Le privé démarche les paras de l'E.T.A.P.

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18112011

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Le privé démarche les paras de l'E.T.A.P.




Le privé démarche les paras de l'Etap
Par Gérard Cayron.

Chaque année, 42 000 sauts sont effectués à l'Etap, à 194 € l'unité. La société Vitruve DS propose d'abaisser ce coût à 150 € par saut. © DR-etap

C'est une véritable révolution que s'apprêtent à vivre les personnels (1) de l'école paloise des troupes aéroportées (Etap). Une société privée parisienne a proposé au ministre de la Défense Hervé Morin, et à l'état-major des trois armées, un inédit partenariat public-privé pour faire fonctionner à moindre coût la maison-mère des parachutistes français. Il s'agit de Vitruve DS, créée en avril 2009 par un ex-commandant des forces spéciales.

La période d'évaluation de ce projet va durer plus d'un an, mais il aurait déjà été favorablement accueilli par la commission de la défense à l'Assemblée nationale, où siège notamment Martine Lignières-Cassou.

Des centaines de millions d'euros

Installé après la guerre, devenu aujourd'hui le seul centre national inter-armes, l'Etap, dirigée depuis juillet par le lieutenant-colonel Laurent Bertier de Sauvigny que nous n'avons pu joindre hier, est la référence ultime du monde parachutiste.

Mais l'armée française, en pleine restructuration, doit elle aussi apporter sa contribution à la révision générale des politiques publiques (RGPP). Et c'est là que pourrait intervenir la société Vitruve qui se présente comme « le premier opérateur privé français en matière de défense et de sécurité nationale ».

Outre des économies substantielles sur chaque saut en parachute, le prestataire privé propose « de fournir les avions nécessaires aux exercices, avec des appareils à demeure, et d'en assurer la maintenance. Il s'agit d'une proposition d'achat pour une prestation complète de services », explique un collaborateur de Didier Raoul, fondateur de Vitruve Défense Services.

Ou, en clair, d'une externalisation en bonne et due forme sur la base d'un contrat estimé à plusieurs centaines de millions d'euros.

Un simulateur européen

Mais ce n'est pas tout... Ce projet de privatisation de l'école des troupes aéroportées s'accompagne d'un volet immobilier. « L'idée est de participer à la rénovation d'une école dont les locaux datent de plus de 60 ans », confirme-t-on chez Vitruve en évoquant « la construction de nouveaux hangars et d'un centre de maintenance pour les avions ».

Grâce aux recettes générées par la facturation des heures de vol - « estimées à 1 400 par an pour l'Etap » - le prestataire privé dégagerait une enveloppe suffisante pour doter en plus l'école paloise d'un simulateur européen de chute libre.

Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un programme communautaire. « Plusieurs pays ne disposent pas de véritable centre d'entraînement pour leurs paras, aucun en tout cas tel que l'Etap », reprend l'expert de Vitruve DS qui entend être « un acteur prépondérant des processus d'externalisation pour les ministères de la Défense et de l'Intérieur ». Les armées de Belgique, Lituanie et Hongrie, notamment, seraient intéressées.

(1) De quasiment 400 personnes (civils compris) fin 2009, l'effectif doit passer à 225 l'an prochain.



===> Le chiffre

194. C'est actuellement le coût moyen, en euros, de chacun des 42 000 sauts en parachute effectués tous les ans à l'Etap. La société Vitruve propose de l'abaisser à 150 euros, sachant qu'un minimum de 6 sauts est nécessaire pour obtenir le brevet de base.



===> Pour Martine Lignières-Cassou : « C'est inadmissible ! »

Député, membre de la commission Défense nationale de l'Assemblée, Martine Lignières-Cassou connaît à ce titre les détails de la proposition de partenariat public-privé faite, pendant l'été dernier, par la société Vitruve DS. Elle la juge tout simplement « inadmissible ! » « Je ne suis pas du tout d'accord », poursuit l'élue béarnaise « car là, on touche carrément au coeur de métier de l'Etap, c'est-à-dire la formation des parachutistes ».

Martine Lignières-Cassou déplore « une logique purement comptable ». Elle va donc « saisir immédiatement le ministre de la Défense, Hervé Morin » et lui répéter qu'il est « inacceptable de voir que, dans un tel dossier, on ose presque toucher aux fonctions régaliennes de l'Etat ».

===> La maison de tous les bérets rouges

C'est une vieille dame.... L'école des troupes aéroportées a effectivement pris possession de la lande du Pont-Long depuis déjà plus d'un demi-siècle.

Au point d'être considérée aujourd'hui « comme la maison-mère de tous les bérets rouges français » écrivait en 2009, dans la plaquette de l'école, le Lieutenant-colonel Didier Ozanne. Cet ancien chef de corps de l'Etap a su prendre la mesure des lieux, « un passage devenu obligatoire pour tous les paras de nos armées », se félicite-t-il.

Il n'ignore pas que, en plus de sa mission de formation, et pendant de longues années après la fin du dernier conflit mondial, l'Etap a aussi apporté son soutien logistique sur de nombreux théâtres d'opérations à l'étranger. Plus récemment (en 2008), cette vénérable institution a tourné une grande page d'histoire en rebaptisant le camp Astra du nom de l' « Aspirant Zirnheld » en l'honneur de l'auteur de la prière du parachutiste. Ce texte est chanté chaque année le 29 septembre, jour de la Saint-Michel qui correspond à la fête des parachutistes. Ceux de l'Etap se sont donnés pour devise « Par le ciel, pour servir » afin d'illustrer leur double vocation d'unité aéroportée et d'organisme de formation.

Un rayonnement sportif

Le rayonnement de l'Etap s'étend aussi au domaine sportif. Reconnue au niveau international, son équipe de compétition en précision d'atterrissage et en vol relatif est de multiples fois championne de France.

Emmenée par son leader, l'adjudant-chef Patrick Ventaja, qui bénéficie du statut d'athlète de haut niveau, elle est invitée chaque année à sauter sur Paris lors de la fête nationale du 14-Juillet.

===> Repères

Plus de 4 000 élèves. Créée en 1947, l'Etap voit aujourd'hui passer sur le camp Zirnheld plus de 4 000 stagiaires par an. Queque deux mille brevets y sont annuellement délivrés à l'issue de quarante-trois types différents de stages dont les durées varient d'une semaine à 3 mois.
Un précédent à Dax. Un partenariat privé-public avec l'armée fonctionne déjà, depuis 2008, pour l'école d'aviation légère de l'armée de terre (Alat) basée à Dax. Chargée de former des pilotes d'hélicoptères, elle a confié à la société privée DCI sa flotte d'appareils ainsi que leur maintenance. Pour les heures de vol, un contrat au long cours chiffré à 400 millions d'euros a également été signé.
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Michel
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