LES CAMPS PARACHUTISTES

La vie du Général Le Boudec 4ème partie

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La vie du Général Le Boudec 4ème partie

Message  junker le Sam 21 Sep 2013 - 9:36

La vie du Général Le Boudec
                       
        (4ème partie)

L'Indochine- 1er séjour  1949/1951


        '' Quand un soldat s'en va en guerre il a
            Dans sa musette son bâton d'Maréchal
            Quand un soldat revient de guerre il a
            Dans sa musette un peu de linge sale,,,,"

                                         - de Françis Lemarque -


Un voyage sans histoire, sinon que sur le bateau ils sont 27 officiers pour douze places disponibles, les sous-lieutenant vont donc loger dans une cabine unique de sous-off.
Durant la traversée, il organise un exposé sur la bombe atomique à part cela, c'est l'éternel tournoi d'échec.
   
La mer est d'un calme accablant, la chaleur aidant, tous deviennent comme des serpillères, inondés de sueur en short ou en slip à longueur de journée, pas un souffle de vent. Chaque gorgée d'eau bue, ressort en ruissellement sur tout le corps, ils vivent la serviette autour du cou à longueur de temps. Une chaleur à ne pas pouvoir dormir ! La mer Rouge est surchauffée, ce sont des 50° à l'ombre.

Le 20 juillet 1949, c'est un dimanche, arrivée à Djibouti vers neuf heures, reste 17 jours de mer.
Le 25 juillet, le cargo passe au large de Singapour. A la vitesse de 20 kilomètres heure, le bateau avance 24h sur 24.
Dès l'arrivée dans l'Océan Indien, le vent de mousson gonfle la mer ; c'est la tempête tropicale, le bateau verse bord sur bord. Le mal de mer touche une majorité des hommes, qui deviennent invisibles, le mal de mer fait des ravages mais pour lui, tout est normal, il n'est pas atteint.

Pour manger, tout est froid, il faut manger debout coincé sur des éléments fixés aux parois du navire et cela durant trois jours et trois nuits. Le calme revient, et accoté au bastingage il admire les marsouins et les poissons volants s'agiter dans le sillage .
   
Après quatre semaines et un jour, Saïgon est en vue. Le débarquement a lieu le 28 juillet 1949, trente jours après avoir quitté Marseille.
Tout est nouveau, atmosphère étrange emplie d'odeurs inconnues. La nuit se passe au Cap Saint-Jacques, le fleuve est encombré d'épaves de bateaux Japonais, coulés en 1945.

Un peu d'histoire sur ce territoire. Dans la répartition de l'Indochine, Ho Chi Minh avait profité de la confusion générale pour proclamer une République du Vietnam.
Nombreux étaient ceux qui voulaient reconsidérer la géostratégie mondiale à la conférence de Potsdam, où la France n'était pas présente. Le désarmement de l'Indochine confié aux Britanniques pour le Sud, et le Nord aux troupes chinoises de Tchang Kaï Tchek.
De Gaulle ne l'entendait pas de la même oreille, il confie à l'amiral d'Argenlieu et au général Leclerc, la mission de rétablir la Souveraineté Française sur l'Indochine.

Jeune sous-lieutenant, occupé à équiper ses hommes en casques, treillis, gamelles et bidons, il ne s'occupe pas de cette politique, qui empire de jour en jour, ou était loin de cette souveraineté de De Gaulle.

Afin de récupérer les matériels, le bataillon est transporté par bateau jusqu'à Tourane. C'est le mois d'août, une chaleur accablante, une humidité de début de saison de pluie. Tout était dépaysement, l'ambiance, les plantes, les arbres, les fruits, les insectes, le cri des oiseaux, la course des Margouillats sur les murs, le croassement des crapauds-buffles et toujours cette chaleur étouffante où pullulent les mouches et les moustiques attirés par l'odeur des corps moites de transpiration.

Mais ce furent les incidents gastriques les plus inquiétants, il resta plusieurs jours à l'hôpital pour soigner une dysenterie amibienne, soignée par piqûres d'émétine dans le ventre. Guéri, il apprend que son Groupe Commando (GCI) allait être implanté à Hué. Parti en camion GMC sur cette Route Coloniale N°1, encore à l'état de chemin de terre, passant à travers une jungle impénétrable.
Arrivé, il se présente au commandant du secteur. Sidéré de le voir débarqué, ce dernier lui raconte que très peu de temps avant, un bataillon de Tirailleurs Sénégalais venait d'être anéanti sur cette même route, est-ce encore cette chance qui ne le quittera plus.

Il part pour une opération avec 15 jours de vivre, protéger des passages de convois sur la RC9, en direction de Savannakhet et le Laos.
Il a sous ses ordres, en plus de son Commando, un peloton automitrailleuses, un canon et une section du Génie.
Il pleuvait quand le 1er camion du Commando saute sur une mine. Les Viets sont là ! Enfin le baptême du feu, en pleine nuit. Ca tire de partout, son caporal-chef a les deux jambes traversées par une balle, premier blessé, il rentre à Quang Tri.

Deuxième sortie avec le GC2, entre Dong Hoï et Quang Tri, transport par camions et à minuit départ à pied sous une pluie battante, il dit dormir en marchant, recherche d'un camps Viet, au coupe-coupe dans la jungle pour se frayer un passage, cinq kilomètres en 8 heures !. Il tombe sur le camps des Viets qui ne les attendaient pas par la jungle. Attaque des Viets étonnés ; à 18 hommes, ils font du bon travail, mais à nouveau deux blessés. Destruction d'un matériel important. 50 Viets au tapis, puis retour de colline en colline, mais une mine explose sous les pieds du sergent-chef qu'il venait de laisser, la jambe arrachée, il meurt une heure après. Coup dure pour le Groupe Commando.
Il rentre exténué, rompu de fatigue.
Lors d'un saut, un de ses homme se tue en parachute, encore une perte cruelle pour lui. Une journée de repos et rebelote sur un nouvel objectif. Il ne déplore aucun malade sur ses cinquante deux hommes.

Un matin, départ pour une vaste opération dans le secteur de Hué, dans le plus grand secret. Réquisition de sampans afin de boucler un vaste secteur, fait d'ilots, de bosquets que constituaient les villages de cette région, accessibles que par bateau. Bientôt les berges furent bruissantes d'une quantité d'ordres donnés.

Son Commando dispersé sur cinq sampans a du mal à conserver le contact dans cette nuit noire, aplati au fond des embarcations ; l'encerclement se fait malgré tout sans trop de bruit, seul le chuchotement des radios donnant les instructions.  Il faut donner le point, la nuit est longue bercée par le léger roulis des bateaux qui avancent dans le noir.

Vers six heures, à travers le rideau de pluie, les repères s'affirment, le dispositif est prêt. 60 à 70  sampans avancent dans le lever du jour, de temps en temps des diguettes surélevées, permettent de mettre des voltigeurs à terre et de suivre la progression vers un village bordé de haies. Cherchant le contact des rebelles. Soudain à 50 mètres, un feu d'enfer d'une vingtaine d'armes se déclenche, dés la première seconde deux de ses hommes sont tués, les balles sifflent, un voltigeur a le bras traversé par un projectile. Il ressent un choc à la cheville droite.
L'intensité des tirs les obligent à sauter dans l'eau, alourdis par les vêtement et les armes, ils avancent à grand peine, la tête le plus souvent dans l'eau, salués par des salves de tirs, les impacts font gicler l'eau tout autour.
Enfin sauvé par les amis venus à la rescousse ; il se retrouve à l'hôpital afin d'être opéré de son pied.

Cela lui vaudra une citation.
                                           
- A  SUIVRE -

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