LES CAMPS PARACHUTISTES

MEDECIN COMMANDANT PAUL HENRI GRAUWIN

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19122011

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MEDECIN COMMANDANT PAUL HENRI GRAUWIN




MEDECIN COMMANDANT PAUL HENRI GRAUWIN
Prisonnier des Viets à Diên-Biên-Phu, après les cinquante quatre jours d'enfer pendant lesquels il opéra nuit et jour, plus de quatre mille blessés, il sera encore un soutien inlassable pour ses camarades d'infortune en veillant à leur évacuation sur Hanoï.

Paul-Henri GRAUWIN racontera, dans son livre "J'étais Médecin à Diên-Biên-Phu", ce que fut Diên-Biên-Phu, ses causes, ses effets.
Témoignage extraordinaire de ce dernier combat des Français en Terre d'Asie, son récit sera traduit dans toutes les langues. Il cédera tous ces droits d'auteur au profit des mutilés de guerre.
Libéré de ces lieux de la mort par un ennemi qui l'admirait (il soignait indifféremment l'ami ou l'adversaire), il fut nommé Chef des Services Chirurgicaux du Cap Saint-Jacques, puis revint à la voie civile en 1956 après avoir dû céder au Viet-Minh les hôpitaux où il exerçait et vu le sort réservé aux réfugiés du Tonkin.
Sa confession bouleversante s'exprimera dans son deuxième livre "Seulement médecin".

L'Asie l'avait marqué à jamais. Il ne l'abandonnera pas. Il fonde une Clinique à Phnom-Penh. Les plus démunis y trouveront toujours une place de choix.
Il sera le dernier Français à partir, alors que les Khmers Rouges sont déjà entrés dans la ville.
Il revient en France, il a tout perdu là-bas, mais Paul-Henri GRAUWIN n'est pas de nature à se laisser abattre.
Il se présente au Ministère des Anciens Combattants et est immédiatement recruté comme Médecin-sur-Expert au Centre Réforme de Paris. Il y retrouve ses anciens blessés à l'occasion des visites médico-légales: il connaît leurs souffrances. Il sait d'où elles viennent.
Parallèlement, il continue son œuvre en Asie.

Il ne peut oublier ses amis du Viêt-Nam, du Cambodge. Il parcourt les camps de réfugiés en Thaïlande.
Au péril de sa vie, il franchit la frontière cambodgienne, soigne, réconforte, panse encore sous ces cieux maudits parce que témoins de tant d'horreurs.
Il emporte de France, du matériel médical introuvable là-bas. Ses économies sont pour les plus malheureux d'entre les malheureux. Il adopte deux enfants.
Paul GRAUWIN est un saint dans la vie civile, il fuit les honneurs, reçoit malgré lui les plus prestigieuses décorations, n'accepte que l'appellation de "toubib" se plaît parmi les humbles, vit dans une chambre monacale.

A Paris, ses samedis et dimanches sont pour ses amis d'Asie et leurs enfants, qu'il conseille, aide dans le poursuite de leurs études.
Il parcourt la Province, aussi pour donner des conférences, dire ce qu'il a vu et ce qu'est le péril rouge.
Il donne des interviews, écrit des articles dans les journaux et magazines pour dénoncer le génocide cambodgien, dont il souffrira toujours.
Peu de temps avant son décès, il apprenait le commencement de la désagrégation communiste.
Mais la mort était au rendez-vous. Elle ne lui permit pas d'en connaître d'avantage.

Paul-Henri GRAUWIN avait entrepris d'écrire un troisième livre "La marque bleue".
Conteur captivant, il avait en mémoire des souvenirs qu'il voulait confier à ses lecteurs dans ce style toujours clair, servant du mot juste adapté à la pudeur du sentiment et de l'expression.
Paul Henri GRAUWIN fut un médecin hors du commun, un patriote sans xénophobie. Un homme de cœur, simple, généreux et bon, un ami aussi des animaux.
Paul Henri GRAUWIN appartient désormais à l'histoire. (Il a été demandé à Monsieur Jacques Chirac de donner à une rue parisienne, le nom du Docteur Paul-Henri GRAUWIN.
"Médecin en chef honoraire des Armées, Paul GRAUWIN, au nom des anciens combattants de DIEN BIEN PHU, au nom de tous, je viens te dire "au revoir" et merci.
Arrivé en février 1954 au camp retranché après déjà plusieurs années opérationnelles en E/O., tu es de ceux et - je pense à tout le corps médical- qui ont permis aux combattants de tenir, d'écrire une page héroïque de notre Histoire, car ils étaient assurés de toujours pouvoir compter sur vous en cas de malheur. Chargé de la fonction la plus difficile - le triage- opérant sans relâche dans des conditions impossibles, tu as conservé à tous l'espoir, à beaucoup la vie.

Expérience douloureuse, héroïque de la souffrance des hommes, compétant et sublimant tes actions antérieures - l'hôpital de SECLIN en 1940, la captivité à Epinal, l'engagement dans la Résistance au réseau Sylvestre - ce passage dans la boue et le sang confirmera ta vocation au service exclusif de l'Homme; de ceux qui souffrent et plus particulièrement des populations d'Extrême Orient que tu aimais tant et qui te le rendaient bien.

De retour en métropole - ou plutôt de passage - tu es pris, toi fils de paysan, d'un mal fatal à certain: la célébrité. Mais cela t'importune peu. Tu rédiges ton témoignage, ce que dans une dédicace tu appelais "Notre DIEN BIEN PHU" faisant toujours la distinction entre ceux qui avaient sauvé l'honneur... et les autres, puis, léguant tes droits d'auteur aux mutilés, tu es repris par un autre mal: le mal jaune.
Pendant 16 ans tu vivras, tu œuvreras dans ta patrie d'adoption: Le CAMBODGE, et, feras ensuite de nombreux séjours à sa frontière à la disposition des réfugiés des camps, lorsque le pouvoir t'aura chassé.

De retour cette fois en FRANCE, ce seront les anciens combattants et beaucoup d'entre-nous qui bénéficieront de tes services. Car toute ta vie, tu as été, tu as voulu être au service des autres.
Malade, tu conservais ton cœur ouvert, mais ta porte fermée, car tu ne voulais pas déranger.
Aventurier, toujours de par le monde, tu recherchais, quête difficile, dans la réflexion des années assagies, ces vérités profondes, fondements de la sérénité
Et cela passe par le dépouillement.
Aujourd’hui, tu les as trouvées.
Que le Seigneur te garde, comme nous garderons ton souvenir,
Mais saches combien tu nous manqueras
Adieu Toubib"

Texte écrit par le général DE BIRE, Président national de l'Association des Combattants de Diên-Biên-Phu.



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MEDECIN COMMANDANT PAUL HENRI GRAUWIN :: Commentaires

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Message le Lun 19 Déc 2011 - 10:07 par Lothy


Le médecin commandant Paul Henri Grauwin

Il était né le 29 juillet 1914, il est décédé le 30 décembre 1989....

Dernière édition par Lothy le Mar 1 Aoû 2017 - 20:57, édité 1 fois

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Message le Sam 5 Avr 2014 - 22:54 par Béghin Bernard

Rien à ajouter au texte du Général De Biré ,complété par les dates de naissance et de décès. Merci Lothy
Toutefois, je précise que c'est un gars du Nord (Camphin en Carembault) où il est inhumé.

Merci à mon ami Michel qui vient de m'envoyer les photos du tombeau de famille (grande) où il repose en paix.

Il l'a bien mérité au vu de sa vie passée au service des autres. J'ai posté des photos de journaux de l'époque (Dien Bien Phu)
sur le topic. Médecine et chirurgie militaire.






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