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un 13 décembre

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13122011

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un 13 décembre




13 décembre 1.960 :
Mesmer donne l'ordre au général Salan, en voyage à Madrid depuis quelques semaines, de regagner Paris, ce qu'il ne fera pas.
Soustelle, à New York, décide de prolonger son séjour aux USA.
Khidder déclarera plus tard : "notre plus grande humiliation a été ressentie le 10 décembre ; ce jour là, à l'appel de l'ennemi français ont manifesté des foules que nous n'avions jamais pu amener à le faire."
De gaulle en était tout content raconte Tripier: Le général De Gaulle s'en montra satisfait. Non qu'il s'aventurât à provoquer l'opinion par une déclaration publique en ce sens, mais il fit part sans ambages de son contentement à son entourage, à ses ministres. "Eh bien! c'est un fait, et nous l'acceptons " déclara-t-il au terme de son périple. A un invité, André Passeron, qui lui demandait au cours d'une réception à l'Elysée, s'il voyait des conséquences sérieuses aux troubles d'Alger, il répondit: "Oui, mais dans le bon sens". (raconte Passeron) En conseil des ministres, le chef de l'Etat tira les conclusions de l'événement en ces termes: "Mon voyage a provoqué une cristallisation (...). Tous les musulmans sont nationalistes et regardent avec sympathie du côté du F.L.N. (...). Nous assistons à la gestation d'une Algérie nouvelle; elle se fait, elle va naître, elle est en pleine évolution psychologique et politique (...). Cahin-caha, on va vers la solution." (Livre de Terrenoire) De même, le ministre de l'Information Terrenoire, reflet du chef de l’État qu'il avait accompagné dans sa tournée algérienne, "constatait" ce qu'il jugeait être "une prise de conscience des foules musulmanes".
Si le général De Gaulle, en privé, porte un intérêt manifeste à cette évolution des mentalités, c'est que précisément il s'est fixé comme but de l'étape en cours la conversion publique et définitive des musulmans à l'idée d'une certaine indépendance - quelles que puissent être les réticences dont il entoure encore le sujet dans ses déclarations officielles.
Tout résolu qu'il soit à mettre un terme à la souveraineté française, le président de la République prétend en effet ne s'incliner que devant la volonté populaire, non devant le F.L.N.: le devoir de la France, selon lui, étant de se conformer à la seule "nature des choses". Qu'une foule algérienne, donc, se livre enfin à une manifestation nationaliste, cela est tenu pour spontané, conforme à l'ordre des choses et significatif d'une opinion profonde. Nonobstant le contexte politique préparé depuis plus d'un an et plus récemment, l'encouragement de l'administration à une descente dans la rue et le noyautage opéré par le F.L.N., la voix qui s'est élevée à Alger et à Oran est entendue comme celle du peuple algérien à laquelle le bon sens, la justice, l'autodétermination accordée commandent de se soumettre.
Si la volonté du général De Gaulle d'émanciper l'Algérie est maintenant manifeste, son intention tactique cependant échappe à l'analyse. Tantôt il donne l'impression de préparer les esprits à un abandon complet déjà secrètement résolu, et d'attendre seulement que l'opinion soit mûre pour remettre l'Algérie aux mains du G.P.R.A.; tantôt il donne à croire - à ses ministres eux-mêmes - qu'il compte bien rallier le F.L.N. à une solution moyenne, grâce à l'action militaire maintenue et sous la pression massive d'une opinion algérienne guidée par ses soins.
Équivoque voulue? Ou impuissance à guider l'événement? A Pierre Laffont, directeur de l’Écho d'Oran, qu'il recevait en audience privée le 25 novembre 1960 et qui le pressait d'expliquer aux Algériens "les circonstances implacables" qui lui imposaient une solution dramatique, le président de la République répondit: "Apprenez qu'un homme d’État ne dit jamais que des solutions lui ont été imposées. On ne doit jamais dire qu'on est battu, car on l'est si on le dit. Les solutions on les choisit, on les décide, on ne vous les impose pas

" (Laffont).
"Autopsie de la guerre d'algérie" de Philippe Tripier, éditions France-empire, 1972.


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Il ne faut pas pleurer pour ce qui n'est plus, mais être heureux pour ce qui a été.
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