Le 11 octobre 1970 une colonne de la 6e Compagnie Parachutiste d'Infanterie de Marine .........

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24082017

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Le 11 octobre 1970 une colonne de la 6e Compagnie Parachutiste d'Infanterie de Marine .........





Le 11 octobre 1970 une colonne de la 6e Compagnie Parachutiste d'Infanterie de Marine tombe dans une embuscade à proximité de Bédo.



Témoignage du Sergent Jacques Napoléon PARISOT dit "Napo"

" ... Soudain, des geysers de sable entourent le camion, suivis du bruit des détonations et du claquement des impacts sur les tôles. C'est ahurissant ce bruit !

Les réflexes me font réagir, je crie "stop" au chauffeur et je hurle : "débarquez !!!..."
Mon chauffeur, dont c'est la première sortie, essaie de dégager son arme du porte-fusil mais n'y arrive pas. Je lui dis alors de se cacher au fond de l'habitacle sur les pédales et qu'avec la roue de secours comme bouclier, il ne risque rien. Il m'a obéi et s'en est tiré indemne...

... Des falaises sur ma droite à 25 mètres surplombent ma position. Je m'y précipite et arrivé presque au sommet, à quelques mètres, un rebelle sort de sa cachette l'arme à la main. Je ne pourrai jamais dire ce que c'était tant on se regardait dans les yeux... ça paraissait long, mais ce fut très bref.

Qu'est-ce qu'on a pu lire dans nos regards ? Un mélange de sentiments divers sur fond de mitraille, où l'on ne sentait pas de haine.

Je fais demi-tour en pensant qu'il va me tirer dans le dos, mais rien.
Il m'a semblé le voir se remettre à l'abri.

En bas, au camion, des survivants se protègent derrière chaque roue. Dans la caisse, il y a déjà un tué, Arrondeau, ainsi qu'un blessé avec le fémur cassé. Malgré le bruit, j'entends ses gémissements...

Je me rends compte qu'on me tire dessus par derrière, ils sont de chaque côté ! Ils ne montent même pas une embuscade réglementaire !..

... Puis c'est le choc, une balle de 303 expansive m'arrive dans la jambe droite qui s'envole presque devant moi sous le choc terrible, comme si on m'avait fracassé le tibia avec une barre de fer... Je remonte mon pantalon, dans le mollet un trou affreux, on pourrait y mettre une boîte de bière en fer.

Affolé mais rassuré: l'artère n'est pas touchée, ça brûle, mon pied gauche a pris aussi. Je suis coincé. Il me reste une grenade au phosphore récupérée chez les légionnaires du REP.
Seuls les cadres en possèdent car elles sont trop dangereuses avec leur retard de 2,5 secondes.

Je la sors du porte-grenades, lorsque je reçois un choc de cow-boy dans les côtes à gauche ! Je ressens un gargouillis à l'intérieur... Je me dis que c'est la fin et je me mets à hurler, à vider tout ce que j'ai...

Je vois mon camion plus bas, les blessés, les morts, les vivants... Il y en a un crie "Ca y est, ils ont eu le Sergent !"... C'est celui-là qui viendra récupérer mon poignard !

Il paraît qu'avant de mourir, on voit tout le film de sa vie, mais comme je vois toujours la même chose, j'en conclus que ce n'est pas pour tout de suite... J'arrête de hurler et je tiens ma grenade sous le sable ; quelquefois ils viennent achever les blessés...

Ca tire toujours, sauf sur moi, car je fais le mort, mais j'ai un poumon soufflant, ça fait du bruit et ça fait mal quand je respire...

Le cap de la peur est dépassé: dans ma tête je suis d'accord pour tirer la goupille s'ils viennent. Mais ce sont les copains qui arrivent...

... Quelques jours plus tard, à Fort-Lamy, le médecin-capitaine Marini me dira qu'en principe avec ce que j'avais, intestins déchirés, et rate éclatée en plus du reste, sans soins on meurt au bout de 4 heures...

Mais comme le moral c'est 80 % de la guérison, je m'en suis sorti...

Pour cela, j'ai eu la Médaille militaire et la Croix de la valeur militaire avec palme...

Triste bilan dans mon groupe: 3 tués, le caporal-chef Thomas du bureau-comptable, le parachutiste Arrondeau le cuistot, venu pour une fois en brousse, et le parachutiste Raygasse qui blessé, est sorti en rampant de l'abri précaire du 6x6 malgré les conseils des autres... Les rebelles l'ont achevé, il a appelé sa mère très fort avant de mourir...

A la fin du combat, le pourvoyeur FM de Barbara, le parachutiste Mizera est venu me voir. Il a décroché mon poignard US en me promettant de me le ramener...

En 1974, il se pointe à mon domicile, et me le rend: "je vous avais promis de vous le rendre, la lame est un peu usée car je l'ai souvent affûtée, mais je vous ai vengé."

Il n'était pas nécessaire de lui demander des détails..."




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EAGLE

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Le 11 octobre 1970 une colonne de la 6e Compagnie Parachutiste d'Infanterie de Marine ......... :: Commentaires

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Message le Jeu 24 Aoû 2017 - 12:38 par EAGLE


PUBLIÉ LE 27/10/2011 [/b]


Il y avait du monde ce samedi après-midi devant la mairie de St-Hilaire-Cottes.
De nombreux drapeaux tricolores flottaient au vent et sous un soleil radieux.

Si longtemps après, Dominique Rigaud, tué au Tchad, sort de l'anonymat.
Dominique Rigault avait à peine 21 ans quand il est tombé au Tchad.

41 ans après en 2011, ses camarades se souviennent de lui avec émotion...
Il y avait du monde ce samedi après-midi devant la mairie de St-Hilaire-Cottes. De nombreux drapeaux tricolores flottaient au vent et sous un soleil radieux.
Parmi la foule de nombreux anciens combattants arborant fièrement leur béret rouge de parachutiste et d'autres le béret noir.

Ce rassemblement devait rendre hommage à Dominique Rigaud, soldat tué au Tchad. Rappel des faits.

Le 11 octobre 1970, la 6e compagnie parachutiste d'infanterie de Marine tombe dans une embuscade entre Bedo et Fort Lamy, alors capitale du Tchad.
12 soldats y laisseront la vie, dont Dominique Rigaud né à Lambersart en 1949 et dont la famille demeure dans un hameau d'Aire-sur-la-Lys. Le corps est rapatrié et se retrouve dans le cimetière de St-Hilaire-Cottes, village de ses grands-parents avec le seul nom de la victime sans autre information.

Il y restera dans l'anonymat durant plus de 40 ans.
Cherchant à honorer la mémoire du caporal Dominique Rigaud, l'Amicale des anciens de la compagnie parachutiste d'infanterie de Marine de l'ex-Afrique équatoriale française, l'Éléphant noir, présidée par le Colonel Claude Bouvinet, prend contact avec le lieutenant colonel (honoraire) Guy Dubois, président du Comité local des anciens combattants.

Celui-ci tombe des nues, et pour cause : « Ni la municipalité, ni les anciens combattants n'avaient connaissance de la présence de ce soldat dans le cimetière de la commune.
Il n'était pas inscrit sur le monument aux morts et ne figurait pas sur le registre d'état civil... » Après de longues recherches orchestrées par M. Tetard de l'Amicale des anciens de la CPIM, on parvint à recadrer le cas de ce valeureux soldat dont le nom est inscrit sur le monument aux morts d'Aire-sur-la-Lys, mais qui avait été oublié à Saint-Hilaire-Cottes durant des décennies. « Je puis vous assurer que désormais les honneurs lui seront rendus et sa tombe fleurie à chaque célébration patriotique ! » Le colonel (H) Claude Bouvinet prit ensuite la parole pour relater cet événement tragique de ce 11 octobre 1970 et devant une importante délégation d'anciens Paras venus de divers coins de France uniquement pour honorer la mémoire de leurs camarades qui ont laissé leur vie au Tchad, une plaque fut déposée sur la tombe de ce soldat qui ne sera plus un simple défunt.

« Par quel cheminement es-tu passé, toi le natif du Nord, pour venir te sacrifier pour la France, à 21 ans, dans ce désert montagneux du Borkou-Tibesti ? Quelle fut la motivation qui a entraîné ton engagement dans les parachutistes des troupes de Marine, à Bayonne, en décembre 1968 ? », demandait le colonel (H) Jackie Neau dans son discours samedi. « Ta famille a dû patienter deux ans pour récupérer ta dépouille. Elle ne fut pas ménagée par les autorités militaires. Le présentateur du journal télévisé du 12 octobre 1970, pour tout éloge funèbre de nos 12 Paras tués au combat, a simplement précisé qu'ils n'étaient que des engagés et qu'il n'y avait pas d'appelés du contingent parmi les victimes.

Comme si le sang des morts n'avait pas la même couleur suivant leur statut », a rappelé amèrement le colonel (H) Jackie Neau qui poursuit son discours devant une assistance attentive : « Tu ne t'es pas battu pour l'appât du gain, car les soldes à l'époque étaient bien dérisoires ; ni pour les honneurs, car ton sacrifice a été occulté par l'ensemble des acteurs de notre Armée, de la Nation et des médias. Non, tu étais simplement animé par l'Esprit parachutiste. Nous tes camarades de combat, n'avons rien oublié et restons fidèles à ta mémoire 41 ans après. »

« Je puis vous assurer que désormais les honneurs lui seront rendus et sa tombe fleurie à chaque célébration patriotique ! »




L'Echo de la Lys

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Message le Mer 10 Oct 2018 - 21:21 par ROVER

C'était le 11 octobre 1970, nous n'avons pas oublié.

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Message le Dim 14 Oct 2018 - 15:56 par Gehendges(LCLer para-colo

Cdt a l’époque la CA du 8, j’ai eu des détails précis sur l’embuscade par un sergent de la 4ème section de la Capima blessé et rapatrié à Castres. Cette section du Lt Raffenne issue du 8 et entraînée à la CA venait de renforcer la 6ºCP et n’était pas dans la nasse. Au prix de plusieurs assauts successifs par le flanc gauche, elle a pu dégager la compagnie en complément des « boules de feu ». Joli baptême du feu! Nos morts et blessés ont été vengés dans la foulée.
Un autre événement s’est produit en 1972 à la palmeraie de Bedo. Poursuivant une bande rebelle, le Détachement mobile de Largeau encore sous commandement français (para colo), a entouré la palmeraie. Les rebelles ont pu sortir en assaillant un groupe qui s’est débandé. 11 amis dont un adjudant para français et un sgt-chef sont morts, armes et radios emportés.La bande rattrapée a subi de lourdes pertes. J’étais chef du nouveau B3/ops tchadien, pour former un certain Kamougué ....

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