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La Mémoire Parachutiste Militaire est importante, Merci de participer en postant des sujets ou en répondant à ceux existants. Nos Régiments actuels et les Militaires d'Aujourd'hui ne le sont pas moins, "les camps parachutistes" donne la parole aux deux.
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cela s'est passé un O1 novembre

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31102012

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cela s'est passé un O1 novembre




Toussaint rouge : 1er novembre 1954

Court rappel d'événements essentiels de la période ayant précédé les événements :

25 septembre 1954

Le Préfet Vaujour (à cette date directeur de la Sûreté générale à Alger) a fait parvenir une note à Henri Queuille, vice-président du conseil, dans laquelle il précisait :

- que les "séparatistes" se battaient entre eux ...
- que les renseignements recueillis permettaient de penser que les "séparatistes" allaient probablement passer à l'action avant un mois...
- que le mouvement "séparatiste" serait très important, et concernerait plusieurs zones ainsi que des villes ...
- que ce serait une flambée violente et généralisée...


10 octobre 1954

Dans une maison du quartier «Climat de France» (sur les hauteur d'Alger dominant Bab-el-Oued), Les chefs historiques de la révolution algérienne : Hocine Aït Ahmed, Krim Belkacem, Larbi Ben M'Hidi, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf, Mourad Didouche; mais Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider et Mostefa Ben Boulaïd étaient au CAIRE :

- ont transformé le CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action : mouvement fondé en mars 1954 par les neuf terroristes), en FLN (Front de Libération Nationale (préalablement, ces neuf terroristes étaient tous membres de l'Organisation spéciale, bras armé du MTLD, mouvement nationaliste dirigé par Messali Hadj;

- ont créé l'ALN et décidé de la date du déclenchement de l'insurrection : le 1er novembre (1954);

10 octobre 1954

Le Préfet Vaujour a informé sa hiérarchie (Ministre de l'Intérieur) que la date de l’insurrection était fixée au 1er novembre.

23 octobre 1954

Devant la gravité et l'imminence du déclenchement de l'insurrection, un envoyé spécial du Préfet Vaujour a transmis au Cabinet du ministère de l’Intérieur un rapport dans lequel figure le texte suivant :

… Danger immédiat … Nous sommes sans doute à la veille d’attentats en Algérie … Ben Bella a commandé de passer à l’action au plus tôt … Son plan opérationnel prévoit l’extension du combat en Algérie, d’abord pour créer un climat nécessaire, ensuite pour absorber tous les maquis locaux.

dans le document, il demandait aussi l’autorisation de procéder à des arrestations : il n'a obtenu aucune réaction de sa hiérarchie !

23 octobre 1954

3 Gendarmes ont été attaqués par une vingtaine d’individus dans la région de Guentis.

26 octobre 1954

Un renseignement "A1" précisait qu’une directive provenant du Caire ordonnait de généraliser les incidents sur l’ensemble du territoire algérien; la finalité était une exploitation des événements à la tribune de l’ONU. Le Préfet Vaujour a renouvelé sa demande de rafle : François Mitterrand, ministre de la justice a refusé.

27 octobre 1954

Le Général Cherrière, commandant de la 10 ème région militaire, le commandement interarmées en Algérie pour le maintien de l’ordre, a adressé une nouvelle synthèse « sur l’évolution de la situation ».

29 octobre 1954

A 14 heures, le Préfet Vaujour a organisé une réunion des autorités : sous-préfets, administrateurs, maires (à Constantine). Les autorités réunies par le préfet conviennent que « Tout va très bien et qu'il n y a aucune inquiétude à avoir »
Mais, ce même jour, la première bombe est trouvée (indication d'un militant du Parti Communiste, effrayé par ce qu'il devait faire.

31 octobre 1954

Le Préfet Vaujour a averti la 10 ème Région Militaire (général Cherrière) que des attentats allaient être commis dans les 48 heures.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954

Début de la "Toussaint rouge" : explosion des premières bombes vers minuit

1er novembre 1954

Les tueurs du FLN ont perpétré de nombreux attentats, toute l'Algérie a été concernée : dégâts matériels et 7 morts

Au Caire, la radio "voie des Arabes", évidemment pro FLN, a proclamé : « l'Algérie est retournée à la lutte pour la liberté de l'Islam ».

1er novembre 1954

Communiqué du Gouvernement Général :

« Au cours de la nuit, en différents points du territoire algérien, mais plus particulièrement dans l’est du département de Constantine et dans la région de l’Aurès, une trentaine d’attentats d’inégale gravité ont été commis par de petits groupes de terroristes … Un officier et deux soldats ont été assassinés à Kenchela et à Batna. Deux gardiens de nuit ont été tués en Kabylie. Des coups de feu ont été tirés sur les gendarmeries … »

2 novembre 1954

Déclaration officielle de François Mitterrand, ministre de l’Intérieur :

« La seule négociation possible, c’est la guerre. L’Algérie c’est la France et la France ne connaîtra pas chez elle d’autre autorité que la sienne. Qui hésiterait à employer tous les moyens pour préserver la France ? »;

Le journal du Parti communiste algérien a :

Traité les responsables de la «Toussaint tragique» de « provocateurs » de « semeurs de panique » de « poignée d'agitateurs inconscients ou corrompus » et termine en exhortant les autorités à « faire appel aux masses pour anéantir la rébellion, seule façon d'attacher ce pays à la France ».


La guerre d'Algérie venait de commencer, beaucoup d'entre nous y ont perdu famille, amis, Camarades et leur Honneur ...

Je suis fier d'avoir été de ceux-là, mais j'ai honte de n'avoir pas pu "terminer le boulot", sur ordre du Chef des Armées ...




Déclaration du 1er novembre 1954

Secrétariat général du Front de Libération Nationale

Appel au peuple algérien

PEUPLE ALGÉRIEN, MILITANTS DE LA CAUSE NATIONALE,

A vous qui êtes appelés à nous juger (le premier d’une façon générale, les seconds tout particulièrement), notre souci en diffusant la présente proclamation est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussés à agir en vous exposant notre programme, le sens de notre action, le bien-fondé de nos vues dont le but demeure l’indépendance nationale dans le cadre nord-africain. Notre désir aussi est de vous éviter la confusion que pourraient entretenir l’impérialisme et ses agents administratifs et autres politicailleurs véreux.

Nous considérons avant tout qu’après des décades de lutte, le mouvement national a atteint sa phase de réalisation. En effet, le but d’un mouvement révolutionnaire étant de créer toutes les conditions d’une action libératrice, nous estimons que, sous ses aspects internes, le peuple est uni derrière le mot d’ordre d’indépendance et d’action et, sous les aspects extérieurs, le climat de détente est favorable pour le règlement des problèmes mineurs, dont le nôtre, avec surtout l’appui diplomatique de nos frères arabo-musulmans. Les événements du Maroc et de Tunisie sont à ce sujet significatifs et marquent profondément le processus de la lutte de libération de l’Afrique du Nord.

Aujourd’hui, les uns et les autres sont engagés résolument dans cette voie, et nous, relégués à l’arrière, nous subissons le sort de ceux qui sont dépassés. C’est ainsi que notre mouvement national, terrassé par des années d’immobilisme et de routine, mal orienté, privé du soutien indispensable de l’opinion populaire, dépassé par les événements, se désagrège progressivement à la grande satisfaction du colonialisme qui croit avoir remporté la plus grande victoire de sa lutte contre l’avant-garde algérienne.

L’HEURE EST GRAVE !

Devant cette situation qui risque de devenir irréparable, une équipe de jeunes responsables et militants conscients, ralliant autour d’elle la majorités des éléments encore sains et décidés, a jugé le moment venu de sortir le mouvement national de l’impasse où l’ont acculé les luttes de personnes et d’influence, pour le lancer aux côtés des frères marocains et tunisiens dans la véritable lutte révolutionnaire.

Nous tenons à cet effet à préciser que nous sommes indépendants des deux clans qui se disputent le pouvoir. Plaçant l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations mesquines et erronées de personnes et prestige, conformément aux principes révolutionnaires, notre action est dirigée uniquement contre le colonialisme, seul ennemi et aveugle, qui s’est toujours refusé à accorder la moindre liberté par des moyens de lutte pacifique.

Ce sont là, nous pensons, des raisons suffisantes qui font que notre mouvement de rénovation se présente sous l’étiquette de FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE, se dégageant ainsi de toutes les compromissions possibles et offrant la possibilité à tous les patriotes algériens de toutes les couches sociales, de tous les partis et mouvements purement algériens, de s’intégrer dans la lutte de libération sans aucune autre considération.

Pour préciser, nous retraçons ci-après, les grandes lignes de notre programme politique :

BUT : Indépendance nationale par :

La restauration de l'état algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques.

Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions.

OBJECTIFS INTÉRIEURS:

Assainissement politique par la remise du mouvement national révolutionnaire dans sa véritable voie et par l’anéantissement de tous les vestiges de corruption et de réformisme, cause de notre régression actuelle.
Rassemblement et organisation de toutes les énergies saines du peuple algérien pour la liquidation du système colonial.

OBJECTIFS EXTÉRIEURS:

Internationalisation du problème algérien.

Réalisation de l’Unité nord-africaine dans le cadre naturel arabo-musulman.

Dans le cadre de la charte des Nations unies, affirmation de notre sympathie à l’égard de toutes nations qui appuieraient notre action libératrice.

MOYENS DE LUTTE :

Conformément aux principes révolutionnaires et comptes tenu des situations intérieure et extérieure, la continuation de la lutte par tous les moyens jusqu’à la réalisation de notre but.

Pour parvenir à ces fins, le Front de libération nationale aura deux tâches essentielles à mener de front et simultanément : une action intérieure tant sur le plan politique que sur le plan de l’action propre, et une action extérieure en vue de faire du problème algérien une réalité pour le monde entier avec l’appui de tous nos alliés naturels.

C’est là une tâche écrasante qui nécessite la mobilisation de toutes les énergies et toutes les ressources nationales. Il est vrai, la lutte sera longue mais l’issue est certaine.

En dernier lieu, afin d’éviter les fausses interprétations et les faux-fuyants, pour prouver notre désir de paix, limiter les pertes en vies humains et les effusions de sang, nous avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises si ces dernières sont animées de bonne foi et reconnaissent une fois pour toutes aux peuples qu’elles subjuguent le droit de disposer d’eux-mêmes.

La reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l’Algérie une terre française en déni de l’histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien.

L’ouverture des négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne, une et indivisible.

La création d’un climat de confiance par la libération de tous les détenus politiques, la levée de toutes les mesures d’exception et l’arrêt de toute poursuite contre les forces combattantes.

EN CONTREPARTIE :

Les intérêts français, culturels et économiques, honnêtement acquis, seront respectés ainsi que les personnes et les familles.

Tous les français désirant rester en Algérie auront le choix entre leur nationalité et seront de ce fait considérés comme étrangers vis-à-vis des lois en vigueur ou opteront pour la nationalité algérienne et, dans ce cas, seront considérés comme tels en droits et en devoirs.

Les liens entre la France et l’Algérie seront définis et feront l’objet d’un accord entre les deux puissances sur la base de l’égalité et du respect de chacun.


Algérien ! nous t’invitons à méditer notre charte ci-dessus. Ton devoir est de t’y associer pour sauver notre pays et lui rendre sa liberté ; le Front de libération nationale est ton front, sa victoire est la tienne.

Quant à nous, résolus à poursuivre la lutte, sûrs de tes sentiments anti-impérialistes, nous donnons le meilleur de nous-mêmes à la patrie.

Le Secrétariat national.


L'essentiel de ce document a été repris - au fond - dans la déclaration issue du "Congrès de la Soummam"


[le 1/11/2012 quelques corrections de langue française ... Aucune correction au fond]


Dernière édition par Cerbère le Jeu 1 Nov 2012 - 11:17, édité 1 fois
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cela s'est passé un O1 novembre :: Commentaires

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Message le Jeu 1 Nov 2012 - 5:40 par LOUSTIC

le début d'un long conflit.

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Message le Jeu 1 Nov 2012 - 11:08 par Lothy

ROUGE a écrit:le début d'un long conflit.

Lequel est loin d'être terminé.... Malgré les apparences !

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