LES CAMPS PARACHUTISTES

commandant KIEFFER

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05052014

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commandant KIEFFER




Le Commando Kieffer : les 177 Français du D-Day (livre)I

Dans la masse des 75 000 Britanniques et Canadiens, des 58 000 Américains, qui débarquèrent en Normandie le 6 juin 1944 (nous serons sur zone pour le 70e anniversaire), 177 étaient français.

Le fameux Commando Kieffer auquel le camarade Jean-Marc Tanguy consacre un livre passionnant sur la grande et la petite histoire grâce aux témoignages, aux archives personnels des (dix) vétérans et survivants (entre 88 et plus de 100 ans !). Car là aussi, le temps passe et presse.

" C'est une histoire personnelle de dix ans, explique l'auteur. Par-delà ce que les gens connaissent du Débarquement, quand tu croises la mémoire, quand un vétéran te raconte la vraie histoire, eh bien, t'écoutes. "

Jean-Marc Tanguy a suivi depuis 2004 ces vétérans, repartis en pèlerinage sur leurs landes d'entraînement d'Achnacarry en Ecosse. Il a recueilli précieusement les souvenirs et des documents du dernier carré du 1er Bataillon de fusiliers marins commandos (BFMC) Les ancêtres des bérets verts d'aujourd'hui qui portent fièrement le badge des commandos dessiné par Maurice Chauvet.

Encore plus que les photos, ce sont les témoignages qui donnent une force spéciale (jeu de mots !) à cet ouvrage. Le temps fort s'impose en seconde partie avec le débarquement des deux barges de Français au lieu-dit La Brèche, à côté de Ouistreham.

" Les Anglais à la barre nous disaient Beach en nous faisant un signe pour descendre. Ils ne cherchaient pas à nous pousser, ils avaient raison : la barge était vulnérable, ça tirait de tous les côtés. Ne croyez pas que c'était organisé par section, en ordre. Chacun se débrouillait pour sauver sa vie ", conte René Rossey.

Les deux blessures du commandant Kieffer, les 10 morts du premier jour, Pegasus Bridge, les rudes combats d'Amfreville, l'épopée des premiers Français du Débarquement appartient à l'histoire... Avec la modestie en étendard mais un soupçon de fierté légitime. " Ce que nous avons fait, des milliers de soldats l'ont fait pendant la durée de la guerre, dit Léon Gautier. Mais nous, nous l'avons fait le 6 juin. "

Le Commando Kieffer : les 177 Français du D-Day, de Jean-Marc Tanguy (éditions Albin-Michel et ministère de la Défense, 192 pages couleur, 29 €).

A noter aussi sur le même sujet Les 177 Français du Jour J (difficile de trouver un titre original sur un sujet aussi fort), de Stéphane Simonnet, coédité par les éditions Tallandier et la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la Défense. Ce livre est couplé avec un documentaire de Cédric Condom et Jean-Yves Le Naour, Les Français du Jour J, qui sera prochainement diffusé sur France 3, TV5 Monde et Planète.


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la tombe du commandant KIEFFER dans le cimetière de Grandcamp-Maisy (proche de la pointe du Hoc)
photographie AAMCI 28 avril 2014

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GRANDCAMP-MAISY Calvados - 10 km nord d’Isigny-sur-Mer
Les canons allemands menacent Utah Beach
Le site de Grancamp, en Normandie, est particulièrement bien situé, puisqu’il contrôle la baie du Grand Vey et l’embouchure de la Vire. Les Allemands y ont installé deux batteries, qui peuvent menacer les plages du Débarquement. La première est composée de quatre canons de 105 mm, la seconde de six pièces de 155 mm. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, une centaine d’appareils alliés lâchent 600 tonnes de bombes sur les blockhaus. Mais malgré le pilonnage, les canons allemands ouvrent le feu sur les Américains qui débarquent à Utah Beach, près de Varreville. Le 7 juin, la marine réduit au silence les batteries avec ses canons de grande puissance. Le 8 juin, le 3e Bataillon du 116th Regimental Combat Team, appuyé par les chars du 743rd Tank Battalion entrent dans Grancamp. En fin de journée les Américains ont libéré la ville des derniers tireurs isolés.

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D’origine alsacienne, Philippe Kieffer est né le 24 octobre 1899 à Port au Prince (Haïti). Très bon élève, il poursuit ses études aux Etats-Unis et est diplômé d’une école des Hautes études commerciales de Chicago.

Très sportif et même athlétique, Philippe Kieffer est dans les années trente co-directeur de la banque nationale de la République d’Haïti et secrétaire de la chambre de commerce d’Haïti puis directeur de banque aux Etats-Unis.

Rentré en France en mai 1939, il est mobilisé dans l’armée de terre le 2 septembre 1939 avant de passer dans la marine un mois plus tard.

Quartier-maître secrétaire, il sert à l’Etat-major de l’amiral Nord à Dunkerque jusqu’en juin 1940.

Le 18 juin 1940, il est évacué de Cherbourg à destination de Southampton. A Londres, il s'engage dans les Forces navales françaises libres, le jour de leur création, le 1er juillet 1940.


Il se porte volontaire comme officier de bataillon de fusiliers marins mais sa parfaite connaissance de l'anglais le fait rapidement nommer officier interprète et du chiffre de 3e classe. Chargé des relations avec les services britanniques, il enseigne l’anglais aux élèves de la première promotion de l’Ecole navale sur le bâtiment école Président Théodore Tissier.

Souhaitant une affectation plus active, il obtient de quitter son poste d’interprète en août 1941 et est envoyé en stage d’officier fusilier le mois suivant. Très bien noté par l’encadrement britannique, il persuade alors le vice-amiral Muselier de convaincre les Britanniques de constituer une unité de commandos de fusiliers marins de la France libre. Après de longues discussions, le principe est accepté.

Promu enseigne de vaisseau de 1ère classe en décembre 1941, il prend à la même date le commandement d’une compagnie de fusilier marins commandos dont il assure lui-même le recrutement sur la base du volontariat. En avril 1942 la trentaine d’hommes ainsi recrutés suit le stage commando en Ecosse au camp d’Achnacarry puis un entraînement spécialisé pendant un an. Incorporée au n°10 Commando dès juillet 1942 la compagnie reste sous les ordres de Philippe Kieffer promu à la même date  lieutenant de vaisseau.

Une quinzaine d’hommes du commando Kieffer prennent part au raid du 19 août 1942 sur Dieppe.

Le 8 octobre 1943, le 1er Bataillon de fusiliers marins commandos (1er BFMC) est créé et la troupe française, composée de deux compagnies, est affectée à l'exécution de quelques raids nocturnes sur les côtes françaises occupées, en petits groupes, dans le cadre de la préparation au débarquement.

En 1944 les efforts du commandant Kieffer sont récompensés. Le 1er BFMC est rattaché à l'un des plus glorieux commandos anglais, le n° 4 (lieutenant-colonel Dawson), au sein de la 1st Special Service Brigade (Brigadier General Lord Lovat). Les hommes que Kieffer avait réunis et entraînés, allaient être les premiers Français à débarquer pour libérer la France.

Le 6 juin, les 177 "Bérets verts" débarquent à Sword et prennent pied à Ouistreham ; puis à Benouville, Amfreville et Bavant. Blessé le 6 juin, refusant de se laisser évacuer pendant deux jours, Kieffer retrouve son unité le 13 juillet, au moment où elle allait percer vers la Seine et Honfleur. Décidé à entrer à Paris avec les premiers, il prend une jeep, deux hommes, et fonce vers la capitale, à travers la Normandie à peine libérée. Il est le premier à entrer à Paris par Saint-Cloud ; quelques jours plus tard il a la fierté d'y faire défiler son unité.

Dans les combats de la libération, il a la douleur de perdre un de ses trois enfants, son fils de 18 ans qui, ayant rejoint un maquis est tué par les allemands en Ile-de-France.

En octobre 1944, le capitaine de corvette Kieffer, avec son bataillon - porté à l'effectif de trois compagnies - conduit son unité à l'attaque de Flessingue et de Walcheren, clé du port d'Anvers. Puis il participe à des raids sur les îles hollandaises occupées, toujours avec le n° 4 Commando britannique.

Nommé délégué à l'Assemblée consultative provisoire en 1945 et conseiller général du Calvados (1945-1946), il est ensuite fonctionnaire international à l'Etat-major des Forces interalliées (OTAN).

En 1954 il est nommé capitaine de frégate de réserve.

Philippe Kieffer est décédé le 20 novembre 1962 à Cormeilles en Parisis. Il a été inhumé à Grandcamp dans le Calvados.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 28 août 1944
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Military Cross (GB)
• British Empire Medal (GB)


source Ordre de la Libération

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