LES CAMPS PARACHUTISTES

Guerre d'Algérie en décembre 1954

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Guerre d'Algérie en décembre 1954

Message par LOUSTIC le Ven 2 Déc 2016 - 14:46

1 décembre 1954 :

22 hors la loi tués près de Batna.


5 décembre 1954 :

Léonard, gouverneur général se rend en Kabylie tâter le moral de la population. Il en revient rassuré.


10 décembre 1954 :

Un fort détachement du 11 ème choc débarque à Alger et est envoyé en Kabylie, à Dra el Mizan et à Sidi Renif. Fidèle aux habitudes "moustachues" de cette unité, elle change de nom et s'appelle Groupement de Marche, mais elle continue à dépendre directement du premier ministre, et à fournir les équipes action de la DGSE (les espions de l'époque). Le 11 ème choc acceptera sans rechigner (mais sans enthousiasme) les humbles taches d'un quartier, qu'il égayera par sa participation à tous les coups tordus, en particulier en piégeant abondamment les zones interdites (y compris les cadavres des fells laissés sur le terrain), le parachutage d'un poste de radio piégé à destination de Benboulaïd, le "démontage" de la force K (oiseau bleu), l'encadrement de Bellounis et de Kobus, le ralliement d'Ali Hambli ou la liquidation de si Mohamed, le compagnon de si Salah, qu'il a trahi.



11 décembre 1954 :

L'assemblée nationale approuve la politique algérienne du gouvernement, que l'on peut résumer ainsi: René Mayer: "On frémit à l'idée que les hommes qui ont armé les bras des tueurs ont la prétention de mener l'algérie vers une ère de civilisation, de liberté et d'indépendance."

Le jeune et ambitieux ministre de l'intérieur du gouvernement Mendés France, François Mitterand expose au sénat que la situation est bien en main et que les rebelles seront impitoyablement éradiqués.

Discours à la radio du président du conseil, pierre Mendés - France, il expose "sans minimiser l'importance des événements" que "la situation est bien en main en algérie".


13 décembre 1954 :

Six militaires de l'A.L.N. armés de fusils de guerre se présentent chez Boussiouda Kelkacem, 55 ans, à la Mechta Tafferrfout (douar Oulad Labiod, c.m. Aurès) et lui réclament 5000 francs. Boussiouda refusant, il est roué de coups. Les militaires lui coupent à l'aide de ciseaux l'extrémité du nez. (N.B. : somme en anciens francs).  

14 décembre 1954 :

Dans les Aurès, la seule zone troublée, les rebelles assassinent 15 musulmans qui avaient marqué leur amitié pour la france.
Messali Hadj tire les conséquences de la scission de son mouvement et regroupe ses fidèles dans le MNA qu'il vient de créer.

15 décembre 1954 :

Deux musulmans demandent tout bêtement à monsieur Perski, commerçant en surplus américaine, de grandes quantité de treillis et de Pataugas. Monsieur Perski, méfiant, rend compte et on lui demande de livrer, mais les Pataugas seront livrés directement par les services français. Ces Pataugas, réalisés spécialement, ont une petite croix qui permet d'identifier les fells...

22 décembre 1954 :

Le gouverneur général socialiste Leotard se décide enfin à lancer une vaste rafle dans les milieux indépendantistes, en particulier les leaders du MTLD. Chez certains sont trouvés des papiers compromettants, mais la plupart avaient pris leurs précautions.

Violent accrochage près de Delly.

24 décembre 1954 :

L'église de Dahroussa est mise à sac et brûlée, un symbole de la liberté de culte de la future algérie nouvelle, et un message clair à l'approche de Noël. Chenoufi Mohamed, policier à Philippeville est abattu d'une balle dans le dos par Boulkeroua Salah ben Mohamed qui vient ainsi de gagner le droit d'adherer au FLN.


31 Décembre 1954 :

Bilan de l'année :

29 tués, 64 blessés chez nous, 76 tués, 254 rebelles prisonniers.

Il y a eut 1200 attentats en Novembre et décembre, surtout contre les biens ou les musulmans pro français.

A la fin de 1954, tout ce que le F.L.N. compte de forces organisées en bandes armées en principe permanentes - ce que lui-même appelle son " Armée de Libération Nationale" A.L.N. - ne se chiffre au total qu'à sept cents combattants, encore circonscrits dans les deux seules zones particulièrement montagneuses, de chacune 30 à 40 kms de rayon, où la rébellion s'était déclarée deux mois plus tôt: soit 500 au cœur des Aurès, centrés en gros sur la petite ville d'Arris; et 200 dans le Djurdjura qui est la chaîne la plus haute de la Grande Kabylie.

Dès les premières semaines de 1955, un autre noyau armé se manifeste dans le Nord-Constantinois, dans les massifs que traverse la route Constantine-Philippeville par le Col des Oliviers.

Ces trois noyaux actifs sont ceux des trois premières "Wilayas": la Wilaya 1 ou des Aurès-Némentchas, correspondant aux deux-tiers du département de Constantine; la Wilaya 2 ou du Nord-Constantinois; et la Wilaya 3 englobant la Grande Kabylie, les Bibans et la section occidentale de la Petite Kabylie.

En procédant au découpage du territoire algérien en six commandements politico-militaires ou provinces - Wilaya en arabe - aux contours minutieusement dessinés, l'état major insurrectionnel avait dès avant le déclenchement du 1er novembre donné à la rébellion intérieure une structure définitive. Et en confiant ces commandements aux personnalités parmi les plus fortes tirées de son sein ou de son entourage immédiat, il avait doté l'insurrection naissante du facteur d'extrême résolution qui allait assurer le succès de son démarrage.

Les trois autres provinces sont: la Wilaya 4 ou de l'Algérois, qui englobe l'Atlas blidéen et l'Ouarsenis oriental; la Wilaya 5 qui correspond en gros à tout le département d'Oran: c'est de beaucoup la plus étendue; enfin la Wilaya 6 ou du Sud-Algérois correspondant à la section centrale de l'Atlas saharien: c'est la plus isolée et la moins peuplée, la seule qui, faute d'abriter un embryon d'organisation, ne soit pas encore dotée d'un commandement. Les Wilayas 4 et 5 elles-mêmes ne parviendront à constituer et à mettre en œuvre leurs premières bandes armées qu'un an après le début de l'insurrection.

Dans ces conditions l'autorité française ne peut mieux faire que d'appliquer sur les seules zones où l'activité rebelle est apparente le peu de forces dont elle dispose. Au 1er novembre, il n'y a en Algérie, hormis 12000 policiers et gendarmes, que 55000 hommes de l'armée de terre, dont à peine plus d'un dixième en état de participer à des opérations: le gros des forces françaises se partage entre l'Allemagne et l'Indochine. En janvier 1955, les effectifs militaires ne sont encore que de 80 000: chiffre dérisoire pour faire face à un adversaire par nature insaisissable, sur un territoire grand comme plus de la moitié de la France. Encore l'armée se trouve-t-elle démunie des moyens de communication indispensables: aucun hélicoptère et très peu d'équipement radio. Et la loi, qui est celle du temps de paix, prive la police de toute efficacité dans la répression des activités subversives.

Pourchassant bientôt les premiers éléments rebelles dans leurs repaires des Aurès, de la haute Kabylie et du Constantinois, non sans quelques succès, les troupes cependant laissent pratiquement dégarni le reste du territoire.

Plus ou moins éprouvés par cette contre-offensive, les trois noyaux initiaux de la rébellion n'en sont que plus portés à s'étendre afin de se donner de l'air, dès que s'annonce le printemps. Les bandes de l'A.L.N., tout en se multipliant, rayonnent alors dans toutes les directions à partir de ces trois zones, mais en empruntant de préférence les reliefs boisés plus favorables à leur existence et en se guidant sur le souci de faire jonction entre elles ainsi qu'avec l'extérieur.


extrait de "la guerre d'Algérie jour par jour"

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LOUSTIC

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Re: Guerre d'Algérie en décembre 1954

Message par charly71 le Ven 2 Déc 2016 - 15:56

Bien sur, cela reste gravé dans nos mémoire (surtout évidemment ceux de mon âge)
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