LES CAMPS PARACHUTISTES

Philippe de DIEULEVEULT

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03122015

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Philippe de DIEULEVEULT






Le 6 août 1986, Philippe de Dieuleveult disparaissait au Zaïre dans des circonstances aujourd'hui encore mystérieuses. Trente après, le souvenir du célèbre animateur de la Chasse aux trésors est dans toutes les mémoires.
Selon les révélations de la revue «XXI», l'animateur de télévision Philippe de Dieuleveult aurait été tué par l'armée zaïroise qui le soupçonnait d'être un espion.
Le doute couvait depuis plus de vingt-trois ans : l'animateur de télévision Philippe de Dieuleveult n'est pas mort noyé dans les eaux boueuses du fleuve Zaïre mais a bien été victime d'un assassinat. Telle est la conclusion d'une longue enquête de la revue de reportages XXI étayée par de multiples témoignages et des documents.
L'enquête intitulée «Les crocodiles du Zaïre» s'appuie notamment sur un procès-verbal d'audition de Philippe de Dieuleveult à en-tête de la Division spéciale présidentielle (DSP), la garde rapprochée de l'ex-dictateur. Entièrement manuscrit le compte rendu de l'interrogatoire est daté du 8 août 1985 et paraphé par l'animateur dont les deux frères ont authentifié la signature. En voici quelques extraits :
- «Quel est le but de votre visite au Zaïre ?
- Je suis venu pour une expédition.
- Êtes-vous militaire ?
- Après ma formation militaire en 1973, j'ai quitté l'armée pour le journalisme. (…)
- Nous tenons des informations que vous et votre équipe, vous êtes de la DGSE.
- Non.»
Un deuxième document, un télex de l'AND, l'agence de renseignement militaire, confirme la piste. Il signale le renvoi «de Dieuleveult et toute sa bande de Matadi à Kinshasa», qui est accusé «par (un) service ami d'être mercenaire». Un ancien membre de la DSP raconte la suite sous couvert d'anonymat : «Ils sont arrivés en mauvais état, car ils avaient déjà été interrogés. Ils ont été emmenés derrière un petit muret et tabassés. Nous avions l'ordre de les faire parler. Le nom qui faisait peur c'était Dieuleveult, le chef de bande d'après les consignes. Il était têtu. Il voulait tout le temps que l'on soigne un de ses compagnons très blessé. À la fin, Dieuleveult ne disait plus rien. Personne n'a avoué. Ensuite, l'unité qui s'occupait des exécutions a pris le relais.»
À l'annonce de la disparition de l'animateur, son frère aîné, Jean, s'était rendu sur place. Le vice-consul de France à Kinshasa lui avait remis un corps méconnaissable présenté comme celui de la victime. Jean de Dieuleveult l'avait fait autopsier. C'était le corps d'un Noir. En 1994, il révélait que son frère appartenait jusqu'à sa mort aux services de renseignement français.
Interrogé par XXI sur l'affaire, Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères au moment du drame, s'est montré laconique. «Ah oui, c'est ça…» a-t-il lâché à propos de la thèse d'un meurtre commandité par la présidence zaïroise par crainte d'une attaque de mercenaires. Paris comme Kinshasa se sont toujours montrés d'une extrême discrétion sur le mystère Dieuleveult. Une information judiciaire ouverte à la suite d'une plainte contre X n'a pas abouti. Sollicitée, la brigade criminelle de Paris ne s'est jamais rendue sur place pour conduire des investigations. Les révélations de XXI pourraient donner lieu, si les familles des victimes en font la demande, à la réouverture du dossier.

«Aujourd'hui, la certitude que j'ai, c'est qu'ils ont été exécutés, ce n'est pas une bavure de militaires incontrôlés», assure Anna Miquel, qui a recueilli des témoignages concordants faisant état de l'exécution des sept hommes après cet interrogatoire.

Reste la question du mobile, et là, il manque encore des éléments. L'enquêtrice a une conviction: «Je ne pense pas que les sept membres de l'expédition étaient des espions, mais je pense que Philippe de Dieuleveult, qui travaillait pour la DGSE, était en mission pour une opération de repérage ou de diversion. Il n'était qu'un maillon de la chaîne. Et Mobutu n'a pas fait d'erreur en le prenant pour un espion. Philippe de Dieuleveult a été dénoncé et abandonné à son sort.»

Au début des années 70 Philippe de Dieuleveult a servi au sein du 1er RCP alors basé à Pau, au camp d'Idron.



Intérieur de l'avion qui ramène la 2eme compagnie 1er RCP de la Martinique en juin 1973, après un séjour de 2 mois aux Antilles. en arrière plan, torse nu, c'est le sous-lieutenant Philippe de Dieuleveult.

Qui peut nous en dire plus sur cet homme hors du commun ? sur son passage chez les paras et sur son engagement à la DGSE ?
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Philippe de DIEULEVEULT :: Commentaires

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Message le Jeu 3 Déc 2015 - 10:13 par Invité

Eternelle question que nous nous posons concernant ce charismatique "journaliste" depuis bientôt 30 ans !

Hélas s'il était en mission pour la DGSE, nous ne saurons jamais rien de plus.... "Nul ne saura, nul ne verra" (ou l'inverse, il y a ici des personnes qui pourront me rectifier) - c'est la loi de ces opérations !

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Message le Jeu 3 Déc 2015 - 15:24 par vieux treillis

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Message le Jeu 3 Déc 2015 - 18:14 par Invité

Lothy, vous avez écrit :

Hélas s'il était en mission pour la DGSE, nous ne saurons jamais rien de plus.... "Nul ne saura, nul ne verra" (

Effectivement les deux expressions de la devise doivent être inversées.

Je n'ai jamais connu Philippe de Dieuleveult mais, comme tout Para, il était mon Camarade.

Je n'ai jamais su ce qui lui était réellement arrivé et je n'ai aucune opinion.

Par contre je sais qu'il a servi notre Patrie.

Pour lui, comme pour tant d'autres, la mission était sacrée, et il avait choisi de l'exécuter jusqu'au bout, si besoin au péril de sa vie.

Il a vécu est il est probablement mort pour la France, dans le respect total de son engagement en ayant choisi de Servir, jusqu'à la mort, à des milliers de km, sans que personne ne voie ni ne sache jamais rien !

Cela seul importe !

Il a fermé sa gueule, c'est la seule chose à faire, et je ne m'intéresserai pas aux élucubrations de journalistes.

Cela ne m'empêchera jamais de penser à lui, comme à tous ceux qui ont disparu en service commandé.

Nos morts, nous ne les oublions jamais !

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Message le Jeu 3 Déc 2015 - 21:36 par DE PAOLI

L'animateur vedette Philippe de Dieuleveult, disparu lors d'une expédition sur le fleuve Zaïre, en 1985, ne se serait pas noyé mais aurait été arrêté par les services secrets zaïrois avant d'être très certainement exécuté. C'est ce qu'affirme le magazine trimestriel XXI, à paraître jeudi 16 octobre.

Dans une enquête, intitulée "Les crocodiles du Zaïre", la journaliste Anna Miquel assure que le 8 août 1985, deux jours après la disparition officielle des sept membres de l'expédition "Africa Raft" dans les rapides d'Inga, M. de Dieuleveult a été interrogé à Kinshasa par un commandant de la "division spéciale présidentielle", la garde personnelle de l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko.

TÉMOIGNAGES CONCORDANTS

Un procès-verbal de cet interrogatoire, dont l'Agence France Presse (AFP) a pu consulter une copie, s'ouvre par ces mots : "L'an mille neuf cent quatre vingt cinq, le huitième jour du mois d'août, a été entendu le prévenu Philippe Dieuleveult". Ce document est estampillé d'un tampon "République du Zaïre" et porte deux signatures : celle du "major K.", "chef d'opérations" et celle du "comparant" Philippe de Dieuleveult, qui a été authentifiée pour le magazine XXI, par son frère Jean.

Anne Miquel a également assuré à l'AFP avoir obtenu, lors de plusieurs séjours dans la capitale de la République démocratique du Congo, des témoignages concordants faisant état de l'exécution par la division spéciale présidentielle, après interrogatoires, des membres de l'expédition française, pour avoir été soupçonnés d'être des espions ou des mercenaires.


le Monde

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Message le Dim 24 Sep 2017 - 0:36 par sergent Lombart

bonjour
cela aurait été pourtant intéressant de savoir, d'avoir des certitudes non ?
je parle des conditions de sa disparition.



Cadet d’une fratrie de garçons, Philippe de Dieuleveult aspira très tôt à parcourir le monde.
C’est à peine âgé de 20 ans qu’il partit, au volant d’une 4L spécialement équipée, à l’assaut du Sahara.
Si son apprentissage militaire au sein du 1° RCP lui permit de voir du pays et de se forger une condition physique, c’est dans le reportage que Philippe de Dieuleveult trouva sa voie.
En 1977, il participa avec succès à l’émission La course autour du monde, au cours de laquelle ses reportages ramenés des quatre coins du globe attirèrent l’oeil des producteurs.
Après quelques années de piges pour le service public, c’est Jacques Antoine et Antenne 2 qui lui donnèrent sa chance. La chasse aux trésors débuta en 1981 et passionna des millions de téléspectateurs tous les dimanches durant plus de quatre ans.

En 1985, flanqué de huit compagnons, il entreprit la descente du fleuve Zaïre en raft.
Le 6 août, alors que l’expédition s’attaquait aux périlleuses rapides des environs du barrage d’Inga, il disparut dans d’étranges circonstances. Noyade accidentelle, bavure de l’armée zaïroise ou lien avec sa condition de réserviste de la DGSE, le mystère de sa disparition demeure.

La tombe de famille du cimetière du Minihic lui tient lieu de cénotaphe, son corps n’ayant jamais été retrouvé.

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Message le Dim 24 Sep 2017 - 1:00 par snop.

Il y a plus de 30 ans, Philippe de Dieuleveult, célèbre animateur de la non moins célèbre émission ‘La Chasse aux trésors’, disparaissait sur le fleuve Zaïre (aujourd’hui fleuve Congo).
Dès lors, les thèses se sont multipliées : bavure militaire, noyade, assassinat ? Jeune journaliste, son fils a décidé de mener l’enquête.

Alors qu’il participait à un raid aventurier sur le fleuve Zaïre en 1985, Philippe de Dieuleveult et ses coéquipiers disparaissent.
Seules les carcasses des deux rafts sont retrouvées.
Après plusieurs enquêtes judiciaires menées, aucune véritable réponse n’a pu être apportée.
Deux thèses semblent alors plausibles : la noyade ou la bavure.
Aujourd’hui, le fils de Philippe de Dieuleveult, Tugdual, a voulu apporter des informations concrètes.
Diplômé de journalisme, Tugdual réalise là son premier reportage.

Réaliser un reportage sur la disparition de votre père, c’est une idée de longue date ?
J’ai toujours eu envie de faire du journalisme, et je m’en suis donné les moyens en faisant une école. Ensuite, des personnes nous ont plusieurs fois sollicités pour faire un documentaire sur mon père et les conditions de sa disparition.
A force, je me suis dit que j’étais finalement le mieux placer pour y parvenir. Car depuis toujours la famille a accès à beaucoup de documents, de photos et le dossier d’enquête menée à l’époque. Je me suis dit que ce serait une belle histoire à raconter.

C’est pour lui ressembler que vous vous êtes tourné vers ce métier ?
Pas pour lui ressembler mais effectivement inconsciemment ça doit jouer. Ce n’est sûrement pas par hasard que je suis attiré par ce milieu-là. Mais je ne pense réellement pas arriver au quart de ce qu’il a fait.

Vous aviez 4 ans quand votre père à disparu. En décidant de réaliser cette enquête, vous n’aviez pas peur de réveiller de vieux démons ?
Non pas du tout. Je suis parti en me disant qu’il fallait que j’oublie que je suis le “fils de”, mais que j’étais là en tant que journaliste.

D’ailleurs, c’était le piège : être influencé par le côté sentimental. Mais je crois avoir bien réussi à éviter ce côté-là et à ne pas tomber dans le pathos. En plus, Lundi Investigation suit une certaine charte rédactionnelle. Par conséquent, il était impossible de faire quelque chose de mielleux. Et encore, je trouve que je suis trop souvent montré à l’image. Si ça ne tenait qu’à moi, on ne m’aurait pas vu à l’écran.

Comment en êtes-vous venu à travailler avec Lundi Investigation ?
En fait j’ai essayé de vendre mon projet à des boîtes de production, sans résultat. Alors je me suis tourné vers Christophe Hondelatte avec qui j’avais déjà travaillé auparavant (stagiaire sur RTL dans l’émission ‘Que dit la loi ?’) et qui était mon voisin de palier il y a une quinzaine d’années. Il a alors accepté à condition que sa boîte de production - Tarabillon - soit en coproduction avec 17 Juin Production. Puis il a contacté Canal + et j’ai été mis en relation avec Jérôme Pin. C’est avec lui que j’ai coréalisé le reportage, car je n’avais ni la prétention, ni l’expérience pour le faire seul. La collaboration s’est d’ailleurs très bien passée.

Etre le “fils de”, ça aide dans le métier, non ?
Oui, je ne peux pas le nier. Mais au moins on m’a pris au sérieux et j’ai pu réaliser ce projet qui me tenait à coeur.
Sans compter que pour rencontrer les intervenants, les amis de mon père, et obtenir certains papiers utiles pour l’enquête, ça m’a bien aidé d’être son fils.

Quelles réactions avez-vous eu face à ce que vous avez pu voir, entendre ou apprendre sur votre père ?
Je savais déjà certaines choses auxquelles j’avais toujours eu accès. En fait mon travail consistait plus à démontrer qu’à découvrir les faits. Par exemple, l’appartenance suggérée de mon père à la DGSE était réelle et j’ai pu le prouver. Ensuite, effectivement, le fait d’aller sur place en Afrique, et de rencontrer des personnes, de leur parler directement, apprend toujours des choses. On finit par se faire une idée par soi-même.

On y vient justement. Quelle thèse est selon vous, la plus probable : noyade ou bavure ?
Honnêtement, je n’en sais rien. Quand on voit la violence du fleuve, on peut largement croire en cette thèse. Parallèlement, la seconde hypothèse, celle de la bavure, est également très probable compte tenu de la tension nationale à l’époque de sa disparition… C’est vraiment 50/50 pour moi. Alors c’est sûr qu’on peut faire plein de suppositions, mais nous sommes restés dans ce qui était démontré et je n’ai moi-même pas de réponse, ni même de thèse à fournir. Ça reste un très gros mystère.

Comment votre famille a-t-elle réagi face au reportage ? On peut d’ailleurs y voir votre mère…
Que ce soit bien clair : sans leur consentement, je n’aurais absolument rien entrepris. Mais mon frère, ma soeur et ma mère m’ont soutenu. Aujourd’hui, ils sont très contents du résultat, tout comme les témoins qui ont participé au reportage car ils ont estimé que leurs doutes, leurs états d’esprit étaient bien retranscrits.

Combien de temps l’équipe de tournage est-elle restée en Afrique ? Avez-vous des regrets, des questions en suspens ?
Nous y sommes allés 15 jours et c’est déjà bien. C’était une période un peu tendue car nous y sommes allés juste avant les élections. C’était donc difficile pour obtenir les accords, les laissez-passer, les autorisations… Ça nous a fait perdre beaucoup de temps mais c’est déjà bien.

Vous êtes-vous senti menacé pendant votre voyage ?
Non à aucun moment, vraiment. Même si l’ambiance parfois était tendue et que je remuais le passé.

Dans le reportage, il est question d’un livre : ‘J’ai vu mourir Philippe de Dieuleveult’ écrit par Okito Bene-Bene. Il annonce que votre père est enterré dans un cimetière sous un faux nom. Vous vous rendez dans ce cimetière, mais il semble que vous passiez vite outre cette déclaration… ?

Si nous avions vraiment voulu fouiller dans ce cimetière, il aurait fallu des pelleteuses, un vrai travail de titan, c’était impossible… Et puis la thèse de cet auteur peut facilement être démontée. A l’époque une enquête judiciaire avait démontré avec preuves à l’appui qu’un certain nombre de points du livre étaient totalement faux…

Vous êtes aujourd’hui satisfait du résultat de votre reportage ?
Très content oui. On a fait ce qu’il y avait à faire. On n’avance que des choses vraies et démontrées. Nous n’avons pas voulu entrer dans le sensationnel et étayer les différentes thèses. Et puis il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une enquête journalistique et non d’une enquête policière ! Nous n’avons rien occulté et retranscrit les points tels quels. Après chacun pense ce qu’il veut, mais nous n’avions pas suffisamment d’éléments pour aller plus loin.

N’êtes-vous pas fâché, furieux face à ce manque de réponses ?
Non pas du tout. Je ne réclame rien, des enquêtes judiciaires ont déjà été menées… Aussi c’est un film sans haine que j’ai voulu réaliser.

Pourquoi n’est-ce pas votre voix qui commente le reportage ?
Pour cela il aurait fallu que le commentaire soit écrit à la première personne pour que je sois crédible en voix off. Mais ce n’était pas dans la charte de l’émission. Et puis je suis très content que ce soit Christophe Hondelatte : je n’aurais jamais pu faire aussi bien de toute façon.



LEFIGARO

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Message le Dim 24 Sep 2017 - 1:07 par F Ronald

Personnellement, la disparition de cet animateur charismatique des années 80 qui a bercé la jeunesse de certaines personnes à travers l'émission La Chasse aux Trésors restera avant tout un mystère.

Nous n'avons pas retrouvé son corps au Zaire, actuellement à la République Démocratique du Congo alors que nous avons retrouvé un des corps de "ses compagnons d'aventure". Philippe de Dieuleveult avait un côté sombre : parallèlement à ses activités télévisuelles, il aurait appartenu aux services secrets français en étant le Capitaine du 11ème choc de la DGSE. Une activité secrète qui lui a coûté probablement sa peau...



J'ai mis le terme "probablement" car nous ne savons pas les vraies circonstances de sa mort : noyade ? Assassinat ? Accident ? Une disparition vraiment troublante d'autant que nous n'avons jamais retrouvé son corps...

Cet animateur, j'ai eu l'occasion de le voir grace à des rediffusions de l'émission La Chasse aux Trésors sur France 5, à la fin des années 90. Philippe avait vraiment la carrure, puis c'est vrai il était assez athlète et beau.

Surnommé le "Tintin des temps modernes", Philippe de Dieuleveult nous offrait de sacrés images et de grands commentaires à travers cette émission phare d'Antenne 2 dans les années 80.

Encore un homme talentueux qui nous a quitté trop tôt à l'âge de 34 ans seulement...

En 1981, Philippe devient pour la seconde fois, papa d'un garçon, Tugdual.

Après avoir été pigiste pour Antenne 2 toujours, il est contacté par Jacques Antoine pour animer une nouvelle émission au sein de la 2ème chaine, La Chasse aux Trésors. L'émission commence alors le 15 mars 1981 et passionne le public francophone pendant plus de quatre ans.

Le public s'attache aux aventures de cet animateur assez charismatique, ayant de l'humour, de la sympathie et prenant même des risques notamment quelques sauts à l'élastique ou chute depuis un hélicoptère entre autres !

Philippe de Dieuleveult devient alors une vedette du petit écran et même il enregistre un disque Los Angeles 84 à l'occasion des Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984.

1984, c'est également l'année où il publie son autobiographie, J'ai du ciel bleu dans mon passeport, chez Grasset qui deviendra en l'espace de cinq semaines, un best seller avec près de 300 000 exemplaires vendus à l'époque.

Le grand mystère de la disparition de Philippe.

L'hypothèse des circonstances de la disparition de l'animateur-phare de La Chasse aux Trésors est évoquée en 1994 à travers le livre d'un ancien officier des services secrets du Zaire, Okito Bene Bene, J'ai vu mourir Philippe de Dieuleveult. L'ex-officier, réfugié en Belgique depuis 1990 et aujourd'hui décédé, y révèle les dernières heures de vie de Philippe. Il aurait été questionné par des services secrets zairois puis exécuté avec quatre de ses compagnons dans la nuit du 9 août 1985. Cette thèse d'assassinat a été appuyée par la journaliste Anna Miquel en 2008 qui à travers quelques séjours au Zaire, devenue la République Démocratique du Congo, révèle que Philippe de Dieuleveult aurait été interrogé à Kinshasa par un officier de la "Division spéciale présidentielle" DSP, la garde personnelle de l'ancien dictateur Mobutu.

Un procès verbal de cette interrogatoire aurait été signé par Philippe de Dieuleveult qui en parallèle à ses activités audiovisurelles appartenait aux services secrets français à la DGSE. Cette activité secrète à été révélée par son frère Jean en 1994 puis confirmée par le propre fils de Philippe, Tugdual en 2007.

Cependant, il paraitrait que sur ce procès verbal, la signature de Philippe de Dieuleveult n'était pas la sienne, qu'elle aurait été scannée puis réhaussée à l'encre...

Tugdual de Dieuleveult, en 2006, avait fait une enquête sur la disparition mystérieuse de son père et en révèle une autre circonstance : il s'agirait d'une bavure de l'armée zairoise à travers trois membres de l'expédition "Africa-raft" et d'une noyade pour les autres membres de cette expédition. Cette thèse est appuyée alors par l'ancien chef de la DGSE, l'amiral Lacoste ainsi que Gérard d'Aboville.

La thèse de la noyade accidentelle est aussi évoquée : un seul corps de l'expédition a été retrouvé et les tourbillons du fleuve capricieux du Zaire peuvent entrainer un corps vers le fond, le plaquer sous un rocher ou par la présence de prédateurs comme les crocodiles de trois mètres de longs ou les poissons carnivores mbenga.

Je suis au service de la DGSE, je te promets que je ne tuerai jamais personne, je veux simplement servir les intêrets économiques de la France.

Phrase dite par Philippe de Dieuleveult à son frère, Jean en 1978, repris par Lepoint.fr en 2008.

Philippe de Dieuleveult a été un moniteur assidu de la pm para à Orléans. Il était un ancien du 1er RCP.



par l'artilleur

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Message le Dim 24 Sep 2017 - 1:31 par LUDO

Issu d’une ancienne famille de l’aristocratie bretonne, Philippe de Dieuleveult est le benjamin d’une fratrie de sept garçons.

Dès le plus jeune âge, il ne rêvait que d’aventures. Il fut d’abord scout puis exerça mille petits métiers pour financer sa première expédition, une traversée du Sahara qui sera suivie de plusieurs autres.
Il participe avec succès à la « Course autour du monde » pour laquelle de jeunes globe-trotteurs devaient envoyer chaque semaine un reportage sur un pays différent. En 1979, il est engagé comme journaliste reporter d’images pour FR3. Caméra à l’épaule, il filme les équipes de « Médecins sans frontières » dans leurs diverses missions partout dans le monde. Et en 1981, il anime sur Antenne 2 l’émission « La Chasse aux trésors », qui passionnera le public pendant plus de quatre ans. Enregistrant l’émission chaque semaine dans un endroit différent, il marque les téléspectateurs par sa chaleur humaine, son humour, et ses prises de risques (chute depuis un hélicoptère, plongée sous-marine, saut en parachute en direct, etc.). L’émission, diffusée le dimanche soir, arrivera souvent en tête des audiences. Malheureusement, il disparaît tragiquement et mystérieusement au Zaïre en 1985. Noyade, accident ou assassinat ? L’affaire n’a jamais été vraiment élucidée.



« J’ai du ciel bleu dans mon passeport » est son témoignage en forme d’autobiographie qui parut une année avant sa mort.
Sans se soucier de l’ordre chronologique, il y raconte en vrac sa jeunesse, ses expéditions, sa vie d’homme de télévision et même ses liens avec l’armée (ancien parachutiste et formateur commando, il sera contacté par le célèbre Bob Denard mais refusera de collaborer avec lui). Il fait preuve d’une grande franchise et d’une belle honnêteté.
Reconnait être touché par l’amour que le public lui porte et en particulier les handicapés, tout en reconnaissant ne pas être atteint par cette « gloire » et être résolu à toujours rester lui-même, c’est-à-dire un aventurier des temps modernes toujours prêt à faire ses bagages pour partir au bout du monde. Un livre tonique et bien écrit qui permet de jeter un œil dans les coulisses de la télévision tout en gardant la mémoire d’un être hors norme.

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Message le Dim 24 Sep 2017 - 6:50 par Béghin Bernard

Qu'est ce qui nous a fait rêver ce type. On ne peut pas oublier ses crapahuts, ses vols en hélico.
Il avait une telle baraka que l'on ne pouvait pas imaginer le pire pour lui. Et le pire est arrivé.
Punaise, on a quand même de sacrés bonshommes en France.

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