LES CAMPS PARACHUTISTES

Histoire d'opération Junker 52 en Algérie 1957

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Histoire d'opération Junker 52 en Algérie 1957

Message par junker le Ven 24 Jan 2014 - 15:48

L'histoire démarre en Algérie fin novembre 1957. Nous étions dans le désert Saharien, à la recherche d'indices de passage de bandes fellaghas vers les puits, points de passage obligé des caravanes pour se réalimenter en eau pour eux et pour les bêtes. C'était le démarrage de l'opération "TIMIMOUN" du 3e R..P.C. avec BIGEARD, dans mon unité ; l'Escadron du capitaine CALES, remplaçant le capitaine Le Boudec en fin de séjour. Devenu Escadron-Fantassin, nous marchions comme les autres compagnies, notre mission: rechercher le contact avec la bande de déserteurs du GOUM de Tiimimoun , gonflé d'une bande FLN venu les guider dans ce désert immense grand comme la moitié de la France!! Que de dunes, entrecoupé de zones de REG, relief de contreforts montagneux, portion de paysages caillouteux, vision lunaire sur un tracé naturel ou les puits sont creusés tous les 20 à 40 km en fonction du relief et de l'endroit. J'étais avec mon peloton, une trentaine de paras commandé par un Sous-Lieutenant. Ma position de tireur au FM n'étais pas des plus facile avec ce putain de Fusil Mitrailleur 24/29 d'un poids de 10 kg qui posé sur l'épaule m'avait presque fait de la corne sur la peau, mais malgré cela, le sable et la sueur, faisait comme de la toile abrasif sur cette peau devenu douloureuse, le changement de position de l'arme était nécessaire afin de soulagé le corps, de plus nous avions l'équipement, c'est à dire: la musette TAP avec le sac de couchage la veste molletonné une toile de tente, le nécessaire de toilette, les rations, les cartouches en vrac du surplus de dotation, deux bidons d'eau, grenades, poignard, trousse de pansement et j'en passe... En short avec des jungle-boot aux pieds, la veste grande ouverte, la casquette devenue précieuse à cause du soleil qui malgré la saison chauffait de ces rayons, l'atmosphère qui passé de moins 2° la nuit à 35/ 37° au plus fort de la journée.

   Survolé de temps en temps par un PIPER qui permettait de donner notre position au PC BIGEARD et de nous fournir la nôtre, afin de faire le point sur la carte dans un paysage qui ne changé de rien du précédent, nous avions 20 km de marche pour atteindre le puits en question; quand un message reçu, nous donne l'ordre de continuer sur un autre puits distant de 40km ou un Hélico sikorsky s'est crasché victime du sable pénétrant dans les organes du Ventilo, aussitôt forçant la marche nous voilà partis en serrant un peu plus les dents, pour ce parcours non prévus pour notre unité !! et surtout même pas le temps de faire le plein des bidons à ce point d'eau si prés de nous. Il est 10 h, et la course au point d'eau suivant commence. Heureusement que nous marchons sur un sol dur qui laisse apparaître des traces de nomadisations de caravanes, . IL nous reste 10 km à parcourir, épuisé par cette longue marche certains trainent la patte,  un pas ...encore un pas....!! Le PIPER qui nous survole de temps à autre, signale qu'un vent de sable est visible derrière nous, se rapprochant et montant en puissance.. Le mot est passé dans les rangs, forcé l'allure! les sous-offs sont à la peine et nous encore plus; Le vent nous rattrape, et je vois doucement à ras du sol le sable hyper fluide se soulever doucement au fur et à mesure de notre marche de damnés vers ce point d'eau, notre chance et notre salut! . Reste 1500m à faire! les plus dure les plus éprouvant .
 
  Nos sous-offs donnent ordre de marche commando, i nous ne voulons pas être piégé par la tempête, se terrible SIMOUN, vent du désert, le Piper à disparu, nous sommes seuls  avec le peu de force qui nous reste pour rejoindre ce puits. Plus que quelques dizaines de mètres, et je suis arrivé avec le vent et le sable qui nous monte à la hauteur du genou !! Des bidons d'essence vides, sont stockés à quelques distance du puits, j'en fait rouler un aider par mon équipe, puis par deux nous nous enlevons nos équipements pour sortir la toile de tente doublée de nylon et faire fébrilement notre abris, dans un sifflement de vent rageur et un tintamarre de bidons qui s'entrechoquent. A tâtons, nous rentrons dans notre toile déjà envahie par le sable, nous rentrons tout notre materiel avec les armes,  et fermons la toile dans un nuage de poussière pulvérulente. Le chèche enroulé autour de la tête et du visage pour atténuer la respiration de ce sable, qui pénètre partout. J'espère que les deux bidons qui nous servent de rempart, ne vont pas se débiner? . Il est 19 h, et la nuit va être longue. Comme nous avons pas mis les piquets de tension, notre toile est comme un morceau de chiffon, avec le FM et le MAS 36, nous avons  en plus des piquets de tente, soulevé la toile  pour avoir un minimum d'espace ( en fait, les toiles que nous avons, peuvent se raccorder deux par deux, et c'est ce que nous avons fait, au détriment des piquets raidisseurs.). La soif nous tenaille, la bouche, le nez, les oreilles, les yeux, envahies de poussière . Je croque du sable à tout va! l'eau que je possède est tiède, mais au moins me dilue la poussière de la bouche, nous avons tous une paire de lunette pour le sable mais en vain, avec la sueur mélangée, forment un écran opaque  sur les verres nous rendons aveugle.

  La nuit est un enfer, je sommeille , accoté à mon pote Dédé, nous formons un drôle de couple, la camaraderie compte plus que tout dans des circonstances semi-tragique. Je me réveille d'un sommeil lourd de fatigue, par un silence qui soudain prend une allure inquiétante ?  plus un bruit de bidon ni de souffle de tempête ?

 Je désagrafe la toile, le ciel est clair, il fait très froid!, le vent n'est plu, des congères de sables autour des bidons.  Dispersés ça et là, des bosses faites par les toiles de tentes recouvertes de sable donne un aspect insolite de notre campement.  Des gars sont déjàs debout, pour avoir de l'eau au puits, les premiers sont à pied- d'oeuvre et remonte la peau de bouc servant de seau. Le premier renifle l'eau qui dégage une drôle d'odeur, mais la soif est la plus forte, plusieurs boivent de large rasades en faisant la grimace, un sergent alerté par les voix de disputes arrive avec sa lampe et demande la signification de ces cris, à l'odeur qui ce dégage du trou, il balance le faisceau de sa lampe vers le fond du puits et recule en gueulant d'arrêter de boire cette eau dégueulasse. Il vient de découvrir un cadavre en décomposition coincé dans le fond !. Trop tard pour ceux qui ont bu cette flotte pourrie!! 

  Le jour est levée, le capitaine, averti, attend la vacation pour demander de l'aide au PC BIGEARD, car la moitié de notre compagnie n'a pas un goutte d'eau dans les bidons !. Il faut faire vite, faire le rapport et avoir du ravitaillement en eau et nourriture, et la suite de notre mission ?.
  Par le Piper qui vient d'arriver au dessus de nous, la demande d'aide et effectué et un JU 52, va venir nous livrer de l'eau et des vivres, afin que nous puissions, reprendre notre route dans la journée. Le temps semble long pour ceux qui n'ont plus rien à boire, un rassemblement de tous les bidons est fait pour redistribuer équitablement l'eau qui nous reste, car certains, sachant le JUNKER en route pour nous apporter à boire, se désaltèrent sans compter.

  La zone de largage est signalée par des panneaux et bientôt j'entends le ronronnement de Tante JU qui apparaît au grand soulagement de tous! enfin de quoi se rafraîchir, l'avion fait un passage puis prend l'axe de largage, et à peut-être à trente mètres du sol, je vois des bidons en tôle projetés par le largeur et après une chute s'écrasent brutalement au sol malgré le sable; ils éclatent dans un "BOUM" terrible, le zingue repasse une seconde fois pour larguer des sacs contenant le pain et les boites de rations....  Prend de l'altitude et repart; Des équipes foncent récupérer au plus vite l'eau qui s'écoule des bidons  éventrées, c'est une catastrophe!! Un dixième d'eau à pu être sauvé, quand au reste c'est le sable qui l'a épongé !!!.

  Le moral est tombé de haut, mais je garde mon calme. Le petit para que je représente dans cette situation étonne toujours, je suis d'humeur jovial et dans toutes circonstances je fait bonne figure ! ce qui n'est pas le cas pour d'autres qui commence à paniquer. Sans flotte ou presque il va falloir retrouver un convoi qui vient à notre rencontre jusqu'au possible des véhicules. car aucune piste n'existe dans ce REG perdu, bien choisi par les déserteurs. Une longue marche s'amorce sous la conduite des plus vaillants et notre commandement qui se retrouve à la même enseigne que nous.
 
 Il est 12h 30 et la marche pour le retour démarre. Il faut croire que la devise des légionnaires existe: "marche ou crève". Huit heures de marche sans eau ou presque s'amorce, il en faut du mental, pour tenir dans une marche sans fin, avec si peu d'eau et une fatigue de la veille qui ne s'est pas résorbée. La longue file de paras s'achemine dune après dune, dans une ambiance des plus morose. Presque plus d'eau et le soleil au zénite qui darde sur les PARAS ses rayons qui dessèchent les corps, les vestes sont blanches de sueur, et le soleil laissent de larges  traces visibles sur le tissu et ce putain de  brélage qui mord la peau. Les plus costauds ou les plus motivés, supportent les plus faibles, dont les lèvres craques sous l'effet du manque d'eau, les langues sont gonflées, déjà des retardataires ce font remarqués dans la troupe.
 
 Il faut gueuler et prendre au plus profond de soi ,l'énergie nécéssaire pour avancée  dans cette étendue de REG qui au fur et à mesure ce transforme en dune de plus en plus importante qu'il faut à chaque fois escalader, dans des efforts infinis, en enfonçant à mi-mollet dans une matière fluide qui épuise les meilleurs!  encore une heures de marche pour atteindre la colonne de secours qui attend notre arrivée .. Ce n'est que quelques DODGES 6X6 qui ont fait a prouesse de passer ou pas un véhicule n'a tenté ce passage. Ils sont là pour récupérés les plus éclopés, déshydratés, malades, fiévreux. Nous, le restant de la compagnie, continuant en suivant les traces des 3 véhicules  qui vont essayer de rejoindre le convoi stoppé à 3 kilomètres de là!! les plus durs, les plus héroïques  ce font l'honneur de terminer sans se plaindre, sans rechigner, un peu retraite de Russie en plus petit !! .

   Nous arrivons aux camions comme des hommes ivres ... mais de fatigue. A peine la force de mettre mon FM dans le bahut, j'ai ma claque! mais content d'avoir tenue le choc, !! Cinq heures de route, brassé, ballotés mais que c'est bon de laisser son esprit ailleurs et dormir!! ..dormir... il est deux heures du matin quand nous descendons des véhicules à TIMIMOUN, il fait un froid de canard, sans un mot nous prenons le chemin de notre emplacement et de notre marabout, nous sommes agglutinés autour du robinet d'eau qui coule dans un abreuvoir, ce qui ne peuvent pas avoir accés direct s'abreuvent dans le bac, et se lavent le visage qui depuis 3 jours n'a pas eu l'honneur d'une goutte d'eau et sans un murmure, tombent comme des sacs de chiffons dans le lit PICOT sans couverture ni matelas.. Comme des combattants rompus de fatigues et qui se foutent des tout ce qui ce passe en dehors de leurs pauvres couches dans un sommeil sans rêve !!! ...

  Une aventure de JUNKER dans une de ses opérations au sein du 3ème R.P.C. de BIGEARD.....

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Re: Histoire d'opération Junker 52 en Algérie 1957

Message par junker le Ven 24 Jan 2014 - 21:13

Le JUNKER 52  du PARA en Indo

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JUNKER!

Message par DE PAOLI le Ven 24 Jan 2014 - 21:48

Bonjour, Junker.

N'as-tu jamais pensé écrire un livre?

Amitiés para.

MARIO.
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Re: Histoire d'opération Junker 52 en Algérie 1957

Message par junker le Sam 25 Jan 2014 - 9:10

Salut Mario, mon livre est a 90% fini, il me manque de l'argent pour le faire éditer , je pense que cela va s'affirmer dans les mois qui viennent !  sunny 

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