Corse, coup de colère de Gilles Simeoni

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04092017

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Corse, coup de colère de Gilles Simeoni




Exercices militaires en septembre le coup de colère de Gilles Simeoni.


Dans une lettre au préfet de Haute-Corse, le président de l'exécutif fait savoir son mécontentement. Pour sa part,  le préfet, qui a autorisé cet exercice conjoint entre l'aviation légère et le 2e REP, assure qu'il n'y a pas de danger.

S'agit-il d'une "erreur diplomatique" ou d'une manifestation de la routine administrative ne tenant aucun compte des conditions réelles du terrain ? Il y a sans doute un peu des deux.

D'autant que le courrier qui - sans mauvais jeu de mots - met le feu aux poudres, est daté du 21 août, en pleine période de léthargie administrative.

La lettre, adressée au général de corps d'armée Pierre Chevancy, gouverneur militaire de Lyon et commandant de la zone Terre Sud-Est, autorise des manoeuvres conjointes entre l'école de l'aviation légère de l'armée de terre (Alat) et le 2ème Régiment étranger de parachutistes de Calvi entre le 12 et le 15 septembre 2017.

Ces manoeuvres doivent se dérouler sur le territoire des communes de Poghju di Venacu, San Gavinu di Tenda, Merusaglia et Pedigriggiu.

Il est précisé, dans l'autorisation préfectorale qu'une "vigilance accrue" doit être portée le 12 septembre au col d'Ifana, sur la commune de San Gavinu di Tenda, la zone concernée se trouvant dans le massif forestier de l'Agriate Ouest.

Informé "incidemment" de ce courrier, le président de l'exécutif, Gilles Simeoni s'est mis dans une véritable colère froide. Et a écrit au préfet de Haute-Corse.

Sur la forme, il regrette de ne pas avoir été avisé, même si en l'état actuel de la législation, rien n'obligeait la préfecture à le faire.

Sur le fond, le président de l'exécutif rappelle que les incendies de forêt ont été particulièrement dévastateurs ces derniers mois, mais surtout que "sous réserve des enquêtes en cours, il est avéré que, dans un cas au moins, ce sont des manoeuvres militaires qui sont à l'origine de feux dévastateurs, consécutivement à des exercices de tir à San Petru di Tenda".

Il note également que le Sdis (Service départemental d'incendie et de secours, ndlr) de Haute-Corse n'a pas été mis au courant de ces manoeuvres et qu'il n'a donc pas été consulté quant à leur opportunité ou aux précautions essentielles à prendre : "Je vous demande, conclut Gilles Simeoni , de me confirmer que les précautions prises par les militaires (...) qu'il n'est, en l'état pas possible de connaître vous permettent de garantir, y compris de façon publique et en amont des opérations, l'absence totale de tout risque de mise à feu accidentelle, par exemple en excluant tout usage d'engins ou de tirs de munitions susceptibles d'entraîner une mise à feu accidentelle"

Le préfet de Corse pas "dans la boucle"

Le cloisonnement de l'administration étant ce qu'il est, le préfet de Corse, Bernard Schmelz, n'a été mis au courant de l'affaire que tardivement, dans un dossier qui est sorti très largement du cadre administratif pour entrer dans le champ politique dès hier matin. À telle enseigne qu'il ne pouvait répondre, hier.

Le préfet de Haute-Corse, Gérard Gavory, rappelait, pour sa part, en fin d'après-midi : "C'est un exercice destiné avant tout aux élèves pilotes de l'armée de terre, un exercice de transport de troupes qui mobilisera trois hélicoptères Puma et un hélicoptère Fennec. Aucun tir, ni utilisation de fumigène, n'est prévu", assurait-il.

Pas de manoeuvre à terre donc, une fois que les hommes du Rep auront été déposés ou hélitreuillés si l'on en croit la préfecture de Bastia. "C'est un exercice qui est d'ailleurs effectué tous les ans", précisait le préfet de Haute-Corse.

De fait, une source proche de l'Armée de terre confirme que, pour l'exercice 2017, il n'y aura aucun tir. Cette même source assure que "l'armée est d'ailleurs partie prenante dans la lutte contre les feux de forêt et est parfaitement consciente des risques particuliers, cet été".

Beaucoup de bruit pour rien donc, en période préélectorale ? Rien n'est moins sûr.

Le 30 mai dernier, c'est une signature "machinale" qui a autorisé les démineurs à détruire des explosifs à Bonifacio. Bilan : 370 hectares dévastés à la Testa Ventilegne. Le 7 juillet, c'est un exercice de tir sur le camp de Casta qui enflamme le maquis : 20 hectares détruits dans les Agriates. Dans les deux cas, la réglementation avait été appliquée.

Sachant que les exercices militaires se prévoient plusieurs mois en amont, aurait-on été plus vigilant en septembre ? La question ne se pose plus.




SOURCE : Corse Matin
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