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un 17 novembre

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17112011

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un 17 novembre




17 novembre 1869 : inauguration du canal de Suez

Contexte historique
Relier la mer Méditerranée à la mer Rouge en perçant l’isthme de Suez est une idée qui remonte à la plus haute Antiquité. Un bas-relief égyptien, daté des environs de 1300 av. J.-C., montre Séthi Ier, un pharaon de la XIXe dynastie, longeant un embryon de canal tracé entre le Nil et la mer Rouge. Ce canal s’interrompait au milieu de l’isthme de Suez. Vers 600 av. J.-C., un pharaon de la XXVIe dynastie, Néchao II, voulut le prolonger jusqu’à la mer Rouge, mais il dut y renoncer. Un siècle plus tard, le roi de Perse Darius Ier entreprit de désensabler le canal, et son fils Xerxès ouvrit jusqu’à la mer Rouge un modeste chenal que le roi d’Égypte Ptolémée Ier (285-247 av. J.-C.) élargit et dota d’une écluse. L’empereur romain Trajan (53-117) remit à nouveau ce canal en état, mais il fut définitivement fermé par le calife Al-Mansour en 776. D’éminents voyageurs antiques – Diodore de Sicile, Strabon, Pline l’Ancien… – ont laissé des descriptions de cette infrastructure d’avant-garde.

C’est aux techniciens du XIXe siècle qu’il appartiendra de ressusciter cette vieille ambition en creusant un canal maritime sur le sol égyptien.

En 1798, les troupes françaises débarquent en Égypte sous le commandement de Napoléon Bonaparte, qui reprend l’idée d’un percement de l’isthme de Suez. Le relevé imprécis effectué par Gratien Lepère conclut à l’impossibilité de l’entreprise en raison d’une trop grande dénivellation entre la mer Méditerranée et la mer Rouge.

C’est un ingénieur français originaire de Lorient et installé en Égypte, Louis Linant de Bellefonds (1799-1883), qui va mettre au point, entre 1822 et 1833, un projet de communication entre les deux mers élaboré et réaliste. En 1844, il remet à Ferdinand de Lesseps (1805-1894) un dossier complet avec plans et devis. L’entreprise envisagée bénéficie de l’appui de Prosper Enfantin (1796-1864), adepte du comte de Saint-Simon (1760-1825), théoricien qui promettait à l’humanité un avenir rayonnant grâce aux progrès des sciences et de l’industrie. En 1833, le « Père Enfantin » avait d’ailleurs fondé une société ayant pour objectif le percement du canal.

Le 30 novembre 1854, Ferdinand de Lesseps obtient du vice-roi d’Égypte la concession de la zone du canal pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans. Le 19 mai 1855, il fonde la Compagnie de Suez qui dirigera la construction de l’ouvrage de 1859 à 1869. La jonction des eaux a lieu le 15 août 1869, et le canal est enfin inauguré officiellement le 17 novembre, en présence de l’impératrice Eugénie et de l’empereur François-Joseph d’Autriche. La première de l’opéra de Verdi Aïda est donnée pour l’occasion.

Analyse de l'image

À la demande de Ferdinand de Lesseps, le peintre Édouard Riou (1833-1900), futur collaborateur de Jules Verne chez l’éditeur Hetzel et illustrateur des œuvres d’Alexandre Dumas, exécuta L’Album de l’Impératrice : Voyage pittoresque à travers l’isthme de Suez. Cet album rassemblait des aquarelles d’après nature retraçant et commentant l’inauguration du canal de Suez, depuis les cérémonies religieuses du 16 novembre 1869 jusqu’à la traversée de l’isthme du 17 au 20 novembre. Riou réalisa également cette représentation de la manifestation inaugurale, tableau monumental aujourd’hui exposé au musée national du Château de Compiègne.

À l’entrée du canal de Suez, sur une lagune de sable, sont installées de grandes estrades décorées de feuillages et de drapeaux tricolores, sur lesquelles se pressent de nombreuses personnes. Autour de ces estrades est massée une foule de spectateurs qui n’ont pas accès aux tribunes officielles. Au premier plan, quelques Égyptiens traversent un petit bras de mer à pied, à cheval ou à dos de chameau. À l’arrière-plan, dans la brume, on aperçoit la flotte internationale alignée.

Interprétation

En 1869, l’inauguration du canal de Suez donne lieu à une manifestation internationale à grand spectacle qui met une dernière fois en relief le prestige de la France avant la guerre franco-prussienne de 1870. C’est également un triomphe personnel pour Ferdinand de Lesseps.

Désormais, un canal traverse l’isthme de part en part sur une longueur de 162 kilomètres, sur 54 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur. Il permet d’abréger de 8 000 kilomètres la navigation entre Londres et Bombay – il évite d’avoir à contourner le continent africain. Le creusement du canal, dans une région jusque-là stérile, s’accompagne de la création de quatre villes : Port-Saïd, Port-Fouad, Ismaïlia et Port-Tawfiq, sans parler d’un réseau routier et d’adduction d’eau permettant l’irrigation de 28 000 hectares.

En créant la Compagnie universelle du canal maritime de Suez, Ferdinand de Lesseps avait voulu donner à cette ambitieuse entreprise un caractère international et y faire participer l’Égypte, alors sous la tutelle de l’Empire ottoman. Si la France avait absorbé la majorité des actions – plus de 200 000 –, le khédive Ismaïl Pacha avait accepté de souscrire un nombre non négligeable de 176 602 actions. En outre, l’article 63 des statuts de la Compagnie accordait au gouvernement égyptien 15 % des bénéfices générés par le trafic. La déplorable politique financière du khédive allait priver l’Égypte de ces avantages. Fortement endetté à la suite de folles prodigalités, il se vit obligé, en novembre 1875, de vendre ses actions au gouvernement britannique. Cinq ans plus tard, il cédait au Crédit foncier de France sa participation aux bénéfices. Ainsi, par la faute du gouvernement du Caire, la Compagnie de Suez, dont la vocation initiale était universelle, devenait une affaire franco-britannique. À partir de 1883, la quasi-totalité des sièges de son conseil d’administration appartenait aux Anglais et aux Français, ces derniers détenant même la majorité.

Dès la fin du XIXe siècle, le gouvernement égyptien tenta de récupérer les avantages perdus, encouragé par l’extraordinaire réussite financière de l’affaire, mais ce n’est qu’à partir de 1936 que la Compagnie de Suez s’engagea dans la voie des concessions. En 1949 notamment, le gouvernement du Caire put percevoir 7 % des bénéfices et occuper trois sièges au conseil d’administration. La proportion d’Égyptiens parmi les employés et les ouvriers affectés au canal passa de 30 à 80 %. À son arrivée au pouvoir en 1954, Gamal Abdel Nasser (1918-1970) affirma que son gouvernement ne prolongerait pas la concession du canal, qui arrivait à expiration en 1968. La décision anglo-américaine de suspendre tout concours à la construction du barrage d’Assouan lui servit de prétexte pour nationaliser le canal de Suez en 1956.
Auteur : Alain GALOIN


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