LES CAMPS PARACHUTISTES

CAO BANG, Indochine

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

31122011

Message 

CAO BANG, Indochine











Cao Bang est évacué
Cao Bang est évacué en Janvier 1949, Mao Tsé Toung rentre dans Pékin. Début mars, les bandes communistes chinoises commencent à opérer en liaison avec le Vietminh. Dans la nuit du 16 au 17 mars 1949, 1 500 hommes du VietMinh, appuyés par des renforts chinois importants, s’emparent de deux postes entre Na Chan et That Khé. Le 25, des éléments de l’Armée de libération du peuple, venus du Kouang Toung, manquent de peu de s’emparer de Moncay. Cette fois-ci, c’est le delta lui-même et Hanoï qui sont sous la menace. A Paris, comme à Hanoï, siège du Haut Commandement du Corps expéditionnaire, deux stratégies s’affrontent : faut-il abandonner la Haute-Région, jugée indéfendable, pour mieux tenir le Delta (plan Revers) ou renforcer notre présence tout au long de la frontière pour empêcher une osmose totale entre communistes vietnamiens et chinois, qui nous condamne à terme. Le débat dure plus d’un an. La seconde prise de Dong Khé, le 17 septembre 1950, par les troupes de Giap après des combats extrêmement violents tranche le débat : voilà ce qui attend les postes français. Y compris Cao Bang, qui, avec ses 600 légionnaires du 3’ bataillon du 3’ R.E.I. (commandant Forget), ses 600 goumiers du 3’ Tabor arrivés en renfort par avion, ses 1 000 partisans, ses 500 montagnards, sa citadelle et son artillerie, reste la plus redoutable forteresse d’Indochine. Mais, isolée entre ses pitons rocheux combien de temps résisterait-elle aux redoutables régiments viets de Giap, équipés désormais d’artillerie et peu comptables de leurs morts ? A la fin du mois de septembre, la décision d’évacuation est prise. Le 30, l’ordre arrive sur le bureau du lieutenant-colonel Charton qui commande la garnison de Cao Bang. L’ordre d’évacuation précise que le groupement Charton sera recueilli et aidé à 22 km au sud de Cao Bang par un autre groupement, baptisé « Bayard » et que commande le colonel Lepage, un artilleur, (promotion du « Souvenir », 1921-1923). Cette jonction des deux forces - 5 000 hommes de guerre au total - répond à un souci que le colonel Charton lui-même a formulé devant le général Allessandri, commandant des Forces terrestres de l’Indochine du Nord - et adversaire de l’évacuation : « Je connais la R.C.4 pour l’avoir faite plus de vingt fois, avait dit Charton. L’évacuation me paraît bien difficile à réussir si l’on ne vient pas m’attendre avec une colonne de secours au moins au km 22 au sud de Cao Bang. Si l’on vient m’attendre au km 18, il n’y aura plus de difficulté. » Depuis le 19 septembre, le groupement Lepage est à That Khé, occupé à des missions de routine. Le général Carpentier, qui commande à Hanoï a seulement demandé au colonel Lepage de se tenir prêt à agir dans le cadre d’une opération d’ensemble. Laquelle ? Lepage l’ignore. Le 30 , septembre, il reçoit enfin des ordres précis. Le groupement « Bayard » est constitué : il comprend le 1" bataillon étranger de parachutistes (B.E.P.) du commandant Segrétain, largué sur That Khé les 17 et 18 septembre, le bataillon de marche du 8’ R.T.M. (commandant Arnaud), les 1" et 11’ Tabor (capitaine Feugeas, commandant Delcros), un goum de protection et 50 partisans. Mission : reprendre Dong Khé avant le 2 octobre midi. Dans quel but ? Lepage ne le sait toujours pas. Les éléments de la tragédie sont en place. Outre ses militaires, Cao Bang, aux dernières heures de la présence française, en septembre 1950, c’est aussi 3 000 civils, Tho, Chinois, Vietnamiens, Nungs, Meos, y compris les familles de partisans. « La population indigène, écrit Charton, était entièrement gagnée à la cause franco-indochinoise. Le gouverneur civil, M. Thu, bien qu’il ne fut pas partisan de l’empereur Bao Dai en sa qualité de Tho, était très sûr. Il devait payer de sa vie sa fidélité à la France. » La Légion d’honneur vient d’ailleurs d’être décernée au gouverneur civil. Cadeau empoisonné. De nombreux réfugiés d’anciens postes évacués (Tra Linh, Nguyen Binh, Ban Cao, etc.) ont encore alourdi cette population locale.

avatar
la Géline

Messages : 444
Points : 24605
Réputation : 1607
Date d'inscription : 17/11/2011

Revenir en haut Aller en bas

Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

CAO BANG, Indochine :: Commentaires

avatar

Message le Dim 1 Jan 2012 - 10:29 par Invité

Hello everybody,

Un grd merci pour ces superebes photos et pour ce rappel histoirique.
Cdlt

Mac

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Dim 1 Jan 2012 - 12:08 par la Géline



carte récente, mais bien parlante quand même.

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Lun 28 Avr 2014 - 9:08 par Béghin Bernard

Je pense que nous avons été nombreux à regarder le film consacré à ce triste et désastreux événement qu'est

Cao Bang et la RC4 hier soir sur la 5 .

Témoignages sincères ( on n' en doute pas un instant) de quelques uns des participants ( héroïques ) et rescapés , absolument marqués par ce qu'ils ont connu et enduré .

Le nom Cao Bang semblerait prédestiné si on le transforme ( respectueusement ) en " Bang du KO " et pourtant il semblerait que cela pouvait être évité ou au moins atténué ( d'après les témoins eux mêmes ), mais on ne peut refaire l'Histoire .

Je suis vraiment touché par ce que j'ai vu et entendu ,la douleur qui ressortait de ces images de soldats blessés , tués , abandonnés et pour entendre à la fin qu'ils ont débarqué de nuit à Marseille pour ne pas se faire huer et "boulonner" par une partie du peuple français qui ont sûrement profité eux mêmes du colonialisme et qui ont oublié les horreurs de leurs "frères de parti " .

Je n'en dirai pas plus , ils se reconnaîtront .

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Lun 28 Avr 2014 - 10:38 par Invité

Il est des vérités difficiles à entendre ou découvrir !....

Ce documentaire a le mérite d'exister, mais il ne nous apporte pas grand chose de nouveau si l'on n'a pas attendu 60 ans pour se pencher sur cette guerre totalement oubliée, ou volontairement ignorée, en métropole !

Ces pages ne sont pas glorieuses pour les "têtes pensantes militaires", pas plus que pour nos dirigeants de l'époque lesquels étaient assez proches idéologiquement parlant de ceux qui nous gouvernent aujourd'hui !...

D'où l'obligation faite aux blessés de rentrer en catimini - ce qui se reproduira pour l'Algérie !....

Une chose m'a également surpris dans ce documentaire : aucune unité évoquée, n'a été nommée !.... Qu'elle soit para, colo, métro ou légion, à l'exception du BEP !.... Ce qui contraste totalement avec tous ces Anciens que je croise dans les commémorations ou lors de cérémonies.

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum