Alain Papazow, dit le Corre

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21062015

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Alain Papazow, dit le Corre




Le SAS Alain PAPAZOW dit LE CORRE nous a quitté. Il était le dernier survivant des paras du 4e SAS.

Il a été de toutes les opérations SAS de la Bretagne en passant par la libération de Lorient dès août 1944 jusqu'à la Hollande (opération Amherst en avril 1945). Le général Patton lui remettra personnellement la Silver Star.


Il y a un an, le Ministre de la Défense, Monsieur Jean-Yves Le Drian le décorait, à Saint-Marcel pour le 70e anniversaire des combats, au grade d’officier de la Légion d’Honneur.

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Bouq

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Alain Papazow, dit le Corre :: Commentaires

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Message le Mar 23 Juin 2015 - 16:18 par Arcimboldo_56

Bonjour amis paras,

j'ai scanné un article du Ouest-France de ce jour, 22 juin 2015, édition de Vannes,
sur le vétéran Alain Papazow qui vient de nous quitter.

Cet article n'est pas signé.

Je vous le présente ici.



Bien cordialement

Arcimboldo

Dernière édition par Arcimboldo_56 le Mar 23 Juin 2015 - 20:46, édité 1 fois

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Message le Mar 23 Juin 2015 - 18:24 par Lothy

Qu'importe la signature, nous dirons que c'est la rédaction du journal...

L'essentiel est l'Hommage rendu à ce Grand Soldat qui vient de nous quitter après une longue vie bien remplie...
Qu'il repose en Paix....

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Message le Mar 23 Juin 2015 - 18:57 par Béghin Bernard

Condoléances à tous ses proches .
Mais, encore une fois, je ne cesserai de le dire, ou de l'écrire, sur ce forum, très souvent, nous découvrons les noms
d'hommes et de femmes de grande valeur, dont les parcours militaires au service de la France nous impressionnent.
Merci Alain Papazow d'avoir porté très haut les Couleurs de notre Patrie.
Merci Arcim d'avoir posté toutes ces précisions.

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 1:21 par Lothy



Né le 14 juin 1925 en Iran, d’un père bulgare et d’une mère bretonne, alors attachée d’ambassade à Téhéran, Alain Papazow décide de quitter sa famille, à l’âge de 16 ans avec la ferme intention de s’engager. Ce qu’il réussira à faire, en août 1941, auprès des autorités militaires britanniques en trichant sur son âge et son identité.
Alain Papazow s’est éteint le 20 juin 2015 à l’âge de 90 ans, un an après avoir été élevé au grade d’officier de la Légion d’Honneur à l’occasion du 70e anniversaire des combats de Saint-Marcel (Morbihan)...

Tout a été dit ou écrit sur ce Grand Ancien... Excepté qu'il aura dû attendre 73 ans avant d'être fait Officier de la Légion d'Honneur !

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 8:50 par Béghin Bernard

Lothy, je vous sens exaspérée en écrivant que ce très valeureux soldat ait du attendre longtemps , si longtemps
avant d'avoir cette reconnaissance de notre pays, alors que certains ...............

Vous m'avez compris !

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 9:31 par Arcimboldo_56

Bernard, je vous ai compris ! (phrase connute Very Happy )

Un nouvel article paru dans le Ouest-France de ce jour :



Bon mercredi

Arcim

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 9:38 par charly71

@Lothy a écrit:Excepté qu'il aura dû attendre 73 ans avant d'être fait Officier de la Légion d'Honneur ![/b]

J'ai également bondi ! J'ignorai ce détail ! Mais pas étonné autrement, car un autre "grand ancien"
SAS de chez moi, DCD il y a 3 ans, lui, n'a jamais été nommé Officier ....
Mais lui, redevenu "civil" n'a pas fait partie d'un aréopage bien en cour, ceci expliquant cela !

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 9:44 par Lothy

Merci. Tous les articles concernant ce Grand Ancien, sont aussi élogieux les uns que les autres....

Je persiste cependant à regretter que l'on ait attendu 70 ans pour reconnaître ses mérites....

Petit H.S. ce n'est pas parce que j'ai pris un an de plus, que l'on doit me vouvoyer Wink

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 10:31 par charly71

@Lothy a écrit:Je persiste cependant à regretter que l'on ait attendu 70 ans pour reconnaître ses mérites....

c'est simplement ce que j'essayais de dire ...
Maintenant, la légion d'Honneur, ce que j'en pense ...
à parcourt identique dans la résistance (ils était ensemble ) même décoration,
l'un vient de passer Officier , l'autre attend encore d'être fait Chevalier ...
L'un avait un sens aigu de la com, (voir autre sujet !) l'autre pas...

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 10:45 par Lothy

Je sais cela Charly, ils sont très nombreux à n'avoir rien reçu, ou à être morts trop tôt....

Si je comprends bien Alain Papazow a eu la chance de vivre jusqu'à 90 ans, car avec trois ans de moins, il n'aurait pas eu sa décoration qui date de l'an dernier... Il n'a donc pas été aussi privilégié que cela !

Je trouve révoltant que ces médailles, quelles qu'elles soient, soient remises avec 50, 60 ou 70 ans de retard, c'est inacceptable ! C'est presqu'une insulte... On semble leur faire la charité !

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 22:42 par Béghin Bernard

Lothy a écrit:

"Petit H.S. ce n'est pas parce que j'ai pris un an de plus, que l'on doit me vouvoyer". C'était juste pour TE taquiner chère Lothy...

Pour encore reparler de cette très honorable récompense qu'est la Légion d'Honneur, même si le "père" de cet honneur suprême l'a prévu pour d'autres faits, je rage de savoir qu'on la distribue à tout va.

Même le chef de l'Etat ne devrait la recevoir ( ou non) selon les résultats de son mandat.  Et je ne parle pas d'autres cas. Devinez ou je veux en venir.  Quelle barbe de constater souvent des choses comme cela !

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Message le Mer 24 Juin 2015 - 22:53 par Lothy

Le chef de l'Etat, est de fait le chef de nos armées : qu'on l'apprécie ou pas...

Il est permis de supposer que la Légion d'Honneur qu'il arbore, est attribuée à la fonction, non pas à l'homme... Du moins c'est ainsi que je le vois, ça me console...

Récompenser un président sur le bilan de son mandat, pourquoi pas, mais nous arriverons toujours au 50 / 50 dont les français semblent s'être fait une spécialité....

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Message le Ven 12 Jan 2018 - 17:33 par LANG

J’ai bien connu Alain Papazow quand il dirigeait le para club de Nantes en 1963.
C’était un homme exceptionnel. C'est grâce à lui que j'ai découvert le saut à ouverture commandée.

Ci-joint un extrait de souvenirs personnels de cette époque.
(Après la PM Para en 1962, j'ai eu mon brevet en juillet 1963 pendant ma première année à Saint Cyr).
L'extrait suivant se situe fin 1963 début 1964.

…La semaine était fournie en occupations, mais il restait le week-end. Dormir permettait de faire passer le temps, mais il nous arrivait aussi de tourner en rond. Avec des camarades d'autres compagnies, je me suis inscrit à un club parachutiste civil.
Hébergés à Nantes dans un aérodrome désaffecté, nous avons commencé par apprendre à plier des parachutes. Ces grands morceaux de nylon avec leurs suspentes et ces fameux petits fils qui devaient se casser à l'ouverture nous fascinaient. Habitués à les percevoir comme des reliques à manipuler tels des ostensoirs, nous étions impressionnés par leur contact. C'est avec un manque d'assurance total que nos doigts torsadaient les drisses qui prolongeaient la voilure et que nos mains tiraient sur les boucles pour les enfiler dans les bagues en caoutchouc saupoudrées de talc. Nous avions du mal à imaginer que nous aurions à sauter avec ce paquet que nous venions de fermer. Plus terrifiante encore, cette poignée rouge sur laquelle il faudrait tirer le jour du premier saut à ouverture commandée. Décider soi-même alors que tout était si simple avec un mousqueton bien accroché ! Heureusement, le grand Bertrand était là. Il avait déjà sauté en commandé à La Ferte-Gaucher, et, de plus, nous avions d'excellents rapports avec les civils du club. Leur décontraction surprenante pour plier et déplier un parachute nous rassurait.
L'ambiance était très sympathique. Un but commun nous rapprochait ; seuls nos cheveux courts et un survêtement tout à fait inesthétique nous différenciaient.
La mauvaise saison fut essentiellement consacrée au pliage des parachutes, opération fastidieuse et plutôt décourageante, et notre délégation se retrouva bientôt avec un effectif réduit. Nous étions cinq avec le grand Bertrand, sérieux comme un pape, Bernard, l'aguicheur du précédent, François, le presque-Basque, et Dominique, propriétaire d'une Mini Cooper. Avec les beaux jours les renforts arrivèrent, et Jean-Marc, l'alsacien, fut des nôtres.
Nantes est une grande ville.
J'ai surtout retenu qu'elle disposait d'un restaurant bon marché pour manger des steaks tartares et d'un aérodrome désaffecté. En fait, le tourisme se faisait à partir du ciel. Le Dragon, un petit avion ridicule, mettait un temps infini à monter ses passagers, ce qui permettait d'admirer la Loire et les marais environnants.
Dans cette ambiance intime et bon-enfant, nous étions loin de la frénésie et de l'agitation des sauts militaires.
Avec convivialité, le grand maître de cérémonie, « monsieur » Papazow, nous faisait signe de nous préparer et ouvrait la petite porte. Pas de lumières ni de sirènes ; un regard avec un petit geste suffisaient à nous faire comprendre qu'il était temps de sortir pour se mettre debout sur le bord de l'aile. Le vent venait gentiment se faire sentir, pendant que, les mains accrochées à une barre, nous attendions le signal de l'homme aux yeux bleus pour partir en arrière.
Pendant le plongeon, attention à la position cambrée ! Papazow, tête penchée à l'extérieur telle une caméra, nous suivait jusqu'à l'ouverture du parachute pour s'assurer de notre transformation en « demi-cercle ».
A l'issue de la séance chacun avait droit à la description de son saut. Le grand maître était sobre en paroles, et sans   pitié.  Pas assez cambré, jambes écartées, légèrement en biais… Bref, il fallait être parfait.
Nous avons fait de nombreuses siestes couchés sur le ventre pour tenter de déformer nos colonnes vertébrales et de ressembler à un oiseau. Nous aimions ce Papazow, mystérieux comme un agent secret, malgré les tortures qu'il nous suggérait et l'attente qu'il nous imposait.
J'ai rongé mon frein avant d'avoir son feu vert pour faire mes deux secondes de chute libre et tirer pour la première fois sur la poignée rouge. 331, 332 - le temps de me dire ces chiffres avait été suffisamment long pour que je prenne conscience qu'il n'y avait pas de sangle d'ouverture automatique, et que c'était à moi seul de décider. Pour effectuer ce geste, il fallait vaincre son appréhension du saut et savoir compter son temps de chute tout en maîtrisant son corps. En fait, à travers ce moyen de locomotion qui pouvait être un sport, je prenais conscience du dialogue que j'étais obligé de tenir avec - ou contre - moi-même.
J'ai donc continué à me parler, et de plus en plus longtemps, pour arriver à... huit secondes.

… Et, j’ai attendu 1966 pour atteindre la minute en regardant au loin Jean-Pierre, le Pic du Midi d’Ossau.

Souvent, en sortant de l'avion, j'ai cru voir ce regard bleu qui me suivait...


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Message le Ven 12 Jan 2018 - 19:52 par AMARANTE

Merci LANG de votre récit.
vous avez une bien belle manière de nous conter votre vécu.

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