LES CAMPS PARACHUTISTES

Au mois de décembre 1952, les Français écrasent le Viêt-minh à Na San

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Au mois de décembre 1952, les Français écrasent le Viêt-minh à Na San

Message par coupole le Lun 5 Déc 2016 - 17:37

Indochine 1952-1953.

Au mois de décembre 1952, les Français écrasent le Viêt-minh à Na San, à l’ouest de Hanoi.

Une victoire qui allait aveugler notre état-major : un an plus tard, il voulut refaire Na San. Et ce fut un désastre.

Situé à 190 kilomètres à l’ouest de Hanoi, Na San — “petite rivière” — est un gros village à proximité de la rivière Noire. Au mois d’octobre 1952, le général Raoul Salan, commandant en chef du corps expéditionnaire français en Indochine, donne aux garnisons françaises et à leurs unités supplétives vietnamiennes du pays thaï (Nord-Tonkin) l’ordre de se replier sur ces lieux. Les troupes du Viêt-minh, aux ordres du général Giáp, viennent en effet d’enlever Nghia Lo, une position sur laquelle elles s’étaient cassé les dents, un an plus tôt.

La décision du repli sur Na San répond à un souci tactique : protéger la région en attirant le corps de bataille de Giáp, rendu confiant par son succès à Nghia Lo, dans une confrontation dont on espère que, cette fois, elle tournera à son désavantage. Car le site en question, entouré de petites collines et équipé d’un terrain d’aviation, est organisé pour la défense. C’est là que le haut commandement français espère piéger l’ennemi.

Cette future base aéroterrestre, dont le colonel Gilles va prendre la tête, est aménagée comme il convient : abris, champs de tir, réseaux de barbelés, possibilités de contre-attaque. À sa disposition : des fantassins et parachutistes de la Légion étrangère. D’abord deux bataillons, appartenant aux 3e et 5e REI, que renforcent, le 19 novembre 1952, le 2e bataillon de parachutistes et, le lendemain, le 1er BEP. Les unités organisent leurs positions autour de la piste d’envol, le 2e BEP étant gardé en réserve.

Après divers combats sporadiques, la division 312, unité de choc de Giáp, se lance à l’attaque du camp, dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre. Tenu par un bataillon thaï, un point d’appui est submergé, puis un autre. Les parachutistes de la Légion et les paras coloniaux rétablissent la situation. La même division revient à l’assaut la nuit suivante. Alors se produit un geste héroïque rappelant celui du chevalier d’Assas. L’officier de quart, le lieutenant Durand, de la compagnie Letestu, croit voir venir vers le camp retranché des partisans thaïs se repliant devant l’ennemi. Il sort des chicanes. Particularité : cet officier, ancien résistant, a survécu par miracle, quelques années plus tôt, à une exécution par l’armée allemande… Il s’approche des prétendus partisans thaïs. Surgit un commissaire politique du Viêt-minh, qui lui applique un pistolet sur la tempe : « Donnez l’ordre d’ouvrir ! » « Tirez, ce sont les Viets ! », crie Durand. Un cri qui lui vaut une balle dans la tête tandis qu’en face, les légionnaires, déjà sur leurs gardes, déclenchent avec succès le feu contre les assaillants.

Parmi les défenseurs au contact direct avec l’ennemi : le légionnaire Linn. Il se fera parachuter comme volontaire sur Diên Biên Phù et combattra plus tard en Algérie, où il sera tué en mars 1961, titulaire de la médaille militaire et de plusieurs citations. Il donnera son nom au club des caporaux-chefs du 1er régiment étranger, matrice de tous les régiments de Légion.

Cependant, les troupes de Giáp continuent leurs attaques, sous les bombes des bombardiers B26, qui joueront un rôle capital dans la bataille. La garnison perd deux officiers, les lieutenants Bonnet et Bachelier, et deux légionnaires, et il y a 11 blessés. Mais plus de 300 cadavres ennemis jonchent le champ de bataille. Les défenseurs récupèrent 38 fusils mitrailleurs, 3 mitrailleuses lourdes, 40 pistolets-mitrailleurs, un armement et du matériel en abondance. Renonçant à enlever la position, Giáp va finir par retirer ses troupes. Dans la seule nuit du 1er au 2 décembre, ses pertes sont estimées à quelque 3 000 tués et blessés.

Ainsi, pour la France et ses alliés vietnamiens, la bataille de Na San se solde par un franc succès. La base aéroterrestre a joué son rôle de verrou, tout en constituant le point de départ de futures offensives. Chaque adversaire va en tirer ses propres conclusions. Giáp comprend ses erreurs, le commandement français savoure sa victoire : puisque Na San est une réussite, pourquoi ne pas renouveler cette opération ailleurs ? C’est ainsi qu’est décidé, au cours de l’été 1953, le plan de Diên Biên Phù.



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Re: Au mois de décembre 1952, les Français écrasent le Viêt-minh à Na San

Message par Lothy le Mar 6 Déc 2016 - 1:38

Le complexe de supériorité - bien répandu à l'époque - fut dévastateur.....

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Re: Au mois de décembre 1952, les Français écrasent le Viêt-minh à Na San

Message par charly71 le Mar 6 Déc 2016 - 7:55

merci de de rappel coupole
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