LES CAMPS PARACHUTISTES

Combat dans les Gorges de La Chiffa.Algérie 1957

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

24122011

Message 

Combat dans les Gorges de La Chiffa.Algérie 1957




Combat du 15 avril 1957 dans les Gorges de la Chiffa

                               Les Paras du 3ème RPC au casse pipe

15 avril 1957:.Il est six heures quand je me réveille avec le groupe FM, dans un décor de tristesse. Le plafond est bas et l'atmosphère humide de notre point de regroupement de l'Escadron. Nous avons reçu les boites de rations avant hier, il ne reste plus grand chose à manger après avoir mangé le casse-croute du matin, un jus froid dans le ventre, c'est le départ de tout l'EJA à pied, nous décrochons, dix kilomètres dans la tourmente d'un vent glacial qui nous gèle les os, pour atteindre les camions de ravitaillement bloqués sur la piste. Nous sommes à huit cents mètres d'altitude. Il pleut de la neige fondue, à partir de onze cent mètres, tout le paysage est blanc, il fait un froid humide qui pénètre notre tenue camouflée, malgré la veste molletonnée enfilée sur les équipements.
Nous attendons les camions de ravitaillement, il est treize heures, nous avons deux par deux, fait des remparts contre le froid avec nos toiles de tentes doublées de nylon, protection bien précaire du vent qui pénètre par tout les interstices de notre pauvre abri de misère.
Pas de camions mais quatre jeeps qui réussissent à passer par cette piste impraticable par endroit. Les quatre véhicules apportent de la nourriture que pour les compagnies restant sur le terrain. Nous continuons notre chemin jusqu'aux bahuts qui nous attendent à l'entrée des Gorges de la Chiffa.
La deuxième compagnie et l'Escadron, (  qui est ma compagnie ), embarquent, c'est certainement urgent,vu la fébrilité des Chefs, trente kilomètres de route en GMC, arrêt nous descendons sans nos sacs, ordre du Lieutenant, il est dix sept heures, nous fonçons dans la direction d'un talweg, en passant par les hauteurs, il y a du remue-ménage.
Les fells sont là, c'est ceux que nous cherchions depuis quelques jours; ils tiennent en échec depuis six heures trente ce matin, quatre compagnies du 6ème RAC, qui ont à déplorés deux morts.
A notre tour nous prenons le relais, l'encerclement du ravin couvert de végétation et en cours. Véritable jungle, de broussailles et d'arbres, de roseaux et de rochers au milieu de l'oued qui coule parmi ce fouillis, nous sommes en altitude de trois ou quatre cents mètres,le temps s'est amélioré, la température aussi. Sur un point haut des Officiers Supérieurs sont en observation sur la bataille qui va se déroulée dans un instant. Notre progression est stoppée car un tir de mortier est donné. Je suis dans la pente du talweg, quand le tir se déclenche, un obus explose à vingt mètres de moi, j'ai rentré la tête dans les épaule, ils sont fou de tirer aussi prêt de nous, l'accrochage se déclenche à l'assaut du talweg à MAT49 et à la grenade, çà pète de partout,une fusillade d'enfer !!. les rebelles ce dévoilent ! Bien armés. Les tirs de mortiers sont demandés avant de faire un bond en avant, les LG (lance grenade) sont à la fête.

Les tirs d'artillerie stop, puis c'est l'assaut!? La 2ème compagnie descend par bond, à la grenade, la voltige a fort à faire, toutes les armes donnent de la voix, FM, MAT49, MAS 52
LG. Je suis en surplomb du combat, le groupe voltige du Sergent Robitaille descend à cinquante mètres des fellouzes, on lui passe toute nos grenades qu'il balance en contre-bas, Victor Angot fait du bon travail avec son LG, avec mon FM j'arrose les pentes de l'autre côté pour interdire la remontée du talweg,. Soudain Derviaud est touché à la poitrine, il s'écroule, à cinquante mètres ils sont là, essayant de forcer le barrage, à son tour le Sergent Robitaille est touché aux bras et aux parties, Huart à la cuisse déchiquetée par un plomb de chevrotine, on les remonte sous les balles qui sifflent tout près.

J'entends les gars hurler des ordres ou lancer des appels , le combat et âpre, la 2ème compagnie donne le plus gros effort dans l'avance ,au PM et à la grenade, les balles viennent ce perdent jusqu'à nous . Un ordre bref et c'est l'assaut final, de tous la Paras, de fells planqués dans un trou de rocher tirent à l'aveuglette, ils sont neutralisés au lance grenade. La mitraille se dissipe, les rebelles sont soit tués ou en cavale pour trouver une sortie , ils ne   trouverons aucune issu. les morts jonches le fond du talweg, l'oued coule rouge du sang de nos ennemis, le 1er et le 2ème peloton, ont fait un travail remarquable, j'ai vidé trois boites chargeur, je suis dans l'oued et les coups de feu résonnent encore, nous remontons des armes récupérés sur les rebelles, il y a de tout, depuis le fusil de chasse, Mauser, Thomson, PM, Carabine US M1, Mas 36, un FM 24/29, jumelles, documents. Un fell blessé au bras et à bout de force se rend Le bilan est: du côté rebelles, 43 morts. Nous avons est c'est triste un mort à déploré et deux blessés.

Il est une heure du matin quand nous rejoignons les camions, le ravitaillement ce trouve au col de Chréa. Arrivons à deux heures trente à 1500 mètres d'altitude, de mauvaise humeur avec rien dans le ventre depuis ce matin, un repas chaud commandé par le Lt.Colonel Bigeard, nous mets du baume à l'âme, je ne sais quel service à préparait le repas, il est excellent, cela nous fait oublier nos fatigues, nous repartons à cinq kilomètres pour être hébergés dans une colonie de vacance, de la paille nous est fournie pour mettre sur le sol carrelé, dehors dix à quinze centimètres de neige recouvre la nature.
Nous avons des têtes méconnaissables par la boue et la sueur, notre dernier boulot: nous décrasser , enlever le plus gros de la saleté qui nous couvre, le reste on verrat après le sommeil.

IL est neuf heures quand je me réveille!! Quel ronflette !! et dans le local dix mecs crevés de fatigue çà fait du bruit !. Après un solide petit déjeuner, car il est rare de prendre un petit déjeuner en opération et au lit s'il vous plait, on mange pour prendre des calorie et c'est tout . Et comme toutes les commodités sont a notre portés, un bon lavage,rasage, je change de chaussettes et de pataugeas, pour le slip et le tricot de peau, on verra à la base, les pieds avant tout.

Nous avons perçus deux  boites de rations et le pain équivalant à deux jours de mangé, soit une boule, à midi , à nouveau un repas chaud (exceptionnel) nous sommes gâtés, je me recouche de treize à quinze heures trente. Le ciel est devenu bleu, le dégel ce fait, la boue donne un spectacle d'après déluge . Nous partons demain à quatre heures du matin.
Chréa, station de sport d'hiver pour gens fortunés et vacance d'été, nous sommes dans une jolie colonie de vacance et la pièce ou nous nous trouvons est l'infirmerie c'est pourquoi tout est carrelé en blanc. J'ai un appétit féroce, étant donné mon petit gabarit, je dépense d'avantage de calorie, et par conséquent je mange plus, tout le groupe dévore également de bonne appétit.
Ne sachant que faire, il est dix neuf heures trente, je rédige mon carnet de marche et surprise, du courrier nous arrive, avec deux lettres de ma mère, et en nous amusant on vide le contenue d'une des boites des deux boites de ration perçue, le soir arrive et je reçois une nouvelle boite et du pain, oh !! ce n'est pas bon signe, demain retour à la réalité.




17 avril 1957 . Il est trois heure du matin; c'est reparti, je ne s'est rien de la destination sinon que nous descendons vers une vallée encaissée, il fait très froid avec un vent qui nous fouette le visage, la piste pleine de boue nous obligent à jouer les acrobates pour rester debout sans partir en glissade dans tous les sens. Au fur et à mesure de la descente, la piste devient plus praticable, de mille cinq cents mètres nous sommes à moitié chemin de la vallée, et déjà le vent s'est atténué et le froid moins vif, petit à petit nous sommes en vue de la plaine vers neuf heures, il y a des mechtas un peu partout, nous nous séparons par section pour faire la fouille d'un groupe d'habitation. Je reste en batterie pendant que la voltige fait ses investigations jusqu'à seize heures, tranquille comme à l'exercice. .Les mechtas sont désertées par ses occupants, pas une femelle et encore moins de mâles, c'est à ce demander ou ils sont passés ? .

Je prépare ma position FM auprés de gourbis d'ou sortes affolées des poules naines, et c'est Derck qui en chope une, comme se sont des poules féllaghas, il vaut mieux que se soit nous qui les mangions, une demi-heure après elle est au pot dans un faitou en tôle qu'un copain à trouvé,. On fait vite car la pluie arrive pour se soir, nous montons nos minuscule toile de nylon en guise de tente, je n'ai pas de tour de garde à faire, la ballade se termine demain.

18 avril . On boucle les musettes TAP à la hâte, car le départ est à cinq heures, Tabourin qui est le dernier de garde, à eu la gentillesse de nous faire un café chaud, mais uniquement pour le groupe de la pièce FM. Nous revenons par le col de Chréa pour récupérer les camions. Vingt cinq kilomètres de piste et la descente des 1500 mètres de col enneigé que sur les 200 premiers mètres, après çà va assez bien, mais quel cadence, j'en ai le souffle court. Nous croisons la 3ème compagnie du Capitaine Llamby de qui fait un arrêt, et puis c'est la poursuite de notre course vers Blida, dans les derniers kilomètres, cela ressemble au cheval qui sent l'avoine, l'accéleration laisse des épaves qui nous rejoindrons plus tard, j'ai ma fierté pour moi avec ma tête de breton, je veus rester dans le peloton des grands,. Enfin voici les bahuts nos sauveurs, je me lâche et vais m'affaler dans l'herbe du bord de route en attendant les treinards défigurés par l'éffort.

Retour à la ferme ''Isabelle'', notre base avancée près de Blida.
avatar
junker
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

Combat dans les Gorges de La Chiffa.Algérie 1957 :: Commentaires

avatar

Message le Sam 24 Déc 2011 - 10:42 par junker

Blessé lors des combats de La Chiffa, évacuation par hélicos

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 24 Déc 2011 - 10:46 par junker

Et la marche sur la piste ou sans piste, chargé comme des mulets !!

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 24 Déc 2011 - 11:27 par andredepoey64

Opération du mardi 23 décembre 1958 (Escadron de reconnaissance)
Au-dessus de BLIDA cote 1604
Départ a 00H00
Débarquement au pied de 1002,montée sur le pic de MOUZAIA.
PASSAGE AU COL DE mOUZAIA.
Le 1° peloton de l'er monte par la piste sud.
Arrivée sur 1604 dans décors féerique,tous les arbres sont recouverts de givre.
Nous sommes dans un brouillard très dense.
Un groupe de rebelle a dû décrocher devant nous à la faveur du brouillard,nous tombons sur des traces fraîches.
Fin de l’opération.
Retour au cantonnement pour 20h00
Mercredi 24 décembre 1958
Préparatif de noël
24h messe de minuit par le père JEANDEL
Réveillon après la messe

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 24 Déc 2011 - 11:50 par rangers

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 24 Déc 2011 - 13:43 par Invité

Superbe photos , et un souvenir de andrédepoey 64 qui doit se souvenir de cet endroit ou beaucoup se sont caillés les meules en passant les gorges par les hauteurs et non pas par la route qui est un moyen de passer les gorges en touriste si je puis dire ...! mais l'endroit inspire pas la confiance loin de là !! et en hiver avec la neige , c'est pas évident !,,,

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Sam 24 Déc 2011 - 16:52 par baltique

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
sur ces clichés ont imagine bien le danger d'un tel endroit............
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Lun 21 Mai 2012 - 7:35 par Invité

Je n'avais pas répondu à tes photos qui démontrent, le paysage sauvage et la minuscule route avec tous ses traquenards, je n'ai pas parlé des singes qui vivaient à l'entrée des gorges, pas très loin d'un casernement et profitaient des restes de nourriture, ils nous regardaient passer sans aucune peur, habitués aux passages des véhicules et au bruit, nous avons un jour, durant un bouclage par les hauteurs des gorges, été "blouzés" croyant à faire à des fells, nous avons rampé dans les hautes herbes durant 2 heures, des mouvements insolites autour d'une mechta abandonnée durant le mois de juin 1957, nous fît alerter la compagnie, aussitôt les 130 paras convergent vers notre point en encerclement, et c'est quand nous sommes arrivés à 50 mètres que des hurlements et des cris provenant de la baraque, nous renseignèrent sur l'ennemi !! une tribu de singes profitant des fruits et des graines, c'était approprié les lieux, le lieut eu droit au "félicitations" du Capitaine Le Boudec, pour son appréciation de l'ennemi !!!

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Mer 8 Avr 2015 - 23:53 par halim sabilo

Bonsoir, je suis un fils militaire Demandez à chaque personne connaît dlida chiffa a sidi madani je veux aider pour Jusqu'à présent, je ne sais pas le sort de mon grand-père..abdekader sabilo

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Jeu 9 Avr 2015 - 0:14 par halim sabilo

Je veux savoir..se il vous plaît

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Jeu 9 Avr 2015 - 0:16 par Lothy

Bonjour et bienvenue sur ce forum. Impossible pour moi de répondre à votre question, seuls des hommes ayant vécu cette période pourront le faire.

Bonne chance pour vos recherches.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Jeu 9 Avr 2015 - 17:41 par andredepoey64

Il faudrait que l'on connaisse l'unité dans laquelle son père était affecté.

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum