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L’opération Sentinelle est un piège pour l’armée de Terre

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29022016

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L’opération Sentinelle est un piège pour l’armée de Terre




L’opération Sentinelle est un piège pour l’armée de Terre

Jamais   sans   doute   depuis   la   professionnalisation   des   Armées une  opération  n’aura  été  aussi préjudiciable pour l’Armée de Terre que l’actuelle opération Sentinelle déclenchée dans  la foulée des attentats de janvier dernier et qui sauf invraisemblable sursaut de lucidité va se poursuivre.
Après ces attaques meurtrières, j’ai salué comme l’immense majorité des français, le recours à l’état d’urgence et le renforcement des mesures de sécurité.
Le déploiement des forces armées et tout particulièrement de l’Armée de Terre répondait à une compréhensible logique d’urgence
dans un contexte d’ubiquité du danger. Les menaces n’ont pas disparues mais l’urgence est devenue constance et la place de l’Armée n’est plus à patrouiller incongrument par six dans les lieux publics, Famas en sautoir et casque à la ceinture.
Je ne peux que constater qu’après chaque nouvel attentat, il a été demandé aux Armées de déployer toujours plus de militaires dans les grandes villes. Les forces armées ont vécu toutes les gradations du Plan Vigipirate avant de passer au dispositif Sentinelle.


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L’opération Sentinelle est un piège pour l’armée de Terre »
Jamais   sans   doute   depuis   la   professionnalisation   des   Armées une  opération  n’aura  été  aussi préjudiciable pour l’Armée de Terre que l’actuelle opération Sentinelle déclenchée dans  la foulée des attentats de janvier dernier et qui sauf invraisemblable sursaut de lucidité va se poursuivre.
Après ces attaques meurtrières, j’ai salué comme l’immense majorité des français, le recours à l’état d’urgence et le renforcement des mesures de sécurité.
Le déploiement des forces armées et tout particulièrement de l’Armée de Terre répondait à une compréhensible logique d’urgence
dans un contexte d’ubiquité du danger. Les menaces n’ont pas disparues mais l’urgence est devenue constance et la place de l’Armée n’est plus à patrouiller incongrument   par   six   dans   les   lieux   publics, Famas   en   sautoir   et   casque   à   la   ceinture.
Je  ne  peux  que constater qu’après chaque nouvel attentat, il a été demandé aux Armées de déployer toujours plus de militaires dans les grandes villes. Les forces armées ont vécu toutes les gradations du Plan Vigipirate avant de passer au dispositif Sentinelle.
Vigipirate restait  absorbable  sans  conséquence   majeure  pour  la  bonne  santé  opérationnelle de l’Armée de terre, Sentinelle
est  destructrice.
Sentinelle  est  destructrice  parce  cette  opération "consomme" des femmes et des hommes qui devraient se former, s’entraîner
ou  se  reposer avant  un  nouvel  engagement.  Rogner  sur  un  de  ces  aspects  consubstantiel  au  maintien  en  condition
d’un soldat et à la capacité opérationnelle d’une unité, c’est scier le pied du tabouret. Quel que soit l’aspect  sauvegardé   ou  sacrifié  la  bombe est  à  retardement  avec   des   effets   qui  peuvent   être dévastateurs. Sur le terrain d’abord où nos théâtres d’engagement notamment africain exigent un haut degré  de  préparation  individuelle et  la  maitrise  de  savoir-faire  collectifs  compliqués.  Une  faiblesse dans ce registre, c’est au mieux être incapable d’audace tactique et au pire accepter les pertes humaines. Sur le potentiel humain ensuite avec le non renouvellement du premier contrat ou le départ anticipé de jeunes cadres confrontés à l’impossibilité de conjuguer vie professionnelle et vie sociale ou familiale. Les chefs militaires et j’ai été de ceux-là, ont toujours eu beaucoup de pudeur à insister sur la nécessité de garantir des phases de détente et de récupération et pourtant je sais aussi par expérience qu’elles conditionnent le bon moral d’une troupe, facteur multiplicateur d’efficacité ou à contrario élément fondateur du renoncement ou de la révolte.
Sentinelle est aussi destructrice parce qu’elle renvoie à nos compatriotes une idée faussée de ce qu’est un soldat professionnel  et ce  que sont ses  savoir-faire  individuels  et collectifs. En plagiant les  modes
d’action des forces de sécurité, défense statique des édifices ou présence mobile, ils sont réduits à un rôle  de  supplétifs  avec  qui  plus  est  des équipements et un armement inadaptés. C’est utiliser une voiture de sport en refusant de passer la seconde vitesse. Dans un contexte sécuritaire dégradé avec des moyens adaptés et complémentaires à ceux des policiers et des gendarmes, les  forces  armées  sont un recours  et leur présence dissuasive est rassurante. Mais quand la vie a repris son cours normal et que ce sont les bouchons en direction des stations de sports d’hiver qui occupent la une de l’actualité, qu’apporte réellement ce déploiement ostensible de militaires au cœur de nos villes ? Hier, ces soldats étaient remerciés, aujourd’hui ils laissent indifférents, je crains que demain le quidam leur reproche de ne servir à rien.
Sentinelle est enfin et surtout un énorme piège pour l’Armée de Terre qui a obtenu en contrepartie de cette mission un arrêt temporaire de la déflation de ses effectifs et l’autorisation de recruter. Ce nécessaire ajustement au regard du contrat opérationnel  défini  par le Libre Blanc de  2013  et  les engagements  voulus  par  le  Président de la République est aujourd’hui perçu par l’opinion publique, sous l’effet conjugué des médias et des portes paroles ministériels, comme un privilège qui place cette Armée en position d’obligé. C’est pour elle et ses chefs, le grand écart entre l’excellence que requiert l’engagement à l’extérieur et l’indispensable solidarité nationale. A tout prendre cette même Armée de Terre risque d’y perdre sa crédibilité.
Les centres de recrutement sont parait–ils submergés de demandes de recrutement. L’occurrence de la guerre attire  le soldat. Faut-il s’en réjouir ? Faut-il  y  voir un précautionneux pressentiment  ou unenvraie résilience dont nos décideurs seraient bien aise de s’inspirer ?  Pour  ma  part,  sans  exclure  la nécessaire  voire  indispensable  réflexion sur  la  continuité  entre  défense  et  sécurité : Garde  nationale, réserve opérationnelle ou autre formule qui demandera des moyens, de l’argent et du temps, j’estime qu’aujourd’hui, la place des cadres et des soldats, aviateurs et marins de nos armées professionnelles est à l’instruction dans les cantonnements, en formation dans les écoles et centres spécialisés, à l’entrainement dans les camps de manœuvre ou à la mer, au repos pour profiter d’une aération auxquels ils ont droit ou en projection sur les  exigeants théâtres d’opération mais certainement pas à arpenter dans ces conditions le bitume de nos cités.
»
Général (2S)THONIER
Le général de corps d’armée
(2S) Thonier est issue des troupes de marine et a participé à de très nombreuses OPEX. Il a notamment commandé le 2ème
Rima et l’opération Licorne, avant de quitter le service actif en 2009

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Charbonnier
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Message le Mar 1 Mar 2016 - 1:00 par Lothy

Je ne sais pas ce qui s'est produit sur ce post Cool

Toutefois, il est déjà en ligne ICI

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