LES CAMPS PARACHUTISTES

15 décembre 2016

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

14122016

Message 

15 décembre 2016





_________________

seule la mission compte
avatar
béret bleu
6eme RG

Messages : 308
Points : 24843
Réputation : 2369
Date d'inscription : 25/11/2011

Revenir en haut Aller en bas

Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

15 décembre 2016 :: Commentaires

avatar

Message le Mer 14 Déc 2016 - 23:34 par béret bleu

15 décembre 1996
La firme Boeing annonce son projet d’acquérir pour 13,3 milliards de dollars son concurrent McDonnell Douglas.

15 décembre 1995
Début du sommet de Madrid, qui décide du nom et de la date de lancement de la future monnaie européenne.

15 décembre 1979
Echec du premier lancement d’une fusée Ariane à Kourou (Guyane).

15 décembre 1973
Jean Paul Getty III, petit-fils du milliardaire américain Jean Paul Getty, est retrouvé dans le sud de l’Italie 5 mois après avoir été kidnappé.

15 décembre 1966
Mort de Walt Disney.

15 décembre 1964
Adoption du nouveau drapeau canadien.

15 décembre 1961
L’ancien colonel allemand SS Adolf Eichmann est condamné à mort à Tel Aviv.

15 décembre 1952
Première opération transsexuelle.

15 décembre 1948
Présentation de Zoé, la première pile nucléaire expérimentale française.

15 décembre 1944
Mort du musicien Glenn Miller dans un accident d’avion au-dessus de la Manche.

15 décembre 1943
Mort du pianiste Fats Waller.

15 décembre 1939
Première à Atlanta du film "Autant en emporte le vent".

15 décembre 1918
Philippe Pétain devient maréchal de France.

15 décembre 1916
L’armée française vainc l’armée allemande lors de la Bataille de Verdun.

15 décembre 1892
Naissance du magnat américain du pétrole Jean Paul Getty.

15 décembre 1890
Sitting Bull, chef des Indiens Sioux, et 11 membres de sa tribu sont assassinés par un agent de la police indienne.

15 décembre 1877
Thomas Edison dépose le brevet du phonographe.

15 décembre 1840
Transfert des cendres de Napoléon aux Invalides.

15 décembre 1832
Naissance à Dijon d’Alexandre Gustave Eiffel.

15 décembre 1809
Napoléon répudie Joséphine.

15 décembre 1791
Le « Bill of Rights », les 10 premiers amendements à la Constitution américaine, est ratifié par la Virginie et entre en vigueur.

15 décembre 1675
Mort de Jan Vermeer à l’âge de 43 ans.

15 décembre 1404
Naissance de Gilles de Rais, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, également connu sous le nom de Barbe-Bleue.

15 décembre 804
Fondation de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert, à une trentaine de kilomètres de Montpellier.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Jeu 15 Déc 2016 - 0:12 par Lothy

Eh bien !....

Voilà une journée riche en anniversaires.... Certains sont heureux d'autres moins.....

Retenons la victoire des Français sur les Allemands lors de la Bataille de Verdun.

Dans un registre plus artistique... la disparition, il y a 50 ans de Walt Disney qui fait encore rêver toutes les générations, surtout celles nées après sa mort....

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Jeu 15 Déc 2016 - 10:22 par vieux treillis

le 15 décembre 1916
Henri Barbusse reçoit le prix Goncourt pour son livre « Le feu, Journal d'une escouade ».



-Barbusse Henri, Le feu, journal d'un escouade. Paris, Le livre de Poche, 2014 (1916).

Voici un des romans best-sellers sur la Première Guerre mondiale. Ses éditions ne se comptent plus. En livre de poche, en cet été du centenaire, pas moins de deux versions sont disponibles en librairie, une avec un cahier sur son contexte, l'autre avec des extraits des carnets de guerre du soldat Barbusse, base de son roman. Pour l'édition choisie (celle comportant une partie des carnets), un copyright date de 1965 chez Flammarion, un dépôt légal date lui de 1988 (probablement pour l'édition de poche avec le carnet) et en est à son 17e tirage en mai 2014.
Il s'agit d'un roman, mais comme bien souvent chez les anciens combattants, il est nourri par son expérience de combattant. Barbusse a pris des notes avec lesquelles il a construit son récit, il n'est pas à proprement parlé autobiographique, mais il relate malgré tout sa propre expérience au travers de personnages fictifs. On ne peut être que stupéfait quand on lit le carnet de Barbusse et le chapitre où il décrit le trajet vers Souchez dans le chapitre XII par exemple.
Je ne développe pas le parcours d'Henri Barbusse, lisible partout. Je tiens simplement à préciser qu'il ne s'agit pas d'un récit concernant tout le début de la guerre mais portant exclusivement sur un secteur, l'Artois, et une période (fin 1915). Ce sont d'ailleurs la période et le secteur où il prit activement des notes dans son carnet.

Les personnages sont rendus proches par leur présence tout au long de l'ouvrage et par les anecdotes qui leur donnent de l'épaisseur. Qui plus est, le style de Barbusse, reprenant les expressions des combattants et les accents, rend à merveille les dialogues bien peu académiques de ces hommes. Un simple exemple :
« Ah!mon vieux, ruminait notre camarade, tous ces mecs qui baguenaudent et qui papelardent là-dedans, astiqués, avec des kébrocs et des paletots d'officiers, des bottines – qui marquent mal, quoi – et qui mangent du fin, s'mettent, quand ça veut, un cintième de casse-pattes dans l'cornet, s'lavent plutôt deux fois qu'une, vont à la messe, n'fument pas et l'soir s'empaillent dans la plume en lisant le journal. Et ça dira, après : "J'suis t'été à la guerre". », page 133.

La définition de l'escouade est donnée dans le livre par le personnage Coron, page 209 : « L'escouade avait dix-sept hommes quand elle est partie pour la guerre. Elle en a, à présent, dix-sept aussi, avec les bouchages de trous. »
C'est donc la vie de ces dix-sept hommes qui occupe les pages du livre. On retrouve un résumé pour chacun d'entre eux en bas de cette page.

Chapitre I. la Vision

Ce court chapitre nous emmène dans un paysage alpin d'où on contemple le monde de haut. Des personnes de différentes nationalités observent la guerre. Au-delà de la description des avis et des observations, cette vision (un rêve ? ) montre déjà que l'auteur a un message à faire passer :
« Mais les trente millions d'esclaves jetés les uns sur les autres par le crime et l'erreur, dans la guerre de la boue, lèvent leurs faces humaines où germe enfin une volonté. L'avenir est dans les mains des esclaves, et on voit bien que le vieux monde sera changé par l'alliance que bâtiront un jour entre eux ceux dont le nombre et la misère sont infinis », pages 26-27.

Chapitre II. Dans la terre

On quitte les hauteurs pour se retrouver dans une tranchée : on passe du ciel à un monde où les explosions sont des coups de tonnerre… Les avions, « un vol d'oiseaux terribles, à l'haleine puissante et saccadée, qu'on entend sans les voir, monte en cercle pour regarder la terre », page 27. Suit un paragraphe entièrement consacré à la description du maelström du champ de bataille. Les hommes sont d'abord des ombres, puis des « espèces d'ours » pataugeant et grognant et finalement « C'est nous ». Ils sont du côté de Vimy, en Artois, et se réveillent : la journée commence.
Cette journée, c'est le condensé de la vie des soldats en ligne : d'abord une description des tenues hétéroclites de haut en bas. Il dresse ensuite le portrait de chacun des hommes formant l'escouade. Il note que les professions intellectuelles sont soit gradées soit à la C.H.R., mais pas « soldats combattants », page 39. Ils sont de provenances très variées, de l'âge d'un gamin de l'active au pépère de la R.A.T. « Malgré les diversités d'âge, d'origine, de culture, de situation, et de tout ce qui fut (…) nous sommes en grandes lignes les mêmes. À travers la même silhouette grossière, on cache et on montre les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le même caractère simplifié d'hommes revenus à l'état primitif », page 40.
Ils ont aussi leur langage, fait d'un vocabulaire propre que Barbusse sait rendre à merveille. Ils ont leur rythme de vie, ponctué par l'attente de la corvée de ravitaillement. Il décrit les hommes impatients, nerveux dans l'attente de la nourriture, dont l'esprit s'aigrit à mesure que l'attente augmente, mais qui oublient pour une fois la nourriture distribuée. On les voit manger, avoir leurs habitudes et leurs petits loisirs : le café, le tabac, le courrier, les bagues.
La journée s'achève sous la pluie : « Sur la terre, champ de mort, se juxtapose étroitement le champ de tristesse du ciel », page 48. Ils discutent des motivations qui leur permettent de tenir, qui se résument à un « On tient ! » et à l'importance de ne pas calculer ou réfléchir.
Ils discutent de leurs faits d'armes respectifs, de leurs rapports avec les prisonniers. Les hommes sont surpris par l'irruption de civils dans leur tranchée de 2e ligne. Ce sont des journalistes. La discussion tourne alors autour du bourrage de crânes, magnifiquement résumé par un monologue de Barque. Réponse du caporal Bertrand pour montrer que la situation est plus complexe qu'il n'y paraît : « Oui, quand passe le marchand de journaux, pourquoi que vous êtes tous à crier : « Moi ! Moi ! » , page 59. Une nouvelle discussion sur le thème des souvenirs de caserne permet de revenir à l'idée qu' « Ils sont chacun comme les autres : il n'en est pas un qui ne dise pas : "Moi, je ne suis pas comme les autres" », page 60. Le vaguemestre entre en scène pour évoquer des bruits, des rumeurs qui parcourent les unités concernant la prochaine destination. C'est surtout l'occasion de parler de l'importance des lettres que ces hommes rédigent, du plus inspiré à celui qui ne sait quoi mettre avec son crayon-encre mouillé, en passant par celui dont le regard montre qu'en écrivant, il est au pays…
Le père Blaise, lui, fait des bagues. La nuit tombe. Des territoriaux passent pour aller travailler en première ligne, en butte aux remarques cruelles des hommes qui les regardent passer. Puis ce sont des tirailleurs qui, eux, inspirent le respect. Finalement, la journée est passée, mais ce n'est pas une fin pour les hommes de l'escouade : commence une corvée de travail qui va durer une grande partie de la nuit.

Chapitre III. La descente

Le 5e bataillon redescend de la première ligne. La 18e compagnie a subi de grosses pertes. Étonnement, les survivants sourient, blaguent, sont plus volubiles et bruyants que tous les autres. L'explication est simple : ils ont survécu, le bonheur de vivre est plus fort que la tristesse d'avoir vu leurs amis mourir à côté d'eux. Ils sont six semaines loin de la première ligne, six semaines à vivre et c'est là l'essentiel.

Chapitre IV. Volpatte et Fouillade

Les deux hommes étaient avec le 18e compagnie vue au précédent chapitre. Ils ne sont pas revenus. Inquiétude du capitaine : il envoie deux hommes à leur recherche. Oubliés des camarades, ils l'ont aussi été des hommes de la 18e puis de la relève. Ils sont retrouvés en train de redescendre de la première ligne. Narration est faite de leurs aventures dans un petit poste puis de la blessure de Volpatte. Ce dernier est heureux, c'est la « bonne blessure » qui va l'éloigner plusieurs mois du front, pense-t-il.
En chemin, ils voient une jeune femme qui n'a d'yeux que pour Farfadet et que l'on retrouve dans un autre chapitre.

Chapitre V. L'asile

Les hommes partent au repos dans un village, après une longue marche longuement décrite. Leur espoir : trouver une table. Mais le village est déjà « occupé » par les officiers et les services. Ne restent que les granges pour les escouades. Ils réussissent à louer une petite pièce crasseuse et sombre pour s'y installer pour manger. Cette location fait leur bonheur même si elle les confronte à l'avidité et à la cupidité des civils.

Chapitre VI. Habitudes

Les hommes observent des animaux de ferme et discutent avec un vieillard après 17 jours de repos. La vie s'écoule paisiblement, loin de la guerre. Fardafet a une idylle avec Eudoxie, une jeune femme qui suit le régiment.

Chapitre VII. Embarquement

Il faut repartir pour le front. L'attente de l'embarquement est l'occasion pour Cocon, « l'homme-statistique », d'exposer son savoir sur l'organisation d'un corps d'armée. C'est une manière pour Barbusse de donner au lecteur une vision claire des différents services comme il l'a fait dans le chapitre II sur la vie dans la tranchée, et finalement dans tout le livre sur tous les aspects de la vie et des difficultés des combattants.

Chapitre VIII. La permission

Eudore est de retour. Il raconte la triste histoire de sa permission où il n'a pu qu'entrevoir sa femme qu'il a quittée depuis 15 mois.

IX. La grande colère

Volpatte est de retour après deux mois loin du front en raison de sa blessure du chapitre IV. Il est en colère, une colère sourde puis qui explose contre les embusqués. Certes, il faut des hommes pour les services de l'arrière, mais il y en a « trop » comme il le répète. Il dresse un long réquisitoire contre les embusqués de l'arrière mais aussi contre ceux des dépôts qui s'échinent à tout faire pour éviter d'aller au front, et qui y parviennent. Ces embusqués, ils les appellent aussi « les filonneurs », s'en moquent mais ont un certain mépris pour eux, d'autant plus qu'ils sont les plus écoutés car le récit colle à ce que croient les civils comme à la page 143 :
« - I's appellent la baïonnette Rosalie, pas ?
- Oui, ces empaillés-là (...) »
« Et tu les entendais aussi raconter des batailles, car i's sont au courant mieux qu'toi des grands machins et d'la façon dont s'goupille la guerre, et après, quand tu r'viendras, si tu r'viens, c'est toi qu'auras tort au milieu de toute cette foule de blagueurs, avec ta p'tite vérité. », page 145.
C'est encore le caporal Bertrand qui résume la fin de la discussion : « On est toujours, dit Bertrand, l'embusqué de quelqu'un », page 146.
Ils achèvent la discussion, non sans ironie, sur le fait que les embusqués puissent être aussi touchés : « Oui, oui. Alors c'est trop facile de dire : "Faisons pas d'différence entre les dangers !" Minute. Depuis le commencement, y en a quelques-uns d'eux autres qui ont été tués par un malheureux hasard : de nous, y en a qué'qu's-uns qui vivent encore, pas un hasard heureux. », page 148.

Chapitre X. Argoval

Barbusse fait clairement appel à ses souvenirs : un soldat du 204e RI vient d'être fusillé par un peloton composé de sa propre escouade. Il précise que le nom de l'homme et le lieu ont été modifiés.

Chapitre XI. Le chien

Le chien, c'est Labri. Il se perd d'inaction et d'ennui dans une grange ouverte à tous les vents un jour où la pluie est incessante. Il est en fait une métaphore de tous les hommes présents, seuls, obéissant aux ordres comme des chiens à leurs maîtres, les maîtres étant ici les officiers et plus particulièrement le général qui leur interdit de sortir avant la nuit. Alors Fouillade a le cafard. Il pense à son Hérault dont il revoit les couleurs, le soleil, sa famille, son vin. Il n'a même pas de quoi s’enivrer pour oublier dans un estaminet voisin. Il ne lui reste qu'à dormir pour faire passer cette journée d'ennui, à côté du chien.

Chapitre XII. Le portique

Le narrateur et Poterloo, autorisés par l'adjudant Barthe, profitent du brouillard matinal pour se rendre à Souchez. Poterloo y vivait avant-guerre avec sa femme et sa fille. Mais tout est méconnaissable, depuis la route jusqu'à sa maison en passant par le Cabaret rouge. La zone a été au cœur de longs mois de combats à un point tel qu'il n'en reste rien que des cadavres regroupés avant leur inhumation, tout juste tués ou restés sur place.
Puis Poterloo fait une confidence au narrateur : avec l'aide d'Alsaciens, il a pu se rendre à Lens pour voir sa femme qui y est réfugiée. Mais ce qu'il a vu lui a brisé le cœur : elle était avec un sous-officier allemand, souriante. Pourtant, il la comprend : 18 mois, c'est long pour une jeune femme de 26 ans. Il a donc l'espoir de tout reconstruire avec elle après la guerre. Les premiers signes du printemps sont là en plus, mais un obus explose sur Poterloo au cours de la relève.

Chapitre XIII. Les gros mots

Braque, au courant du projet du narrateur, celui d'écrire un livre sur ce qu'ils vivent, vient le voir pour le questionner sur la manière dont il retranscrira leurs dialogues : utilisera-t-il les gros mots dont ils font un usage systématique ? Il lui promet de le faire, même si lui est poli et que cela ne se fait pas dans les livres.

Chapitre XIV. Le barda

Les hommes se préparent à retourner en ligne. Ils rangent les affaires tirées des poches et du sac. C'est l'occasion pour l'auteur de faire découvrir ce moment particulier et surtout les objets qui peuplent les poches et le sac des soldats. Objets personnels en plus de l'équipement, astuces des uns, objets mythiques des autres. On découvre les techniques pour augmenter la contenance du quart et du bidon...

Chapitre XV. L’œuf

Le ravitaillement n'est pas passé. Les hommes ont faim et n'ont plus de quoi allumer cigarettes et pipes. Le narrateur donne une boite d'allumettes à Paradis qui, en échange, lui donne un œuf. Ce qui peut paraître dérisoire au lecteur avait ici une énorme importance, voire une grande valeur.

Chapitre XVI. Idylle

Paradis est usé : il a passé la nuit à faire l'agent de liaison avant de faire une longue relève avec l'escouade. Il trouve l'énergie d'aller voir une maison en arrivant au cantonnement. Une vieille femme est en train de nettoyer des bottines de jeune femme. Paradis prend le relais et oublie tout, il sourit.

Chapitre XVII. La sape

Au cours d'une corvée, dans une sape prise et reprise, Lamuse retrouve le cadavre d'Eudoxie (voir chapitres IV et VI).

Chapitre XVIII. Les allumettes

Les hommes ont un morceau de viande à faire cuire mais n'ont pas de feu. Quatre d'entre-eux partent à la recherche d'allumettes. Ils se perdent et se retrouvent dans un élément de tranchée inoccupé, entre les lignes françaises et allemandes. Un Allemand arrive, Pépin le tue. Une fois le partage des souvenirs fait, ils ont leurs allumettes.

Chapitre XIX. Bombardement

Pendant une corvée, les hommes observent un bombardement suivi d'une attaque depuis une élévation qui donne l'impression d'assister à un spectacle. Au travers de cette longue description, l'occasion est prise par l'auteur pour faire un peu d'ironie par l'intermédiaire de Braque qui s'amuse : « Dis-donc, braille Barque, j'me suis laissé dire qu'i's n'ont plus de munitions ! » page 232. Il passe en revue l'artillerie utilisée, les types de munitions, les mitrailleuses, les obus que l'on n'entend pas arriver (pages 236-237) et tout ce qui touche à ces armes : « Un sifflement arrivait vers nous, puis brusquement il s'est éteint. L'engin n'a pas éclaté.
- C'est un obus qui dit merde, constate Paradis. (…)
- Tous les champs, les routes, les villages, ici, c'est couvert d'obus non éclatés de tous calibres ; des nôtres aussi, faut l'dire. Il doit y en avoir plein la terre, qu'on n'voit pas. Je m'demande comment on fera , plus tard, quand viendra le moment qu'on dira : "C'est pas tout ça, mais faut s'remettre à labourer." », page 239. Ensuite, vient le temps de réflexion face au spectacle des hommes qui attaquent : « On a peine à croire que chacune de ces taches minuscules est un être de chair frissonnante et fragile, infiniment désarmée dans l'espace, et qui est plein d'une pensée profonde, plein de longs souvenirs et plein d'une foule d'images (…).Pauvres semblables, pauvres inconnus, c'est votre tour de donner ! Une autre fois, ce sera le nôtre. » Page 243.

Chapitre XX. Le feu

Ce n'est pas pour rien si ce chapitre a le même titre que le livre. Ce chapitre marque un basculement extrêmement brutal, pour les héros (au sens littéraire) ainsi que pour le lecteur. Après avoir partagé la vie du groupe pendant 250 pages, les circonstances vont creuser très vite des trous importants dans l'escouade.

Le narrateur prend son tour de garde. Tout commence donc comme un nouveau moment dans la tranchée, identique aux autres. Il n'en est rien pourtant, l'auteur va nous plonger dans une série de moments intenses, violents sans pause dans ce très long chapitre. Ce sont d'abord quatre cadavres qui apparaissent dans la tranchée avec le jour qui se lève : Lamuse, Barque, Biquet et Eudore. Ils ont été tués au cours d'une reconnaissance, seuls Bertrand et le narrateur sont revenus indemnes, André Mesnil est lui porté disparu.
Les hommes s'inquiètent pour Joseph Mesnil qui a vainement cherché son frère. Il faut dire que c'est le 5e frère tué au combat, Joseph étant le dernier des six frères. Au bout de trois jours, André est retrouvé dans un cratère d'obus à moins d'un mètre de là où vivait l'escouade. Décision est prise de n'en rien dire à Joseph.

Les hommes comprennent qu'on leur prépare quelque chose quand la relève ne se déroule pas au rythme habituel. La suite des événements leur donne raison. Pendant l'attente avant de sortir à l'attaque, le narrateur décrit : « Ils ne sont pas insouciants de leur vie comme des bandits, aveuglés de colère comme des sauvages. Malgré la propagande dont on les travaille, ils ne sont pas excités (…). On voit ce qu'il y a de songe et de peur, et d'adieu dans leur silence, leur immobilité, dans le masque de calme qui leur étreint surhumainement le visage. Ce ne sont pas le genre de héros qu'on croit, mais leur sacrifice a plus de valeur que ceux qui ne les ont pas vus ne seront jamais capables de les comprendre. » page 266.
Ces mots et tous les autres quand il décrit la charge, les combats dans la tranchée allemande enfin atteinte, l'après, le ressenti à chaque étape, seul un homme ayant vécu ces différentes phases peut les narrer ainsi. Nous sommes avec le narrateur tout le long, par l'intermédiaire de ses mots, on observe ce que ses yeux fixent.

Les hommes attaquent. Commencent alors des pages sur le parcours dans le no man's land, l'entrée dans la tranchée, le combat, les hommes qu'on ne reconnaît plus car pris d'une rage dans laquelle ils tuent tout ce qui passe à portée de fusil ou de baïonnette. L'objectif est pris, la tension redescend peu à peu, on s'organise, on commencer à réfléchir. On cherche les hommes qui manquent : Pépin, Cocon. « Quand on apprend ou qu'on voit la mort d'un de ceux qui faisaient la guerre à côté de vous et qui vivaient exactement la même vie, on reçoit un choc direct dans la chair avant de comprendre. C'est vraiment parce que c'est un peu de son propre anéantissement qu'on apprend tout d'un coup. Ce n'est qu'après qu'on se met à regretter », page 292.

Bertrand est mort, le père Ramuse est agonisant… Le narrateur réussit à rejoindre la première ligne française pour atteindre le poste de secours, non sans traverser ce champ d'horreurs qu'est la zone qui vient d'être franchie par l'attaque. Pendant ce trajet, il retrouve ses camarades morts ou agonisants, l'horreur.

Chapitre XXI. Le poste de secours.

Le narrateur se repose au poste de secours après y avoir emmené Joseph. Il y trouve Farfadet, blessé aux yeux. Il observe, il écoute, il est témoin de la mort d'un infirmier avec qui il ne s'entendait pas. Il regrette ses pensées, son mépris vis-à-vis de cet homme. Un obus détruit une partie du poste de secours.
C'est l'occasion pour Barbusse d'aborder la question de la religion, que ce soit au travers du portrait du curé infirmier que des observations d'un aviateur. Il décrit une grande misère humaine, les agonisants qui se savent perdus, un « crieur monotone » choqué par un obus…

XXII. La virée.

Les hommes sont à l'arrière, dans une ville. La confrontation est violente : ils sont de trop. Ils ne trouvent plus leur place, que ce soit dans la rue ou que ce soit dans un café. Les deux mondes que sont les combattants et l'arrière ne se comprennent plus. En réponse à une dame, « Volpatte, à qui elle s'adresse, rougit. Il a honte de la misère d'où il sort et où il va rentrer. Il baisse la tête et il ment, sans peut-être se rendre compte de tout son mensonge :
- Non, après tout, on n'est pas malheureux… C'est pas si terrible que ça, allez ».
Les messages de la propagande, énoncés comme des réalités par la population sont incompréhensibles. Les civils ont des discours insupportables. « Tout c'qu'i nous ont raconté dans leur patois, ces conards-là ! Grogne enfin Tirette avec une rancune qui sort et se renforce à mesure que nous nous retrouvons entre nous », page 327.

« Le spectacle de ce monde nous a donné, sans que nous puissions nous en défendre, la révélation de la grande réalité : une Différence qui se dessine entre les êtres, une Différence bien plus profonde et avec des fossés plus infranchissables que celle de la race : la division nette, tranchée – et vraiment irrémissible, celle-là – qu'il y a parmi la foule d'un pays, entre ceux qui en profitent et ceux qui peinent… ceux à qui on a demandé de tout sacrifier, tout, qui apportent jusqu'au bout leur nombre, leur force et leur martyre, et sur lesquels marchent, avancent, sourient et réussissent les autres », page 328.

XXIII. La corvée.

Cette corvée, outre la dénonciation des conditions de travail éreintantes, parfois absurdes est l'ouverture d'un texte qui se poursuit dans le chapitre suivant. Les hommes se retrouvent sous un bombardement, perdus dans la nuit.

XXIV. L'Aube.

Ce dernier chapitre est d'un style totalement différent du reste du livre. Il est plutôt marqué par le fantastique, à la fois en raison de la situation impossible et parce que c'est un prétexte pour l'auteur pour délivrer un message pacifiste : alors que cette situation devrait être la norme, elle est ici irréelle. Pour l'auteur, les hommes devraient vivre en paix, mais c'est une situation tellement impossible que le seul moyen qu'il trouve pour l'exprimer est le fantastique.
Ce récit n'est pas que fantastique, c'est aussi une vision d'horreur, un vrai cauchemar. L'eau noie tout. Tout n'est plus que boue, le sol comme les hommes, les deux camps mélangés. Quand le narrateur marche, avec Paradis, il semble qu'ils soient les seuls survivants sur un terrain apocalyptique et boueux, le tout dans un silence irréel.
« On se réveille. On se regarde, Paradis et moi, et on se souvient. On rentre dans la vie et dans la clarté du jour comme dans un cauchemar », page 355. La figure de style accentue encore l'impression cauchemardesque. L'aube est devenu un symbole de désespoir.

Ce chapitre répond en écho au premier chapitre. Les hommes sont ceux qu'observaient les personnages du début depuis leur montagne. On retrouve du vocabulaire commun, la même idée que cette guerre est un suicide pour les deux armées.
Ce texte est l'aube, métaphore d'un avenir qui ne pourra être que meilleur, non si des objectifs de guerre sont atteints, mais si cette guerre sert à tuer la guerre. Il s'agit d'un long et violent réquisitoire pour la paix, contre les guerres et le cortège de malheurs qui les accompagnent. « C'est cela [la guerre], cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aigus, c'est cela, et non par la baïonnette qui étincelle comme de l'argent, ni le chant du coq du clairon au soleil ! », page 356.
Alors que le premier texte était dominé par le blanc et la lumière, le dernier est marron, boueux, sombre, mais il y a l'aube et tout l'espoir qui l'accompagne.

Barbusse y développe ses idées sur l'oubli, la révolution, l'égalité, les héros qui sont en fait les vrais ennemis. Au final, on comprend que le premier chapitre nous montrait cette scène finale, nous en faisait découvrir quelques dialogues. On ne comprend donc vraiment le premier chapitre qu'en lisant le dernier.

C'est aussi une nouvelle journée, un peu comme si tout le livre n'était qu'une seule et longue journée : le chapitre II s'ouvrait sur une description d'une journée. En voici une nouvelle qui commence, toujours en enfer.

L'escouade :


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum