LES CAMPS PARACHUTISTES

Jacqueline Auriol , l'aviation au féminin.

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26082017

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Jacqueline Auriol , l'aviation au féminin.





Aviatrice de talent et femme passionnée, Jacqueline Auriol a su s’imposer dans un monde d’homme. Grâce à sa détermination, elle obtient les diplômes les plus prestigieux et prend une grande place dans l’aviation française.



Née Douet le 5 novembre 1917 à Challans en Vendée, Jacqueline est attirée par des études dans les Beaux-Arts et la décoration d’intérieur.
En 1938, elle épouse Paul Auriol, et reste auprès de son mari et de son beau-père Vincent Auriol (président de la IVe République) jusqu’en 1947.
Elle aide d’ailleurs à l’embellissement de salles du Palais de l’Elysée.

C’est son mari, Paul qui l’emmène faire son baptême de l’air à Saint-Cyr. Il souhaite également la voir piloter. Elle dispose de cours théoriques avant de monter dans un Stampe biplan.
C’est grâce à la persévérance de son mari qu’elle continue les leçons d’aviation. Le 10 mars 1948 elle obtient son brevet de pilote, quelques mois plus tard elle passe le brevet de second degré.

La naissance d’une passion
Afin d’avoir son propre avion, Jacqueline Auriol se décide à apprendre la voltige, elle doit pour cela passer son brevet militaire.
C’est Raymond Guillaume, entraîneur de la patrouille d’Etampes (ex patrouille de France) qui la prend sous son aile.

Mais en juillet 1949, un grave accident survient lors du test d’un avion amphibie et ralenti son ascension. Jacqueline doit subir deux ans d’opérations chirurgicales pour reconstruire son visage. Femme de persévérance, elle réussi sa rééducation.

La première femme pilote d’essai
Remise de son accident, elle cherche à entrer dans le CEV (Centre d’Essais en Vol), prestigieuse école d’aviation. Elle propose d’accomplir un record de vitesse dans un avion à réaction britannique, le Vampire.
C’est le 11 mai 1951 qu’elle y parvient en atteignant 818 km/h. C’est pour une femme, le premier record de vitesse sur un avion à réaction. Le 21 décembre 1952, elle bat son propre record à bord d’un SNCASE DH-100 Mistral, version française du Vampire. Après des mois de travail, c’est la première femme acceptée au CEV.

De records en records
Le 15 août 1953, elle franchit pour la première fois le mur du son à bord d’un Mystère II.
Jacqueline Auriol s’illustre aussi aux côté de l’américaine Jacqueline Cochran. Les deux femmes battent plusieurs records de vitesse :

J. Auriol :
• 855 km/h sur un DH.100 Mistral en 1952
• 1151 km/h sur un Mystère IV en 1955
• 1849 km/h sur un Mirage III C en 1962
J. Cochran :
• 1050 km/h sur un F-86 Sabre en 1952
• 1262 km/h sur un Northtrop T-38 Talon en 1961
• 2097 km/h sur un Lockheed F-104 en 1964


Une aviatrice couronnée de récompenses
L’exceptionnelle carrière de Jacqueline Auriol lui apporte de nombreuses décorations parmi lesquelles : la légion d’honneur, la Grande Croix de l’Ordre National du Mérite, la Grande Médaille d’Or de l’aéroclub de France.

Mais surtout elle obtient trois Harmon Trophy, récompense qui salue l’exploit aérien de l’année.

C’est le 11 février 2000 que l’aviatrice nous quitte.




Source avionslégendaires



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Message le Sam 26 Aoû 2017 - 2:33 par Lucien

Dans les années «50», elle incarnait à la fois le courage et le charme.

Personne, peutêtre, n'a autant reflété l'image vivante de la Française irrésistible. Dans les années «50», au sommet de la notoriété, Jacqueline Auriol incarnait à la fois le charme, l'intelligence et le courage féminins aux yeux du monde entier. Elle est décédée vendredi soir à l'âge de 82 ans, au terme d'une vie extraordinaire.

L'aviation est en deuil d'un de ses meilleurs pilotes.

Avec son physique de mannequin, Jacqueline Auriol s'est imposée dans un domaine réservé aux hommes. Et avec quels résultats ! La première femme en Europe à franchir le mur du son a enthousiasmé le grand public par ses records en tous genres, à une époque où il en était friand.

Jeune fille, Jacqueline Douet, née le 5 novembre 1917 à Challans (Vendée), se destine à la peinture. Présentant des dons certains, elle suit à Paris les cours de la prestigieuse Ecole du Louvres. Un brillant élève de Science po, Paul, séduit cette jolie et sage midinette. Ils se marient bientôt. Jacqueline est alors âgée de 21 ans. Paul Auriol, son époux, est le fils d'un ministre socialiste du Front populaire, Vincent Auriol qui sera élu président de la République en 1947.

La plus élégante de Paris

Jacqueline Auriol ne passe pas inaperçue dans les salons parisiens. Sportive, belle, des yeux bleus immenses, elle est considérée comme l'une des femmes les plus élégantes de la capitale.

Mais en 1948, à 31 ans, Mme Auriol tourne le dos à cette existence mondaine qui ne satisfait pas son goût pour l'action. Jacqueline est éprise de vitesse. Elle obtient son brevet de pilote, s'initie à la voltige et ne vit plus que pour voler.
En juillet 1949, la jeune femme survole la Seine à bord d'un hydravion. C'est le coup dur : l'appareil s'écrase sur le fleuve, aux Mureaux.

Elle s'en tire mieux qu'Hélène Boucher, morte quelques années plus tôt dans un crash à 26 ans, après avoir battu sept records du monde. Mais Jacqueline Auriol est grièvement blessée au visage. Défigurée, elle devra subir vingt-deux opérations chirurgicales pour retrouver sa face d'ange.

La plus rapide du monde

L'accident ne lui hôte pas l'envie de voler, au contraire.

Entre deux interventions dans des cliniques françaises ou américaines, elle bûche pour devenir pilote professionnelle de transports publics. Bien entendu, elle obtient son brevet en 1950. Elle décroche dans la foulée la licence pour hélicoptères.

Le 11 mai 1951, elle est sacrée «la femme la plus rapide du monde» sur 100 km en circuit fermé : 818-km-/heure.

Dès lors, la Française va livrer un chasser-croisé sensationnel avec sa grande rivale américaine, Jacqueline Cochran, première femme au monde à avoir franchi le mur du son. Jacqueline Auriol fait mieux qu'elle une deuxième fois, en 1952, aux commandes d'un Mistral (855-km/heure).

Cochran se venge quelques mois plus tard à bord d'un Sabre canadien.

Sur la chasse gardée des hommes
Le duel entre les deux adversaires passionne les foules. En juillet 1953, Jacqueline Auriol marque un point. Le président Eishenhower lui remet en personne le trophée Harmon international. Le prix Goncourt des pilotes. La Française est la coqueluche du pays.

La compétition entre les Jacqueline se poursuivra durant des années. Insatiable, la Parisienne s'attaque à un domaine réservé aux hommes. La voilà pilote d'essais en vol (1954).

Au manche d'un Mystère-IV N, elle bat un nouveau record, à 1.151-km/heure. En 1962, elle est créditée de 1.849-km/heure sur l'avion de chasse français Mirage-III-C, puis d'un 2.030-km/heure sur le Mirage-III-R en 1963.



Mais Jacqueline Cochran, qui est devenue sa meilleure amie, aura le dernier mot dans cette course de vitesse : l'Américaine atteint 2.097-km/heure sur un Lockheed-F-104.

Inhumée mardi à Muret ?
Pilote d'essais au Centre d'essais en vol de Brétigny, Jacqueline Auriol a testé une centaine de modèles d'appareils militaires, dont les prestigieux Mistral-2, Mystère-IV, l'un des premiers chasseurs doté d'ailes en flèches, et Mystère-20.
En 1956, son Mystère-IV se met en vrille. Elle parvient à la redresser à quelques dizaines de mètres du sol. Grâce à sa maîtrise exceptionnelle, elle échappe une nouvelle fois à la mort.

Jacqueline Auriol était grand officier de la Légion d'honneur.

Elle a publié ses souvenirs en 1968 dans un livre, «Vivre pour voler.» Elle avait exprimé auprès de ses deux fils le désir d'être enterrée dans le caveau familial des Auriol, au cimetière de Muret, où reposent ses beauxparents et son époux Paul. Les obsèques devraient avoir lieu mardi.

Dans la sous-préfecture de Haute-Garonne, certains se souviennent avoir aperçu l'aviatrice au bras de son mari. «Un vrai dessin de Peynet», soupire une dame. Jacqueline et Paul avaient divorcé avant de se remarier des années plus tard, en 1987.

«Cette grande dame a incarné pour les Français, pendant des décennies, le courage et la modernité. Ses exploits inouïs des années 50 et 60 lui avaient valu une renommée mondiale et faisaient la fierté de notre pays», écrit le président Jacques Chirac dans un télégramme adressé aux fils de Jacqueline Auriol.

A. B.

Elle a été un grand pilote
Je connaissais bien Jacqueline Auriol et je l'aimais beaucoup, comme tous ceux qui ont approché cette dame prévenante, toujours si gentille. Elle a été un grand pilote. Tout le monde, dans notre milieu, lui rend cet hommage. Les avions qu'elle a pilotés demandaient un niveau de professionnalisme élevé, surtout pour une femme à cette époque-là. N'oublions pas que l'écart était beaucoup plus important qu'aujourd'hui entre les hommes et les femmes, dans les années 50. Le seul fait qu'elle se soit lancée dans cette voie montre une force de caractère peu commune. Certes, sans les facilités matérielles dont elle a bénéficié au départ, Jacqueline n'aurait peut-être pas pu se lancer dans l'aviation.

Mais ses origines bourgeoises n'enlèvent rien à ses mérites, au contraire. Il fallait en effet une passion bien chevillée au corps pour surmonter les obstacles, à une période où les dames ne «faisaient pas ça.». Après son terrible accident qui l'a marquée à vie, cette passion n'était pas entamée.




Par Patrick BAUDRY (Pilote et spationaute.)
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