gouvernement de salut public, seul capable de conserver l'Algérie partie intégrante de la métropole». Les députés, qui n'apprécient pas cette intrusion, investissent comme prévu Pierre Pflimlin. C'est la rupture avec Alger.

En attendant la prise de fonctions du nouveau Président du Conseil, Félix Gaillard confie les pleins pouvoirs civils et militaires en Algérie au général Raoul Salan, qui commande l'armée sur place.

Le 14 mai, à 5 heures du matin, Massu lance un nouvel appel : «Le comité de salut public supplie le général de Gaulle de bien vouloir rompre le silence en vue de la constitution d'un gouvernement de salut public qui seul peut sauver l'Algérie de l'abandon».

Le lendemain, 15 mai 1958, le général Raoul Salan prononce une allocution devant le comité de salut public, à l'intérieur du Gouvernement général d'Alger : «Vive la France, vive l'Algérie française, vive le général de Gaulle !»

Puis il se rend sur le balcon et s'adresse à la foule rassemblée sur le Forum : «Nous gagnerons parce que nous l'avons mérité et que là est la voie sacrée pour la grandeur de la France. Mes amis, je crie : «Vive la France ! Vive l'Algérie française !»... Il se retourne vers l'intérieur mais se heurte à la haute silhouette du gaulliste Léon Delbecque qui lui souffle : «Vive de Gaulle, mon général !» Revenant vers le micro, Salan reprend la phrase : «Vive de Gaulle !»

Les dés sont jetés avec cet appel public au Général, éjecté de l'activité politique en 1947 mais toujours très désireux de donner à la France des institutions plus stables que la IVe République.

l'opération résurrection
Dès le 18 mai 1958 , le commandant Vitasse et le capitaine Lamouliatte sont envoyés en métropole pour préparer une intervention militaire appuyée par des troupes d’Algérie leur rapport sert à mettre au point un plan baptisé "Résurrection" (d’après l’expression employée par le général de Gaulle dans sa conférence de presse du 19 mai). C'est le commandant Vitasse, de l'état-major du général Massu, qui en a été la cheville ouvrière. Déposé par avion au petit matin, le 18 mai, à Pau il prendra tant en province qu'à Paris de nombreux contacts avec les milieux militaires et civils. Son ordre de mission, comportant les signatures de Salan, Jouhaud, Massu, lui ouvrira de nombreuses portes. Dans ses grandes lignes, l'opération consistait à réunir à Paris une force composée de parachutistes, d'éléments blindés et de fantassins. Vitasse s'est assuré du concours des généraux Miquel et Descours, commandant respectivement les régions militaires de Toulouse et de Lyon.

Michel Debré est informé du plan "Résurrection" par le général de Beaufort, il définit dans un message à Jacques Soustelle les conditions "acceptables" pour la mise en oeuvre de ce plan "L’action de l’armée en métropole doit être limitée à trois hypothèses : refus des partis politiques de faire appel au général de Gaulle, menace de prise du pouvoir par les communistes ou troubles qui peuvent déboucher sur une guerre civile."

Du 24 au 26 mai, une équipe conduite par le député Pascal Arrighi, rejoint par Léon Delbecque et par le colonel Thomazo, s’empare de la Corse avec l’aide du 1er bataillon de choc de Calvi

le 27 mai de Gaulle par un communiqué désapprouve formellement "toute action, de quelque côté qu’elle vienne, qui mette en cause l’ordre public », et ordonne aux forces présentes en Algérie de rester "exemplaires sous les ordres de leurs chefs", et il annonce "J’ai entamé hier le processus régulier nécessaire à l’établissement d’un gouvernement républicain" Coup de bluff visant à empêcher un déclenchement immédiat du plan "Résurrection", dont le commandant Vitasse venait de menacer l’état-major gaulliste.

Le 28 mai, après un vote presque unanimement hostile du groupe parlementaire SFIO, la démission de Pierre Pflimlin, et une manifestation de Front populaire à Paris, le général Dulac émissaire de Salan, est reçu par de Gaulle rapporte à Alger que le Général était "inquiet et acquis en dernière mesure à la réalisation de "Résurrection". Le 29 mai un télégramme du commandant Vitasse confirme au général Jouhaud, commandant la 5ème région aérienne (Algérie), l’accord du général de Gaulle pour le déclenchement de l’opération Résurrection qui connait un début d'éxécution.

Mais le président Coty annonçe alors par un message au Parlement sa décision de faire appel au "plus illustre des Français", et de démissionner si ce dernier n’obtenait pas l’investiture. L'opération est alors suspendue, mais le dispositif resta prêt à l'emploi jusqu'au 3 juin.

"Beaucoup penseront que "Résurrection" n'a été qu'une simple menace, mais que personne n'aurait pris l'initiative de la mettre en œuvre. Au palais d'Été, en août 1958, au cours d'un déjeuner, le colonel Coulet, commandant les commandos de l'air, rappelait au général De Gaulle que ses parachutistes avaient été chargés de sa protection à Colombey. Le Général s'adresse à Buron: "Monsieur le Ministre, écoutez Coulet, vous qui vous refusez à croire que l'opération des parachutistes aurait pu avoir lieu" L'opération « Résurrection » aurait pu avoir lieu les jours suivants. Le général Salan la tenait en réserve, à la disposition du général De Gaulle, sur son seul appel personnel."

Général Jouhaud "Ce que je n'ai pas dit"
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la Géline

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13 mai 1958 :: Commentaires

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Message le Sam 19 Nov 2011 - 20:57 par Invité

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Message le Dim 20 Nov 2011 - 16:01 par yuguy

13 mai 1958, commencement de la fin...Salan du haut de la tribune à Alger, demande l'avènement de celui qui le trahira, qui a déjà une "certaine idée" de ce qu'il va faire de l'Algérie mais qui se garde bien de la publier pour accéder au pouvoir. Comme l'espoir soulevé ce 13 mai était grand et prometteur et l'entière population, toutes confessions et origines confondues, se trouvait unie dans un même élan de fraternité et du "vivre ensemble". Comme il était aisé ce jour là d'engager dans une paix totale et commune une négociation aboutissant à une autonomie ou indépendance sans conflit. Mais le "traite" voulait en découdre et se trouve responsable d'une immense gâchis de plusieurs centaines de milliers de victimes : le 13 mai 58 :

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