la libération de Paris

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08032012

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la libération de Paris









Depuis le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, les Parisiens suivaient attentivement la progression des Alliés et les divers organismes de la Résistance les incitaient à manifester. Le 6 août, ils avaient entendu l'appel au combat lancé par le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République, qui, dès le 18 avril 1942, avait affirmé que la libération de Paris devrait se faire par les armes de la France. Les services allemands commençaient à quitter la ville.



Paris, ensoleillée et sous-alimentée, mettait en présence quatre forces :
- Les Allemands, commandés depuis le 9 août par le général von Choltitz. Installé à l'hôtel Meurice, rue de Rivoli, ses moyens, en hommes et en matériel, étaient relativement limités.

- Les partis collaborateurs (R.N.P. de Déat, P.P.F. de Doriot, etc.). Ils renoncèrent vite à se battre et prirent la route de l'Allemagne.

- La Résistance, où agissaient plusieurs acteurs. Le gouvernement provisoire de la République, d'essence gaulliste et siégeant à Alger, était représenté par un délégué, A. Parodi dont l'adjoint militaire, le général Chaban-Delmas, dépendait du général Koenig, commandant en chef des F.F.I. Le C.N.R., présidé par G. Bidault, rassemblait les principaux mouvements, partis et syndicats. Le C.P.L. d'A. Tollet, majoritairement communiste, couvrait tout le département. Cette situation se reflétait dans les commandements : ainsi, Rol-Tanguy commandait les F.F.I. de la région parisienne, dont faisaient partie les F.F.I. de la Seine placés sous les ordres d'un officier de carrière, le colonel de Marguerittes dit Lizé.



- Les armées alliées, qui avançaient alors en Bretagne et en Mayenne. Il n'entrait pas dans leur plan de s'emparer de la capitale française, mais de la contourner et de poursuivre l'ennemi. Malgré le manque d'armes, ce fut la stratégie d'insurrection immédiate qui força les réticences de la délégation du gouvernement provisoire.

Le 7 août, un ordre général de Rol-Tanguy mobilisait les chefs de secteurs et le 10, le comité militaire national des F.T.P. lança un ordre d'insurrection. Venu à Paris, Laval, chef du gouvernement de Vichy, tentait en vain de réunir l'assemblée nationale faisant libérer à cet effet E. Herriot, président de cette assemblée en 1940.

Le 11 août, les cheminots de l'agglomération parisienne entamèrent une grève qui s'étendit rapidement tandis que l'état-major parisien F.F.I. allait s'installer dans les souterrains de la place Denfert-Rochereau.



Le 15 août la C.G.T. lança la grève générale. La police entra en action : apport important, pour la Résistance, d'hommes armés, elle fit aussi figure de force stable et contrôlée au milieu de l'insurrection. A leur tour, les postiers se mirent en grève, suivis des ouvriers de la presse, des employés du métro. Alors qu'une fièvre libératrice gagnait Paris, un dernier train partait la nuit de la gare de Pantin, emmenant en déportation près de 2 400 personnes.

Le 17, la police libérait les détenus politiques, arrêtait le préfet de police Bussière. A Paris et en banlieue, la résistance attaquait les Allemands, les miliciens. Les rues voyaient passer des véhicules fuyant vers l'est, emmenant services allemands et collaborateurs français, meubles et objets pillés. Çà et là montait la fumée des archives qui brûlaient.

L'état-major F.T.P. lança son appel à la lutte décisive. Au C.N.R., l'opportunité d'une insurrection fut discutée avec le C.O.M.A.C. Le lendemain, 4 000 policiers se pressaient devant la Préfecture de Police, en civil, munis de brassards tricolores. En banlieue Est, des F.T.P. prenaient d'assaut la mairie de Montreuil-sous-Bois.



Le 18, le colonel Rol-Tanguy lança l'ordre d'insurrection. La préfecture de police était occupée, tout comme de nombreuses administrations, et, à 10 h, Rol-Tanguy y donnait ses ordres avant de rejoindre son P.C. de la rue de Meaux (19e). Retourné à la préfecture, il vit le préfet de police désigné par le gouvernement provisoire, Luizet, et Alexandre Parodi, qui plaça sous ses ordres les forces de police, de gendarmerie, de la garde républicaine. Les combats éclatèrent.

Aux yeux des Allemands, Paris constituait un noeud de communications vital : tous les ponts sur la Seine, depuis Rouen, avaient été démolis par l'aviation des Alliés, sauf à Paris et en banlieue. Or les troupes allemandes, en retraite du front de l'Ouest, devaient impérativement passer. Von Choltitz contre-attaqua donc.

A 15 h, un char canonna la préfecture puis se retira tandis que des attaquants à pied, dans le Quartier Latin, tiraient contre des barricades, contre le P.C. du colonel Lizé et contre les policiers retranchés dans la préfecture. Chez les insurgés, le manque d'armes, de munitions, se fit très vite sentir et ils en prenaient aux ennemis abattus. Les drapeaux tricolores flottaient sur la préfecture, l'Hôtel de ville occupée par les F.F.I., l'Ile de la Cité était pavoisée.

Le 20 août, par l'entremise du consul de Suède, Nordling, une trêve fut conclue avec les Allemands. Toutes ces journées et celles qui suivirent, les médecins, infirmiers, secouristes de la Croix-Rouge française se dépensèrent sans compter, en y laissant parfois leur vie, auprès des blessés qu'ils évacuaient vers les points sanitaires et les hôpitaux.



Du 20 au 25, les Allemands attaquèrent les mairies du 17e, du 20e, de Neuilly (dès le 19 à 18h00). Les combats se déroulaient dans tous les arrondissements mais aussi en banlieue, à Nanterre, Suresnes, Aubervilliers, Ivry-sur-Seine, au fort de Rosny. Le 22, l'ennemi évacua le fort de Romainville après avoir abattu la centaine d'otages détenus. Tout au long de ces journées, les exécutions se poursuivirent dans la région parisienne : 35 le 17 août, 17 le 19 août, 39 le 20 août, etc.

Le 21, le C.P.L. puis le C.N.R. décidèrent donc de rompre la trêve. Partout dans Paris les barricades se multiplièrent, dressées par une population déterminée. Parodi décida la reprise des combats. Aux abois, les Allemands tiraient sans sommation sur les passants. Nombre de leurs véhicules étaient attaqués à coups de cocktails Molotov et les accrochages étaient fréquents. A l'Hôtel de Ville le C.P.L. s'installa.

Harcelés, les Allemands se retranchèrent sur quelques points forts. Le plus important sur la rive gauche était le Palais du Luxembourg, le Sénat, hérissé de petits blockhaus et gardé par des chars. La veille, Rol-Tanguy avait envoyé le commandant Gallois rendre compte de la situation aux Alliés dont les troupes atteignaient maintenant Mantes-la-Jolie, Chartres, Fontainebleau. Le 21, grâce au chef F.F.I. de Corbeil, Gallois, accompagné du docteur Monod, atteignit les lignes américaines à Pussay (Seine-et-Oise). Au P.C. de la 3e armée U.S., à Courville (Eure-et-Loir) il rencontra Patton qui l'envoya à Laval (Mayenne) au Q.G. du 12e groupe d'armées U.S. où il exposa la situation au général Sibert, puis au général Leclerc. Sans en référer au commandement allié, Leclerc décida d'envoyer vers Paris, en éclaireur, un élément léger sous les ordres du commandant de Guillebon qui atteindra Trappes. Devant l'opposition du général Gerow, chef du 5e corps d'armée américain sous les ordres duquel la 2e D.B. était placée, Leclerc tenta de joindre le général Bradley, commandant le 12e groupe d'armées.

Ce dernier était avec le chef suprême pour l'Europe, le général Eisenhower, auprès duquel intervenait le général de Gaulle. Finalement, le 22 au soir, la 2e D.B. reçut l'ordre de faire mouvement sur Paris, appuyée par la 4e D.I.U.S. Au même moment, dans la capitale, les Allemands contre-attaquaient depuis le Luxembourg, reprenaient la mairie du Ve. Le 24, la 2e D.B. fonçait. Ses groupements passèrent par Châteauneuf-en-Thimerais, Maintenon, Epernon (Eure-et-Loir), Rambouillet (Seine-et-Oise).

De violents combats eurent lieu à Palaiseau, à Champlan pour réduire des canons antichars, ainsi qu'à Toussus-le-Noble, Jouy-en-Josas, Clamart, Wissous, Croix-de-Berny, Fresnes, Antony. Massu et ses hommes atteignirent le pont de Sèvres où ils durent stopper à 21 h 30. Dans Paris, depuis la caserne de la place de la République (bastion de 1 200 hommes, 8 blindés, de dizaines de canons et de mitrailleuses), l'ennemi attaquait les barricades du boulevard Voltaire.
En fin d'après-midi, un avion léger Piper, piloté par le capitaine Callet de la 2e D.B., survola la ville et son observateur, le lieutenant Mantoux, jeta dans la cour de la Préfecture de Police un papier lesté portant un message de Leclerc : "Tenez bon, nous arrivons".

Au carrefour de la Croix-de-Berny embouteillé, le général Leclerc brusqua l'avance de ses unités, décidant d'envoyer coûte que coûte le capitaine Dronne à Paris avec quelques véhicules (3 chars et des half-tracks d'infanterie et de sapeurs). A la nuit tombée, par la porte d'Italie, entrèrent ainsi dans Paris les premiers soldats de la France libre, la «nueve» (9e compagnie du R.M.T.) composées en partie de républicains espagnols. Suivis des tanks Sherman du 501e R.C.C. Romilly, Montmirail, Champaubert, Dronne et son chauffeur Pirlian atteignirent l'Hôtel de Ville à 20 h 45. Le capitaine rencontra G. Bidault, Luizet, Chaban-Delmas. C.N.R. et C.P.L. se réunirent. La Radio française clama sur les ondes l'arrivée de la 2e D.B. Le bourdon de Notre-Dame résonna, tout comme les cloches de l'église Saint-Gervais.

Le 25, dès l'aube, toute la 2e D.B. entra dans Paris par les portes de Saint-Cloud, d'Orléans, de Gentilly, d'Italie. Leclerc passa porte d'Orléans, rencontra Chaban-Delmas place Denfert-Rochereau puis, par l'avenue du Maine, atteignit la gare Montparnasse où il installa son P.C. Le nettoyage systématique des ennemis cernés commença. Parallèlement, la 4e D.I.U.S. entrait dans Paris par la Porte d'Italie.

Le 12e cuirassiers était à Bagneux à 10 h 53, à 11 h 30 quai de Javel, à 11 h 57 à la Tour Eiffel où, à 13 h, les pompiers hissèrent le drapeau tricolore.

A 14 h, Massu était à l'Arc de Triomphe, saluait le Soldat Inconnu puis attaquait l'hôtel Majestic, avenue Kléber, siège du haut commandement militaire allemand en France.

L'Ecole Militaire, au Champ de Mars, fut assaillie par le capitaine Gaudet, ses tanks tirant sur toutes les fenêtres tandis que l'attaque à pied était menée par des éléments du R.M.T. avec deux sections de F.F.I. de l'Eure. Le char Montcornet, du 12e R.C.A., entra en tirant à l'intérieur de la cour d'honneur. A la fin du combat, les Français comptaient 5 tanks Sherman détruits pour 600 Allemands prisonniers, des dizaines de morts, trois fois plus de blessés.

Le gros centre de résistance ennemi, autour du Palais Bourbon et du quai d'Orsay subit l'assaut des spahis, des cuirassiers, des F.F.I., des marins du R.B.F.M. ; parmi eux, l'enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle. Le char Quimper fut détruit ; le Metz tenait sous son feu l'esplanade des Invalides. Dans le Ve, dès l'aube, les blockhaus du Luxembourg étaient pris par des éléments du R.M.T., du 501e R.C.C., aidés par les F.F.I. du colonel Fabien, avant que la 2e D.B. n'arrive en renfort pour détruire chars et canons.

Par le boulevard Saint-Michel, les soldats de Leclerc gagnèrent l'Ile de la Cité, la Préfecture, passèrent sur la rive droite rue de Rivoli, avançant vers la Concorde et l'Opéra. Au Luxembourg, une garnison de 600 hommes se rendit. De 9 à 17 h se déroula le combat de la caserne de la République par les rues et les toits. Les défenseurs se rendirent le soir aux émissaires français et allemands.

Dans le IIe, la Kommandantur de la place de l'Opéra était reprise vers 14 h 30.
La bataille se développa autour des Tuileries. Place de la Concorde, le char Douaumont du 501e R.C.C. aborda un tank ennemi ; le chef de char, Bizien, fut tué. Rue de Rivoli se déroula l'attaque de l'hôtel Meurice. Les officiers, de La Horie, Karcher, Franjoux et leurs hommes, s'en emparèrent, capturant von Choltitz et son état-major.

A 16 h 30, le ministère de la Marine était conquis. Von Choltitz fut emmené à la Préfecture de Police où Leclerc s'entretenait avec le général américain, chef de la 4e D.I.U.S. qui, par la gare de Lyon, avançait vers Vincennes. Vers 16 h, le général allemand y signa l'acte de capitulation. Conduit à la gare Montparnasse, P.C. de la 2e D.B., il y signa l'ordre de cessez-le-feu et de reddition à transmettre à ses troupes.

Peu après, Leclerc exposait la situation au général de Gaulle qui venait d'arriver. Il s'agissait pour ce dernier d'assumer sa légitimité et d'installer une nouvelle administration. Alors que les membres du C.N.R. et du C.P.L. l'attendaient à l'Hôtel de Ville, il gagna le ministère de la guerre où il reçut son délégué et le préfet de police. Ce n'est que vers 19 h qu'il se rendit à l'Hôtel de Ville, où il prononça un discours resté célèbre.

Le 26, Paris connut une allégresse populaire indescriptible, fêtant les libérateurs. De Gaulle, à 15 h, salua le Soldat Inconnu puis, de l'Etoile, suivi des chefs de l'insurrection, des autorités civiles et des généraux français, descendit à pied les Champs-Elysées parmi une foule immense, et se rendit à Notre Dame où retentit un Magnificat.

Installé au ministère de la guerre, de Gaulle reçut les chefs de la Résistance puis les secrétaires généraux exerçant les fonctions de ministres, affirmant ainsi la suprématie du Gouvernement provisoire reconnu par les Alliés le 23 octobre. L'ennemi, qui contrôlait toujours les routes de l'Est et du Nord-Est, risquait toujours de contre-attaquer : le soir même du défilé, 150 appareils de la Luftwaffe bombardaient Paris, causant 189 morts.

Le lendemain, Leclerc lança le groupement Roumiantsoff sur Saint-Denis, Le Bourget, tandis que les groupements Dio et Langlade avançaient vers Montmorency et Gonesse. II fallut de violents combats, du 27 au 30 août, pour que Paris ne soit plus menacé.
Le 2 avril 1945, la ville de Paris fut décorée de l'Ordre de la Libération.



Texte MINDEF
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- Les prisonniers allemands

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la libération de Paris :: Commentaires

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Message le Dim 19 Aoû 2018 - 14:02 par lorient








Cette libération a fait beaucoup de résistants de la dernière heure. Ceux là même qui commirent de nombreux crimes. Ils surgirent du néant et ils furent les plus salauds des salauds.

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Message le Dim 19 Aoû 2018 - 14:16 par lorient

Article paru sur le site MEDIAPART

Entre le 20 août et le 22 septembre 1944, 38 corps sont repêchés dans la Seine. Les corps sont lestés d’un pavé de grès autour du cou, insuffisant à maintenir les cadavres gonflés par l’eau en profondeur. Ces corps destinés à ne jamais être retrouvés sont encore vêtus, et ont mêmes dans leurs poches et leurs doublures des documents importants.

Cette énigme pourrait être celle d’un roman noir…il n’en n’est pourtant rien. Il s’agit de la nouvelle enquête de Jean-Marc Berlière, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, et Franck Liaigre, historien, tout deux membres du CESDIP (ministère de la justice/ CNRS).

Les deux hommes ont repris cette enquête, qui dans la confusion de la Libération n’avait pu être mené à bout.

Ils sont ainsi parvenus à remonter jusqu’à un lieu dont le nom aurait aussi convenu à un polar ; l’Institut dentaire du 13ème arrondissement, un centre clandestin de séquestration et d’exécution tenu par les FTP (Francs tireurs et partisans), organisation armée de la résistance communiste, entre le 20 août et le 15 septembre 1944.

À cette époque les meurtres ne sont pas élucidés. Tout ce qui touche à la résistance communiste et globalement tabou, et les auteurs parlent d’une véritable omerta. Ils dénoncent dans ce livre la politique de terreur de la résistance communiste d’après-guerre, où un ordre révolutionnaire semblait pouvoir remplacer la justice démocratique.

Néanmoins, il apparaît incohérent, dans la perspective d’une justice populaire, d’avoir exécuté ces gens dans l’ombre. Qui étaient ces 38 corps, repêchés dans la Seine ? Les deux chercheurs se sont appliqués à retrouver leurs identités et ont ainsi mis à jour des histoires incroyables.

A la fin de l’été 1944, il n’y a presque plus de collaborateurs ou d’agents importants du régime de Vichy à Paris, la plus part a fuit bien avant. Les FFS (Force Française de Septembre), résistants de la dernière heure, traquent les derniers collabos de la capitale. Ce que les auteurs découvrent, c’est beaucoup de règlements de comptes, de jalousie, et au delà, l’ivresse du pouvoir de jeunes hommes peu préparés aux responsabilités qu’on leur concède.

En effet, les deux auteurs avaient déjà travaillé sur l’épuration de la police après la libération. À ce moment ce corps d’état avait très mauvaise presse, et c’est plus de 2000 policiers qui sont « épurés » dans un processus très violent de méfiance et de dénonciation. C’est dans les 70 commissaires qui sont arrêtés, parfois par leurs propres hommes, et des gardiens de la paix remplacent les postes vacants. Dans cette période de confusion dans les autorités et les responsabilités, il se dit dans les rues qu’il faut répondre à la terreur par la terreur.

On compte plus de 1000 morts dans les combats de Paris, et les morgues sont dépassées. C’est là qu’intervient l’étonnement des deux chercheurs : pourquoi cacher des corps à une époque où l’on fusille ouvertement les coupables ?

Parmi les victimes, peu de vrais responsables, même si certains coupables sont repêchés, et on s’étonne alors que leur arrestation soit restée secrète dans ce cas. On retrouve des membre du FFI (Forces Françaises de l’ Intérieur), des socialistes alors en rivalité avec les communistes, des femmes impliquées dans des histoires de mœurs, des profiteurs du marché noir, où de simples personnes impliquées dans des règlements de compte de quartiers….

Cette enquête est un véritable travail pour rétablir la vérité. Portrait d’une époque trouble et violente, JM Berlière et F Liaigre dépeignent la résistance avec le visage humain que finalement seul le recul pouvait lui donner. Car le travail d’historien, expliquent les auteurs, est aussi de rendre la vérité et la mémoire puisque pour ces tueurs, aucunes conséquences judiciaires.

Ce livre se lit comme une enquête policière, presque soixante huit ans après les faits. Sérieux et très bien documenté (en attestent les importantes pages d’annexe), ce travail nous entraîne sans mal dans le Paris de la libération. Il nous raconte aussi et surtout la mauvaise conscience française d’après la collaboration, où chacun est soupçonné, où tuer au nom de la résistance devient un passe droit, les enquêtes impossibles, et où pour les familles des victimes s’intéresser aux raisons de l’exécution de l’un des leurs est une honte.

Les auteurs redonnent finalement une dignité à ces exécutés de la Seine, qui, ni collabos, ni criminels, étaient souvent au mauvais moment au mauvais endroit. En témoigne cette histoire incroyable d’un couple assassiné (elle fusillé dans le dos, lui écrasé sous les roues d’un char sur la place publique) soupçonné d’avoir tiré à la mitrailleuse sur les armées de libération, sans ne serait-ce qu’une arme pour attester cette accusation pourtant bien lourde.

Profiteurs de la résistance et de son succès, les assassins de l’Institut dentaire et leurs histoires nous rappellent que chaque médaille a souvent son revers.

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cet article est là à titre d'exemple, pour nous permettre de garder en mémoire ce que fut l'épuration, mais il n'est pas là pour occulter la mémoire de ceux qui par leur courage ont libéré Paris.

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Message le Dim 19 Aoû 2018 - 19:05 par Blu

Merci lorient pour ces rappels.
Ce n'était pas très joli joli... Beaucoup de règlements de comptes, de vengeance...
Et peu de condamnations.
Le drame dans tout ça c'est que ces choses peuvent se reproduire à n'importe quel moment.
Heureusement, il y eut aussi des gens courageux...

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