LES CAMPS PARACHUTISTES

LA GRANDE BATAILLE DE CRETE (1941 – 1945) tombeau des paras allemands

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12092017

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LA GRANDE BATAILLE DE CRETE (1941 – 1945) tombeau des paras allemands




Texte et traduction : Simone ZAEGEL

Chers lecteurs et Amis,
Nous avons beaucoup parlé de la Crète, de la beauté de l'île, de sa richesse florale, de sa
cuisine, des temps minoens et de ses envahisseurs successifs et de son occupation par les
Turcs, de tout son passé mouvementé et de l'esprit de liberté qui a, pendant des siècles, animé
ses habitants.
Rendons hommage à ces Crétois, hommes et femmes, qui par le sacrifice de leur vie et par
leur courage, toujours répétés, ont su garder leur dignité.

Dans ce contexte, il serait peut être de mise de parler de leur passé récent.
Il y a deux ans, à l'occasion d' un séjour assez prolongé à Chania, le hasard a voulu que mon
séjour coïncide avec les cérémonies qui commémoraient l'invasion de la Crète par les paras de
l'armée nazie et la lutte farouche qui avait opposé les Crétois pendant quatre ans à ses
occupants.

Récits de luttes féroces qui m'ont été faits par des amis et qui me rappelèrent étrangement ces
cinq années d'occupation de notre Alsace, de 1940 à 1945, avec leur chapelet de misères et de
chagrins, de vies sacrifiées inutilement pour la folie d'un seul homme.

Etranges destins parallèles que ceux de la Crète et de l'Alsace, terres toujours exposées à la
convoitise de pays limitrophes, terres meurtries et imbibées du sang de nos aïeux.
Pour ces commémorations à Chania, ancienne capitale jusqu'en 1953, fut réédité un journal
paru après la Libération, Chaniotika Nea, et qui relate jour après jour, mois par mois, les
événements de ces années terribles.

Je l'ai traduit et vous présente les faits marquants, en un résumé.
Mais il me faut d'abord remonter un peu plus loin.

Depuis 1898, la Crète était placée sous le Haut Commissariat des Puissances Européennes,
elles-mêmes choisies sur la proposition de la Grèce; enfin, en 1913, ce fut, après pourparlers
et pression sur la Turquie, le rattachement définitif de la Crète à la Grèce.

La Grèce, en 1917, fut également entraînée dans la 1ère Guerre Mondiale. Après la fin des
hostilités, en 1920, se firent les derniers échanges de population entre la Grèce et la Turquie ;
et les derniers Turcs quittèrent la Crète.
Puis survint le 2ème Guerre Mondiale. Et là, je vais vous parler de ces Crétois, rebelles à toute
mainmise étrangère, de ces " Antartissa " (maquisards) qui avaient le combat dans le sang ;
qui surent résister pendant 400 ans aux Turcs et qui se dressèrent pendant 5 ans contre
l'envahisseur nazi.

LA CHRONIQUE D' UNE GRANDE BATAILLE

Tout de suite après l'attaque italienne par Mussolini contre l' Albanie et précisément le 29
Octobre 1940 – le lendemain du " OXI ", le NON des Grecs à l' alliance avec le fascismedébutèrent
les préparatifs pour la Bataille de Crète.
Les troupes de Mussolini furent arrêtées ;
mais en 1941, l'arrivée des troupes d'Hitler ne le fut pas. Les troupes nazies envahirent la
Grèce le 6 Avril 1941 et occupèrent Athènes le 21 Avril 1941.

Les Anglais et leurs alliés s'étaient repliés, avec leurs vaisseaux, au large de l'île de Crète. Ils
rapatrièrent toutes leurs armes stratégiques en Angleterre, mais en laissèrent suffisamment
pour fortifier l'île et lui assurer une bonne défense.
Mais comme le prouva le déroulement des événements, leur but essentiel n'était pas de tenir
l'île à tout prix, mais d'organiser un pont leur permettant de sortir leurs troupes de la Grèce
continentale.
De ce jour jusqu' à la violente attaque des paras nazis sur la Crète et de l' occupation définitive
de l'île, tout donne à penser que la Crète devait surtout servir de tremplin pour permettre
l'évacuation de toutes ces troupes des alliés anglais par la côte sud du pays.
Cela dit, il appartiendra aux historiens de démêler tout cela et de l'expliquer.

A – La Bataille.
Voici donc, étape par étape, le déroulement des événements du 29 Octobre 1940 jusqu'en
Août 1941. (traduction du Journal Chaniotika Néa)

Novembre 1941
Le 1er Novembre 1941, un convoi de vaisseaux britanniques jette l'ancre dans la Baie de
Souda amenant, sous la protection du Croiseur "Asia", du personnel et du matériel de la
Grèce Continentale. Débarquent alors 20 compagnies d' Ecossais.
Dans les jours qui suivent, le gouvernement grec fait savoir aux Anglais qu' il retirera la 5ème
Division crétoise du front albanais et l' enverra à Salonique, et de là en Crète, à condition que
lesdits Britanniques se chargent d'organiser la défense de la Crète.
Après quoi les Britanniques prennent la responsabilité de cette défense. Ce qui dans tous ces
préparatifs tracasse le plus Winston Churchill est de savoir " si tout ce monde est assez
compétent pour comprendre l'enjeu que représente cette île de Crète ". Il demande que « tous
les efforts soient faits pour acheminer, d' urgence, armes et provisions sur l'île et qu'il y ait
suffisamment d' hommes pour la défendre ".
Témoin le télégramme de Churchill au Quartier Général de la Marine :" Nous perdrions la
Crète, parce que nous ne disposerions pas de forces armées suffisantes ; cela serait un crime ".
Le 11 Nombre 1941, le commandant de la 5ème division crétoise, conformément aux ordres de
l'état-major grec, donne ordre à ses commandants d'unités de déplacer la division avant le 16
du mois vers la Crèce continentale pour assumer la garde des dépôts d'armes de la
gendarmerie.
Le lendemain déjà, le 12 Novembre 1941, Hitler donne l'ordre à ses troupes de prendre
possession de la Grèce en employant massivement les forces aériennes contre leur cible. But
de l'opération : le contrôle de la Méditerranée Orientale.
Mais les Anglais veillent. Le général en chef britannique, chargé du déplacement de la 5ème
division crétoise en partance vers la Crète, revient précipitamment sur l' île afin d'étudier cette
nouvelle situation.
Dans la foulée, 9 navires réquisitionnés appareillent pour la baie de Souda emportant et les
140 compagnies d' infanterie et les 50 compagnies d' artillerie. Partent aussi, pour protéger ce
convoi d' hommes, 8 vedettes rapides grecques et un croiseur léger anglais.

Décembre 1941
Hitler donne des directives ultra-confidentielles aux responsables de ses troupes aéroportées :
"La mission de notre aviation sera de renforcer l'attaque dans toutes ses phases ; et pour
rendre l'assaut possible il faut comprendre que pour s' emparer des points d'appui britanniques
sur les îles grecques on ne peut débarquer que par les airs ".

Janvier 1941
Le commandement militaire de la Crète, qui a son siège à Chania, charge les corps des milices
de la défense de mener une action énergique contre l'ennemi, d’empêcher, par tous les moyens
l'atterrissage de forces parachutées et l' approche de l'ennemi des aéroports et des avions. Ces
forces doivent se répartir ainsi : 12.000 hommes à Chania, 550 à Rethymnon, 900 à Iraklion
et 400 pour le Lassithi, soit 13.850 hommes. Mais le Ministère de la Défense ordonne de
réduire la puissance de la milice à 1.500 hommes et demande aux Anglais de les armer.

Mars 1941
L'or de la Banque de Grèce arrive, par bateaux, à Souda et, de là, est transféré en camion à
Heraklion pour partir ensuite pour l' Egypte.
Le gouvernement grec installe un nouveau commandement militaire en Crète mais ne lui
donne pas de consignes précises en ce qui concerne son mandat. Ainsi la défense d'Heraklion
devient une entreprise hasardeuse.
Le 26 Mars 1941, dans la Baie de Souda, se passe une chose incroyable : au large du Golfe de
Souda, stationne un sous-marin italien non détecté. Trois plongeurs italiens téméraires entrent
avec des torpilles dans la baie fermée de Souda. Sans rencontrer ni filet ni protection
particulière, ils entrent dans le port où se trouvent ancrés des bâtiments britanniques.
S'approchant du cuirassier anglais " York ", ils collent leurs torpilles contre sa coque et s' en
retournent, ni vus ni connus, à leur sous-marin .
45 minutes plus tard, le grand cuirassier anglais est rendu totalement inutilisable.
Après cette agression, il est évident pour tout le monde, et ceci surtout sur l' insistance de
Churchill, qu' il faut défendre la Crète et la sauver. Qu'il ne faut pas hésiter devant le danger et
en payer le prix fort.
L'enjeu est de taille : la Crète possède les meilleurs aéroports (Malémé, Réthymnon et
Héraklion) ainsi qu'une base maritime approvisionnable, Kolpo, sur la presqu'île de Souda.
C'est de toutes ces questions et problèmes que doit discuter le commandant de la division
anglais avec la défense crétoise.

Avril 1941
Enfin…le quartier général grec donne l'ordre à tous les instructeurs des centres d'instruction
du Péloponnèse de préparer d'urgence les fantassins des classes 1940-41 en vue de leur départ
imminent pour la Crète ; c'est à Souda que va être installé le plus grand de ces centres, avec
4.585 fantassins de Nauplie, plus leurs 80 officiers, et aussi 280 fantassins du Centre de
Tripoli.
Le 21 Avril 1941, jour du 52ème anniversaire du Führer, l'optimisme le plus absolu règne au
quartier général d'Hitler. Les troupes de la Wehrmacht et des Waffen SS viennent de terminer
victorieusement la campagne des Balkans.
Le Général Papagos vient de signer, la mort dans l'âme, la capitulation de l' armée royale
grecque.
Les division grecques, après la capitulation, sont en garnison à Larissa.
Hitler, dans son train privé en Autriche, étudie le plan " Opération Merkur " avec son
instigateur, le Général Student. Ce sera, d'après Student, le moment idéal pour réveiller le sens
patriotique des paras allemands. Parmi tous les soldats de l' Allemagne nazie, les
Parachutistes sont les favoris du Führer.
Le 23 Avril 1941, un hydravion britannique transportant le Prince héritier de Grèce, le 1er
Ministre et le « gratin » du gouvernement se pose dans la baie de Souda.
Le lendemain, le 24 Avril 1941, a lieu en Crète la rencontre du 1er Ministre grec avec le
Général de division anglais Weston pour discuter de la situation au Moyen Orient. Weston
affirme, une fois de plus, que la Crète ne sera pas abandonnée et que le gouvernement
britannique fera tout pour conserver la Crète. Commencent aussi avec le préfet de la région de
Réthymnon les pourparlers pour armer les villageois. Mais l' administration générale de
Chania désavoue le Préfet.
Le 25 Avril débarquent en Crète des forces alliées importantes : la 5ème brigade néozélandaise,
forte de 5.000 hommes.
Il faut savoir que l’objectif du plan Student et de la décision de Hitler est d' utiliser la Crète
comme base aérienne dans la campagne contre les Anglais au Moyen Orient, de prendre
Chypre et de là sauter sur le Caire et le Canal de Suez,
faire la jonction avec l' Afrikakorps de Rommel et s'emparer du pétrole.
Le 28 Avril 1941, nouvelle concertation à Chania du gouvernement grec en présence des
généraux britanniques Wilson et Wetson, du général grec Skoulas et du maréchal de l' armée
de l' air grecque Albiac, ainsi que de tous les services militaires helléniques et britanniques.
Churchill suit de très près les événements. Il fait parvenir un télégramme personnel au général
en chef du Moyen Orient Wawell : "D'après les renseignements recueillis, il apparaît qu'une
violente attaque aéroportée allemande, avec bombardements massifs, sera lancée contre la
Crète. Faites-moi savoir de quelles forces vous disposez dans l'île et quel est l'état de
l'approvisionnement. Il faut organiser la défense et se cramponner à la Crète. Ce sera une
occasion brillante de porter un coup efficace à l'armée aéroportée allemande."

Mai 1941
Les cadets de l' Ecole militaire grecque arrivent en renfort en apportant des réserves d'
essence.
Le plan " Ajax ", plan anglais de défense, est mis en place par le général d' état- major
Freiberg, commandant néo-zélandais, choisi par le Général Wawell en raison de ses faits d'
armes. Il va avoir la charge de la défense de l'île et crée la "Creforce".
Freiberg prend donc en main le commandement de toutes les forces disparates qui se trouvent
en Crète. Il fait connaître au général en chef du Moyen Orient que, contrairement aux
évaluations du Ministère de la Défense Grec, les forces disponibles en Crète sont absolument
insuffisantes pour parer une attaque massive de l'île. Il dispose d'Australiens, de NéoZélandais,
d'Ecossais et de Gallois qui sont des soldats aguerris, qui ont déjà participé aux
attaques de l’axe contre les Anglais en Afrique du Nord et contre les puits de pétrole en
Roumanie et prêts à se sacrifier. S'y ajoutent des soldats grecs, mal préparés, des Crétois
farouches, des hommes de la gendarmerie militaire et les maquisards. En tout, il dispose de
20.000 hommes. Mais les autochtones sont mal armés.
Sur ce, on assure au général Freiberg l'entier soutien en cas d'attaque et on lui fait savoir qu’il
est de son devoir de défendre la Crète.
Bombardements systématiques
Freiberg, maintenant commandant de toutes les forces crétoises, donne ordre de diviser la
défense de l'île en zones : Héraklion, Réthymnon, Souda et Chania–Malémé. Il remet de
l'ordre dans les effectifs grecs en édictant une loi "pour rétablir le respect des combattants
envers leurs chefs et non écouter les paroles des partis politiques". Puis il procède à la
dissolution du commandement militaire crétois.
En même temps, il donne mission à la 10ème Brigade néo-zélandaise, sous les ordres du
colonel Kippenberger, de renforcer et couvrir la région du village de Galatas et d'assurer la
défense vers la côte et vers le terrain d'aviation de Malémé.
Le 14 Mai 1941 commencent, selon le plan " Merkur ", les bombardements systématiques, par
l'aviation allemande, de la Crète en vue de préparer l’attaque.
La situation est dépeinte sous les couleurs les plus sombres par le ministre grec Tsouderos. Il
envoie un télégramme de détresse à l'ambassade grecque de Londres en exposant la situation
catastrophique de l'île.
Entre temps, le Prince héritier de Grèce et toute la cour royale sont partis pour l’Egypte.
Le 15 Mai 1941, malgré tous ces aléas, le commandant des Forces crétoises Freiberg pense
être prêt pour la défense de la Crète et retrouve son optimisme : les troupes seraient en
bonnes conditions physiques et auraient un moral de fer. Il pense qu'avec le soutien de la
marine il arrivera à tenir l'île.
Le 17 Mai 1941, dans les journaux de Chania, est publié un article disant que le Chef du KKE
(parti communiste) a réussi à s'évader de sa prison de Kimola et qu'il estime que les
communistes doivent être en première ligne dans les combats pour la défense de Crète, car ce
combat est aussi le combat pour la libération de la Grèce.
Face aux Australiens
En ce matin du 17 Mai 1941, en Grèce, à Athènes, un camion stationne dans la cour du
Parlement, bâtiment où a été transférée l'imprimerie royale Elka et où se trouvent tous les
stocks des cartes d'état-major de la Grèce. Les Allemands arrêtent les machines et, avec une
vitesse surprenante, embarquent cartes, machines et matrices en zinc. Ainsi, ils s'approprient
les matrices des cartes de Crète où sont indiqués les emplacements des aéroports crétois.
Le 19 Mai 1941, à Athènes, le Général Student rassemble une dernière fois ses officiers
supérieurs pour une ultime concertation avant la grande invasion. Il ne se doute pas une
minute de la surprise qui l'attend le lendemain.
Le 20 Mai 1941, la météo est au beau fixe. Vers midi, des escadrons de bombardiers et de
chasseurs allemands attaquent et bombardent violemment Souda et Chania et des nuées de
parachutes tombent du ciel.
Vers 15 heures, 90 avions attaquent Héraklion, bombardant et mitraillant de toute leur
puissance et déclenchant une grande catastrophe dans la ville. Une heure après, les attaquants
débarquent de planeurs, d’où sortent les parachutistes du colonel Bräuer.
Au même moment, les parachutistes qui ont sauté à l'est de Réthymnon, sur la colline de
Kefala, tombent pile sur l'endroit où se trouvent les Australiens.

LA BATAILLE DE CRETE A COMMENCE !!

B – LE MAQUIS de 1941 à 1945
La Bataille de Crète avait donc commencé !
Le 20 Mai 1941 les parachutistes allemands du Général Student sautent sur la Crète.
Ils attaquent la côte septentrionale en 4 points différents. Le régiment d' assaut du Général
Meindel occupera l' aéroport de Malémé et les collines qui le dominent. Le régiment du
Colonel Heidrich s'emparera de Chania, la capitale, et du Port de Souda. Le Colonel Sturm
prendra la ville et l' aérodrome de Réthymnon et le régiment du Colonel Brauer occupera la
ville et l' aérodrome d' Iraklion.
Mais ce qu' ignore l' Etat Major allemand est que l' ennemi les attend. Les services de
renseignements de l' Amiral Canaris avaient donné des renseignements totalement erronés au
Quartier Général du Führer en annonçant qu'en Crète se trouvaient les restes de l' armée
grecque, d'assez faible valeur militaire, que les Néo-Zélandais commandés par le Général
Freiberg se résumaient à une seule Division et enfin que la population était favorable aux
envahisseurs allemands…!!
C' est dans l' illusion d'une victoire facile, contre un ennemi surpris et mal armé, que
les attaquants sautèrent sur l' île de Crète.

Personne n' imaginait la dureté incroyable des combats qui allaient suivre. Ni les
terribles souffrances dues à la chaleur d'un été précoce et donc au manque d' eau, à la
méconnaissance du terrain très accidenté de la Crète et à la férocité des maquisards crétois,
dès qu' il s' agissait de défendre leur Patrie contre un quelconque envahisseur.
Loin d' être mal défendue, la Crète va se révéler une véritable forteresse, bien armée et
qui attend les Allemands nazis depuis plusieurs jours. Guidés par ces faux renseignements, les
parachutistes allemands tombèrent en plein sur les positions des défenseurs et il s' en suivit
une terrible boucherie.
Churchill et les Chefs d' Etat Major alliés, sachant quand et comment les Nazis
attaqueraient l'île, avaient renforcé la défense ; malheureusement en vain. Les défenseurs
furent finalement submergés par le nombre des assaillants et succombèrent sous le poids de l'
attaque. Mais les paras allemands payèrent un si lourd tribu en forces vives, et l' ampleur des
pertes fut telle qu' Hitler n' allait plus être prêt, désormais, à entreprendre une opération
aéroportée d' une telle envergure.

Sur 6.000 paras allemands engagés, 3.000 furent tués ou gravement blessés.
Les Allemands ayant réussi à prendre pied dans l' île, les combats continuèrent avec
férocité et ce sera une semaine d' épouvante et de misère.
La région de Chania fut la plus éprouvée. Et sous les bombardements massifs et
impitoyables de l' aviation allemande cette belle ville perdit le plus important de son
patrimoine architectural et ses vestiges du passé.
Que retrouvons-nous dans la région qui rappelle ces jours noirs ?
Sur Malémé, sous forme de monument, fonce toujours l' aigle allemand au-dessus du
cimetière militaire allemand. Monument impressionnant, édifié par les paras en mémoire de
ces terribles combats. Les Crétois tiennent à le conserver pour que les générations futures n'
oublient pas le sacrifice de leurs anciens. Mais la croix gammée, entre les serres de l' aigle, a
été détruite.
Daratsao et Galatas, villages situés sur les collines dominant la mer entre Chania et
Malémé furent détruits ; beaucoup d' hommes y furent fusillés pour avoir aidé les Alliés. La
bataille de Galatas fut un massacre de part et d' autre, car Galatas était la clé de la bataille
pour envahir la capitale d' une part et s' approprier l'aéroport de Malémé, d' autre part.
Après les hostilités, les Anglais aidèrent énormément ces deux villages à se
reconstruire. Galatas fut dotée d'une superbe école et Daratso a un des meilleurs collèges de la
région ; le tout, encore aujourd'hui, subventionné par des dons provenant d' Australie et de
Nouvelle Zélande. Beaucoup de jeunes gens, filles et garçons, émigrèrent, après guerre, en
Australie.
A peine les Allemands installés, les tracas commencèrent pour la population. Ordre fut
donné de fusiller 10 hommes grecs pour chaque soldat allemand tué dans une embuscade. C'
est ainsi que la village de Kandanos fut incendié et toute la population massacrée. Les paras s'
emparèrent des villages les uns après les autres, secondés dans leur sinistre besogne par des
Unités SS, arrivées entre temps par mer et par air, bien armées et équipées de matériel lourd.
Maintenant le but était la côte sud vers Paleochora et la route, à travers les Montagnes
Blanches (LEFKA ORI) qui mène à Chora Sphakion, les deux derniers ports où attendaient
des bateaux et des sous-marins britanniques pour recueillir les troupes anglaises en fuite.
Ne vous imaginez pas les routes belles et macadamisées que vous voyez à l' heure
actuelle et qui mènent vers ces deux ports, mais de méchants sentiers caillouteux, à peine plus
larges qu' une sente pour ânes, avec de part et d' autre des précipices à vous donner le vertige
(je les ai encore connus il y a 25 ans, lorsque je me suis rendue pour la première fois de la
côte nord sur la côte sud ; lorsque deux camions se croisaient, l' un des deux, côté précipice,
était toujours en danger de mort. C'est dans ces conditions, plus que difficiles, que fuyaient les
soldats britanniques, sous un soleil de plomb.
Les montagnards crétois, les bergers, les maquisards aidèrent de leur mieux ces
pauvres bougres dans leur fuite devant un ennemi implacable qui les talonnait nuit et jour.
Mais cet ennemi souffrait encore plus qu'eux, car lui ne bénéficiait pas de l'aide de la
population et ne connaissait ni les points d'eau ni le terrain qui abritait des maquisards
déterminés et connaissant chaque ravin comme leur poche. Mais toute la région de la Côte
Sud paya très, très cher cette aide aux Alliés. Villages martyrs tels Kandanos, Anopoli,
Aradena, le Monastère de Prévéli, pour ne citer que les premiers de ces Oradour-sur-Glane
crétois.
La Crète était conquise, les nazis avaient gagné, mais pour le maréchal Rommel s'
annonçait déjà la débâcle au Moyen-Orient. Mais en Crète vint alors une autre guerre à
laquelle l'occupant allemand, dans son euphorie de victoire facile, ne s'attendait nullement :
La guerre des "Antartissa", les maquisards crétois qui relevèrent le flambeau de leurs ancêtres
contre l' envahisseur. Et cette guerre–là dura encore quatre années, remplies d' horreurs et de
larmes pour la population crétoise.
N.D.L.R.
Pour parachever ce travail, Simone Zaegel a traduit et résumé pour les membres de notre
association toute une série d’articles parus dans le journal "XANIOTIKA NEA" (Les
nouvelles de Chania) qui relatent, mois après mois et année après année, d’août 1941 à mai
1945, quatre années de terreur.
Et notre amie d’ajouter : « Puissiez-vous vous faire une
image de la chape de plomb qui s'était abattue sur cette belle île et sur ses habitants. Et peut
être, les plus âgés d' entre vous pourront se remémorer que notre Alsace, à la même époque,
était à peu près soumise au même régime de peur ».

Voici ces articles :
" XANIOTIKA NEA"
Août 1941
Ordre est donné au Lieutenant anglais Paul d'aider les soldats anglais retranchés à
Moni Prévéli ( Monastère sur la Côte Sud) à fuir l'avance des Allemands et d'essayer de
rejoindre les ports de Prévéli, Frangokastello et Chora Sfakion. Au large de ces ports
attendent des navires et des sous-marins qui doivent les embarquer. Dès le 26 Juillet 1941,
l'ensemble des Anglais se trouvant sur la côte Sud s'est donc mis en marche, escorté par le
lieutenant Paul et par Antonio Grygorakis, dit "le Satan".
Début Août 1941 arrive à Chania, la capitale, le Commandant général de Crète
Loulakakis, ex-député d'Héraklion, qui a tourné casaque et est nommé par le servile et
germanophile gouvernement grec d'Athènes.
Le nouveau préfet de Chania Permanslager s'empresse de faire connaître les nouveaux
ordres de l'occupant et de les transmettre au Diocèse de Kydonia (ancien nom de Chania) en
mettant les autorités ecclésiastiques crétoises en demeure d'évacuer certains monastères pour
y installer les instances militaires allemandes.
L'Evêque de Kydonia en tête, les universitaires, les grands commerçants et les
professions libérales (médecins, avocats…) jugent prudent de se soumettre et pensent ainsi
amadouer l'occupant.

Septembre 1941
Parallèlement les Allemands se ruent sur la province de Sélino et des milliers de
soldats ennemis attaquent la région de Chora Sphakion. De là, ils se répandent dans les
villages environnants à la recherche des franc–tireurs. Chora Sfakion est le lieu de
rassemblement de ces farouches maquisards ; mais vendus et trahis par un collaborateur
crétois, ils se font prendre et 26 d'entre eux seront fusillés.
Début septembre arrivent par avion militaire allemand le Ministre grec Logatepoulos
et un attaché militaire de l'Ambassade allemande d'Athènes. Ils ont rendez-vous à Pélékorika
avec le commandant anglais André. Ils le mettent en demeure de faire déposer aux Crétois les
armes que ceux-ci s'étaient appropriés lors du départ des troupes anglaises. Au cas contraire,
ils menacent de représailles la population civile.
Cet ordre est publié le 10 Septembre 1941 avec effet immédiat.

Octobre 1941
Au début du mois, le 9 octobre exactement, débarque clandestinement dans Akrotiri
un Délégué Allié qui rencontre le commandant Grigorakis, dit "le Satan" et ensemble ils
essaient de trouver un moyen d' infiltrer la Messara (Côte Sud).
Déjà la population civile souffre de faim. Les Allemands se servent sans vergogne ni
égards pour approvisionner leurs troupes.
L' Evêque de Kydonia, par la voix du Maire de Chania, fait savoir dans une lettre
encyclique qu'à Athènes, dans les églises, on commence à collecter de l'argent pour les
familles crétoises dans le besoin.

Novembre 1941
L' agent secret anglais connu sous le pseudonyme "le Sioux" fait échapper de la prison
de Rethymnon – la Tsoutsoura – 120 Anglais et fait entrer en Crète un autre agent secret,
Gontran, qui prend sa place. Puis "le Sioux" quitte la Crète.
Les Crétois, sous la conduite de Manoli Badouva (cet homme sera pendant les quatre
années à venir le Chef Suprême de la Résistance) réussissent à établir la liaison avec le Caire
où se trouve le Commandement Général du Moyen Orient.
Badouva demande, avec insistance, que l'on envoie des agents pour encadrer les
groupes de résistants qui se forment partout dans l' île.

Janvier 1942
Le résistant de la première heure Nikos Askondis, homme politique communiste en
vue, est piégé et arrêté près de la Source de Réthymnon par le commandant allemand Fuchs.
On lui reproche d'avoir trahi les Allemands lors de la bataille d'Arkadi et il est déporté séance
tenante dans les geôles d' Athènes.
A la suite de quoi a lieu le premier rassemblement important des communistes dans
l'église de Panagia.

Avril 1942
Débarquement clandestin de l' Agent secret anglais Dambabin.

*************
NOTE de l’auteur : ce qui frappe tout au long de la lecture de ce journal , qui court sur
quatre années d' occupation, c'est le nombre d' agents secrets anglais qui s'infiltrent toujours
et sans relâche dans l' île. Churchill n avait donc pas menti, lorsqu'il avait juré de ne pas
lâcher la Crète ; et les liens étroits entre les Britanniques et les Crétois ne se sont jamais
relâchés et ceci jusqu' à nos jours.
Les Anglais et les Néo-Zélandais restèrent toujours reconnaissants au peuple crétois
pour l' aide apportée lors de l' évacuation de leurs hommes. Après guerre, ils aidèrent
énormément les Crétois à reconstruire leur île, par la reconstruction des villages et par la
création d' un système scolaire moderne.
**************
Mai 1942
Pour le 1er Mai, première grande manifestation communiste à Néapoli, au vu et au su
des occupants. La population entière, descendue dans la rue, entame le Chant des Travailleurs.
La première équipe de commandos anglais débarque clandestinement en Crète sous la
conduite de l'agent secret Dambabin et sous la protection du Commandant Badouva qui
réunit, tout de suite, un conseil de guerre et nomme les responsables pour les différents
districts.
Mais les Anglais en la personne de l' Agent Dambabin doivent convaincre le
commandant crétois que pour l' immédiat une action armée n'est ni désirable, ni avantageuse
vu la force et la hargne de l'occupant. Cependant, les Anglais font larguer, par avion, deux
grands containers d'armes aux maquisards pour leur faciliter leur défense.

Juin 1942
Les maquisards ont exécuté les maires germanophiles de trois petits villages (Kanli,
Kastelli et Ploras) en les passant par les armes. En représailles, les nazis exécutent douze
otages à Réthymnon.
Juin est un mois très mouvementé : le 9 Juin, les agents secrets anglais réussissent le
sabotage de l' aérodrome de Kastelli.
Le 13 Juin une équipe de franc-tireurs gallois réussit à s'infiltrer en Crète par la côte
Nord et détruit 18 avions sur l' aéroport d'Héraklion.
Ces actions de sabotage entraînent la réplique immédiate des occupants et 90 otages
sont fusillés à Héraklion.
************
NOTE de l’auteur : Mais la mesure de rétorsion la plus cruelle envers les Crétois fut l'ordre
émis par le Gouverneur allemand de la Place Forte de Crète et qui fut publié dans tous les
journaux grecs et italiens : « Comme il faut mâter la population crétoise ORDRE est donné d'
évacuer la région côtière du Département du Lassithi jusqu’ au Département d' Héraklion, le
long de la plage et ce sur une profondeur de 6 km. La région est à considérer comme Zone
Morte (No man's Land). Tous les civils qui habitent cette région doivent la quitter
immédiatement. Toute personne mâle surprise dans cette zone est considérée comme franctireur
fugitif et sera fusillé sur le champ, prêtres, femmes et enfants compris ».
L' ordre ci-dessus était exécutoire à partir du 13 Juillet 1942 et entraîna des souffrances sans
nom pour la population.
***************
Août 1942
La situation entre l'occupant et les Crétois est tellement tendue que le Président grec
Tsolakorlou vient personnellement inspecter l'île.
Il cherche à trouver un accord sur la meilleure façon de conduire ce peuple crétois rebelle et
de le faire plier sous le joug de l'occupant.
Au même moment, sur la côte Sud, au large de Prévéli, attend un sous-marin anglais le
" Top bee " pour évacuer le commandant anglais Paul. Mais celui-ci rendu méfiant par
plusieurs trahisons par des collaborateurs dans les rangs crétois, demande que l'équipage qui
doit le mener au sous-marin soit composé exclusivement par des marins chypriotes. Cette
dispute rend la situation de plus en plus périlleuse, et finalement on réussit à convaincre Paul
de la fiabilité des marins crétois. Tout est bien qui finit bien !

Octobre 1942
Des représentants de la Croix Rouge arrivent au Lassithi et veulent visiter Agios
Nikolaos. Mais les Allemands leur refusent l'accès à la ville à cause de la tragique et
déplorable situation qui y règne. La partie Est de l'île est occupée par les troupes italiennes.
*************
NOTE de l’auteur : Si l'on peut croire les récits d'autres journaux de l'époque, la partie Est
de la Crète occupée par les fascistes italiens était dans un état chaotique. Les Italiens, moins
disciplinés que les S.S. allemands avait laissé s'installer l'anarchie et la famine dans cette
partie de l'île, d’où le refus des Allemands vis à vis de la Croix Rouge.
************
Novembre 1942
Sous la conduite d'un agent secret anglais Jan Feelding, sept résistants ont essayé de
récupérer leurs terres dans le No Man's Land du Lassithi. Ils ont réussi à s'emparer des
réserves de blé stockées par les Italiens et à les distribuer aux habitants de Boulgaraki qui
étaient complètement affamés.
Feelding est maintenant le gradé anglais clandestin le plus haut placé (lieutenant
colonel) qui est encore en Crète. Il opère à l'Ouest de l'île. Il se rend à Omalos pour rencontrer
le Commandant Mandakas et les chefs résistants du secteur. Ensemble, ils nomment les
responsables militaires pour la Région d'Héraklion : le lieutenant Betinaki pour Héraklion et
le lieutenant Plevry pour le Lassithi. Ce qui est agréé par l' E.O.K. La résistance crétoise
commence à s'organiser.

Février 1943
Le Préfet du Lassithi, Zitas, à la solde de l'occupant, demande aux maires de la région
pourquoi les 15% des récoltes n'ont pas été livrés aux carabiniers et gendarmes. Il menace de
déportation les maires parce qu'ils n'ont pas obtempéré avec assez d'empressement et livré la
quantité de nourriture évaluée par l'occupant.
Puis l'ordre est donné au chef d'Etat Major de l'armée d'occupation italienne du
Lassithi de continuer à harceler la population.

Mars 1943
Révolte des étudiants du "Collège de la Cité Nouvelle" à Héraklion qui parviennent à
célébrer le 20ème Anniversaire de la fondation de cette Université, célébration qui avait été
strictement interdite par l'occupant. Un intrépide escalade le Monument aux Morts et le coiffe
d'un couronne de feuilles de laurier. Puis les étudiants défilent dans les rues en chantant
l'Hymne National. Ce qui est également strictement défendu. En plus, ils hurlent des slogans
anti-fascistes.

Mai 1943
Suite aux évènements de mars, le Chef d'Etat Major des Forces d'occupation italiennes
du Lassithi , en accord avec le Préfet, supprime le droit d'étudier et d'enseigner aux
corvéables. Mais les étudiants continuent de s'abstenir de la corvée et forment des comités de
protestation et de résistance. Ceci pour les Italiens.
Quant aux forces allemandes, elles entrent en campagne contre les résistants de
Réthymnon, car il était parvenu à la Gestapo de Réthymnon le renseignement que sur les
hauteurs à l'arrière de la ville des postes radios auraient été installés pour communiquer avec
les Forces Alliées.
En effet, un sous-marin le "Papanikolis " avait débarqué sur les plages entre BaliI et
Sises un capitaine-télégraphiste du Quartier Général allié faisant partie de l'Intelligence
Service, avec mission de rassembler tous les sans-filistes crétois et de les former aux radios et
accessoires introduits par lui dans l'île de Crète.

Juin 1943
Grande rencontre, dans une maison isolée des Montagnes du Sud, des chefs des
différentes factions partisanes et rassemblement des premières équipes bien organisées de
maquisards.
Le Gouvernement Militaire allemand, exaspéré par toute cette résistance larvée, veut
limiter les communications qui se font entre l'Egypte et la Crète et déclare " Zone Interdite "
la côte Sud de la province d'Agia Vassili et fait évacuer tout le secteur de ses habitants et des
bêtes. En cas de retour dans cette zone interdite, quiconque sera pris sera fusillé sur le champ.

Juillet 1943
Grand événement : en Italie Mussolini est renversé. Le moral des troupes italiennes est
au plus bas. C'est ce moment que choisissent les Allemands pour bombarder les Régions de
Mirabello, Agios Nikolaos et Ierapetra dans l' intention de casser encore plus le moral des
Italiens. Résultat : énormément de morts et de blessés parmi les Italiens qui ne s'attendaient
pas à cette attaque de la part de leur soi-disant allié.
Les Allemands veulent surtout intimider les Italiens, dont ils se méfient depuis
toujours et veulent éviter qu'ils ne se retournent contre eux en apprenant la mort de Mussolini.
Finalement le Commandant allemand Broeger se rend chez le commandant italien du
Lassithi pour lui expliquer que la grande Allemagne nazie sera vainqueur, vu les nouvelles
armes secrètes dont elle dispose.

Août 1943
Les Allemands deviennent de plus en plus nerveux. Ceux stationnés à Chora Sphakion
et qui contrôlent les prisons de Loutro et d'Agia Roumeli se ruent à Livaniana, arrêtent tous
les habitants, ainsi que ceux de Loutro, sans raison donner et déportent prisonniers et
population à Anopoli.
En effet, il y a de quoi être nerveux, car sur des plages sud de la Crète ont débarqué
des groupes des Forces Alliées pour assister et renforcer les partisans et elles se sont fondues
dans la nature trouvant refuge dans les Montagnes Blanches (Lefka Ori) et le Psiloritis.
Ce qui déclenche un massacre de plus : une section allemande sous les ordres du
Sergent Stuber tombe sur Rodakino, torture à mort 5 hommes et brûle vives 2 femmes. Ce
village est également déclaré "Zone Interdite".

Septembre 1943
Retour des agents anglais Dambabin et Leigh Fermor. Le Chef des maquisards Manolis
réunit ses hommes pour couvrir le débarquement des Anglais.
Commencent alors les négociations entre le Commandant italien du Lassithi et le
Commandant Leigh Fermor. Les Italiens ne veulent plus se battre aux côtés des Allemands et le
Général italien Kata signe l'acte de capitulation que lui dicte le Colonel allemand Haagen.
C'est un bel imbroglio : d'un côté, les Italiens qui occupent le Lassithi entament des
transactions avec les maquisards et les Anglais ; de l' autre côté, les Allemands exigent la
capitulation de ces mêmes Italiens qu'ils considèrent, dès à présent, comme leurs ennemis.
Mais les Allemands sentant leur situation de plus en plus précaire deviennent de plus
en plus féroces. Deux soldats allemands ayant été tués à Vianno, un peloton d'exécution y est
envoyé. Celui-ci tombe dans une embuscade préparé par les maquisards ; il y laisse 14 morts
et 18 prisonniers.
Cette défaite rend fou furieux le Général allemand Miller, commandant Héraklion. Il
envoie tout un bataillon à Vianno, avec consigne de détruire la région en mettant le feu à tous
les villages alentour : Sikologos, Kalami, Simi, Kéfalovrisi, Akira, Vaho, Aï, Vassili, Krevata
et Vianno, soit en tout 10 villages
Le même jour, dans la région de Ierapetra, sont incendiés 9 villages : Gdokia, Mallès,
Mirtos, Mourmès, Parsas, Riza, Kaomeno, Epano et Christos. Population arrêtée, déportée et
fusillée.
MILLER fut traduit plus tard en justice comme criminel de guerre et exécuté par les Alliés.
Fin Septembre 1943, le commandant italien du Lassithi, le Général Karta, réussit à
fuire avec ses troupes et son état-major vers le Moyen Orient, grâce à l' aide le l'Anglais Leigh
Fermor.

Octobre 1943
Décision des occupants le 1er Octobre d'encercler Koustogerako.
La bataille de Koustogerako dure jusqu'au 3 Octobre. Ce fut une opération de grande
envergure avec soutien aérien et des centaines d'attaques contre les villages de Sélinou,
Koustogerako, Livada et Moni.
Les hommes de Koustogerako ayant pu s'enfuir pour échapper à l'arrestation, les S.S.
rassemblent femmes et enfants et les conduisent devant le peloton d'exécution. Les première
balles touchent une grand-mère et son petit-fils. Mais un maquisard embusqué, fou de
chagrin, tire de loin sur l'exécuteur et le tue d'une balle dans la tête.
Les Allemands paniquent et s'attendent à une riposte en force des partisans. Ils
abandonnent leur sinistre besogne et se retirent, sans cependant relâcher l'encerclement de la
région. Mais, de nuit, trois familles de Koustogerako (en tout 12 personnes) attaquent les deux
gardiens allemands du dépôt de munition, les tuent et réussissent à s'enfuir en emportant tout
le stock d'armes.
Représailles inévitables par les troupes allemandes qui saccagent systématiquement les
quatre villages cités plus haut. Mais entre temps la population civile a pu s'enfuir. Les
partisans engagent le combat et cela se termine par 37 morts et 65 blessés du côté des S.S.
Tout le mois d' octobre 1943 est marqué par de sanglants accrochages entre
maquisards et troupes S.S., ces derniers se livrant à des exactions sans fin.
A Réthymnon, sans raison, ils brûlent 10 maisons : femmes et enfants sont brûlés vifs.
Les hommes du Commandant Badouva épuisés réussissent à décrocher et se réfugient
à Kallikrati près de Sphakia. Dans ce village, ils se joignent aux saboteurs anglais qui s'y
cachent. Kallikrati est encerclé et 25 villageois fusillés.
Vers fin Octobre, il s'avère de plus en plus urgent de réunir les chefs maquisards de la
Crète entière. Cette concertation a lieu au Monastère Iéra Arkadi. On trouve là le
Commandant Badouva, les représentants des régions d'Héraklion, du Lassithi, de Réthymnon
et de Chania, le prieur du Monastère, Psadouraki, et l'agent anglais Tom Dambabin.

Novembre 1943
Après les concertations de Iéra Arkadi le harcèlement contre les troupes d'occupation
et contre les miliciens grecs reprend de plus belle. Mais encadrés solidement par les agents
anglais Dambabin et Perkins et le vieux communiste Manousaki, qui est rompu à tous les
combats, les résistants connaissent des succès de plus en plus spectaculaires.

Janvier 1944
L'agent anglais Tiklitiras, de mère anglaise et de père grec, arrive en Crète et prend
contact avec les communistes. Sous son influence, le harcèlement de l'occupant reprend de
plus belle, malheureusement avec son chapelet d'horreurs, de larmes et de souffrances pour la
population crétoise.

Février 1944
L' Evêque de Chania se rend à la Kommandatur pour demander pour quelles raisons
les lignes téléphoniques sur Chania et sa région ont été coupées et pourquoi on a imposé une
amende de 12 millions de drachmes aux habitants de Kontonari. Mais les Allemands le
renvoient assez rudement, exaspérés par les continuels sabotages dans la région.
Sur ce, à Stilio, les partisans de la région de Réthymnon tombent brutalement sur les
Allemands pour libérer les habitants de Koxare retenus comme otages. Ils réussissent à les
libérer.
En représailles, quelques jours plus tard, la police allemande encercle les villages de
Fournès, Meskla et Lalikous et arrête tous les hommes à partir de 12 ans et les transfère à la
prison d'Agia Aïta. Les Allemands sont d' autant plus vexés qu'il recherchent des déserteurs
allemands, évadés de Crète avec des avions anglais, sous escorte anglaise.
Cela va mal pour l'occupant. Les derniers Italiens encore en poste à Kroustas dans le
Lassithi renient le fascisme et se rallient aux partisans de l'ELAS dans les montagnes.
Nouvel accrochage avec les Allemands qui se vengent de la défection des Italiens sur
la population de Kroustas. Grosses pertes en hommes côté allemand, mais des revers aussi du
côté des maquisards, où chaque homme compte. Un chef communiste d'ELAS, Manoli
Boulgaraki, tombe dans une embuscade et est tué près de Sournas.

Mars 1944
La famine est telle dans le pays que des étudiants de Chania font des soupes populaires
afin d'améliorer la nutrition des enfants qui meurent en masse. Ce sont ces innocents qui sont
le plus touchés par la sous-alimentation à cause des privations extrêmes imposées par
l'occupant.
Les partisans distribuent de plus en plus de céréales récupérées sur l'ennemi à la
population civile en détresse.
Mars voit aussi de plus en plus fusionner les groupuscules partisans d' un bout à l'autre
de l'île. Fusion aussi entre les divers mouvements communistes de l' EAM, l' EOK et l’ELAS.
Le Commandant anglais Dionysi prend tout ce monde en main pour coordonner les
attaques.

Avril 1944
Coup d' éclat de la résistance crétoise : dans la journée du 15, l'ELAS livre une bataille
importante au pied du Mont Ida (Psiloritis). Malheureusement, elle perd 10 hommes.
Le 19 Avril, un groupe de ces intrépides combattants descend de la montagne pour
préparer l'enlèvement du Général allemand von Kreipe. Le groupe se cache près de Skalani, à
20 minutes de l'embranchement de la grande route sur laquelle devra passer la voiture du
Général von Kreipe. Mais vu la dangerosité du secteur, le groupe – 20 hommes – est jugé trop
important pour passer inaperçu. On choisit les 9 combattants les plus aguerris, tous Crétois. Ils
sont encadrés par deux Anglais, le commandant Leigh Fermor et le capitaine Moss. Ces deux
officiers anglais sont en uniformes allemands de brigadier de la police militaire .
A 21h30, la voiture du Général von Kreipe paraît. Les Anglais, à l'aide de signaux
lumineux et de coups de sifflets demandent au chauffeur de se ranger. La voiture s'arrête. Par
chance le Général est seul avec son chauffeur, lequel est neutralisé aussitôt par un coup sur la
nuque et est traîné hors de la voiture et mis hors d'état de donner l'alerte, tandis que le
Capitaine Moss saute à sa place. Trois maquisards neutralisent et menottent le Général, le
poussent sur la banquette arrière et le prennent entre eux, le tenant en joue avec un revolver.
Leigh Fermor s'assoit à l'avant, met le képi du Général et Moss se met en route vers Héraklion.
L'opération avait réussi. On cacha von Kreipe dans la région de Réthymnon.

Mai 1944
Le 14 Mai, enfin, au large de Réthymnon on embarque le Général von Kreipe dans un
sous-marin à destination du Caire au Moyen-Orient, accompagné des officiers anglais Leigh
Fermor et Moss.
Leigh Fermor et Moss furent décorés à la Libération, avec tous les honneurs, pour ce
coup de maître.
Mai voit encore une victoire éclatante des maquisards. Ils réussissent la capture du
bourreau le plus sanguinaire Frantz Wachter, celui qui avait mené le siège de Paleochora avec
une férocité de bête fauve. Il est exécuté tout de suite sur la place du Temple à Sélino.

Juin 1944
Le Bureau des Affaires stratégiques, avec son siège au Caire, prend un premier contact
avec les chefs maquisards et trois personnes de cette instance sont envoyées en Crète. Mais
après un mois de consultations, les délégués s'en retournent en estimant qu'une intervention
américaine de grande envergure ne semble pas encore réalisable, les Allemands étant encore
trop organisés et d'autant plus dangereux après le rapt du Général von Kreipe.
D'ailleurs la Gestapo, avec l'aide de collaborateurs crétois, de miliciens grecs et de
gendarmes traîtres à leur patrie, réussissent à arrêter le secrétaire du Parti Communiste de
Crète, Vangueli Kristaki. Ce dernier est exécuté après de longues tortures.

Juillet 1944
Le mois se passe en accrochages entre les hommes de l'ELAS et les gendarmes, dont
le chef est Papaganaki, connu pour sa brutalité. Il traite officiellement tous les maquisards
d'anarchistes à tuer sans pardon.
Il y a beaucoup de pertes du côté des maquisards, car les batailles sont des plus
sauvages. Ces affrontements sanguinaires ont lieu à Kisamou, Ralia, Roumata, Axlada, Annia
Xoro, Koumeni , Karkadionissa, Kastello, Sélino, Anavo et Vidrilia.
Dans ces batailles contre les occupants allemands, il y a beaucoup de morts héroïques
parmi ces farouches guerriers crétois, mais les envahisseurs laissèrent aussi énormément des
leurs dans cette terre de Crète.

Août 1944
Le village d'Anogia est cruellement éprouvée. Parce qu’il est le centre de l'espionnage
anglais en Crète, les femmes et les enfants sont éloignés sur ordre du commandant de la place
forte de Crète, les vieillards sont fusillés. On y envoie le plus brutal des interrogateurs de la
Gestapo, appelé " le Dompteur ", qui se met à torturer à volonté les hommes du village.
Survient l'assassinat du commandant S.S. Knabe et de son garde du corps. Cela
déchaîne le Gestapo. Et comme, en plus, les habitants d'Anogia avaient donné asile et
protection aux maquisards après l'enlèvement de von KREIPE, on ordonna de raser
complètement Anogia et d’exécuter tous les hommes valides qui se hasarderaient à revenir
dans ce village et les villages alentour, dans un rayon de un kilomètre.
Pendant ce temps, les horreurs et les massacres continuent dans la région d'Héraklion, dans le
Psiloritis. La Messara est anéantie. La liste des villages martyrs ne cesse de s'allonger :
Thissiro, Aliakes, Kentro, Amari près de Réthymnon, dont la population est exécutée et
brûlée.
Les combats entre les maquisards et les troupes d' occupation ne cessent d'escalader.
Pour la même raison d'avoir donné refuge aux partisans, Malathires est anéanti et ses
habitants – 61 personnes – sont transportés sur le site de Farangi et exécutés. Le village de
Kakopétra est rasé et toute vie détruite, même celle des animaux.
Mais les résistants font de plus en plus pression sur l'occupant et enregistrent de plus
en plus de victoires alors que les Allemands accusent des défaites successives et sont
complètement déstabilisés.

Septembre 1944
A Chania, les représentants de la bourgeoisie crétoise (intellectuels, industriels, gros
commerçants, médecins, avocats, juges…) se rassemblent à l'appel de l'Episcopat de Kydonia,
dans le but d'organiser une rencontre avec le Gouverneur Allemand pour lui exposer la
situation et lui faire comprendre que cela ne peut plus durer : ces massacres d' innocents et les
derniers évènements survenus en Crète étaient intolérables.
Le 2 Septembre, le Commandant allemand Barck s'adresse, sur une place publique de
Chania, à la population et a le front d'expliquer que tous les malheurs de la Crète venaient des
Anglais qui voulaient soumettre la Crète en accord avec Ankara – la Turquie, ennemie de
toujours de la Crète – et entraîner l'île dans une domination bolchevique et islamique.
Le 4 Septembre, le Commandant Schultz, bras droit et représentant du Général
Gouverneur commandant la Place Forte de Crète, rencontre le Comité des dignitaires de
Chania pour trouver une solution à cette situation devenue dantesque.
Le Comité fait bien comprendre à l'Allemand que ce sont lui et ses compatriotes qui
ont engendré toutes ces horreurs et la mort de tellement de victimes innocentes.

Le Comité exige : a) la fin de la famine
b) une amnistie générale
c) le respect du Code de la Guerre
d) le retrait des S.S. de la Crète.
Pendant tout ce temps le harcèlement des Allemands par les résistants continue de plus
belle dans l'île entière. Lentement l'ennemi perd pied.
Les prisons sont libérées par les résistants et le 8 Septembre les nazis se retirent
intégralement de SITIA. Puis quelques jours plus tard, ils se retirent d'Ierapetra, non sans
dynamiter le pont de Frouzi qui reliait les deux provinces de Sitia et Iérapetra avec le reste du
département. Libération d'Agios Nikolaos et de Néapoli.
Les quelques Italiens qui se trouvaient encore dans le Lassithi se réfugient dans le port
et essayent, en vain, de quitter la Crète.
Les Allemands abandonnent l'aéroport de Kastelli. Mais on ne peut en éviter la
destruction par dynamitage et bombardements.
Le Général Miller s'enfuit d'Héraklion.
Le 25 Septembre l'ELAS avec 140 divisions descend des montagnes par Therisso.
Cette journée deviendra historique, car pour la première fois depuis l'occupation allemande, le
drapeau grec est à nouveau hissé librement dans cette région montagneuse.

Octobre 1944
Les accrochages entre Crétois et Allemands s'intensifient. Toujours grande pénurie de
vivres. Les combats se déplacent ver l'Ouest de l' île.
Les forces d'occupation se retirent de plus en plus vers la baie de Souda et l'aéroport de
Malémé. Deux points stratégiques très importants et terriblement précieux pour eux s'ils
veulent encore avoir une chance de quitter la Crète.
Toujours de très durs combats dans les villages aux alentours de Chania. C'est à l'
Ouest que les nazis s'accrochent.
Coup spectaculaire des maquisards : ils ont réussi à voler au nez et à la barbe de
l'occupant, près de la prison d'Agia, un troupeau de 600 moutons et ont réussi, on ne sait
comment, à le ramener dans leurs lignes. Cela fait un sacré apport de nourriture, car partout
on en manque cruellement. Tout l'Ouest en rit.
Mais les Allemands minent les terrains dont ils se retirent et ainsi accroissent encore
les souffrances des habitants.

Novembre 1944
Tout l'Est de l'île, jusqu'à Réthymnon, est maintenant aux mains des maquisards de l'
ELAS.
Mais à l'Ouest l'ennemi ne lâche pas prise. Le village de Frès est bombardé au début
du mois. Le 11 Novembre, après de violents combats à Malaxa, le petit village d'Agios
Giorgos près de Néramia est encerclé. La population, réveillée par le bruit de bottes et de
moteurs des camions, réussit à s'enfuir, mais est prise sous le feu des mitrailleuses. Les
survivants se réfugient au hameau des "Saintes". Les Allemands engagent la bataille, brûlent
toutes les maisons sur leur passage, mais perdent un temps précieux, aveuglés par leur rage
destructrice. Ce qui permet aux civils de se sauver et aux maquisards de décrocher et de se
replier vers Panagia et là fortifier leurs positions.
La bataille de Panagia dure trois jours; l'ELAS tient bon et les attaquants se replient de
nouveau sur Malaxa.

Décembre 1944
Grande bataille à Vafé. Dans ce village se trouvait un Poste Radio anglais. Mais le
village, bien fortifié et âprement défendu, après une journée de sanglants affrontements, ne
lâche pas. Les Allemands doivent se retirer, non sans prendre des otages.
Sur ce, arrivent d'Athènes deux commissaires politiques à la solde de l'occupant et les
exécutions recommencent.

Janvier 1945
Création d' une Armée Nationale Crétoise, encadrée par des vétérans qui avaient
combattu en Espagne de 1936 à 1939 et qui connaissent l'île comme leur poche.
L'agent anglais DionysiI soutenu par l' Episcopat crétois engage des pourparlers avec
un commandant allemand pour échanger les prisonniers anglais et grecs contre des prisonniers
allemands. Les Allemands acceptent.
Fin Janvier, le Commandant Badouva, Chef Suprême des maquisards, rassemble tous
les chefs communistes et tous les chefs militaires pour décider de leur commune campagne
pour enfin libérer Chania. Commence alors une mobilisation générale dans toutes les régions
déjà libérées.
Les Allemands se ruent vers Voukolies et tentent une percée vers Kisamo, port d'où ils
pourraient encore, avec un peu de chance, quitter l' île. La situation pour eux devient intenable
vue la pression qu'exercent les partisans. Malgré leurs défaites de plus en plus cuisantes, les
occupants torturent et fusillent encore à qui mieux mieux et le chemin de leur retraite laisse
derrière lui une longue traînée sanglante.
Fin Mars, les Allemands qui n'ont pu quitter l'île se rendent et sont faits prisonniers.
Ces prisonniers seront remis plus tard à l'armée britannique.
Les "Antartissa" ont réussi à libérer leur terre. On ne peut assez louer leur courage,
leurs sacrifices et ceux de toute la population crétoise.
Commence maintenant une période de règlements de comptes et de « nettoyages
internes » ; en Crète, comme partout en temps de guerre, il y a eu des collaborations et des
trahisons.

Mai 1945
Le 8 Mai 1945, la guerre est finie !
Quatre année d' occupation sanglante prennent fin. Les Maquisards descendent dans les villes
et défilent dans les rues, follement acclamés par la population entière. Ce sont eux, les fils de
Crète, qui par leur vaillance et leur abnégation ont, une fois de plus, dans l' Histoire de leur
île, libéré leur Patrie du joug d'un envahisseur, ô combien cruel.
Les fêtes et les actions de grâce dans les églises n'en finissent pas.
La Crète, terre trempée du sang de ces hommes, femmes et enfants martyrisés, peut
être fière de ses fils.
Il faut souligner aussi que les Anglais, après avoir soutenu les combattants de l'ombre
pendant toutes ces années d'occupation, ont soutenu la Crète après l'Armistice et aidé l' île à se
reconstruire.

Note de l’auteur : Si le ton des écrits vous a paru parfois un peu emphatique, dites vous que je
n’ai fait que traduire un journal crétois de l'époque et que les peuples de la Méditerranée
aiment l' emphase.


Texte et traduction : Simone ZAEGEL



Un livre à lire : Jean MABIRE, La CRETE, Tombeau des Paras allemands (Presses de la cité)
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