LES CAMPS PARACHUTISTES

Colonel CHATEAU JOBERT

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28102011

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Colonel CHATEAU JOBERT




Pierre, Yvon, Alexandre, Jean Château-Jobert est né à Morlaix (« S’ils te mordent, mords-les ! »), le 3 février 1912.

Son père tué au front en 1915,pupille de la nation, il fait ses études à Morlaix, au collège Stanislas à Paris et au collège Saint Charles de Saint-Brieuc où deux pleurésies successives l’empêchent de préparer l’Ecole Navale.

Après son service militaire qu’il effectue en 1934-35, il reste dans l’armée et suit, comme sous-lieutenant, les cours de l’Ecole d’Application de l’Artillerie à Fontainebleau.

Affecté au 154ème régiment d’artillerie, il suit les cours de l’école d’observateurs en avion de Dinan.
Blessé durant la campagne de France, il rejoint l’Angleterre et s’engage dans les Forces Françaises Libres, à Londres, le 1er juillet 1940, sous le nom de Conan.

Lieutenant à la 13ème Demi-Brigade de Légion Etrangère (DBLE), il se bat en Erythrée, en Syrie et en Libye où il est blessé en février 1942.
Le 7 novembre 1942, capitaine, il prend le commandement du 3ème Bataillon d’Infanterie de l’Air (SAS) qui devient, en juillet 1944, le 3ème Régiment de Chasseurs Parachutistes (RCP).
Le 3ème RCP opère sur les arrières de l’ennemi, par petites unités, dans des régions non encore libérées du territoire métropolitain, du Poitou à la Bourgogne. Chef de bataillon en décembre 1944, il transmet le commandement du régiment au lieutenant-colonel de Bollardière

Il crée, par la suite, le Centre Ecole de Parachutisme Militaire, basé à Lannion, puis à Pau-Idron.

Adjoint du colonel de Bollardière, puis
commandant de la Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes SAS, il est engagé à la fin de 1947 et en 1948, au Cambodge, en Cochinchine et en Annam.
Après un séjour à Vannes-Meucon où il commande en second la 1ère DBCCP auprès du colonel Gilles, il retourne en Indochine en 1950, comme lieutenant-colonel, à la tête de la 2ème DBCCP, pour se battre au Tonkin et en Cochinchine jusqu’en avril 1952.

Après un passage en métropole, il est affecté à l’état-major des Forces terrestres, maritimes et aériennes à Alger de 1953 à 1955, puis, en novembre 1955, au commandement du 2ème Régiment de Parachutistes Coloniaux (RPC), devenu peu après le 2ème RPIMa, à Constantine.
Colonel, lors de l’affaire de Suez, le 5 novembre 1956, il est parachuté au sud de Port-Saïd à la tête d’une partie de son régiment renforcée de commandos du 11ème Choc et y atteint tous ses objectifs jusqu’à l’ordre du cessez-le-feu.
En 1957, il commande à Bayonne la Brigade de Parachutistes Coloniaux où il succède au général Gracieux.
Dans les semaines qui suivent le 13 mai 1958, il y est en liaison avec des délégués d’Alger, tel le commandant Vitasse.
En 1959-60, il est auditeur à l’IHEDN et suit les cours du CHEM (Centre des Hautes Etudes Militaires).
Affecté au Niger en février 1961, il se solidarise avec les officiers qui, le 22 avril 1961, autour du général Challe, ont saisi le commandement à Alger, ce qui lui vaut plusieurs mois d’arrêts de forteresse.

Le 13 janvier 1962, alors qu’il est affecté à l’état-major de l’amiral préfet maritime de Cherbourg, il rejoint clandestinement l’Algérie et se met
aux ordres du général Salan, chef de l’OAS.
En charge du Constantinois, il y retrouve le lieutenant Michel Alibert et y noue, en vue de leur ralliement, de nombreux contacts avec des officiers supérieurs et subalternes des régiments qui y sont stationnés, 13ème Dragons, 6ème Cuirassiers et 2ème REC (Le général Multrier, commandant de la zone Est Constantinois dira : « l’OAS progresse vite dans le Constantinois quand Château-Jobert en prend la tête »). Désapprouvant les « Accords Susini -Mostefaï », il quitte l’Algérie le 30 juin 1962 à bord d’un cargo qui le ramène en métropole.
Clandestin, en France et en Espagne, il continue son combat; en 1965, il est condamné à mort par contumace. Il réapparaît à Morlaix le 3 novembre 1968, après la première amnistie de juin 1968. Il poursuit son action aux plans politique, social et spirituel en publiant plusieurs ouvrages d’analyse et de réflexion.

Le 16 mai 2001, le PC du 2ème Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine à l’île de la Réunion, héritier direct du 2ème RPC, est baptisé « PC Lieutenant-colonel Château-Jobert ».

Pierre Château-Jobert est commandeur de la Légion d’Honneur et Compagnon de la Libération. Il est titulaire de la croix de guerre 1939-45 avec 11 citations et de la croix du Distinguished Service Order (D.S.O.).

le Colonel PIERRE CHATEAU-JOBERT est décédé le 29 décembre 2005.
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guépard

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Colonel CHATEAU JOBERT :: Commentaires

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Message le Dim 30 Oct 2011 - 18:32 par Invité

M. Jean-Jacques Urvoas ( PS ) attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la défense et des anciens combattants, sur l'hommage rendu au mois d'octobre 2010 à l'école des troupes aéroportées de Pau à un colonel ancien chef de l'OAS, condamné à mort et amnistié après une fuite en Espagne qui dura jusqu'en 1968.

Il lui demande si les services de son ministère étaient informés de l'organisation d'une telle cérémonie et s'il entend la condamner, sachant qu'elle porte gravement atteinte à la mémoire de l'ensemble des victimes, françaises et algériennes, civiles et militaires, de cette organisation criminelle.

Réponse
La cérémonie, qui s'est déroulée au mois d'octobre 2010 à l'École des troupes aéroportées (ETAP), à Pau (Pyrénées-Atlantiques), était destinée à honorer la mémoire du colonel Pierre Château-Jobert, compagnon de la Libération, officier parachutiste décédé en 2005, dont la carrière a été étroitement liée à l'histoire de cette école et des troupes aéroportées en général.



Le capitaine Château-Jobert a pris le commandement, le 7 novembre 1943, du 3e bataillon d'infanterie de l'air ou 3rd French SAS, devenu, fin juillet 1944, le 3e régiment de chasseurs parachutistes et dont il a été le premier chef de corps.

Ce régiment est devenu par la suite le régiment support de l'ETAP. Il a créé, le 1er avril 1945, le Centre-école de parachutisme militaire, à Lannion, qu'il transfère en mars 1946 à Pau-Idron. Il a été, à cette occasion, à l'origine de la création des agrès de formation au brevet de parachutiste.

En outre, au cours de sa carrière, le colonel Château-Jobert a commandé plusieurs unités de parachutistes coloniaux, de 1947 à 1959.

Mais c'est plus particulièrement en tant que chef de corps du 2e régiment de parachutistes coloniaux, devenu par la suite le 2e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, qu'il s'est illustré le 5 novembre 1956 en étant parachuté à la tête de son régiment sur Port-Saïd lors de l'expédition franco-britannique de Suez.

C'est pour commémorer ce fait d'armes que, le 16 mai 2001, le poste de commandement du 2e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, basé sur l'île de la Réunion, a été baptisé, du vivant de cet officier, PC lieutenant-colonel Château-Jobert.

C'est en raison de ces états de services que le nom de Château-Jobert s'est naturellement imposé pour une aire de rassemblement, qui n'est pas une place d'armes, et qui a conduit au baptême de la place des agrès en place du Colonel-Pierre-Château-Jobert, le 4 juin 2010.

Pour ce qui est de l'inauguration, le 22 octobre 2010, de la stèle à l'effigie de cet officier, cette demande avait été initiée en 2008 par l'Union nationale des parachutistes (UNP) auprès du commandement de l'ETAP.

La place des agrès ayant été baptisée place du Colonel-Pierre-Château-Jobert, ce lieu de rassemblement devenait donc l'emplacement adéquat pour l'inauguration de cette stèle, créée à l'initiative du président national de l'Union nationale des parachutistes, et dont le financement a été assuré par une souscription nationale.

Toutefois, si l'engagement politique de cet officier l'a conduit à être condamné à plusieurs mois d'arrêt de forteresse (1961), puis à la peine de mort par contumace, il importe de rappeler qu'il a été gracié en 1968 à la suite du décret d'amnistie, puis réintégré dans les rangs de l'armée en 1974 avec le grade de colonel, pour être admis en position de retraite.

Enfin, il convient de rappeler que ce soldat à la carrière exceptionnelle était compagnon de la Libération par décret de 1945, commandeur de la Légion d'honneur, croix de guerre 1939-1945 avec onze citations et médaillé de la Résistance.

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