LES CAMPS PARACHUTISTES

Catherine Leroy, reporter photographe de guerre.

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27092017

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Catherine Leroy, reporter photographe de guerre.




Figure mythique du photojournalisme de guerre, elle est décédée le vendredi 7 juillet 2006 à Santa Monica (Californie), où elle résidait. Elle avait 60 ans.


International Center of Photography


Elle symbolise le photojournalisme à la française des années 1960 et 1970, tant ses images des guerres du Vietnam et du Liban ont fait le tour du monde.

Quand on rencontrait Catherine Leroy, on était frappé par son physique miniature. Petite taille, légèreté inquiétante. Il y avait aussi la voix sans compromis. Et puis une fracture dans le regard. Elle a été blessée plusieurs fois, avait les tympans crevés. "Je fais régulièrement des cauchemars sur le Vietnam", lançait-elle lors d'un entretien qu'elle nous a accordé en 1987.
Avant la première question, elle avait imposé d'écouter à un niveau sonore ahurissant une chanson des Rolling Stones, tout en fermant les yeux et en tapant des pieds.

Sa carrière démarre en 1966 quand, à 21 ans, elle quitte la France pour se rendre au Vietnam. Ce n'est pas la photo qui la guide mais un goût pour l'aventure.

Elle arrive à Saïgon au moment où les Etats-Unis commencent à douter - leurs morts au combat s'accumulent.

Elle travaille "à quinze dollars le cliché" pour l'agence américaine Associated Press. Elle prend une première série mémorable en 1967 : un marine éploré tenant dans les bras un camarade mort lors de l'attaque de la colline 881.
Les photos sont en noir et blanc, d'une proximité folle, comme on n'en voit plus depuis que les Etats ont verrouillé l'accès aux terres de guerre.
Toujours en 1967, elle est la seule journaliste accréditée par les Américains à participer à une intervention aéroportée lors de l'opération "Junction City".

Lors de l'offensive du Têt, durant la bataille de Hué, en 1968, elle est capturée par des soldats du Nord-Vietnam. Elle profite de sa détention pour réaliser un reportage sur un ennemi invisible. Elle s'évade. Ses photos en couleur sont publiées avec son témoignage écrit dans le numéro de Life du 16 février 1968.

Sa réputation est faite : une photographe d'une ténacité stupéfiante. En 1972, elle réalise un film documentaire, Operation Last Patrol, sur les vétérans américains opposés à la guerre du Vietnam.

"PROCHE DE L'HISTOIRE"

Catherine Leroy, qui a travaillé pour Gamma et Sipa , est la première femme lauréate du prix Robert-Capa pour ses reportages sur la guerre civile au Liban, en 1976, pays où elle a été kidnappée et brutalisée. On lui doit aussi des reportages en Somalie, Afghanistan, Irak, Iran, Libye.

Dénonçant la mutation spectaculaire du photojournalisme intervenue à la fin des années 1980, elle s'installe aux Etats-Unis où elle réalise des images de mode.
Mais ses obsessions demeurent. Elle publie en 2005 Under Fire, Great Photographers and Writers in Vietnam (Random House).

Son style ? Elle balayait la question, parlait d'attitude, d'être "proche de l'histoire et de la comprendre". Un hommage lui a été rendu au Festival Visa pour l'image de Perpignan, début septembre, où ses images avaient été présentées en 1996.


Robert Pledge explique qu’ elle « avait la réputation d’être une photographe d’un courage et d’une volonté extraordinaires et proverbiales qui faisaient la jalousie de ses concurrents masculins ».
La photographe avait été ainsi la seule à être parachutée de nuit avec des troupes américaines et avait été faite prisonnière par le Vietcong à la bataille de Hué, dit-il.
Elle avait en effet été la seule journaliste autorisée par les Américains en 1967 à participer à une intervention aéroportée avec le 173eme régiment de parachutistes (173th Airborne) lors de l’opération « Junction City ».
En reportage au Liban, elle avait été « kidnappée et brutalisée de manière terrible, et ne s’était jamais ensuite réellement réajustée à une vie plus sédentaire et plus facile », a-t-il ajouté.
Raymond Depardon, commissaire invité des Rencontres photographiques à Arles considère que Catherine Leroy était « petit bout’chou extrêmement courageux et une photographe étonnante ».


Photographie de Catherine LEROY au Vietnam.
Bataille de Khe Sanh - Le marine Vernon WIKE tente de ranimer un soldat.
La frustration et le désespoir de Vernon WIKE qui semble apporter les derniers sacrements à son camarade, donne à cette photographie de Catherine LEROY une aura quasi mystique, comme le souligne TIME MAGAZINE lors de la première parution de ce cliché.  


Elle avait fait ces débuts en vendant ses photos dans les agences AP et UPI.
Puis elle avait intégré Sipa et Gamma avec qui selon Robert Pledge elle était aujourd’hui en conflit.
Aux Etats Unis, elle photographiait un peu de mode et de magazine.
Elle était aussi l’auteur d’un livre publié chez Random House sur les grands photographes du Vietnam. Première femme à recevoir le prix Robert Capa pour sa couverture de la guerre civile au Liban en 1976, elle avait été récompensée par de nombreux autres prix (George Polk Award, the Sigma Delta Chi, The Art Director’s Club of New York…).
Elle a aussi co-écrit avec le journaliste britannique Tony Clifton du livre « God Cried » sur le siège de Beyrouth par l’armée israélienne en 1982.




sources = Notes personnelles, LEMONDE, GéoHistoire et THEATRUM-BELLI
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LUDO

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Catherine Leroy, reporter photographe de guerre. :: Commentaires

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Message le Mer 27 Sep 2017 - 16:42 par Souvenirs

Si vous désirez consulter plus de docs et de clichés de Catherine LEROY, cliquez sur son nom ci-dessous.

CATHERINE LEROY

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