LES CAMPS PARACHUTISTES

Rue Cdt Denoix de Saint-Marc - 14 mars à Beziers

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04122014

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Rue Cdt denoix de Saint- Marc - Reconnaissance posthume




Bonsoir amis du site

Enfin quelqu'un qui reconnait les qualités d'un homme à qui l'on doit le respect.

Robert Ménard veut débaptiser une rue célébrant la fin de la guerre d'Algérie. Et la renommer rue du «Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc».

Robert Ménard, maire de Béziers soutenu par le FN, va rebaptiser la rue du «19 mars 1962», date des accords d’Evian marquant la fin de la guerre d’Algérie, en rue du «Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc», un militaire ayant participé au putsch des généraux.
Lire la suite ICI


Bonne soirée à tous.

Arcimboldo

PS : il y a encore quelques noms de rue à modifier.

PS 2 : demain, tous à la cérémonie du 5 décembre

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Rue Cdt Denoix de Saint-Marc - 14 mars à Beziers :: Commentaires

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Message le Ven 5 Déc 2014 - 0:08 par Lothy

Merci Arcim pour cette heureuse nouvelle qui arrive à une date bien choisie....

Habitant à 50 mètres d'un rond-point du même nom je vais suggérer à mon nouveau maire de suivre l'exemple de son confrère de Béziers.... Wink

Que l'on se passe le mot.

Plus sérieusement, je crois très sincèrement que le Commandant n'attendait pas ce genre de reconnaissance, mais j'imagine à peine ce que peuvent ressentir son épouse, ses filles, et leur famille en général...

Quelques uns vont célébrer cela aussi à la Légion....


Reposez en Paix Commandant.

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Message le Ven 5 Déc 2014 - 12:12 par Béghin Bernard

Voilà une idée qu'elle est bonne!!!

Merci Arcim pour cette info, en espérant que ce projet se concrétise et qu'il n'engendre pas de réactions imbéciles.

Parce que pour cela, certains savent y faire .

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Message le Ven 5 Déc 2014 - 14:12 par Invité

Sois "rassuré" Béghin, dans cet Etat krypto - communiste, les "traditions" perdurent, la chienlit est toujours là, et ce serait bien le diable s'il ne se trouvait pas quelques coupe-jarrets à la solde de quelque officine pour "remettre les choses en ordre".

Des plaques de rues détériorées, barbouillées, ...

Ce n'est quand même pas trop difficile et pas trop dangereux, même pour un décérébré ou une erreur de la nature sans glaouis, qui  ne les montre jamais à la Guerre !

Quoi qu'il en soit, merci à Robert MENARD d'avoir la volonté d'honorer ce grand Patriote, et grand Chef que je n'ai jamais eu l'Honneur de Servir !

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Message le Ven 5 Déc 2014 - 15:04 par Béghin Bernard

Ca c'est parlé, comme dirait un Grand chef indien, Sachem de surcroit ; HUG, J'AI DIT !

Je viens de communiquer cette info à un ami colonel, ancien d'AFN et Pied Noir de surcroît, qui a été heureux de l'apprendre, d'autant qu'après la guerre d'Algérie il est allé dans la Légion.

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Message le Ven 5 Déc 2014 - 16:43 par Invité

Je rejoins totalement Cerbère dans son raisonnement....

Il faut s'attendre à ce que cette décision soit "bousculée" et que régulièrement Robert Ménard apprenne par ses services techniques que les plaques de la rue auront été barbouillées de peinture ou de goudron...

Mais qu'importe, il en ira comme pour les rues, ronds-points et autres places au nom du Général Bigeard, à savoir : prévoir chaque année quand refleurissent les pâquerettes, que refleuriront en même temps quelques manifestations gauchos....

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Message le Dim 7 Déc 2014 - 8:42 par Béghin Bernard

Un ami du Canada vient de m'envoyer un email concernant ce geste de haut courage, somme toute normal de Robert Ménard sensible aux vraies valeurs de la France que nous aimons.

C'est Boulevard Voltaire qui salue chaleureusement cette initiative de l'élu de Béziers.  Et de là sort une pléiade de commentaires les plus encourageants que possible.

lire ICI

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Message le Dim 7 Déc 2014 - 10:38 par charly71

Une rue Elie de Saint Marc + un sapin de Noël avec crèche dans sa mairie ?
Resterait-il encore dans nos élus qq français qui osent ?
à part lui et très peu d'autres, je ne sais, c'est pour cela que j'applaudi à cette
initiative ....

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Message le Dim 7 Déc 2014 - 10:39 par Lothy

Heureusement Charly !... Si tu voyais ma page Facebook Wink

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Message le Lun 8 Déc 2014 - 18:42 par Arcimboldo_56

Madame Anne Cazal, journaliste écrivain a écrit une lettre ouverte à Rober Ménard, maire de Béziers.

[mention]Monsieur Robert Ménard
Maire de BEZIERS

Monsieur le Maire,

Le 5 décembre 2014, vous avez annoncé votre intention de débaptiser la rue du 19 mars 1962 à Béziers pour la renommer : rue du Commandant Hélie Denoix de Saint Marc.

Le parcours de cet homme exceptionnel, qui me fit pendant de longues années la faveur de son amitié, justifie votre choix. Lors de son procès, il a magnifiquement démontré sa conception de l’honneur qu’il a su garder intact, alors que tant d’autres l’ont galvaudé, en affirmant à la barre : « On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut pas lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer ».

Que représente cette date du 19 mars 1962 sinon le reniement et le parjure ?

Ce n’est pas « le jour où les petits sont rentrés à la maison », comme m’a répondu, avec une légèreté déplorable, le Sénateur Alain Néri, initiateur de l’officialisation de cette date maudite, alors que je l’interpellais lors d’un congrès de Harkis, mais bien une capitulation impardonnable devant un ennemi terroriste vaincu sur le terrain, laquelle marquait le début des massacres de Français d’Algérie de toutes ethnies, et principalement ceux qu’on appelle les Harkis, tous abandonnés par un Chef d’Etat qui s’était renié et parjuré.

Soyez béni, Monsieur le Maire, pour cette saine décision car la date indécente du 19 mars, cette date sanglante, que depuis des décennies, on affiche sans pudeur et sans honte sur les murs de nos villes et villages, ne marque pas seulement l’extermination barbare de centaines de milliers de Français innocents, dont, au moins 150.000 soldats français d’origine musulmane, mais, de plus, celle de quelques centaines de jeunes appelés métropolitains, soi-disant prisonniers du FLN, qui n’ont jamais été rendus à la France et que nul n’a plus jamais revus.

Elle marque aussi le jour où toutes les valeurs de la Vème République Française ont été violées avec la complicité de ses plus hautes instances, puisque même le Conseil Constitutionnel, obéissant à un Chef d’Etat qui n’était, en réalité, qu’un dictateur criminel, a fermé les yeux sur le viol indéniable de la Constitution Française !

Donner un tel exemple à un peuple abusé, c’est le meilleur service que vous pouvez rendre à notre patrie, la France !

Le jour où cette plaque tombera, sur la ville de Béziers se lèvera une nouvelle aurore, celle de l’intégrité retrouvée !

Veuillez croire, Monsieur le Maire, à l’expression de ma gratitude et à mon soutien sans faille.

Anne CAZAL[/mention] a écrit:

Cette lettre, je l'ai relevée sur ce site : http://popodoran.canalblog.com/archives/2014/12/07/31100991.html

Bonne lecture

Arcimboldo

Dernière édition par Arcimboldo_56 le Lun 8 Déc 2014 - 19:02, édité 3 fois

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Message le Lun 8 Déc 2014 - 18:53 par Béghin Bernard

Voilà qui est dit. Décidément, nous avons deux dossiers chauds, sur le forum, pour les vacances de Noël.

Vous avez dit Noël ?   Bizarre !

Mais ça existe toujours, il faudra vous y faire !

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Message le Mar 9 Déc 2014 - 8:02 par charly71

Madame Anne Cazal, journaliste écrivain a écrit une lettre ouverte à Rober Ménard, maire de Béziers.

Voilà des écrivains comme je les aime !
Je vous adore MADAME !
Merci.

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Message le Mar 9 Déc 2014 - 11:03 par BRIOCHIN

Bonjour,

belle initiative et belle lettre de cette dame.

encore des gens qui osent...

yohann

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Message le Dim 15 Mar 2015 - 10:40 par AMARANTE



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Message le Dim 15 Mar 2015 - 11:42 par Lothy

En attendant que l'un de nos envoyés spéciaux nous rapporte ses impressions, photos et commentaires, voici ce que l'on trouve dans la presse à propos de cette nouvelle inauguration d'une rue de Béziers....




Des centaines d’anciens combattants, et face à eux, à distance respectable derrière des barrières et un cordon policier, des manifestants mobilisés «contre le fascisme et les crimes de l’OAS»: dans un climat tendu, Robert Ménard, maire de Béziers élu avec le soutien du FN, a rebaptisé ce samedi la rue du 19 mars 1962 (date des accords d’Evian), en rue du Commandant Denoix de Saint-Marc, résistant déporté en Allemagne, soldat en Indochine et putschiste lors de la guerre d’Algérie.

Lire l'article complet ICI

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Message le Dim 15 Mar 2015 - 14:12 par AURES

je n'aime pas du tout ce terme de putschiste.

Commandant Denoix de Saint-Marc, résistant déporté en Allemagne, soldat en Indochine et fidèle à la parole donnée lors de la guerre d’Algérie.

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Message le Dim 15 Mar 2015 - 15:15 par Invité

Il est vrai que ce terme de "putschiste" ne soit pas des plus heureux et que l'expression "Héro français" nous convienne mieux. La chienlit a fait qu'aujourd'hui, le premier terme soit connoté très négativement, alors que cette même chienlit entend faire faire entrer Jean Zay au Panthéon. Il est vrai que tout le monde ne peut revendiquer d'avoir "conchié le Drapeau Français" ...

Il s'agit d'une citation que Lothy a reprise.
Je crois la connaître "un peu" et ceci m'autorise à dire que la reprise de la citation ne correspond aucunement à une vision négative qu'elle aurait de ce fabuleux Chef !

Il faut bien dire que la définition du terme (en bonne langue gauloise) correspond exactement au comportement du Commandant Denoix de Saint Marc lors des événements d'avril 1961. Et aucun d'entre nous ne peut assurer que le Commandant Denoix de Saint Marc rejetait ou aurait rejeté ce "qualificatif".

D'ailleurs "putschiste" et "Héro français" ne s'opposent pas nécessairement, tout dépend de la motivation de celui qui devient putschiste, ainsi que des circonstances dans lesquelles il le devient.

Le Commandant Denoix de Saint Marc, comme tant d'autres Soldats de France, avait juré de garder l'Algérie à la France. Parce qu'il servait avec Honneur et Fidélité il est allé au bout de son engagement qui impliquait aussi de protéger nos compatriotes Pieds Noirs et nos Harkis.
Pour cela il est devenu "putschiste".
Lui, au moins il est allé au bout de ses convictions, il n'a jamais transigé avec l'Honneur et la Fidélité ...
Ce qui n'a pas été le cas de tant d'autres.

Comme je n'en ai ni le droit ni les compétences, je ne me permettrai pas de parler pour le Commandant Denoix de Saint Marc.
Je termine en citant sa déclaration devant le haut tribunal militaire, le 5 juin 1961.
En relisant ce texte, je comprends que l'on puisse devenir putschiste.

« Ce que j’ai à dire sera simple et sera court. Depuis mon âge d’homme, Monsieur le président, j’ai vécu pas mal d’épreuves : la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez, et puis encore la guerre d’Algérie…

« En Algérie, après bien des équivoques, après bien des tâtonnements, nous avions reçu une mission claire : vaincre l’adversaire, maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale, l’égalité politique.

« On nous a fait faire tous les métiers, oui, tous les métiers, parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous avons mis dans  ’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes. Nous y avons gagné l’indifférence, l’incompréhension de beaucoup, les injures de certains. Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission. Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sont ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours.

« Et puis un jour, on nous a expliqué que cette mission était changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connaît. Et un soir, pas tellement lointain, on nous a dit qu’il fallait apprendre à envisager l’abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’un cœur léger. Alors nous avons pleuré. L’angoisse a fait place en nos cœurs au désespoir.
« Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement.

Nous nous souvenions de l’évacuation de la Haute-Région, des villageois accrochés à nos camions, qui, à bout de forces, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Nous nous souvenions de Diên Biên Phû, de l’entrée du Vietminh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants avaient été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre les bateaux français.

« Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites sur cette terre d’Afrique. Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse. Nous pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous ces villages et mechtas d’Algérie :
« L’Armée nous protégera, l’armée restera".

Nous pensions à notre honneur perdu. « Alors le général Challe est arrivé, ce grand chef que nous aimions et que nous admirions et qui, comme le maréchal de Lattre en Indochine, avait su nous donner l’espoir et la victoire.

« Le général Challe m’a vu. Il m’a rappelé la situation militaire. Il m’a dit qu’il fallait terminer une victoire presque entièrement acquise et qu’il était venu pour cela. Il m’a dit que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’étaient engagées à nos côtés. Que nous devions sauver notre honneur.

« Alors j’ai suivi le général Challe. Et aujourd’hui, je suis devant vous pour répondre de mes actes et de ceux des officiers du 1 er REP, car ils ont agi sur mes ordres.

« Monsieur le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer.

Oh ! je sais, Monsieur le président, il y a l’obéissance, il y a la discipline. Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vécu par la génération d’officiers qui nous a précédés, par nos aînés.

Nous-mêmes l’avons connu, à notre petit échelon, jadis, comme élèves officiers ou comme jeunes garçons préparant Saint-Cyr. Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules, devant le destin de l’Algérie, terre ardente et courageuse, à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément que nos provinces natales.

« Monsieur le président, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je suis officier de Légion.
Depuis quinze ans, je me bats. Depuis quinze ans j’ai vu mourir pour la France des légionnaires, étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé.

« C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril, à treize heure trente, devant le général Challe, j’ai fait mon libre choix.

« Terminé, Monsieur le président. »


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Message le Dim 15 Mar 2015 - 15:27 par Geresp

Bonjour,

"Commandant Rebelle" Georges Robin, Commandant du GCP/RG.

Refusant de considérer une honteuse capitulation, une reddition sans condition pour ce qu'elle était,
refusant surtout d'en nommer les responsables, on préféra souiller des hommes qui eux, s'étaient engagés
dans leur honneur.

Leur courage fut ramené à une vulgaire ambition.

Amitiés. Geresp.

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Message le Dim 15 Mar 2015 - 15:41 par Lothy

Il va sans dire que je n'ai fait que reprendre de terme employé par l'organe de presse 20 Minutes, il n'est pas difficile de le constater, puisqu'un lien conduit vers l'article complet !....

Cerbère qui me connaît "un peu", sait l'admiration que je porte au Commandant, et si le qualificatif de putschiste ne me plait pas davantage qu'à nombre d'entre vous, je rapporte les écrits tels qu'ils sont, je n'ai pas vocation à les modifier... Ni à corriger leurs fautes d'orthographe : j'ai lu quelque part "Elie" de Saint-Marc....

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Message le Dim 15 Mar 2015 - 18:38 par Invité

J'espère ne pas couper l'herbe sous le pied de notre "Envoyé spécial".

Je vous communique le lien pour accéder à un "mur de photos" de la cérémonie à BEZIERS.

Photos de Hervé CUESTA, merci à lui pour ce partage.

ICI

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Message le Dim 15 Mar 2015 - 20:49 par Béghin Bernard

Puisque j'ai été désigné " envoyé spécial" d'office par notre Lothy nationale, dotée d'une invitation officielle, je me suis rendu à Béziers, par le train, ainsi pas de problème de stationnement dans une ville que je ne connais que par la traversée ou par l'autoroute.


Face à la gare, je découvre le magnifique monument aux morts ou je me suis recueilli cinq minutes, avant le prendre le bus 8 pour l'hôpital qui est à deux pas de la future rue du Commandant Denoix de Saint-Marc.



A 10h30, j'étais sur le site de la cérémonie où je pénètre sous les regards des policiers municipaux affectés pour la journée. Le soleil, devenant plus chaud, chasse les nuages du matin et annonce une belle journée pleine d'émotion.

M'approchant de la tribune ou trône une magnifique photo du Commandant, une dame se présente à moi pour me demander ma provenance, et nous nous somme reconnus puisque nous nous étions parlé au téléphone l'avant veille. Cette dame est la personne chargée des Relations publiques de la ville de Béziers et je lui demande quel sera le scénario de la journée et elle me présente à d'autres élus, alors qu'à mon tour, je précise que je suis un ancien du 35 RAP et membre d'un excellent forum : Les Camps Parachutistes.



Puis je suis allé rendre visite à deux messieurs, venus de Dijon, installant un petit stand pour une vente de divers badges à l'effigie de notre héros français, et d' autres à la mémoire des Pieds Noirs.
       
Un peu plus tard, deux Anciens arrivaient et se joignaient à nous en se présentant. Ils sont venus de Marseille en voiture (les courageux). La cérémonie étant prévue à 14h30, il nous fallait penser au repas, aussi avec ces deux-là, nous sommes partis en ville chercher ce qu'il fallait.
Au retour, la rue Jules Cadenat était déjà bien remplie, et continuait à recevoir les "fidèles" avec, pour certains la joie de retrouvailles.

Ici le général Piquemal avec des Anciens de la Légion


J'ai réussi à me placer honorablement afin de mettre de belles photos dans la boîte. Il y avait déjà une pléiade de drapeaux d'Anciens Combattants, de Harkis et de rapatriés d'Algérie.

Et, enfin, sous les applaudissements, Monsieur Robert Ménard est arrivé en compagnie de Mme Denoix de Saint-Marc et de deux de ses filles, et aussi, je pense, un petit fils du Commandant.

La première personne à prendre la parole fut Mr Thierry Rolando, président du Cercle Algérianiste.

Puis ce fut le témoignage vibrant chargé d'une émotion intense de la fille aînée Blandine, qui cédait ensuite le micro à sa cadette.

Elle nous narrait les textes de son père : "Lettre à un jeune de 20 ans".
Enfin, ce fut le discours de monsieur le maire, très applaudi, avant le dévoilement de la plaque de la rue du Commandant Denoix de Saint-Marc 1922 - 2013 Héros français.


Sur proposition de Monsieur le Maire, la Famille du Commandant est invitée à signer le Livre d'Or, suivie immédiatement par le général Christian Piquemal


Enfin tous se rendirent auprès de tous les drapeaux (pas loin d'une centaine) pour les saluer et les remercier, selon le protocole.

Et pour terminer, les bérets verts et les bérets rouges furent rassemblés sur "ordre" du général Piquemal afin de rendre un ultime hommage.


Nous avons chanté : "Contre les Viets", "La Marseillaise" et "Non je ne regrette rien".

Il y eut bien sûr de chaque coté de la rue quelques "indélicats" qui se lamentaient mais qui n'ont en rien gêner le bon déroulement de la cérémonie.
Je rends hommage à l'organisation municipale pour l'excellence de cette journée, ainsi qu'aux services de Police et de Gendarmerie présents sur les lieux.

Et en plus, avant de quitter la Rue du Commandant Denoix de Saint-Marc, j'ai fait connaissance d'un ancien capitaine du 35.

Train de retour au départ à 17h30, je me suis assis de nouveau au soleil près du monument, la journée était ainsi bouclée .
Merci de votre lecture.

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Message le Dim 15 Mar 2015 - 22:52 par Charbonnier

Merci à notre envoyé spécial pour les photos et les commentaires.

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 10:22 par charly71

Merci à l'envoyé "spécial"
belle photos et beaux commentaires d'une journée qui doit rester dans les annales,
j'aurai aimé y participer....

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 10:47 par Béghin Bernard

Je voudrais ajouter deux choses:

  Je remercie Cerbère pour la présentation de la plaidoirie du Commandant de Saint Marc, par lui même
  en date du 5 juin 1961.

  Cette plaidoirie a été diffusée intégralement lors de la journée du samedi 14 mars, et écoutée attentivement
  dans un profond respect et surtout une évidente émotion, notamment lue sur les visages de l'épouse et des filles
  du commandant Hélie Denoix de Saint Marc.

Mon Commandant, permettez moi de vous dire que vous êtes un Grand Monsieur et que votre exemple d'Honneur
devrait servir à d'autres.

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 10:58 par Lothy

Voilà ce que je viens de trouver sur Youtube !....

Cet organisme véhicule des sujets sans grand intérêt, mais aussi de véritables Moments Historiques, telle la Déclaration du Commandant dont Cerbère nous a fourni le texte intégral....

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 16:12 par charly71

tout simplement : Merci Lothy

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 16:21 par Lothy

Document reçu du "Vieux Soldat"....

Discours prononcé par Robert Ménard, lors de l’inauguration de la rue Commandant Denoix de Saint Marc

« Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les présidents, Mesdames, Messieurs, Et surtout, chers, très chers amis,

D’abord, merci ! Merci d’être là. Merci d’être venus au rendez-vous de la justice et de la fidélité. Honneur à vous qui, parfois, avez parcouru 500 kilomètres, 1000 kilomètres pour être ici. Votre présence, votre nombre, prouvent combien cette cérémonie répond à un impérieux besoin de réparation et de reconnaissance. Et puis, pourquoi ne pas le dire, votre présence me touche infiniment. Oui, merci d’être là. Pour nous, pour tous ceux qui nous ont quittés et, aussi, pour ceux qui viennent. Il y a des moments, il y a des gestes, il y a des paroles qui vous engagent totalement. Qui disent d’où vous venez. Qui disent ce qui est essentiel à vos yeux. Qui disent ce que vous êtes. Qui vous donnent l’occasion – rare, précieuse – de vous replacer dans une lignée, de rendre hommage aux vôtres, de saluer un père, une mère, une famille, de saluer votre famille. Il y a des moments où il faut se rassembler, se retrouver, se souvenir, se tenir chaud les uns les autres. Il y a des moments où il faut dire non aux mensonges, à l’histoire trafiquée, réécrite, bafouée. Il y a des moments où trop c’est trop, où nos plus âgés meurent sans que jamais l’on ait reconnu leur travail, leur mérite, en un mot, leur vie .
 Oser dire, oser laisser penser que la guerre, oui la guerre d’Algérie s’est terminée le 19 mars, le jour de la signature des accords d’Evian, n’est pas seulement un mensonge, c’est une ignominie, une insulte à la mémoire de tous ceux – pieds-noirs, harkis, jeunes du contingent – qui ont été torturés, qui ont été émasculés, qui ont été tués, qui ont disparu après cette date, après cette capitulation, après cet abandon, après ce renoncement à ce que fut la France, à ce que fut la grandeur de ce pays, de notre pays.

À cela, nous ne pouvons nous résigner. À cela je ne peux me résigner. Parce que je pense à ma famille, à nos familles. Parce que je pense à mon père, à nos pères. Parce que je pense à ces cimetières abandonnés, saccagés, rayés de la carte, comme gommés de l’histoire officielle, expurgés des manuels scolaires qu’on impose à nos enfants, à nos petits- enfants.

Voilà pourquoi je suis là aujourd’hui. Voilà pourquoi nous sommes là aujourd’hui. Pour rappeler à ceux qui nous ont trahis qu’ils ne pourront pas, éternellement, mentir, tromper, falsifier. L’Algérie de notre enfance, l’Algérie de nos aïeux, notre Algérie, ce n’est pas ce que certains veulent nous faire croire, ce n’est pas ce qu’un Benjamin Stora ne cesse d’écrire, ce n’est pas aux renégats, aux porteurs de valises d’en imposer l’image. De cela, nous ne voulons pas, nous ne voudrons jamais.

Je le dis à l’adresse de ceux qui s’agitent là-bas, plein d’une haine titubante, enveloppés dans de vieux mensonges qui s’effilochent : le communisme est mort et ses derniers militants sont des spectres errant dans le dédale de leur rancœur et de leur ignorance. Ils ont voulu hier l’Algérie algérienne, ils ne veulent pas aujourd’hui de la France française. La traîtrise est leur patrie.

Nos victoires leur châtiment.
« À lire une certaine presse, écrivait Albert Camus en 1955, il semblerait vraiment que l’Algérie soit peuplée d’un million de colons à cravache et à cigare, montés sur Cadillac… »
60 ans plus tard, rien n’a vraiment changé. Alors, si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour dire
« assez ! ». Assez de ces contre-vérités sur les pieds- noirs qui n’étaient pas tous des colons roulant en décapotables américaines. Assez des mensonges sur le bilan de la colonisation. Assez de cette perpétuelle repentance !

Oui, nous pataugeons dans une perpétuelle contrition. Honteux de ce que nous avons été. Honteux même, parfois, de ce que nous sommes. Quand la France intervient en 1830 en Algérie, elle mène une guerre de conquête longue et impitoyable, c’est vrai ! Mais, faut-il le rappeler, il s’agissait de mettre hors d’état de nuire les pirates qui sévissaient depuis la côte algéroise. Ces forbans n’étaient pas des pirates d’opérette : ils enlevaient, suppliciaient, réduisaient les chrétiens en esclavage. Le rappeler, est-ce se transformer en avocat inconditionnel de l’épopée coloniale ?
Bien sûr que non !

Faut-il le redire aux révisionnistes de tout poil, la présence française en Algérie, ce sont des ports, des aéroports, des routes, des écoles, des hôpitaux. Ce sont des marais asséchés, des maladies éradiquées. Mais aussi du soleil sur la peau, des éclats de rire sur les plages, des filles à la peau suave, un ciel comme il n’en existe nulle part ailleurs. L’Algérie, disait ma mère, c’est notre paradis à nous, ce paradis qu’on nous a enlevé, ce paradis qui hante, toujours, plus de cinquante ans plus tard, nos cœurs et nos mémoires. Après nous avoir pris notre pays, certains voudraient maintenant nous priver de nos souvenirs. Et nous faire croire que les combats ont cessé le jour où des traîtres signaient un cessez-le-feu qui n’était rien d’autre qu’un lâche abandon, un vil renoncement.

Demandez aux Algérois de la rue d’Isly ! Demandez aux Oranais du 5 juillet ! Demandez aux milliers, aux dizaines de milliers de harkis ! Demandez à nos martyrs ! Demandez-leur ce que furent les jours, les semaines, les mois qui ont suivi cette véritable capitulation ! On voudrait les faire disparaître une seconde fois ! On voudrait les oublier, les nier.

Les oublier ? C’est hors de question. Comment oublier ces Européens enlevés par le FLN afin de récupérer le sang dont il avait besoin pour soigner ses
combattants ? Vidés, oui vidés de leur sang, au sens clinique du terme… Et dire que certains continuent de se vanter d’avoir été les « porteurs de valises » de ces terroristes qu’on applaudit dans la bonne presse. C’est raté. Nous sommes ici des milliers pour porter témoignage. Nous sommes ici pour dire haut et fort notre vérité, la vérité. Pour la jeter à la figure de tous ceux qui nous font la morale, qui nous parlent du sens de l’histoire, des accommodements auxquels nous devrions nous résigner. Nous sommes ici pour dire tout cela à ceux qui armaient le bras des assassins, des bourreaux des Français d’Algérie.

Des assassins, des bourreaux qui nourrissent encore aujourd’hui une haine à l’égard de la France, de ses valeurs, de son histoire, de ses combats, de sa civilisation. Une haine qui pousse certains à abattre des journalistes parce qu’ils sont journalistes, à abattre des policiers parce qu’ils sont policiers, à abattre des Juifs parce qu’ils sont juifs. Cette haine de la France est comme une insulte, comme une gifle pour d’autres musulmans, pour nos amis musulmans, pour nos frères harkis, eux qui ont choisi la France, qui sont morts pour la France. Eux qui ont été massacrés, certains écorchés vifs, ébouillantés. Eux qui ont été abandonnés sur ordre de l’État français, livrés à la vindicte du FLN.

Mais que s’est-il donc passé ? Que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui, dans notre pays, on occulte à ce point la réalité de notre histoire ? Tout simplement que, alors qu’on obligeait un million de Français à quitter leur Algérie natale, on ouvrait la France – quasi simultanément – à des millions d’immigrés bien décidés pour certains à ne jamais se sentir, à ne jamais devenir des Français à part entière.

Colonisation de peuplement, disait-on de la présence française en Algérie. Il faut parler aujourd’hui, en France, d’immigration de peuplement, d’immigration de remplacement. Un chassé-croisé dont l’histoire a le tragique secret et dont je redoute que nous ne cessions de mesurer les funestes, les dramatiques conséquences. Je voudrais me tromper. Je crains d’avoir raison.
Face aux drames d’hier, il est des hommes qui ont su dire non. Des hommes qui n’ont pas hésité à tout risquer, à tout perdre pour des valeurs qui étaient, qui faisaient toute leur vie, au point d’être prêts à mourir pour elles. Hélie de Saint Marc était de ceux- là. On les appelle des héros. Un mot qui sonne comme un anachronisme à une époque, la nôtre, où l’on nous serine qu’on ne va quand même pas mourir pour des idées, où la vie, son confort, ses petites habitudes justifient tous les compromis, toutes les compromissions. Je ne vais pas avoir l’outrecuidance de rappeler les états de service, les engagements, le prix payé par Hélie de Saint Marc devant les membres de sa famille qui nous font l’immense honneur d’être aujourd’hui parmi nous.
« Se tenir à la pointe de soi-même. » Voilà une phrase du commandant de Saint Marc qui dit, avec la plus grande justesse, l’exigence de sa vie, de toute sa vie. De l’Occupation à la perte de l’Algérie, rien n’a pu anéantir ce cœur vif, ce cœur exemplaire. Né mille ans plus tôt, son histoire serait celle d’une chanson de geste. Hélie de Saint Marc est un preux, un orphelin d’un ordre spirituel et guerrier, tenant sa vie comme une lance.

Henry de Montherlant écrivait : « Il y a le réel et il y a l’irréel. Au-delà du réel et au-delà de l’irréel, il y a le profond ». La vie et les livres d’Hélie de Saint Marc sont un périple vers les profondeurs de l’être, dans le fond sans fond de son âme. Comme Ulysse, jamais les épreuves ne le détournèrent de sa destination, j’allais dire de sa destinée. Voyages des camps et des prisons, voyages des batailles et des carnages. Voyage vers ce qu’il appelait « le tremblement sacré des choses invisibles ».

Je citerai encore le commandant de Saint Marc, et il faut le citer souvent, car il ne fut pas seulement un chef mais aussi un remarquable éducateur. Non pas un donneur de leçons, ni un « coach de vie » comme l’on dit aujourd’hui, mais un homme qui a beaucoup vécu, beaucoup vu, immensément ressenti.

Le commandant écrivait, et son petit-fils nous l’a rappelé à l’instant : « La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. » Et il ajoutait : « Vivre, ce n’est pas exister à n’importe quel prix. »

Dire comme lui que la vie est un combat n’est pas faire l’apologie de la guerre, n’est pas faire de la guerre sa profession de foi. C’est un simple constat : si une vie, c’est aimer, partager, éduquer, c’est aussi une somme d’épreuves, de contrariétés, d’oppositions, d’expériences et d’engendrements. C’est cette somme qui fait une vie. Et celui qui refuse ce combat ne vit pas. Dire que vie et combat sont de la même substance est une adresse d’espoir. Voilà ce que nous dit le rescapé de Buchenwald. Il faut espérer et faire de son espoir un bélier qui fracasse toutes les murailles. Il faut même espérer au-delà de toute raison. C’est Héraclite qui disait : « Qui n’espère pas l’inespérable ne le découvrira pas. »
Ici, je le sais, nous espérons, nous n’avons jamais cessé d’espérer. Nos espoirs sont nos fidélités. Et nos fidélités comme nos espoirs trouvent en ce jour leur récompense, comme elles trouveront demain, en d’autres lieux et sur d’autres plans, des satisfactions encore plus décisives pour notre nation et notre peuple.
Le commandant de Saint Marc est l’homme d’une génération. Une génération qui, de septembre 1939 à juillet 62, ne connut jamais le répit et la paix. Une génération qui, entre la débâcle et l’abandon, connut cent victoires. Une génération qui nous a laissés seuls avec les souvenirs de sa gloire. C’est elle, aussi, qu’en ce jour nous célébrons. Gloire à eux ! Gloire aux compagnons du Commandant de Saint Marc, gloire à ceux d’Indochine, à ceux d’Algérie, gloire à ceux des prisons qui étaient alors les garnisons de l’honneur. Oui, comme vous, comme beaucoup d’entre vous, j’ai lu les livres de celui dont cette rue portera dorénavant le nom. Et je n’ai pas honte de vous le dire : j’en ai eu les larmes aux yeux, regrettant presque d’avoir été trop jeune pour être confronté à des choix qui forcent le destin et font de vous un homme.

Et puis, je me suis dit que j’avais tort. Que chacun, à son époque, est face à des engagements qui, sans avoir le caractère dramatique de ces années algériennes, n’en sont pas moins cruciaux, vitaux. Aujourd’hui, notre pays est face à une crise qui engage son avenir, sa vie, sa survie. Et face à ces dangers, Hélie de Saint Marc, son courage, son panache, sont d’une actualité brûlante, d’une force existentielle.

Allons-nous abandonner la France, laisser faire, nous réfugier dans des slogans aussi creux, aussi vides qu’une rengaine publicitaire, qu’un discours de politicien censés nous faire oublier les responsabilités des uns et des autres ?

Il y a 50 ans, je m’en souviens, vous vous en souvenez, nous tapions sur des casseroles en scandant « Al-gé- rie fran-çaise ». Il faudrait aujourd’hui, avec la même ardeur, avec la même détermination, dire non à cette France métissée qu’on nous promet, qu’on nous annonce, qu’on nous vante. Dire non à cette France multiculturelle qu’on nous impose. Mais dire oui à une France fière d’elle-même, de son histoire, de ses racines judéo-chrétiennes. Cette France que pieds- noirs et harkis ont admirablement incarnée, cette France pour laquelle un Hélie de Saint Marc s’est battu pendant la résistance, en Indochine et en Algérie. Cette France que nous voulons transmettre, intacte, à nos enfants.  

Alors, pour Hélie de Saint Marc, pour tous ceux qui sont morts en Algérie, persuadés que nous étions en France, que nous nous battions pour la France, pour tous ceux qui l’ont quittée, définitivement orphelins d’une partie d’eux-mêmes, je voudrais avant que nous entonnions « Le chant des Africains », je voudrais, en votre nom à tous, je le sais, dire, redire, répéter ce qui est notre viatique, notre credo, notre passé et, je l’espère, notre avenir : « Vive la France », « Vive la France française ! » «

Un article de Choisir Béziers

Dernière édition par Lothy le Lun 16 Mar 2015 - 16:32, édité 1 fois

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 16:30 par Lothy

charly71 a écrit:tout simplement : Merci Lothy

Il n'y a pas de "Merci" à recevoir Charly....
Le Commandant mérite bien cela ainsi que sa famille, je pense particulièrement à son épouse qui l'a accompagné dans les moments terribles d'Algérie et ceux qui ont suivi...

Cet hommage qui lui est rendu c'est aussi une manière de ne pas oublier tous ceux, célèbres ou inconnus, qui ont également souffert, et pour certains, souffrent encore....

A mon sens, c'est ce que j'appelle le Devoir de Mémoire...

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 16:32 par Invité

Encore une vidéo du Commandant Denoix de Saint Marc

Extrait de l'émission Apostrophes de 1989, document de l'INA.

Il expose son parcours remarquable.

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Message le Lun 16 Mar 2015 - 19:11 par Béghin Bernard

Excellent document. J'admire la modestie et le calme avec lesquels le commandant raconte une partie de sa vie.

Mais ma "télé est tombée en panne" et je n'ai pas pu voir la suite.... Y a-t-il un réparateur sur le forum ?

Merci Cerbère pour cette vidéo.

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Message le Mar 17 Mar 2015 - 9:50 par Invité

Jean-Claude DELACRETAZ en est l'auteur.

Il n'a pas manqué de nous montrer que plusieurs "français de papiers" s'étaient invités ...

(un peu plus de 18 minutes)


Et, une autre de  Christian Dragicevic



Nous sommes ces soldats qui grognaient par le monde
Mais qui marchaient toujours et n'ont jamais plié...
Nous sommes cette église et ce faisceau lié
Nous sommes cette race éternelle et profonde...
Nos fidélités sont des citadelles

Charles Peguy

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Message le Mer 18 Mar 2015 - 18:26 par Invité

Merci "au direct" ou presque de l'envoyé spécial, aux différés des autres intervenants.

Avec ces photos et ces vidéos, nous avons le sentiment, nous qui étions trop éloignés pour nous rendre à Béziers, d'avoir tout de même assisté à cette inauguration ô combien emblématique, et méritée, même si elle a fait "piquer" une crise de nerfs à notre premier ministre...

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Message le Jeu 19 Mar 2015 - 16:55 par Lothy

Cerbère a écrit:J'espère ne pas couper l'herbe sous le pied de notre "Envoyé spécial".

Je vous communique le lien pour accéder à un "mur de photos" de la cérémonie à BEZIERS.

Photos de Hervé CUESTA, merci à lui pour ce partage.

ICI

Si vous ne l'avez pas encore fait ou si vous êtes allé voir ce lien le jour-même de sa mise en ligne, je vous invite à y retourner.

Le reportage a été complété, il compte désormais 125 photos très réussies...

Félicitations au photographe, et merci à Cerbère de nous les avoir fait partager.

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Message le Jeu 19 Mar 2015 - 17:03 par Lothy

POUR L’HONNEUR D’UN COMMANDANT

« L’Honneur est-il dans l’obéissance absolue au pouvoir légal, ou dans le refus d’abandonner des populations qui allaient être massacrées à cause de nous ? J’ai choisi selon ma conscience. J’ai accepté de tout perdre, et j’ai tout  perdu. (…) Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié »

(Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc - « L’aventure et l’espérance »)

De la Côte d’Azur à Grenoble, des Landes à Perpignan, ils étaient venus, nombreux, ces Français d’Algérie, en dépit de l’âge et de la fatigue, orphelins de leur terre natale, exilés sans retour, pour honorer la mémoire d’un soldat de légende et exprimer leur gratitude et leur soutien à un Maire courageux.
A leurs côtés, unis dans une même ardeur patriotique, un foisonnement de bérets rouges et verts et des panoplies de décorations « outrageantes » qu’arboraient fièrement parachutistes et légionnaires, héros d’Indochine et d’Algérie.
Comme jadis, « là-bas », ils s’étaient retrouvés, côte à côte, avec quelques rides en plus et une pointe de nostalgie. Ces hommes aux bérets vert et rouge, les Pieds-Noirs ne les avaient pas oubliés. Ils n’avaient pas oublié cette magnifique armée d’Afrique qui avait rayonné aux quatre coins du globe et que l’on avait sacrifiée pour satisfaire aux exigences d’un homme miné par la rancune et l’ambition.
On brandissait les banderoles, on exhibait les pancartes dénonçant l’ignominie du « cessez-le-feu » du 19 mars 1962 qui évoquait le malheur, la mort, les disparitions, le déracinement et la ruine. Ces Français lâchés dans la rue faisaient masse. C’étaient ces mêmes Français dont les aînés, en 1942, avaient rendu à la France sa fierté et son armée. Ils distillaient un patriotisme plein de faconde et de sincérité. Ils se sentaient plus Français que les Français vieillis de la Métropole. Les « Américains d’Afrique », si décriés durant la guerre d’Algérie, c’étaient eux !
A une centaine de mètres de là, encadrés de drapeaux communistes et algérien, toute honte bue, une centaine de braillards hurlaient leur désapprobation et leur haine de la France. En dépit des décibels de leur sono éructant un fiel nauséabond, à aucun moment ils ne furent en mesure de perturber le bon déroulement de la cérémonie que les filles du Commandant de Saint-Marc, par la dignité et la qualité de leurs témoignages, avaient  placé sur orbite. Pointant du doigt les agitateurs, Robert MENARD s’écria :
« Je le dis à l’adresse de ceux qui s’agitent là-bas, plein d’une haine titubante, enveloppés dans de vieux mensonges qui s’effilochent : Le communisme est mort et ses derniers militants sont des spectres errant dans le dédale de leur rancœur et de leur ignorance. Ils ont voulu hier l’Algérie algérienne, ils ne veulent pas aujourd’hui de la France française. La traîtrise est leur patrie. Nos victoires leur châtiment. »
A cet instant nous crûmes revivre cet épisode de la Révolution française quand dans un discours qui marqua l’Histoire, Alphonse de Lamartine s’était opposé, le 25 février 1848, à l’Hôte-de-Ville de Paris, à ceux qui ne voulaient pas du drapeau tricolore :
« Le drapeau rouge que vous nous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie ! »
Dans un silence religieux que les cris d’orfraie n’arrivaient pas à perturber, Robert Menard poursuivit :
 « Faut-il le redire aux révisionnistes de tout poil, la présence française en Algérie, ce sont des ports, des aéroports, des routes, des écoles, des hôpitaux. Ce sont des marais asséchés, des maladies éradiquées. Mais aussi du soleil sur la peau, des éclats de rire sur les plages, des filles à la peau suave, un ciel comme il n’en existe nulle part ailleurs. L’Algérie, disait ma mère, c’est notre paradis à nous, ce paradis qu’on nous a enlevé, ce paradis qui hante, toujours, plus de cinquante ans plus tard, nos cœurs et nos mémoires. Après nous avoir pris notre pays, certains voudraient maintenant nous priver de nos souvenirs. Et nous faire croire que les combats ont cessé le jour où des traîtres signaient un cessez-le-feu qui n’était rien d’autre qu’un lâche abandon, un vil renoncement. Demandez aux Algérois de la rue d’Isly ! Demandez aux Oranais du 5 juillet ! Demandez aux milliers, aux dizaines de milliers de harkis ! Demandez à nos martyrs ! Demandez-leur ce que furent les jours, les semaines, les mois qui ont suivi cette véritable capitulation ! On voudrait les faire disparaître une seconde fois ! On voudrait les oublier, les nier. »
L’émotion, la colère et la foi précipitaient ses petites phrases qui arrachaient des larmes à l’assistance. Puis il lança son Credo :
« Il y a 50 ans, je m’en souviens, vous vous en souvenez, nous tapions sur des casseroles en scandant « Al-gé- rie fran-çaise ». Il faudrait aujourd’hui, avec la même ardeur, avec la même détermination, dire non à cette France métissée qu’on nous promet, qu’on nous annonce, qu’on nous vante. Dire non à cette France multiculturelle qu’on nous impose. Mais dire oui à une France fière d’elle-même, de son histoire, de ses racines judéo-chrétiennes. Cette France que pieds- noirs et harkis ont admirablement incarnée, cette France pour laquelle un Hélie de Saint Marc s’est battu pendant la résistance, en Indochine et en Algérie. Cette France que nous voulons transmettre, intacte, à nos enfants.  Alors, pour Hélie de Saint Marc, pour tous ceux qui sont morts en Algérie, persuadés que nous étions en France, que nous nous battions pour la France, pour tous ceux qui l’ont quittée, définitivement orphelins d’une partie d’eux-mêmes, je voudrais avant que nous entonnions « Le chant des Africains », je voudrais, en votre nom à tous, je le sais, dire, redire, répéter ce qui est notre viatique, notre credo, notre passé et, je l’espère, notre avenir : « Vive la France », « Vive la France française ! ».

Un tonnerre d’applaudissements lui succéda et des cris de soutien et d’espérance fusèrent de la foule.
      Alors, les premières notes du « chant des Africains » s’égrenèrent et des milliers de voix la relayèrent. Des chœurs incohérents flottèrent au-dessus des têtes comme des oriflammes balancés par le vent et de la clameur émue et transcendée, s’élevait, poignant, superbe, l’hymne des Africains qui élève les héros jusqu’au cœur des dieux et les transmute en forces universelles gravées dans le pathétique comme une prière cadencée par un rythme solennel.
      Comme sur des ailes, portées par ces larges voix, il semblait que les âmes de tous ceux qui avaient payé de leur vie la rançon de cette guerre, quittaient leur tertre et s’élevaient jusqu’à Dieu, jusqu’à l’immortel esprit des choses.
      Un symbole, voilà ce qui demeurera… et des souvenirs plein les yeux. En quittant ces lieux, nous savions qu’ils resteraient à jamais vivants dans notre mémoire, que les vagues avec le temps murmureraient longtemps autour de ces souvenirs-là. Dans les tempêtes elles bondiraient comme pour venir lécher leurs pieds, ou les matins de printemps, quand les voiles blanches se déploieraient et que l’hirondelle arriverait d’au-delà des mers, longues et douces, elles leur apporteraient la volupté mélancolique des horizons et la caresse des larges brises. Et les jours ainsi s’écoulant, pendant que les flots de la grève natale iraient se balançant toujours entre leur berceau et leur tombeau, le cœur d’Elie Denoix de Saint-Marc, celui de ses fidèles soldats, de ces milliers de martyrs devenu froid, lentement, s’éparpillerait dans le néant, au rythme sans fin de cette musique éternelle.
 
                                                                                        José CASTANO

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Message le Jeu 19 Mar 2015 - 18:50 par pierre marie

un juste retour des choses jusque au bout du devoir.respect pour ce heros que bien des francais devraient prendre en exemple

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Message le Lun 30 Mar 2015 - 19:32 par Invité

Oui Pierre Marie, un juste retour des choses, principalement pour sa famille et ses proches...

A priori les "invités" ne se sont plus faits entendre, ou l'info est passée sous silence Suspect

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Message le Ven 3 Avr 2015 - 11:05 par Invité

Reçu ce jour du Général (2s) Antoine MARTINEZ

    Éditorial avril 2015

Le 14 mars dernier, s'est déroulé à Béziers un double-événement qui a provoqué chez certains des réactions excessives et agressives les entraînant dans un déferlement irréfléchi de critiques, voire d'accusations et d'injures incontrôlées et regrettables. En réagissant de la sorte, ces derniers oublient qu'ils sont en fait à l'origine de ce retour de boomerang pleinement justifié – et qui était d'ailleurs prévisible – en raison de leur inconséquence d'hier sur le plan de leur gouvernance portant sur l'unité de la Nation. Et cette inconséquence se prolonge et se confirme aujourd'hui parce qu'ils sont prêts, pour des raisons partisanes, démagogiques et clientélistes, à malmener le devoir sacré de mémoire qui anime tout peuple attaché à son Histoire en voulant précisément en cacher certaines pages et ainsi faire disparaître ceux qui les ont écrites. Peut-être est-il nécessaire et utile de leur conseiller de prendre du recul pour essayer de comprendre avant de juger de façon péremptoire et de condamner sans appel comme ils l'ont fait.
Car, que s'est-il passé ce 14 mars 2015 à Béziers ? Nous avons, en fait, assisté à deux événements en une seule et même manifestation, deux événements différents mais tellement complémentaires par les symboles qu'ils représentent. Le premier, c'est la décision du maire de débaptiser la rue du 19 mars 1962. La seconde, c'est l'organisation d'une cérémonie pour la rebaptiser du nom d'un patriote et homme d'honneur.
Il faut – c'est indispensable – rappeler les faits, rien que les faits qui seuls peuvent permettre de comprendre une situation qui pourrait d'ailleurs se reproduire dans d'autres communes.

S'agissant du premier événement évoqué, il faut se remémorer comment le 19 mars 1962 a été décrété journée de commémoration. En effet, un projet de loi présenté par le gouvernement de Monsieur Lionel Jospin avait été adopté en janvier 2002 par l'Assemblée nationale mais n'avait pas pu être présenté au Sénat en raison du résultat que l'on sait des élections présidentielles quelques mois plus tard. Dix années sont alors passées sans que ce sujet soit repris, chacun pensant qu'il était définitivement enterré. C'était mal connaître l'obstination et l'influence d'une association d'anciens combattants qui, contre l'avis des autres associations représentant pourtant plus de deux millions de personnes, a réussi à faire déterrer le dossier dès l'élection du nouveau Président de la République en mai 2012, profitant du fait que le Sénat avait changé de majorité à l'automne précédent. C'est ainsi que le Sénat a adopté le 8 novembre 2012 , en soirée, la proposition de loi relative à la commémoration du 19 mars 1962 par 181 voix contre 155. Au-delà du résultat du vote lui-même, c'est le procédé employé dans les discussions menées au Sénat qui est détestable et qui a renforcé le sentiment de colère des opposants à cette commémoration qui se traduit aujourd'hui par le refus – osons le dire, légitime et justifié – du maire de Béziers  et de nombreux citoyens blessés d'accepter qu'une rue porte un tel nom. N'oublions pas que lors des débats menés au Sénat au cours du dernier trimestre de 2012, l'examen de cette proposition de loi, reporté dans un premier temps au 20 novembre, avait été avancée précipitamment au 8 novembre pour des raisons qui ne trompent personne. Il s'agissait, en effet, devant l'hostilité manifestée par une large majorité d'associations patriotiques et d'anciens combattants qui commençait à prendre de l'ampleur d'empêcher au plus vite ces dernières d'organiser une action commune pour contrer ce projet. Il s'agit là d'une curieuse façon de concevoir le dialogue et de favoriser le rassemblement des Français et l'unité de la Nation. On ne pouvait donc que déplorer une telle initiative qui a finalement ravivé des tensions dont on pouvait penser qu'elles avaient tendance à s'estomper d'une part, et désapprouver la remise en cause des accords passés faisant du 11 novembre la seule date de commémoration pour tous les morts pour la France d'autre part. L'adoption du 19 mars 1962 comme date mémorielle officielle ainsi que toutes les initiatives honteuses qui en résultent ont non seulement été et continuent d'être un facteur de division des Français mais constituent, de surcroît, des agressions qui se multiplient contre la Nation. Elles justifient donc que les patriotes s'y opposent autrement que par des mots. C'est ce qui s'est passé à Béziers. Cela dit, on peut s'interroger sur l'attitude, pour le moins ambiguë, de nos gouvernants dans cette affaire surtout lorsqu'on sait que tous les présidents de la Vème République précédents qui ont eu à s'exprimer sur ce dossier ont refusé que cette date soit célébrée.
M. Valéry Giscard d'Estaing déclarait le 19 mars 1980: "L'anniversaire des accords du 19 mars 1962 n'a pas à faire l'objet d'une célébration. En un jour comme celui-ci il convient de tourner notre pensée vers ceux qui sont tombés en Algérie, vers les Français rapatriés et vers nos compagnons musulmans. La communauté nationale mesure ce que fut leur épreuve ". M. François Mitterrand affirmait le 24 septembre 1981: " S'il s'agit de célébrer le souvenir des victimes de la guerre d'Algérie, cela ne peut pas être le 19 mars parce qu'il y aura confusion dans la mémoire de notre peuple...Ce n'est pas l'acte diplomatique rendu nécessaire qui peut s'identifier à ce qui pourrait apparaître comme un grand moment de notre histoire. D'autant plus que la guerre a continué et que d'autres victimes ont été décomptées et que, au surplus, il convient de ne froisser la conscience de personne ". Le 25 septembre 2001, M. Jacques Chirac déclarait dans son allocution devant plus de cinq cents Harkis et leurs familles: "Pour les populations civiles,le 19 mars 1962 a marqué la fin des hostilités, mais pas la fin des souffrances. Les massacres commis en 1962, frappant les militaires comme les civils, les femmes comme les enfants, laisseront pour toujours l'empreinte irréparable de la barbarie. Ils doivent être reconnus". Le 16 avril 2007, M. Nicolas Sarkozy témoignait sa compassion aux Français rapatriés: "Il n'est pas question que le 19 mars soit une date officielle de commémoration. Il est arrogant de condamner et de mépriser la douleur qui fut la vôtre et celle de vos familles lorsque vous fûtes chassés de vos terres, de vos maisons et séparés de vos amis ".
Tout est dit. Peut-être faut-il le rappeler à ceux qui n'ont pas vécu ou connu ce drame ou à ceux qui ont une mémoire sélective et qui s'érigent en juge aujourd'hui.  

Le second événement constitue un autre refus manifesté contre l'ignorance, voire la négation du véritable drame que notre armée a connu en 1961, dans une période trouble, déchirée entre l'obéissance au pouvoir politique qui caractérise toute force armée en démocratie et l'honneur qui a pu pousser certains à agir contre la loi par fidélité à la parole donnée. Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, qui a illustré  à la perfection ce qu'est la grandeur et la servitude du métier des armes, représente tout ce que l'esprit humain, et en particulier celui de l'officier, peut rencontrer d'interrogations, de contraintes et de contradictions lorsqu'il est confronté à des situations douloureuses. Dans ces circonstances, peuvent s'opposer, d'un côté le devoir devenu honteux et qui dégage finalement l'homme de ses responsabilités, et de l'autre la conscience personnelle ou la morale qui le pousse à forcer le destin et le guide peut-être vers sa propre perte, mais par un choix délibéré, par fidélité à l'idée qu'il se fait de l'homme. Si on devait, en quelques mots, apporter un éclairage sur la personnalité de Hélie Denoix de Saint Marc, on pourrait rappeler ceux du général de Pouilly qui, devant le tribunal déclara courageusement :" Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon… Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nôtre" ! On pourrait y ajouter la déclaration du général Dary rappelant, le jour de ses obsèques, la cérémonie au cours de laquelle il fut élevé à la dignité de Grand Croix de la Légion d'Honneur par le Président de la République en novembre 2011  et soulignant que " nul ne saura si l'accolade du chef des armées représentait le pardon du pays à l'un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la République pour avoir tant exigé de ses soldats à l'époque de l'Algérie ".  
Alors à ceux qui l'auraient oublié ou qui l'ignoreraient, il faut rappeler que Hélie Denoix de Saint Marc était entré très jeune dans la Résistance et que cet engagement courageux lui valut d'être arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald. Après la Libération, il choisit la carrière des armes et il servira en Indochine, en Algérie, à Suez, à nouveau en Algérie. En désaccord avec la politique du général de Gaulle – notamment le choix du FLN comme unique interlocuteur des négociations pour l’indépendance – il entraînera le 1er régiment étranger de parachutistes dans la sédition, en rejoignant les généraux du putsch d’Alger en avril 1961.  Il paiera cet acte d’une condamnation de dix ans de réclusion. En 1982 cependant, il sera réhabilité par le Président François Mitterrand et réintégré dans ses droits avec restitution de ses décorations. Il se consacrera ensuite à l'écriture et les prix littéraires qui le couronneront et les multiples conférences qu'il donnera révéleront en fait un grand humaniste et un héros prêt à entrer en résistance et à mourir pour des valeurs qui le guidaient. Mais au fait, quel jugement ses détracteurs qui veulent occulter ces pages de notre Histoire portent-ils sur un autre soldat qui, comme lui, est entré en résistance et a désobéi en 1940 en lançant son appel du 18 juin ? Était-ce également rance ? Par ailleurs, il ne s'agissait pas non plus à Béziers, comme certains l'ont prétendu, de nostalgie de l'Algérie française, mais simplement d'un devoir de mémoire réaffirmé à l'égard de tous ceux qui ont disparu dans des conditions tragiques et, s'agissant de Hélie Denoix de Saint Marc, de la célébration d'un héros. D'ailleurs, le peuple a besoin de célébrer ses héros car, comme le disait Aristote, la cité est constituée d'un groupe d'animaux politiques réunis par un choix de vie commune, cette dernière étant assurée et consolidée par la référence à un passé mythique, à des héros communs, à des rites et des lois intégrées et partagées. C'est cela qu'ont voulu réaffirmer les milliers de citoyens présents le 14 mars à Béziers et que nos responsables politiques ont oublié ou veulent oublier.
Quant aux cent ou deux cents braillards qui, à distance, agitaient des drapeaux communistes et algériens et tentaient sans succès de perturber la cérémonie, en hurlant leur désapprobation et leur haine de la France, ce sont les mêmes qui, pendant la Seconde Guerre, ne sont entrés en résistance qu'après la rupture du pacte germano-soviétique. Ce sont les mêmes qui pendant que nos soldats étaient engagés en Indochine se sont livrés à des sabotages de matériels et munitions envoyés sur le théâtre d'opérations. Ce sont les mêmes qui, pendant la guerre d'Algérie ont été les porteurs de valise du FLN. Ce sont les mêmes qui, au moment de l'exode des Pieds-Noirs ont pillé ou mis à l'eau les cadres déchargés dans les ports d'arrivée. Honte à eux !
En fait, leur seule patrie c'est la trahison hier et le mensonge aujourd'hui.
Et on pourrait en dire autant de tous ceux qui veulent réécrire notre Histoire en gommant certaines pages qui ne leur conviennent pas.

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