Jack Womer, le dernier parachutiste américain des “Filthy 13”

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15082017

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Jack Womer, le dernier parachutiste américain des “Filthy 13”




C’était en 2013
Jack Womer, le dernier parachutiste américain des “Filthy 13”, s'est éteint
Certains racontent que le film "Les douze salopards" étaient adaptés de leur histoire. Mais les "Filthy 13" (les 13 dégueulasses) n'étaient pas des criminels. Ils étaient juste un peu rétifs à l'autorité, un trait de caractère difficilement compatible avec l'esprit militaire.

Cette unité de parachutistes était spécialisée dans les missions de sabotage derrière les lignes ennemies. Elle était commandée par le Sergent Jake McNiece, un métis indien.
A la veille du Débarquement, celui-ci se rase la tête pour arborer une coupe à l'iroquoise et se fait des peintures de guerre. Ses hommes feront de même à l'exception de Jack Womer.



Jack Womer, né en 1917, s'engagea dans l'armée en 1941. Il intégra la 29e division d'infanterie avec laquelle il arriva en Angleterre à la fin 42. Là, il suivit l'entraînement des commandos britanniques pour intégrer des petites unités de rangers nouvellement créées.
Mais ce projet sera abandonné. Il se porte alors volontaire pour intégrer les parachutistes en 1943, réussit les test durant lesquels il est repéré par le sergent Jake Mc Niece.

Si le 5 juin 44 Jack Womer refuse d'arborer une iroquoise, c'est parce que les commandos britanniques lui ont enseigné de ne jamais provoquer l'ennemi.



Le D-Day la mission des "Filthy 13" consistait à sécuriser ou détruire les ponts du canal de la Douve près de Brévands. Parachutée dans les marais de Carentan, l'unité subit de lourdes pertes. Il participa à la bataille de Hell's corner face au 6e régiment de parachutistes allemands et contribua ainsi à la libération de Carentan.

Jack womer était le dernier survivant des "Filthy 13". Il s'est éteint ce samedi 28 décembre 2013.
Il était revenu à Carentan en juin dernier à l'occasion des commémorations du Débarquement. Il avait alors reçu la Légion d'honneur.
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coupole

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Message le Mar 15 Aoû 2017 - 0:42 par coupole

Alcoolique, insolent, bagarreur, indiscipliné, coureur de jupons. Tel est le para Jake McNiece.
Un homme qui a aussi effectué 4 sauts de combats entre 1944 et 1945 pour le 506th PIR de la 101st Airborne Division.
Un meneur d’hommes atypique à la tête d’un escadron de 12 durs à cuire immortalisé dans la revue Stars and Stripes.

Retrouvez son histoire dans le livre Les treize salopards, écrit en collaboration avec Richard Killblane.



Né le 24 mai 1919 à Maysville en Oklahoma, ce fils de métayer se distingue très tôt par ses capacités physiques. La crise des années 30 l’oblige à mettre la main à la pâte pour aider ses parents alors en grande  difficulté financière. Jake fait également merveille à la chasse grâce à ses qualités de pisteur. Il faut dire que sa mère Choctaw lui a transmis ses gènes indiens et une vue exceptionnelle.

D’abord capitaine de l’équipe de foot de son lycée, il est ensuite pompier en 1939 lorsque l’Europe s’embrase. Seulement même si notre homme est travailleur, il saisit toutes les  occasions  de faire la fête à grands renforts d’alcool. Ainsi la bière aidant, Jake ne manque jamais de provoquer et  de se distinguer dans les bagarres. Le 7 décembre 1941, le Japon attaque Pearl Harbor, obligeant les Etats-Unis à entrer en guerre. Pendant ce temps, Jake  poursuit ses beuveries mais une bagarre tourne mal et il est  recherché par la police. En septembre 1942, pour échapper aux forces de l’ordre, il s’engage dans l’armée. Mais pas dans l’infanterie, car lui le renégat,   ne supporterai pas la stricte discipline qui y règne. Non, il choisit les paras, là où les soldats ont plus d’initiatives. Pour la sélection, 6 000 volontaires se présentent, et seulement 2 000 sont retenus.

Direction la Géorgie pour 6 mois d’entrainement au camp Toccoa. Au pied du mont Currahee, McNiece est affecté au peloton de démolition de la compagnie du QG Régimentaire du 506th PIR du Colonel Sink. Et en février 1943, il est intégré à la 101st Airborne. L’échéance avant la grande opération alliée en Europe approche. Les journées sont rythmées par les durs entrainements physiques, les exercices de tirs, les courses dès 4h30 pour gravir à pied les trois kilomètres vers le sommet du mont Currahee, et surtout les bagarres entre soldats dans un état d’ébriété plus qu’avancé.

Transférés  à New-York, les américains embarquent en septembre 1943 à bord du Samaria pour voguer vers l’Angleterre en vue de l’opération Overlord. Sur l’ile, les paras s’habituent à l’uniforme allemand. Cependant McNiece et son groupe de 12 hommes n’apprécient ni la nourriture régimentaire, ni la discipline. Aussi quand ils ne sont pas en prison chassent-ils illégalement le gibier sur le terrain privé ou ils ont leurs cantonnements.  Ils ne se lavent pas, ne rangent rien, refusent de saluer les officiers. Les carcasses de poissons et d’animaux s’entassent et l’odeur devient pestilentielle autour des baraquements. Le groupe obtient  alors  le surnom des 13 salopards.

5 juin 1944. Ce soir la 101st doit être larguée sur le Cotentin afin de sécuriser les abords du futur secteur Utah Beach. L’Etat-Major s’attend à 50% de pertes dans les rangs des screaming-Eagles. Les hommes se préparent à leur premier saut de combat. Jake McNiece craint les poux lorsqu’il sera en Normandie, aussi se coupe-t-il  les cheveux comme ses ancêtres  indiens.  Pour parfaire son allure, il se peint le visage. Voyant cela, ses camarades l’imitent. A l'insu de ces derniers, des hommes du Signal Corps immortalisent la scène qui fera plus tard les gros titres dans la revue Stars and Stripes. La légende des 13 salopards ( Filthy Thirteen ) vient de naitre. La foule cherche des héros, et ceux-là ont la tête de l’emploi.

Dans la nuit du 6 juin, leur mission s’annonce difficile. Ils doivent rallier 3 ponts près de Carentan, en faire sauter deux et tenir le troisième. Les largages nocturnes sont aléatoires, et McNiece atterri près de Sainte-Mère-Eglise, à 8 kilomètres de son objectif. Il arrive néanmoins à rejoindre les ponts et à s’acquitter de sa mission. Seulement le croyant à tort aux mains de l’ennemi, l’Air Force pulvérise le pont tant défendu par les paras. Ceux-ci combattent pendant 5 jours d'après les vétérans avant d’être relevés le 11 juin (rappelons que l’histoire officielle mentionne "seulement"  3 jours de combats ). Le lendemain, la 101st s’attaque à la libération de la ville de Carentan, défendue par l’unité d’élite du 6ème régiment parachutiste allemand.  Puis le 13 juillet, la 101st reprend ses aises en Angleterre.

Jake et son peloton de démolition panse leurs plaies et accueillent les nouvelles recrues qui viennent compenser les 65% de pertes de la division en Normandie. Le repos est court car Montgomery veut porter un coup fatal au IIIème Reich en passant par la Hollande. L’après-midi du  dimanche 17 septembre annonce l’opération Market Garden. La 101st libère la ville d’Eindhoven mais la résistance allemande est ensuite coriace et les blindés Britanniques ne peuvent traverser le Rhin. L’opération est un échec.

Jake McNiece est en donc à son second saut de combat lorsqu’il se voit ensuite proposer d’intégrer les éclaireurs. Et notre homme accepte ce nouveau poste réputé suicidaire. Pourquoi ? Parce qu’il pense que l’Allemagne est à bout et que les paras ne rembarqueront plus dans les C-47.

Les pathfinders, une planque ?  En décembre 1944, Hitler tente son va-tout et lance ses troupes dans les Ardennes pour capturer la ville stratégique  de Bastogne et ses nombreuses voies de communication. McNiece effectue son troisième saut de combat afin de guider les convois aériens de réapprovisionnement pour la 101st Airborne encerclée dans et autour de la ville belge. Puis arrive son quatrième et dernier largage le 13 février 1945 à Prüm en Allemagne ( la moyenne de survie pour un homme à cette époque dans l’aéroportée est de 1.5 saut de combat ).

Au crépuscule du régime nazi, le 506th PIR poursuit sa route vers l’est. Les américains découvrent les camps de concentration puis occupent le nid d’aigles d’Hitler à Berchtesgaden. Enfin, les paras stoppent en Autriche à Zell am See jusqu’en août 1945.

Jake McNiece revient ensuite en France et effectue une dernière escapade à Paris, permission qui tourne mal puisqu’il est sérieusement blessé par des civils. Il termine donc sa guerre à l’hôpital, un comble pour celui qui avait depuis le 6 juin 1944 réussi à éviter d’être gravement touché. Et le 26 février 1946, 3 ans, 5 mois et 26 jours après son engagement, le Staff-Sergeant McNiece, matricule 181131236, est démobilisé.


Ecrit en collaboration avec l’auteur Richard Killblane, Jake McNiece raconte dans ces pages l’histoire d’hommes à l’esprit de corps inflexible. Les treize salopards n’étaient pas des truands comme certains les ont dépeints ( sorti en 1967, le film les 12 salopards avec Lee Marvin s'inspire à tort de leur histoire ). Ils avaient toutes les qualités pour sortir du lot et mener à bien les missions les plus périlleuses. Ses hommes étaient les plus insoumis, les plus turbulents, les plus incontrôlables. Mais ils avaient également les plus grandes capacités physiques, le plus d’audace et la plus grande maitrise des techniques de combats. Ces hommes étaient l’élite parce qu’ils agissaient en équipe et savaient s’adapter à chaque situation, quitte à déroger aux ordres. Et surtout ils n’hésitaient jamais. Car pour Jake McNiece, au combat, celui qui tergiverse face à l’ennemi est un homme mort. Mais encore, ces salopards étaient encadrés par McNiece, un soldat encore plus dur qu’eux. Une forte personnalité qui le rendait crédible et attachant pour ses hommes. Il était doué pour ça. Peut-être parce que la guerre est aussi dégueulasse, il y excellait.

En parcourant ces pages, le lecteur apprendra à connaitre la gouaille et l’impertinence du sergent McNiece. Tour à tour cocasse ou dramatique, on peut sourire ou se sentir mal à l’aise devant certaines scènes. Chaque fois qu’il est convoqué par son supérieur, on se demande ce qu’il va encore trouver pour éviter le trou. L’aéroportée Britannique en prend également pour son grade concernant son supposé manque de combativité. Au fil des lignes, on se prend pourtant d’affection pour cet homme rude et manipulateur. On sait que les parachutistes n’étaient pas des enfants de cœur, mais à la lecture de cet ouvrage, cela ne fait plus de doute. L’auteur rehausse son récit en mettant en parallèle les témoignages des autres membres du groupe de démolition comme  Jack Agnew ou Jack Womer. Les treize salopards se complaisaient à dépasser toute limite, insubordination quotidienne devenue impossible dans le cadre militaire après 1945. Ce livre transpire ainsi la nostalgie d’un temps révolu ou l’aéroportée n’était pas aussi cadrée et ses officiers autant muselés qu'aujourd'hui. Notez enfin que la traduction française est parfois aléatoire, pour les anglophones, privilégiez la version originale.

"Si il se trouvait là, une bouteille de whisky, une femme et une Jeep, tandis que chacun se demandait comment s'en emparer, Jake aurait déjà volé la Jeep, bu la bouteille de whisky et conquis la dame."
du Major Gene Brown, Rgt HQ 506th PIR

Après-guerre, McNiece parcouru les Etats-Unis avec son père puis travailla en Californie. Il épousa Rosita en 1949 mais elle décéda 3 ans plus tard. Il retrouva le bonheur en 1953 avec Martha Louise avec qui il eut 2 enfants. Cette union lui apporta la paix, il s’investit dans la religion et vaincu les démons de l’alcool. Apaisé, il travailla pour la poste pendant 27 ans. Il reprit peu à peu contact avec ses frères d’armes et en 1980 eu lieu la première réunion de la compagnie QG régimentaire du 506th. 35 ans plus tard, ses jeunes hommes grossiers étaient devenus des chefs de familles aux vies professionnelles bien remplies.

Jake McNiece s’est éteint le 21 janvier 2013 à 93 ans. Pour ses actions pendant la seconde guerre mondiale, il avait reçu 4 Bronze Star, 2 Purple Heart et la légion d’honneur en 2012. Alcoolique, insolent, bagarreur, indiscipliné, coureur de jupons, mais combattant magnifique.

Livre " Les treize salopards ", de Richard Killblane et Jake McNiece, édité par De Krijger, 267 pages

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Message le Mar 15 Aoû 2017 - 0:53 par athos

SUPERBE mon gars d'avoir partagé ce sujet, il faut que je trouve le livre maintenant. trop envie.

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Message le Jeu 17 Aoû 2017 - 7:43 par Roger Barreau

je ne connaissais pas cette unité, comme quoi on en apprend tous les jours.
bonne journée à vous

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