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Chaudières et catapultes : enjeux techniques du prochain porte-avions

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30012017

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Chaudières et catapultes : enjeux techniques du prochain porte-avions




Chaudières et catapultes : les enjeux techniques du prochain porte-avions


Même le socialiste de gauche Benoît Hamon - qui n’oublie pas qu’il est Brestois - est pour. La construction d’un nouveau porte-avions (PA) sera l’un des dossiers du prochain président de la République. Des études préliminaires pourraient être lancées, pour un coût d’environ 100 millions d’euros par an durant le futur quinquennat. Certains plaident pour un feu vert à la construction vers 2020, qui pourrait aboutir à une mise en service opérationnelle vers 2035… Tout cela reste encore flou. Une chose est certaine : il ne s’agit pas de construire un second porte-avions, mais bien un successeur au Charles-de-Gaulle, même s’il est possible que pendant une période de tuilage, la Marine aligne deux PA. Autre quasi-certitude : le bateau sera construit à Saint-Nazaire, et non à Brest comme son prédécesseur.

Restent de sérieuses questions techniques et industrielles à résoudre : les réacteurs nucléaires et les catapultes.

Le PA Charles-de-Gaulle embarque deux réacteurs nucléaires à eau pressurisée de type K15 : ce sont les même qui équipent les SNLE de la classe Triomphant et que l’on retrouvera sur les nouveaux SNA Suffren. Les K15 sont d’une puissance de 150 MW et il a fallu en installer deux sur le PA Charles-de-Gaulle, au vu de la masse du bateau (40 000 t). C’est à peine suffisant, de nombreux marins ont pu l’observer. Ainsi les Nimitz américains ont deux réacteurs de 550 MW chacun (soit 3,7 plus que le Charles de Gaulle) pour un déplacement 2,6 supérieur.

Pour les concepteurs du prochain PA français, la question est donc : faudra-t-il installer 3 réacteurs K15 ou développer un nouveau réacteur ? Trois K15 prendrait beaucoup de place et nécessiterait de construire un bateau très grand… et très lourd. L’hypothèse est peu probable. Développer à grands frais un nouveau type de réacteur ? Sans doute trop cher… L’idée serait plutôt d’aller vers un K15 +, mais l’amélioration obtenue aura vite des limites. Parallèlement, il faudra penser aux réacteurs des futurs SNLE-3G, qui remplaceront les Triomphant.

Enfin, l’un des enjeux les plus urgents est de maintenir les compétences des industriels, que ce soit chez Areva TA, DCNS ou au CEA. L’idée d’un porte-avions à propulsion classique, comme les deux futurs PA de la Royal Navy est sur la table mais elle a peu de partisans dans la marine et l’industrie. On le voit, l’équation est difficile à résoudre.

D’autant que s’y ajoute celle des catapultes. La France ne construit pas ce type d’équipement, indispensable à la mise en œuvre du groupe aérien embarqué. Les catapultes du Charles-de-Gaulle ont été achetées aux Etats-Unis et il en ira de même pour son éventuel successeur. Sauf que l’US Navy est en train d’abandonner la technologie des catapultes à vapeur pour une nouvelle génération de catapultes électromagnétiques. Or, on n’en connaît ni le prix à l’achat, ni la puissance électrique nécessaire pour les mettre en œuvre. Où l’on retrouve la question des réacteurs nucléaires…

Difficile dans ces conditions d’estimer le coût du prochain PA - sans doute entre 4 et 6 milliards d’euros. Comme le dit Benoît Hamon, c’est « très très cher ».

Actualisé : Un très bon connaisseur du dossier - que je remercie vivement - nous précise que «  les deux réacteurs K15 installés sur le CDG sont plus que suffisants mais ils n’ont jamais pu être utilisés à pleine puissance, parce que la ligne propulsive - ce qui reçoit la vapeur des réacteurs et pousse le bateau - est sous-dimensionnée. Elle ne peut absorber la poussée que pourraient générer les réacteurs, un peu comme une boite de vitesse qui ne saurait transmettre toute la puissance d’un moteur ! »

Il ajoute qu’ « environ 40% de la puissance du réacteur est utilisée pour les utilisateurs autres que propulsion et catapultes : moteurs électriques, radars, chauffage, cuisine, appareils divers et réseau électrique domestique. Il reste donc 60% (temps normal) ou 70% (circonstances exceptionnelles, en poussant la marcje à 110% pendant quelques heures) pour propulser le navire et catapulter ».

Au vu des essais réalisés sur le CDG, il resterait donc « entre 15 et 20% de puissance inutilisée parce que non exploitable par la ligne propulsive. La puissance de deux K15 est donc suffisante pour propulser un navire de 55 ou 60 000 tonnes. Au-delà, il faut effectivement "doper" les K15 mais il y a de la marge ».

Source : Secret Défense - Jean Dominique Merchet
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