LES CAMPS PARACHUTISTES

guerre d'Algérie en novembre 1958

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

27112016

Message 

guerre d'Algérie en novembre 1958




Novembre 1958:

Le cafetier Ortiz, de Bab el Oued, transformé par la presse en symbole des petits blancs à cause de sa faconde et de son énergie crée avec quelques amis le Front National Français, destiné à maintenir l'algérie dans la france. Parmi ses membres, Perez, médecin des pauvres, Susini, "patron" des étudiants d'Alger. Cette organisation sera en concurrence avec de nombreuses autres du même tabac qui ne se distinguent que par la haine tenace que se vouent leurs dirigeants. Ortiz entretient les meilleures relations avec le cinquième bureau (action psychologique) sans qu'on distingue bien la part des nécessités de service (comprendre et influencer cette partie de la population) et de la sympathie sur les objectifs. Le FNF sera dissous en février 1.960, après l'affaire dite des barricades, ses membres rejoindront le Front pour l'Algérie Française du bachaga Boualem, mouvement unique et de masse (vu l'urgence) qui sera dissous à son tour à l'occasion du putsch, ne laissant aux partisans de l'algérie française que la clandestinité.

Pour fêter l'anniversaire du début de la rébellion, Boumedienne lance une offensive sur les barrages, beaucoup de ses subordonnés n'obéissent pas, ou mollement. Boumedienne les liquidera rapidement, prenant pretexte du complot monté depuis le Caire par Lamouri.

2 Novembre 1958:

Le commandant en chef en algérie dénonce le communiqué du FLN qui annonçait une offensive générale, "ce n'est qu'une manoeuvre de propagande". Il s'agit en fait d'attirer sur le barrage des troupes qui sont en train de commencer le plan Challe. Il s'agit aussi de lutter contre le trouble qui s'empare des troupes F.L.N. qui ne se sont pas engagées pour mener une vie de caserne. Challe connaît parfaitement la situation dans les rangs de l'A.L.N. en Tunisie, il sait qu'il y eu des rebellions et des purges, il ne change rien à son dispositif. Le 17 Novembre, Boumedienne, jeune colonel, fera arrêter des centaines d'hommes et les fusillera en Mars 59, ancrant ainsi son pouvoir sur l'A.L.N.

Au Caire Ferrât Abbas affirme, comme tous les trois mois, qu'il est prêt à des négociations.

3 Novembre 1958:

Activité des terroristes dans l'algérois (fermes brûlées, routes coupées…)

Un industriel et un de ses cadres assassinés à Alger.

Un haut magistrat, Hoppenot s'installe à Alger pour surveilles les élections, il affirme "chaque opinion doit pouvoir s'exprimer en algérie".

4 Novembre 1958:

Les journalistes d'Alger ont été invité par les militaires à visiter le barrage Est, que le FLN prétendait avoir détruit sur plusieurs kilomètres. Formidable excursion dans de magnifiques paysages.

5 Novembre 1958:

Les divers partis Algérie Française essayent de se mettre d'accord sur les candidats aux législatives, ça bagarre ferme. Le MP 13 mai de Martell refuse de participer aux discussions d'investiture, il ne croit pas en la démocratie.

6 Novembre 1958:

Un gendarme et un garde champêtre tués à Matemore.

7 Novembre 1958:

Toujours les investitures, des émissaires de Bidault (catho), Soustelle (encore gaulliste), Morice (radicaux) et Pinay (indépendants - paysans) tous pro algérie française viennent mettre de l'ordre dans le panier de crabe d'Alger.

9 Novembre 1958:

Dépôt des listes aux législatives. (il s'agit d'un scrutin de listes, dans 18 circonscriptions, pour élire 67 députés au scrutin universel - les deux collèges ont été supprimés-). Chaque liste doit avoir un certain nombre de candidats de religion musulmane, un précèdent de l'affirmative action ricaine chère à nos gauchistes, mais à l'époque rejetée par eux,.

.Il y a 51 listes pour 190 candidats, le FLN a comme aux élections précédentes refusé la démocratie, dénonçant une soit- disante manipulation du scrutin et préconisé l'abstention sous peine de mort.


10 Novembre 1958:

Un train saute sur une mine sur la ligne de Djelfa, 6 morts, 13 blessés.

11 Novembre 1958:

Ferrât Abbas précise les conditions de la négociation qu'il accepte, elle doit avoir lieu sous les auspices des nations unies.


12 Novembre 1958:

Messali Hadj, chef historique des indépendantistes, assigné à résidence à Belle- Ile, se déclare opposé au FLN qu'il qualifie de tueurs sanglants et sans scrupules, et réclame des négociations sans préalables. Messali sait bien que le peuple algérien dans son ensemble est opposé au FLN.

Le comité de défense de ce jour adopte les plans à moyen terme de l'armée. Il s'agit d'arbitrer entre les demandes de Salan reprises par Challe, (394.000 hommes) les remarques désobligeantes de de Gaulle, "à part les paras, personne ne sert", les contraintes budgétaires, la nécessité politique de diminuer la durée du service militaire. On arrive à 350.000 homme mais une augmentation des harkis de 50.000 hommes et une diminution au fur et à mesure des progrès de la pacification jusqu'à un plateau de 180000 hommes (hors supplétifs) à partir de 1962 et au delà.

De Gaulle se livre à Ely : "ce n'est pas sur le plan militaire que l'affaire se réglera…. 100.000 hommes de plus ou de moins ça ne compte pas. C'est sur le plan psychologique et politique que l'affaire se réglera. Je vais mettre Ben Bella au régime politique." (mémoires du général Ely).

13 Novembre 1958:

Après examen par la commission de contrôle et tractations diverses, finalement 43 listes se présentent aux élections législatives pour 18 circonscriptions. Dans 7 circonscription il y a une liste unique.

Engagement près de Philippeville, un sous lieutenant et un lieutenant tués, 48 fellaghas hors de combat.

L'imam de la principale mosquée de Constantine, cheikh Lakhdari assassiné.

1529 personnes en majorité membre du F.L.N., graciées à l'occasion du 11novembre


17 Novembre 1958:

Convoqués à Tunis pour "mettre au point le plan d'opération pour le printemps" une cinquantaine des cadres militaires du F.L.N. extérieur sont arrêtés par Boumedienne. Motif : refus d'obéissance, manque de combativité. Parmi eux, Lamouri, ex-commandant du front de l'est, qui a monté une rebellion des unités de l'ALN, Naouaroua, chef de la willaya 1, Laskri Amara chef de la willaya de Souk-Arras. Cela consolide (en prime) l'autorité de Boumedienne sur l'armée F.L.N. On sait maintenant que pour réaliser ce coup, les trois B (Belkacem, Boussouf, Ben Tobal) vrais chefs du moment du FLN avaient dû "emprunter" à Bourguiba des unités tunisiennes, leurs forces loyales étant insuffisantes. Boumedienne monte d'un cran.

Les rebelles seront pour la plupart fusillés en mars, après un procès stalinien que ditige Boumedienne..


19 Novembre 1958:

Deux frères, pécheurs à la ligne, attaqués par des rebelles près de Philippeville, l'un est tué, l'autre parvient à s'enfuir.


22 Novembre 1958:

Le bilan des opérations militaire de la semaine s'élève à 300 rebelles hors de combat.

Découverte, près de Philippeville des squelettes de deux employés qui avaient été enlevés en juillet 56.

Découverte dans une citerne près de La Ciotat des corps atrocement torturés et mutilés de quatre musulmans, sans doute des personnes réticentes à payer "l'impôt révolutionnaire".


25 Novembre 1958:

Le capitaine André Zwilling est tué au combat en grande kabylie. Son ami, Raoul Girardet, lui dediera "pour le tombeau d'un capitaine" au moemnt de la débacle de 1962. Extraits ICI.


28 Novembre 1958:

Deux locomotives sautent sur deux mines près d'Orleansville. Dans un souci de sécurité, les trains de cette époque circulent à vitesse limitée, ils sont précédés de wagons chargés de sacs de sables pour qu'ils fassent sauter d'éventuelles mines, puis d'un wagon avec des militaires armés, en fin de convoi un nouveau wagon de militaires.

L'artillerie de campagne était très peu utilisée dans cette guerre, de temps en temps pour boucler un chemin de fuite possible si la rapidité de l'opération n'avait pas permis de boucler tout le secteur. Privés d'approvisionnement en arme et en munitions par les barrages, les fels récupéraient les obus non explosés et les transformaient en mine comme dans cet épisode ou en bombes particulièrement meurtrières dans les stades ou les cafés.

Cette fois, il y eut six morts, quatre militaires d'escorte et les deux conducteurs de locomotives.

Deux chefs de chantier assassinés sur leur chantier à Kerrata.



29 Novembre 1958:

Elections législatives.

Une tentative de franchissement du barrage marocain, menée par 200 hommes, échoue. Ce sera la dernière, l'action des rebelles se limitera ensuite à des harcèlements de poste, des poses de mines, des sabotages.Le général Salan avait repris et amplifié le projet. Il en hâta la réalisation. Le système est articulé en trois parties:

o Un réseau d'obstacles, sur deux cent vingt kilomètres, entre Port-Say et El-Aricha. La zone montagneuse est couverte entre Port-Say et Mechour par un premier réseau de barbelés. Puis c'est le système trapézoïdal miné. La route nationale n° 7, derrière cet obstacle, permet une intervention rapide sur tout le front. Une route nouvelle a même été ouverte entre Mechour et Port-Say, pour remplacer un tronçon en zone interdite. Enfin, du côté algérien, un obstacle d'un à trois kilomètres de large. Le barrage est jalonné d'une douzaine de postes, l'artillerie bat la zone interdite. Toute manifestation localisée est atteinte en trois minutes. La pratique de la "herse", patrouilles nocturnes de blindés, en éclairant en profondeur la haie électrifiée, localise les coupures importantes par bengalores.

o Entre El-Aricha et Mocta Delli, devant la "plaine d'alfa", une chaîne de radars protège la zone de cent soixante kilomètres. Ce système de radars canons réduit les chances de succès des convois.

Un réseau d'obstacles et de radars protégeait Colomb-Béchar et les Monts des Ksours.

Salan avait donc fait accepter un projet plus large que celui qu'Ely avait soutenu. Le barrage prévu avait été tracé entre la mer et les Monts de Tlemcen seulement. Rien n'avait été prévu pour couvrir un "trou de deux cents kilomètres" entre ces Monts et l'Atlas saharien, dans la région dite des hauts plateaux. Rien non plus pour le Sud, face à "cette immense zone désertique", où on se limiterait à la "surveillance aérienne d'une zone interdite".

Salan obtint d'étoffer "la frontière dans les hauts plateaux". On y avait prévu deux ensembles avec une zone interdite de cinquante kilomètres de large, limitée au nord par la rocade EI-Arrich à Sebdou. Ainsi, "tout mouvement en dehors de quelques pistes contrôlées, y serait a priori considéré comme hostile". Une dizaine d'hélicoptères, rassemblés à Mecheria, pourraient arriver "en moins de deux heures sur le point le plus éloigné (cent kilomètres)". Interviendrait un premier échelon héliporté d'une centaine d'hommes, suivi par d'autres échelons héliportés. Des B 26 assureraient la couverture aérienne.

Il était impensable d'équiper de façon continue les cinq cent cinquante kilomètres séparant Port-Say d'Abadla, à l'extrémité du grand Erg occidental. Au début de 1957 n'étaient achevés que le minage d'une partie de la frontière et la pose d'une haie électrifiée sur dix kilomètres autour de Marnia. Aussi, à la fin de 1957, son efficacité était relative. Le 6 décembre 1957, il n'avait pu arrêter deux passages venant du Maroc. Dans la zone contrôlée par radar, avait été enregistrée une "légère recrudescence des pistes venant du Maroc". L'artillerie avait tiré sur cinq pistes, des éléments d'intervention avaient été déployés, contraignant quatre convois à se disperser et à faire demi-tour. Trois convois tentaient le passage de l'Algérie vers le Maroc. L'un d'eux avait "reflué sous le tir d'artillerie". La barrière n'était pas inviolable, malgré l'abondance des mines: quatre cent vingt mille mines devant le barrage ouest, quatre cent dix-huit mille devant le barrage des Ksour.

Salan fut soutenu, comme pour le barrage tunisien, par le ministre de la Défense nationale, André Morice. Il fournit les renforts demandés en affectant en Algérie le 6ème RPC, le 1/3 RA, le 1/42 RA. Il y joignit des unités affectées d'abord au Maroc: quatre bataillons d'infanterie, un régiment de blindés, un groupe d'artillerie, les parachutistes du 3ème RPC et des bataillons de tirailleurs algériens. Ainsi, dix mille hommes étaient stationnés face au Maroc. Le ministre avait précisé qu'on ne pourrait "les employer qu'à proximité de la frontière du Maroc, de manière à préserver leurs possibilités d'intervention sur ce territoire en cas de nécessité".

(La guerre d'algérie du général Salan, Valette, ISBN 978-2-915960-38-9)

30 Novembre 1958

Bien qu'au scrutin d'arrondissement à deux tours, méthode donnant une prime aux vieux partis bien implantés et capables de négociations entre les deux tours, les élections donnent en métropole un triomphe pour les listes gaullistes et Algérie française, les deux ne se distinguant pas à l'oeil nu. Le parti gaulliste, mené par Soustelle et Chaban Delmas, l'UNR avait fait campagne sur ces deux thèmes, et avait comme slogan: "sortez les sortants".

Les socialistes, qui rêvaient de retrouver le pouvoir sous la houlette de de Gaulle, les "gaullistes de gauche" (dont pas un seul représentant n'est élu) font grise mine. L'entourage du général - Pompidou, Guichard- aussi. Les français n'ont pas compris la distinction entre les thèses défendues par les gaullistes (en particulier l'algérie française) et le général lui-même, il faudra trois ans et des explications détaillées pour obtenir ce résultat, "les français sont des veaux" en conclura le général.

En Algérie, nouvel échec du FLN, les français d’Algérie ont voté au collège unique à 70 % alors que le F.L.N. avait demandé l'abstention et utilisé ses moyens habituels de terreur pour l'imposer, n'hésitant pas à assassiner dans certains bureaux de vote les premiers qui se présentaient comme avertissement aux suivants. Tous les députés d’Algérie, y compris sans doute Salah Boubaker, recteur de la grande mosquée de Paris, vivant à paris, et qui se présentait au Sahara, sont de chauds partisans de l'algérie française et de l'intégration.

On cite parmi les plus connus, Mademoiselle Sid Cara, secrétaire d'état, pierre Lagaillarde, président des étudiants d'Alger, Ahmed Djebbour, futur élu front national au parlement européen, marc Lauriol, Robert Abdesselam, champion de tennis, mourad Kaouah qui sera mis en prison pour avoir rejoint Lagaillarde sur les barricades. Tous ces députés s'inscrivent avec liesse au groupe UNR. Soustelle est ravi. Le général fait contre mauvaise fortune bon cœur, il prétendra plus tard que ces députés ont été élus sur son nom et pas sur son programme, mais alors pourquoi les Clostermann et autres Barberot (sans compte kenedillon Servan Schreber) n'ont pas été élus? ils avaient bien eux aussi le label gaulliste, avec même une certaine affection marquée.


extrait de " la guerre d'Algérie jour par jour "

_________________

avatar
LOUSTIC

Messages : 307
Points : 22539
Réputation : 680
Date d'inscription : 31/01/2012
Age : 58

Revenir en haut Aller en bas

Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

guerre d'Algérie en novembre 1958 :: Commentaires

avatar

Message le Lun 28 Nov 2016 - 9:43 par BriseLance13



Merci Rouge, pour ce rappel des faits d'il y a 60 ans .

Ce, pour ne pas oublier toutes les souffrances endurées par nos soldats, leurs familles, les Français d'Algérie arrachés de

leur terre natale, sans oublier les nombreux Algériens qui aimaient la France.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Mar 29 Nov 2016 - 9:59 par andredepoey64

Le 19 novembre 1958, le 1RCP accroche dans la région d'Aflou.
Les lieutenants DELAFON, DOUCET de la 3 cie, S/lieutenant BAUDE 4cie, CHAIX 2 cie sont tués ainsi que 11 S/officiers et paras.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Mar 29 Nov 2016 - 10:07 par charly71

Merci rouge, où as-tu déniché ce rappel de nov 58 jour par jour ?
J'y étais, mais ma mémoire, sélective ne se rappelle pas tout.... Heureusement !

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Mar 29 Nov 2016 - 12:39 par andredepoey64

Moi j'étais présent sur le terrain avec l'escadron de reconnaissance comme chef de voltige.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 18 Nov 2017 - 0:12 par vieux treillis

Cela fait drôle de relire tout cela, beaucoup l'ont encore en mémoire.
paramicalement

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum