Vous reprendrez bien un peu de poussière de canon ?

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31082017

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Vous reprendrez bien un peu de poussière de canon ?





Selon la légende, les légionnaires devaient rincer leurs verres avec une goutte de vin, moins rare que l'eau dans le désert, pour en enlever le sable.

Pourtant, il n'est pas rare de voir les troupes de marine s'adonner au même rituel à bord des bâtiments de la Royale : « Attention pour la poussière… main au godet… envoyez ! » (Et on tient le verre avec deux doigts, sinon c'est une erreur de forme ! ). Les troupes de marine chantent ensuite un refrain pour le moins… particulier :

« Respectez l'A.C. qui boit du vin rouge
Les biffins c'est comme le homard quand c'est cuit c'est rouge
P***** de biffin qu'as -tu... » etc. (Par respect des âmes sensibles, la suite de cette chanson folklorique a été censurée).

Le « biffin » est un sobriquet couramment utilisé par les troupes de marine pour désigner l'infanterie. « Quand c'est cuit c'est rouge » : la couleur du haut de képi des militaires de l'infanterie métropolitaine est, vous le devinerez...rouge. Les raisons de cette rivalité bon enfant se sont effilochées au cours de l'Histoire - ce qui n'empêche pas les troupes de marine d'entonner joyeusement leur « poussière » avant les repas traditionnels.



Sources: Colonel Rouiller, historien et conservateur du Musée des troupes de marine.


l'avis de vieux treillis : Effectivement les paroles de la chanson ne peuvent décemment être mises en ligne ici, du moins a mon avis, alors je vous laisse chercher le texte intégral !

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Vous reprendrez bien un peu de poussière de canon ? :: Commentaires

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Message le Jeu 31 Aoû 2017 - 17:56 par LIMA

Les traditions de popote font partie du folklore des unités de l’Armée Française.

- Elles sont particulièrement vivaces dans les unités où le nombre de journées passées en dehors de la vie de garnison est important et où la vie familiale des cadres est fortement assujettie à leur disponibilité opérationnelle.

Elles renforcent le sentiment collectif d’appartenance à une même entité, et elles illustrent l’esprit de Corps.

Selon l’histoire des subdivisions d’armes, elles sont empreintes de traditions particulières, et pratiquent parfois l’amalgame entre histoire ancienne et coutume instituée sur tel ou tel théâtre d’opérations : ainsi, le 1° R.C.P. , stationné en A.F.N. depuis sa création comme la Légion Étrangère, a t-il emprunté à cette dernière, certains rites, comme celui du toast « A la poussière ! ». Parfois, les cadres eux-mêmes, cherchent à placer un usage qu’ils ont pratiqué dans le corps précédent.

C’est ainsi que la tradition de la lecture du menu, par le responsable de la gestion de la popote, à l’origine le plus jeune des convives, est pratiquée à peu près dans tous les corps, mais plus régulièrement chez ceux qui ont un esprit de corps développé : Parachutistes, Chasseurs, Légion, Infanterie de Marine.

Importée de Saint-Cyr, et initialement réservée à la popote des Lieutenants, ( Aspirants et sous-lieutenants compris), elle est devenue également celle des popotes de Compagnie, en particulier en Algérie, où la vie est, au mieux, celle de la compagnie.
Officiers et Sous-officiers, voire les Caporaux-chefs ADL y prenaient leur repas en commun, composés des mêmes produits que ceux de la Troupe, mais avec une préparation et des ajustements rendus possibles par une ressource supplémentaire alimentée par une cotisation. Mais chaque subdivision d’arme tient à y imprimer sa marque, ce qui les rend toutes originales.

Celle des Chasseurs intègre plusieurs séquences : Refrain du Jour, lecture du menu, la phrase, les toasts.
Le Refrain du jour est le refrain traditionnel du Bataillon de Chasseurs Alpins ou à Pied, dont le numéro est le quantième du mois : Sont ainsi repris les 31 refrains des « 31Bataillons +1 », qui tous datent du 19°siècle .

Le menu est présenté si possible de façon « alambiquée », en pastiche des cartes de restaurant : « les radis sont au beurre, » « grâce à son huile, elle ne bouche plus le port de Marseille » (pour des sardines à l’huile provenant de boîtes de ration, mais présentées sur un plat), « la salade est verte, » ou « Rouges et blancs ils seront au sel à volonté » (pour les radis)... Un bon popotier se doit de varier les formules, et peut présenter chaque plat comme une devinette : il faut retenir l’attention des convives, et montrer aux anciens que l’on possède un minimum de savoir-vivre et d’imagination.

La phrase est la suivante :
« Bon appétit ...( S’il y a un représentant du sexe faible (civil) , il sera mentionné en premier : Honneur aux dames ; S’il fait partie de la chaîne hiérarchique, est cité le plus haut grade représenté : Mon général, ou Messieurs les généraux ; et éventuellement « Bon appétit noble(s) invité(s) », pour toute autre(s) personne(s) de passage, et enfin le président de la popote est cité par son grade : « Mon Capitaine... ou Mon Lieutenant Wink
« Foutez-vous en plein la gueule, Que la première bouchée vous régale, que la dernière vous étouffe, et ce, afin de faciliter le jeu normal de l’avancement dans l’Armée Française en général, chez les Chasseurs, (ou « dans les troupes aéroportées », « chez les marsouins »... ) en particulier, ce dont je serai le dernier et ô combien indigne bénéficiaire !

Le popotier poursuit par les « toasts ». Chez les chasseurs ils comprennent :
« Par le Cor de Roland,
« Par le Duc d’Orléans notre père,
« Par le Clairon de Sidi-Brahim,
« Vivent les Chasseurs !
L’assemblée, si elle se juge satisfaite répond en choeur :
« Gloire et honneur à ce cochon de popotier, qu’il en crève ! ».

L’assemblée insatisfaite par une prestation insuffisante le fera savoir par des sifflets, des huées qui laisseront l’initiative au Président, à moins que le plus haut gradé extérieur, apostrophé par le popotier, ne tempère la « bronca » en remerciant ce dernier pour son effort, et ne lui accorde le bénéfice de la jeunesse et de l’inexpérience.

Pour se lancer dans ce rituel, le popotier aura bien sûr réclamé le silence et l’attention de tous les convives par un plus ou moins retentissant « Vos gueules là-dedans ! », suivi de « Menu en date du : » Refrain du jour si possible. Les anciens de ces bataillons se lèveront pour accompagner ou suppléer le popotier dans ses vocalises.
Le vin, fourni par l’intendance à raison d’un quart par repas, par homme et par jour est parfois remplacé par un vin dit « de précision », offert par un des convives.

Le popotier n’omettra pas de nommer le généreux donateur et de citer le motif de sa générosité : naissance, anniversaire, départ ou retour de permission, départ ou retour de stage, « père cent (voir note 63)», « libération ». Le digestif peut aussi être offert de même façon, seul ou en complément. Le popotier devra interpeller les convives pour faire son annonce : « Le vin de précision, le digestif est offert par... ». Les convives remercieront leur donateur en entonnant la ritournelle suivante : « Merci, merci camarade, merci, merci pour ce pot... »

La tradition chasseur peut être respectée chaque jour au repas de midi. Dans ce cas, il est possible que le popotier déclare les finances en souffrance et qu’un redressement s’impose par des amendes, de quelques centimes, infligées aux convives qui prononceront, au cours du repas, tel ou tel mot déclaré interdit pour la durée de celui-ci.

Par courtoisie, on attend le président de popote avant de passer à table, et l’on suit son rythme. Jusqu’à l’arrivée du plateau de fromage, ou du dessert , on ne fume pas. Il est alors possible au popotier de demander au président l’ « autorisation de fumer ». Si un convive doit quitter la table avant le président, même pour raison de service, il en demandera l’autorisation.

Vis-à-vis de celui-ci, le popotier expérimenté peut avoir le privilège d’exercer une certaine impertinence, dans les limites du savoir-vivre et de la bonne humeur. C’est pourquoi, un jeune convive aura tout intérêt à passer par son intermédiaire pour les requêtes de ce type. C’est en effet au popotier de solliciter ces autorisations au président, en tant que représentant des membres cotisants de la popote.

Le respect de ces usages est important : il tempère la verdeur de nombreux refrains et il impose un minimum de savoir vivre à l’ensemble des convives, quelle que soit leur éducation préalable. Les plus dépourvus pourront ainsi l’améliorer et se sentir plus à l’aise. Ceci est particulièrement vrai en popote de compagnie, compte tenu de l’éventail en âge et en grade des convives.

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