LES CAMPS PARACHUTISTES

"OPÉRATION TORCH"

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"OPÉRATION TORCH"

Message par la Géline le Mar 3 Jan 2012 - 0:06

"OPÉRATION TORCH"
Les débarquements alliés en Afrique du Nord 8 novembre 1942.

L’Opération Torch désigne le débarquement allié en Afrique du Nord du 8 novembre 1942 (Maroc français et Algérie).
Ce débarquement marque le tournant de la guerre sur le front occidental, conjointement avec les victoires britannique à El Alamein et soviétique à Stalingrad.
Mais, s'il est certain que l'Opération Torch a constitué une démonstration éclatante des qualités d'organisation et de la puissance navale des nations anglo-saxonnes, il est souvent méconnu que le succès n'en a été acquis que grâce au dévouement de la résistance française : celle-ci, par son putsch d'Alger du 8 novembre 1942, a réussi à y neutraliser pendant 15 heures le XIXe Corps d'Armée vichyste.
Ainsi les Américains ont-ils pu débarquer sans opposition, encercler Alger, puis capturer la ville le soir même, alors qu'à Oran et au Maroc, les généraux et amiraux de Vichy accueillaient les Alliés à coups de canon et leur livraient un combat sanglant pendant 3 jours.
Ce ne fut seulement que le 10 novembre que Darlan et Juin, prisonniers du général Clark à Alger, ayant cédé aux menaces de ce dernier, se décidèrent enfin à ordonner le cessez-le-feu à Oran et au Maroc, et que le combat fratricide entre Français et alliés y prit fin.

Au printemps 1942, les forces de l'Axe – Allemagne, Italie, Japon –
sont vainqueurs sur tous les fronts : en Russie, en Afrique, dans le
Pacifique. L'Allemagne occupe une grande partie des territoires
européens. Victorieuse à l'Est, elle l'est également en Afrique où les
troupes germano-italiennes du général Rommel reconquièrent la
Cyrénaïque et s'apprêtent à entrer en Égypte.
Depuis l'entrée en guerre des États-Unis, un long débat stratégique
oppose Britanniques et Américains sur la lutte à mener contre
l'Allemagne. Tout en pratiquant une action de harcèlement par le
blocus naval, les raids sur les côtes françaises et les bombardements
sur les arrières de l'ennemi, Churchill souhaite poursuivre sa politique
d'encerclement de l'adversaire en occupant le littoral sud méditerranéen,
opération qui peut s'accomplir dès le printemps 1942. Pour frapper
l'Allemagne au coeur tout en donnant satisfaction à Staline qui
demande instamment l'ouverture d'un second front à l'ouest, Roosevelt
préfère mener une attaque frontale et accomplir un débarquement
directement en Europe. L'état des forces alliées ne permet pas,
cependant, d'envisager une telle intervention avant 1943. Après
plusieurs mois de tractations, les Américains se rallient à la proposition
britannique en juillet 1942. Fin septembre, le plan d'intervention est
arrêté ; il prévoit des débarquements au Maroc, à Oran et à Alger.



Cette intervention soulève toutefois un problème politique crucial.
Appartenant à l'empire français, Maroc, Algérie et Tunisie relèvent de
l'autorité du gouvernement de Vichy avec lequel les Américains
entretiennent toujours des relations diplomatiques. L'armée reconstituée
après l'armistice y compte quelque 110 000 hommes. Les Alliés
risquent de rencontrer une vive opposition qui pourrait donner lieu à
de terribles combats. La question se pose alors de savoir s'il convient
de se rapprocher de la résistance locale, de trouver un accord avec les
chefs de l'Afrique française du Nord (AFN). Méfiants à l'égard du
général de Gaulle, chef des Français libres, qui leur semble compter
peu de partisans en AFN, les Américains se tournent vers le général
Giraud, évadé d'Allemagne en avril. Celui-ci, ayant fait une grande
partie de sa carrière en Afrique, leur semble davantage susceptible de
rallier l'armée d'Afrique. Méfiants également à l'égard des hauts
responsables civils et militaires, ils décident de s'appuyer sur la
résistance locale car ils ne peuvent prendre le risque d'un échec.
Robert Murphy, conseiller du président Roosevelt en Afrique française
depuis décembre 1940, est chargé de préparer le terrain politique. Il
contacte en Algérie des résistants qui obtiennent le soutien de quelques
officiers français. Le 23 octobre, à Cherchell, non sans risque, le général
Clark, adjoint du général Eisenhower, rencontre les résistants pour
mettre au point les modalités de leur aide lors du débarquement. Le
2 novembre, un accord de principe est conclu avec le général Giraud.
L'opération "Torch", initialement prévue pour le 30 octobre a été
reportée au 8 novembre. Sous le commandement du général Eisenhower,
les forces anglo-américaines se composent de quelque 200 bâtiments de
guerre, 110 navires de transport, 107 000 hommes et d'une importante
couverture aérienne. La Western Task Force, venant des États-Unis,
doit débarquer au Maroc. La Center Task Force et la Eastern Task
Force, parties d'Angleterre, doivent attaquer Oran et Alger.
À l'aube du 8 novembre, la flotte alliée se présente devant les côtes
algériennes et marocaines.

Sur le secteur d'Alger, les opérations se déroulent sans trop de problèmes,
notamment grâce à l'action de quatre cents jeunes résistants.
Débarquées à 2h30 avec une heure de retard sur l'horaire prévu, les
troupes prennent pied près de Sidi Ferruch, de Castiglione et du cap
Matifou. À Sidi Ferruch, la garnison, ralliée, n'oppose aucune résistance.
Ailleurs, la progression des Alliés n'est retardée que par quelques
combats sporadiques. Ainsi, aux plages du cap Matifou, plusieurs
heures leur sont nécessaires pour réduire une batterie côtière, avec
l’appui de la marine et de l'aviation.
Dans le port d'Alger, en revanche, les difficultés sont plus sérieuses.
Deux torpilleurs britanniques tentent de forcer l'entrée de la rade pour
y débarquer un détachement américain. Pris sous le feu de la défense, ils doivent se retirer, laissant derrière eux quelque 200 Américains
rapidement faits prisonniers.

Pendant ce temps, la résistance algéroise, dont l'action a débuté la veille
au soir, s'empare des points stratégiques administratifs et militaires,
coupe les câbles et les lignes téléphoniques et arrête les principaux
chefs militaires, y compris le général Juin, commandant en chef des
forces en AFN, et l'amiral Darlan, commandant en chef de l'armée
française, qui se trouve incidemment sur place. Elle ne peut toutefois
se maintenir longtemps et les autorités reprennent rapidement le
contrôle de la ville. Mais la progression des Alliés est irrésistible et, en
début d'après-midi, ils atteignent le centre d'Alger. Force est de
négocier. L'amiral Darlan autorise le général Juin à traiter avec les
Alliés pour la place d'Alger. En fin d'après-midi, une suspension
d'armes est signée.

À Oran, ce même jour, l'armée d'Afrique se tient prête à repousser
toute attaque, conformément aux ordres reçus de Vichy. Les Alliés
débarquent à 2h30 à Arzew, aux Andalouses et à Marsa bou-Zedjhar
d'où ils doivent converger vers Oran. La résistance, dont le chef est
arrêté avant même le début des opérations, est désorganisée et ne peut
agir. La défense est âpre. Le port d'Oran ne peut être pris, pas plus que
la base de La Senia.
Au Maroc, où, comme à Oran, l'action de la résistance a échoué, des
ordres de riposter sont donnés. Les unités débarquées à partir de 5h00
à Fédala, à Mehdia et à Safi, se heurtent à une vive opposition. De
violents combats s'engagent à Mehdia et Port-Lyautey.
Au soir du 8 novembre, tandis qu'à Alger les combats ont cessé, la
situation demeure incertaine partout ailleurs. En l'absence du général
Giraud – il n'est pas encore arrivé de Gibraltar où il a rencontré le
général Eisenhower – les Américains se tournent vers l'amiral Darlan.
Le 9 novembre, celui-ci rencontre le général Clark pour régler les
modalités d'un cessez-le-feu général. Le lendemain, en fin de matinée,
il donne l'ordre de cesser le combat. Oran vient de tomber après une
lutte acharnée mais, à Casablanca, les combats se poursuivent jusque
tard dans la soirée.

La fin des opérations se solde par quelque 479 morts et 720 blessés
pour les Alliés, 1 346 tués et 1 997 blessés pour les Français.
La réaction allemande est immédiate. Le 11 novembre, la France est
totalement occupée. Le 12, les forces germano-italiennes, dont les
premiers éléments ont été envoyés en renfort dès le 9 avec l'accord du
gouvernement de Vichy, occupent la Tunisie. Le 22, les Américains
signent avec Darlan un accord de coopération politique et militaire. En
Afrique du Nord, les armées françaises constituent désormais une
menace pour les Allemands. Aux côtés des Alliés, elles se préparent à
rentrer dans la lutte contre les forces de l'Axe : première étape, la
reconquête de la Tunisie.







Dernière édition par ÉTENDARD le Mar 3 Jan 2012 - 0:43, édité 4 fois
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Re: "OPÉRATION TORCH"

Message par baltique le Mar 3 Jan 2012 - 0:16



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Re: "OPÉRATION TORCH"

Message par Invité le Mar 3 Jan 2012 - 11:16


VIDEO EN ANGLAIS !!!!! mais ont comprendra fort bien en regardant défile ces images ///MB

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Re: "OPÉRATION TORCH"

Message par rangers le Mar 3 Jan 2012 - 12:08

Le 2/503 Parachute Infantry (renommé 2/509) effectue dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942 le premier et plus long saut de combat d'une unité parachutiste Américaine.

39 C-47 du 60th Troop Carrier Group transportant 556 paras décollent à 21 heures 30 de Predannack airdrome près de Land's end en Angleterre pour un voyage de 1 600 milles jusqu'à la région d'Oran, en prélude à l'opération Torch, avec pour mission de s'emparer des aérodromes de Tafaraoui et la Senia...

Les avions arrivent au petit matin, en ordre largement dispersé. Les pilotes qui naviguent sans aide à la navigation, n'ont jamais reçu le signal radio du navire anglais mouillé devant Oran et qui devait les orienter.

Les Français de Vichy défendent Tafaraoui et les avions à court de carburant se posent sur un vaste espace dénommé la Sebkra d'Oran dans l'arrière pays, à 10 bornes de la Senia.
Seuls 6 avions, dont celui de Raff (CO du 509) larguent leurs parachutistes, les autres avions atterrissement sur la Sebkra.

Les troupes débarquées dans le même temps s'étant emparées de l'aérodrome, Lt Col. Edson Raff, CO du 2/503 décide d'envoyer des hommes pour sécuriser l'aérodrome.
On récupère ce que l'on peut de carburants pour faire décoller 4 C-47 et 80 paras se massent dans les avions.

Les avions des Capt Gibson, Beck et du Lieutenant Titsworth décollent peu avant 16 heures le 8 novembre. A 5 milles de Tafaraoui, les C-47 qui volent en rase motte sont attaqués par 5 chasseurs Français Dewoitine 520. Les C 47 désarmés ont à peine le temps de sortir leurs trains et atterrissement en catastrophe sous le feu des français.

Le Lieutenant Dave Kunkle est décapité par un obus de 20 mm. Pvt Ira L. Brookins et Cpl Wilber C. Sprenkle sont tués.

15 autres parachutistes sont blessés, parmi lesquels le jeune Thomas Mackall qui mourra 4 jours plus tard à l'Hôpital Britannique de Gibraltar.

Le Capitaine Doc Moir, médecin du 509 est touché à trois reprises. Malgré ses blessures, il est le premier à porter assistance aux blessés.

Ce sont les premiers parachutistes tués au combat sur le ETO... et par des Français.


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Re: "OPÉRATION TORCH"

Message par guépard le Mar 3 Jan 2012 - 12:54

De Gaulle est furieux, n’ayant pas été prévenu.

Dans la nuit de ce jour, les premiers éléments de l'opération Torch débarquent.
Les alliés en Afrique du Nord se heurtent aux troupes restées fidèles au gouvernement de Vichy.
A Casablanca, à Oran, à Alger, les alliés se heurtent à une résistance acharnée.
L'amiral Darlan est cependant contraint à un armistice.

Les alliés consentiront au réarmement de l'armée française à la condition qu'elle s'engage à combattre à leurs côtés. En guise de représailles, les Allemands occupent la zone non-occupée de la France. Le Maréchal Pétain va-t-il, comme l’y poussent plusieurs membres de son entourage, gagner Alger, prendre ouvertement, à la tête de l’empire, l’initiative de regagner le camp des Alliés ? Il s’y refuse, laissant échapper sa dernière et sa plus grande chance.

Dans quelle mesure le caractère plus défensif qu’offensif de l’ancien chef de guerre, la lassitude et l’inertie du vieillard s’abritent-ils derrière l’alibi d’un devoir qui serait de rester le bouclier des Français sous l’occupation désormais totale ? "Je fais à la France le don de ma personne pour compenser ses malheurs", avait proféré le maréchal en juin 1940 : la compensation se fait de plus en plus dérisoire, et les Français (ceux qui ne sont pas encore passés à une hostilité militante contre Vichy) éprouvent plus de pitié que d’adoration pour le donateur.

A Toulon, la flotte française, pour ne pas tomber aux mains des Allemands, se saborde. En Afrique, l’Amiral Darlan avec l’accord des Américains prend la tête de l’Empire Français, hors continent. Le Maréchal Juin qui était commandant en chef des forces d’Afrique du Nord au nom de la République, se rallie au général Giraud, favorable aux alliés et reçoit le commandement des forces françaises dans l’armée alliée en Tunisie contre Rommel. Il contribue ainsi à la victoire alliée.
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Re: "OPÉRATION TORCH"

Message par PN le Mar 3 Jan 2012 - 23:23

histoire méconnue .......
merci de nous la rappeler .
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Re: "OPÉRATION TORCH"

Message par guépard le Sam 7 Jan 2012 - 7:26

Les dates-clés
1er septembre 1939 Attaque allemande contre la Pologne.
3 septembre 1939 Déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à l'Allemagne.
9 avril 1940 Occupation du Danemark et de la Norvège par les troupes allemandes.
10 mai 1940 Offensive allemande à l'Ouest : invasion des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg.
13 mai 1940 Percée allemande à Sedan.
15 mai 1940 Capitulation de l'armée néerlandaise.
28 mai 1940 Capitulation de la Belgique.
10 juin 1940 Entrée en guerre de l'Italie aux côtés de l'Allemagne.
17 juin 1940 Demande française d'armistice.
18 juin 1940 Appel du général de Gaulle à poursuivre la lutte.
22 et 24 juin 1940 Signature des armistices franco-allemand et franco-italien.
8 août-5 octobre 1940 Bataille d'Angleterre.
12 septembre 1940 Offensive italienne en Égypte.
27 septembre 1940 Signature du pacte tripartite entre l'Allemagne, l'Italie et le Japon.
8 déc. 1940-9 février 1941 Offensive britannique en Libye.
31 mars-29 avril 1941 Offensive germano-italienne en Libye.
6 avril 1941 Attaque allemande contre la Yougoslavie et la Grèce.
22 juin 1941 Attaque allemande contre l'URSS.
Août-septembre 1941 Bataille d'Ukraine.
15 novembre-5 déc. 1941 Bataille de Moscou.
18 novembre-30 déc. 1941 Seconde offensive britannique en Libye.
5 décembre 1941-mars 1942 Contre-offensive soviétique devant Moscou.
7 décembre 1941 Attaque japonaise sur Pearl Harbor ; entrée en guerre des États-Unis.
10 décembre 1941 Débarquement japonais aux Philippines.
11 décembre 1941 Déclaration de guerre de l'Allemagne et de l'Italie aux États-Unis.
11 janvier 1942 Intensification de la guerre sous-marine dans l'Atlantique.
18 janvier-17 mai 1942 Conquête de la Birmanie par les Japonais.
21 janvier-2 sept. 1942 Seconde offensive germano-italienne en Libye.
15 février 1942 Occupation de Singapour par les Japonais.
20 février 1942 Débarquement japonais à Timor.
1er - 8 mars 1942 Conquête de Java par les Japonais.
8 mai-2 juillet 1942 Offensive allemande victorieuse en Crimée.
3-7 juin 1942 Bataille de Midway ; victoire américaine.
21 juin 1942 Prise de Tobrouk, en Libye, par les Allemands ; repli des troupes britanniques sur El Alamein.
28 juin-18 nov. 1942 Offensive allemande en direction de la Volga, de la mer Caspienne et du Caucase.
7 août 1942 Contre-offensive américaine dans le Pacifique.
19 août 1942 Débarquement anglo-canadien à Dieppe (opération "Jubilee").
4 septembre 1942 Offensive allemande contre Stalingrad et le Caucase.
23 octobre 1942-23 janv. 1943 Offensive britannique victorieuse en Égypte et en Libye.
23 octobre 1942 Entrevue de Cherchell.
2 novembre 1942 Accords Giraud-Murphy sur les conditions politiques, économiques, militaires et financières d'un débarquement allié en Afrique du Nord.
8 novembre 1942 Débarquement allié en Afrique du Nord (opération "Torch").
9 novembre 1942 Début de l'occupation de la Tunisie par les troupes germano-italiennes.
11 novembre 1942 Invasion de la zone non-occupée par les troupes allemandes (opération "Attila").
22 novembre 1942 Accords de coopération politique et militaire Clark-Darlan.
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